Hommage à Franz Fanon
BIBLIOGRAPHIE FANONIENNE FRANCOPHONE
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Écouter –voir sur la Toile
- Le Fantôme de Frantz Fanon ou Oublier le Tiers-Monde, préface de Françoise Vergès au livre du film Frantz Fanon, Peau noire, Masque blanc de Isaac Julien et le scénario du film.
http://www.k-films.fr/distribution/films/fanon/fanonpreface.html
http://www.k-films.fr/distribution/films/fanon/fanonscenar.html
La présentation par Eldridge Cleaver de The Wretched of the Earth.
http://bougnoulosophe.blogspot.com/2011/11/la-bible-noire.html
- grille des émissions de France-Culture consacrées à Frantz Fanon (semaine du 3 au 9 décembre)
- les sites autour de Frantz Fanon
http://fondation-frantzfanon.com/
http://www.frantzfanoninternational.org/
http://frantz-fanon.blogspot.com/
http://www-peda.ac-martinique.fr/lgtfanon/apftz.htm
http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/fanon.html (bibliographie
en anglais)
ONU - PALESTINE…
Je suis comme un âne qui doute !
26 Novembre 2011
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La décision de créer un Etat juif en Palestine a été prise au 7ème congrès sioniste de Bâle, en 1905. « La Palestine était une terre sans peuple pouvant naturellement accueillir un peuple sans terre » : le peuple juif ; telle était la justification fallacieuse de cette décision ! C’est le premier jalon qui trace la voie qui allait mener à la colonisation de la Palestine. Il y en aura beaucoup d’autres, certains ont été cruciaux comme :
- - la déclaration Balfour, en 1917, par laquelle la Grande-Bretagne marque son soutien au projet sioniste qui s’intègre parfaitement aux intérêts stratégiques et économiques de sa politique impériale ;
- - la résolution 181, adoptée par l’Assemblée générale (AG) de l’ONU le 29 novembre 1947, en violation de sa charte, qui recommande la partition de la Palestine entre Juifs et Arabes ;
- - et surtout l’auto proclamation de l’Etat d’Israël, le 14 mai 1948, par les sionistes eux-mêmes, notamment le premier d’entre eux : Ben Gourion.
On connaît la suite : révolte du peuple palestinien, entrée en action des armées et milices sionistes avec un bilan catastrophique côté palestinien : plusieurs milliers de morts, autant de blessés, 400 à 500 villages détruits, 14 villes rasées, 800 000 personnes en fuite ou expulsées dont femmes, enfants et vieillards, etc… Dès 1949, 80% du territoire de la Palestine était confisqué puis colonisé par les sionistes .
En 46 : la terre de Palestine (les points blancs indiquent la présence des premiers colons juifs).
Dans les 20 % restants, notamment en Cisjordanie, la colonisation s’est poursuivie inexorablement (voir carte II). Ce territoire est aujourd’hui criblé d’implantations israéliennes, solidement ancrées, abritant plus de 450 000 colons. Elles fragmentent la terre palestinienne en îlots isolés (voir carte II), paralysant ainsi la vie de ses habitants, selon une stratégie coloniale dont les conséquences se veulent irréversibles. Dans la bande de Gaza, la survie même des habitants dont 80% sont des réfugiés, est menacée par des raids aériens fréquents et par un blocus meurtrier. Bref, les effets les plus dévastateurs de la colonisation, notamment « sociocides », ont fait et font toujours leur œuvre.
Carte II. Colonisation de la Cisjordanie : toute les zones aux mains d’Israël ont été transformées en mer.
