Mardi 16 mars 2010 2 16 /03 /2010 11:49
C'est un document qui se passe de commentaire :
Copie d'une demande d'abonnement au téléphone d'un habitant de l'ancien département de la Seine.

juiftéléphone1
L'abjecte mention obligatoire :
"le soussigné déclare ne pas être juif, ne pas souscrire pour le compte d'un juif et m'engage à ne pas mettre mon installation à la disposition d'un juif"

juiftéléphone2
Par Différences. La revue - Publié dans : Antisémitisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /2010 11:45

En Iran, Ali, Mohammad Javad et Sadegh Larijani constituent la garde rapprochée du guide suprême, un contrepoids au président iranien dont ils réfutent le populisme. Réalistes, mais conservateurs, ils sont garants du régime et assoiffés de pouvoir.


«Nous devons prêter attention aux principes d’unité nationale […] et chacun doit œuvrer à réduire les divisions.» Dans la tourmente insurrectionnelle qui secoue l’Iran depuis la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence iranienne, le 12 juin 2009, Ali Larijani, président du Majlis, le parlement iranien, est un conservateur réaliste. Il n’entend pas attiser les braises d’un mouvement vert qui ébranle la République islamique dans ses fondements. A 52 ans, ce docteur en philosophie occidentale de l’Université Sharif de Téhéran, qui a étudié Hegel, Heidegger et Kant, incarne toute la complexité de la République islamique. Il appartient à une famille originaire de la province de Larijan, qui détient plusieurs leviers essentiels du régime et que le magazine Time n’a pas hésité à appeler les «Kennedy» d’Iran.

Lire la suite
Par Différences. La revue - Publié dans : Proche et Moyen-Orient
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /2010 12:15
C'est Maître Eolas, le célèbre avocat blogueur, qui a diffusé ce document le 10 mars 2010. Mémorial 98, blog dédié à la lutte contre le racisme, l'a également publié. Maître Eolas en autorisant expressément la diffusion et reproduction, nous le publions également avec son commentaire :
Voici donc le crime administratif en action, la forme crue qu’il prend quand il se commet : voici la circulaire n°173-42 de la préfecture de police du 13 juillet 1942, c’est-à-dire les instructions officielles données à la police, par la voie hiérarchique, pour la réalisation de ladite rafle du Vel’d’Hiv… »

Préfecture de Police                              C O P I E

—————————
Direction de la

Police Municipale

-
Etat-Major
Bureau - A

                                          S E C R E T


Paris,le 13 Juillet 1942.

 

CIRCULAIRE N° 173 - 42

 

à Messieurs les Commissaires Divisionnaires, Commissaires de Voie
Publique et des Circonscriptions de Banlieu.
( En communication à Direction P.J. - R.G. - Gendarmerie et Garde
de Paris).

______________

 

Les Autorités Occupantes ont décidé l’arrestation et le rassemblement d’un certain nombres de Juifs étrangers.

 

I - PRINCIPES

1 - A qui s’applique cette mesure ?

a ) Catégories :
 

La mesure dont il s’agit, ne concerne que les Juifs des nationalités suivantes :

- Allemands
- Autrichiens
- Polonais
- Tchécoslovaques
- Russes ( réfugiés ou soviétiques, c’est à dire “blancs” ou “rouges”)
- Apatrides, c’est-à-dire de nationalité indéterminée.

b) Age et sexe :
 

Elle concerne tous les Juifs des nationalités ci-dessus, quel que soit leur sexe, pourvu qu’ils soient âgés de 16 à 60 ans ( les femmes de 16 à 55 ans).

Les enfants de moins de 16 ans seront emmenés en même temps que les parents.


Dérogations :


Ne tombent pas sous le coup de la mesure :

- les femmes enceintes dont l’accouchement serait proche
- les femmes nourrissant au sein leur bébé
- les femmes ayant un enfant de moins de 2 ans, c’est-à-dire né après le 1er Juillet 1940
- les femmes de prisonniers de guerre
- les veuves ou veufs ayant été mariés à un non-juif
- les juifs ou juives mariés à des non juifs, et faisant la preuve, d’une part de leurs liens légitimes, et d’autre part, de la qualité de non-juif de leur conjoint.
- les juifs et juives porteurs de la carte de légitimation de l’Union Générale des Israélites de France, carte qui est de couleur bulle ou jaune clair.
- les juifs ou