Source : http://miltondassier.over-blog.com/article-29717631.html - 2009
La conquête coloniale de la Palestine par les armées et milices sionistes n’aurait jamais été possible sans le soutien politique, économique, scientifique, financier et militaire de l’impérialisme occidental, notamment celui de la Grande-Bretagne et de la Françe d’abord, puis des Etats-Unis et de l’UE ensuite. Ce soutien a été d’importance variable dans le temps mais il a été continu. Il est massif aujourd’hui. Ce qui explique pourquoi, en dépit de sa modeste superficie (20 000 km2, soit environ celle de 3 départements français) et de ses 6 millions d’habitants seulement (l’équivalent de la population d’une métropole européenne moyenne), Israël est devenu la 4ème puissance militaire du monde. C’est grâce notamment à ses centaines de têtes nucléaires, à ses puissantes bases aériennes et navales, à un équipement militaire et un système de renseignement ultramoderne , et à un réseau médiatique et de propagande vaste et sophistiqué. Ce surarmement par rapport à ses capacités réelles et l’hyperpuissance militaire qui en résulte, Israël le doit donc aux largesses des politiques impériales de l’occident et, quoique à un moindre degré, à son système de lobbying efficace et à une diaspora solidairement indéfectible. Bref, Israël n’est, en somme, pas autre chose qu’une colonie majeure de l’impérialisme occidental, son bras armé qui, en alerte permanente et constamment menaçant, aide à l’extension puis au maintien de son hégémonie sur tout le Proche et le Moyen-Orient, principales réserves mondiales d’énergies fossiles et régions géostratégiques de première importance.
Les Palestiniens n’ont jamais cessé de résister à la colonisation sioniste. En témoignent les rebellions violentes de 1920-22 et de 1936-39, les grandes révoltes de 1947 et 1948, les soulèvements (intifada) de 1987 et 2000, sans compter les milliers de morts et de blessés, les centaines de milliers de réfugiés et pas moins de 10 000 Palestiniens enfermés dans les geôles israéliennes. Pour autant, en terre palestinienne, la vie et les espoirs ne sont pas les mêmes selon que l’on est bourgeois à Ramallah ou réfugié ou descendant de réfugiés vivant dans des camps disséminés à Gaza, au Liban, en Syrie ou encore en Jordanie… A Ramallah, la bourgeoisie souhaite la reprise des affaires et se rapproche de l’autorité palestinienne qui, résignée, tente de sauver ce qui peut encore l’être, au moins le croît-elle, de la Palestine, quitte à collaborer avec le gouvernement sioniste et l’impérialisme qui le soutient. Dans les camps de réfugiés, au contraire, la misère est immense et la désespérance est totale ; les jeunes habitants qui ont tout perdu pensent que la force est le seul moyen de retrouver leurs droits, notamment le droit au retour dans les foyers d’origine : un désir et une volonté rendus irrépressibles par la dépossession et l’accumulation des frustrations, des humiliations et des souffrances endurées pendant des décennies. Cette division socio-économique et idéologique de la population palestinienne se concrétise, sur le terrain, par l’affrontement armé, épisodique mais meurtrier, entre factions d’un même peuple, embryon de guerre civile qui peut dégénérer et, ce faisant, pourrait détruire la société palestinienne, au moins ce qu’il en reste.
Récemment, Mahmoud Abbas, le Président de l’autorité palestinienne a déposé, devant l’ONU, une demande d'adhésion d'un Etat de Palestine à cette organisation. Si elle était acceptée, elle aurait valeur, aux yeux de beaucoup, d’une reconnaissance d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967, c’est à dire sur un territoire fragmenté (Gaza et Cisjordanie) et s’étendant sur moins de 15% de la Palestine historique si l’on prend en compte les implantations sionistes ancrées en Cisjordanie et qui, de plus, accaparent toutes les ressources en eau de la région. Cette démarche du président Abbas vers une organisation aux ordres des puissances dominantes soulève plusieurs questions laissées sans réponses. Quel Etat, avec quelle économie, quelle défense, quelle souveraineté ? Pour quelle population ? Quel sort sera réservé aux 4,5 millions de réfugiés, en particulier ceux des camps, dont le droit au retour est numériquement incompatible avec le sionisme et l’existence de l’entité sioniste ? Quel avenir pour les Palestiniens israéliens (20% de la population totale), au sein d’un « Etat juif » à forte idéologie sioniste qui, aujourd’hui, ne fait pas mystère de sa nature élitiste, théocratique, communautariste, xénophobe et raciste ? Enfin, quelle est la légitimité de l’autorité palestinienne et du conseil national palestinien dont les mandats, largement expirés, n’ont pas été re-soumis au vote populaire ?
Bien sûr, les Palestiniens, y compris et surtout les réfugiés qui constituent la substance même de la cause palestinienne, doivent répondre, démocratiquement, c’est à dire sur la base d’un débat public suivi d’une consultation populaire, à ces questions fondamentales qui engagent, avec un fort risque de non retour, leur avenir.
Dans ce contexte complexe et incertain, une réponse positive de l’ONU, peu probable aujourd’hui pour des considérations électorales étatsuniennes mais vraisemblable dans un proche avenir, risque d’accroître la confusion et l’inquiétude au sein même de la société palestinienne déjà traumatisée par 60 années de tragédie. Le nouvel Etat palestinien, croupion et sans réelle souveraineté, pourrait se trouver dans l’obligation de gérer les problèmes intra-palestiniens qui sont insolubles dans un cadre politique aussi contraignant et un cadre territorial aussi exigu et fragmenté, sauf à sacrifier les intérêts des composantes les plus fragiles et démunis de la population palestinienne. De plus, les Palestiniens ne seraient pas rétablis dans tous leurs droits dits inaliénables, notamment celui au retour sur leurs terres et celui à l’autodétermination. Ce qui pourrait créer, au sein même de la société palestinienne, des frustrations irréductibles aux conséquences délétères, voire explosives. A l’inverse, les sionistes seraient « de facto » absouts de tous leurs crimes et Israël serait irréversiblement validé et consolidé sans faire de concessions politiques, idéologiques et territoriales significatives. Ce serait là non pas une victoire du peuple palestinien et de ses soutiens mais une démission face à la politique impériale occidentale, un renoncement aux droits fondamentaux, l’acceptation d’une injustice inacceptable et un oui au statu quo de l’occupation coloniale israélienne.
Cette situation ne saurait constituer une garantie d’une paix juste et durable dans cette région du monde devenue, sous les coups de boutoirs impérialistes et pour des motifs multiples, notamment géoéconomiques et géostratégiques, une poudrière comme le prouvent la mise à sac de l’Irak et le chaos politique, économique et social qui en résulte, la guerre d’Afghanistan ou encore la menace de plus en plus précise d’une attaque militaire contre l’Iran qui s’oppose fermement à l’exploitation impériale du proche et du Moyen-Orient.
Dans pareille conjoncture, pour l’essentiel générée par un impérialisme de plus en plus agressif et son appareil onusien, comment ne pas être comme un âne qui doute au sujet de l’opportunité de la démarche de l’autorité palestinienne vers l’ONU ?
Il y a un point, en revanche, dont on ne saurait douter : ceux qui, à travers le monde, notamment occidental, combattent pour la justice, la solidarité, le respect des droits et l’amitié entre les peuples doivent s’impliquer dans la recherche d’une solution « juste et pérenne » au problème du Proche-Orient, en général, et à la tragédie des Palestiniens, en particulier. L’objectif doit être clairement défini et l’investissement militant massif et déterminé : comme cela a déjà été dit par d’autres, « il ne s’agit pas d’arbitrer entre deux peuples en lutte pour la même terre mais de remettre en cause un Etat pivot de l’impérialisme au Proche et au Moyen-Orient et de combattre pour l’émancipation de tous, Israéliens compris». L’enjeu est considérable. Qui peut agir pour atteindre cet objectif mieux que les peuples américains et les peuples européens, au moins leurs composantes désireuses de construire une société démocratique et humaniste ? Les leviers sont nombreux ; les boycotts en font parti mais il faudra plus. Des mouvements populaires forts, capables d’imposer de changements majeurs d’orientation politique à la tête des Etats, sont nécessaires. A cet égard, l’activité d’organisations israéliennes progressistes, les contestations populaires qui se développent face à une régression sociale sans précédent, sous diverses formes, un peu partout en occident et les révoltes contre les dictatures qui ont déstabilisé certains pays arabes sont des signes encourageants. L’extension et la coordination de ces divers mouvements sont de nature à ouvrir la voie à une dynamique de luttes efficientes contre le capitalisme et les politiques impériales qui sont à l’origine de la tragédie palestinienne et la cause de son maintien. Nul doute que le combat sera long et difficile. Mais il est juste et il peut et doit être victorieux ! Cela afin de permettre l’émergence d’un Etat démocratique, laïque, solidaire et humaniste, s’étendant sur toute la Palestine historique, dans lequel cohabiteraient, loin des tentations ethniques, confessionnelles et impérialistes, et dans le respect des droits de chacun, Juifs, Arabes et d’autres encore qui le désireraient. Un Etat qui aurait valeur d’exemple et pour nom « la république démocratique de Palestine », tout naturellement
Paul Monmaur, universitaire, retraité. A participé à la Marche Internationale pour Gaza, en décembre 2009.
Vous trouverez à cette adresse, la traduction en arabe de cet
article.
Les prévisions les plus pessimistes étaient devenues monnaie courante. Après le printemps venait l’automne arabe, la contre-révolution était en marche, et, pour certains, la révolution n’avait même pas eu lieu. Ce sentiment était sans doute d’autant plus prégnant que le renversement des régimes tunisien et égyptien s’était opéré avec une apparente facilité, créant l’illusion que les transformations seraient simples. Dès que le processus sembla ralenti, les augures annoncèrent que la révolution avait perdu. Pourtant, toute l’histoire des révolutions, de la révolution anglaise à la révolution française, de la révolution bolchevik à la révolution algérienne, prouve que les transformations nécessitent du temps, de l’énergie, souvent des affrontements violents. Rarement les classes dominantes cèdent sans combattre. Mais si la contre-révolution est une réalité, rien n’indique qu’elle doive nécessairement l’emporter.
La chute du président Hosni Moubarak n’avait été qu’une première étape, suivie de la nomination d’un nouveau gouvernement, puis de l’arrestation du président et de membres de sa famille et du début de leur procès, dont le conseil suprême des forces armées (CSFA) ne voulait pas. D’autres mesures avaient été imposées par la rue, notamment la dissolution du Parti national démocratique (PND, le parti de Moubarak), puis la nomination d’une direction provisoire au syndicat officiel.
Mais, partout, les responsables de l’ancien régime luttaient pied à pied pour maintenir leurs privilèges. L’exemple le plus frappant était celui des médias d’Etat, presse officielle et télévision. Malgré quelques petits changements, ces médias diffusaient le point de vue du CSFA, n’hésitant pas à user du mensonge et de la calomnie, comme du temps de l’ancien président. Dans chaque entreprise, dans chaque université, dans chaque administration, se maintenaient aussi des « petits Moubarak » qui avaient participé aux malversations de l’ancien régime. Et partout des grèves et des luttes se multipliaient pour obtenir à la fois le changement de direction et une amélioration des conditions de vie des salariés. D’autant que les mobilisations ouvrières avaient préparé l’actuelle révolution (lire Raphaël Kempf, « Racines ouvrières du soulèvement égyptien », Le Monde diplomatique, mars 2011).
Parallèlement, les élections dans divers syndicats professionnels amenaient de profonds changements dans des organisations qui ont un poids réel dans la société. D’abord le syndicat des médecins : les Frères musulmans, tout en gardant la majorité au niveau national, perdaient le contrôle de la majorité des sections régionales. Ils emportaient les élections du syndicat des enseignants (je n’ai pas pu obtenir les résultats exacts), mais perdaient aussi la présidence du syndicat des journalistes, et surtout celle du puissant syndicat des avocats. Plus que les revers (parfois relatifs) des Frères, c’était la forte participation à tous ces scrutins qui indiquait la volonté des adhérents de voir ces organisations jouer un rôle combatif.
Cette activité, comme les grèves et les mobilisations locales contre la corruption ou contre des dirigeants de l’ancien régime encore en place n’étaient pas spectaculaires, et se trouvaient en partie dissimulées par le jeu des appareils politiques, les interminables discussions entre les partis et les forces armées sur le calendrier électoral, le futur contenu de la Constitution, etc.
Plus que tout autre chose, ce qui va perdre le CSFA — qui disposait, au moins au début d’une certaine crédibilité —, c’est le maintien de sa politique répressive à l’égard de tous les opposants, et plus largement de l’ensemble de la population : mêmes arrestations arbitraires, mauvais traitements, tortures... ; usage des tribunaux militaires pour juger des civils ; refus d’enquêter sur les cas de torture voire de mort dans les prisons. La poursuite de ces pratiques a discrédité l’armée non seulement auprès de la jeunesse intellectuelle mobilisée depuis le 25 janvier, mais également dans toutes les couches populaires. La participation active aux affrontements des ultras, ces groupes de supporteurs des clubs de football, dont la haine des forces de l’ordre n’est pas sans rappeler la haine de la jeunesse des banlieues françaises pour les brigades anti-criminalité (BAC), témoigne du ras-le-bol général face à l’autoritarisme et l’arbitraire (lire Claire Talon, « Egypte : génération ultra », LeMonde.fr, 17 octobre 2011). Le cas du blogueur Alaa Abdel Fattah, arrêté pour des motifs absurdes, a d’autant plus ému l’opinion que la lettre qu’il a envoyée de prison a mis en lumière les conditions de détention de ses compagnons de cellule et la situation de dizaines de milliers de jeunes, souvent issus des milieux populaires et ne disposant pas de connexions pour les protéger. Cet arbitraire et la violence inouïe de chaque répression — contre la manifestation des coptes, en octobre, comme contre les manifestants de Tahrir, le vendredi 18 novembre et les jours qui ont suivi — ont été l’élément essentiel de l’extension des manifestations. Rappelons-nous que le mot d’ordre de « dignité » (karama) a été le ciment de toutes les couches de la société, en Egypte comme dans le reste du monde arabe.
D’autre part, l’adoption d’un document « supra-constitutionnel », visant à fixer des limites strictes au futur Parlement chargé d’écrire la Constitution, a soulevé nombre d’oppositions, notamment celle des Frères musulmans qui y voyaient un outil pour les écarter de tout exercice réel du pouvoir. En effet, ce texte donnait à l’armée la possibilité de refuser toute décision du futur Parlement, voire même de le dissoudre. C’était le « modèle turc » — mais pas l’actuel : celui d’il y a trente ans, quand l’armée « veillait » sur le pouvoir civil... un droit qui lui a été ôté par les réformes des dix dernières années.
Le CSFA faisait ainsi basculer les Frères musulmans dans une opposition ouverte et ils appelaient, avec d’autres forces, à une manifestation d’un million de personnes le vendredi 18 novembre : pour la première fois depuis le printemps 2011, les Frères descendaient dans la rue. L’ampleur de la manifestation puis sa répression violente ont enclenché les événements actuels — et une remobilisation qui a largement dépassé le cadre du Caire et d’Alexandrie. Le refus des Frères musulmans de participer aux nouvelles mobilisations — malgré leur dénonciation claire de la répression —, confirment qu’ils ont du mal à s’adapter à la nouvelle donne de l’après–Moubarak, ce qui n’est pas sans créer des divisions chez eux (Hany ElWaziry et Ghada Sherief, « Discord within Brotherhood for not participating in demo », Al-Masry Al-Youm in English, 22 novembre). Il est vrai que leur objectif à court terme est la tenue des élections le 28 novembre, qui leur garantiront un nombre élevé de députés.
Il est encore difficile de savoir comment se développera cette étape (lire Isandr El Amrani, « Tahrir : What next ? », The Arabist, 22 novembre). Ce qui est sûr, c’est que les Egyptiens ne cherchent pas, comme l’affirme de manière méprisante l’éditorial du Figaro du 23 novembre, leur « nouveau pharaon ». Le CSFA a fait le 22 au soir quelques concessions : démission du gouvernement, promesse que l’élection présidentielle aura lieu avant la fin juin 2012 et que le pouvoir passera alors aux civils, ouverture d’enquêtes sur la répression. Mais il semble que c’est trop peu, trop tard... Les manifestations se poursuivent, la mobilisation s’étend — on a ainsi vu, fait sans précédent, 250 diplomates en poste demander le retour du pouvoir aux civils. La révolution continue.
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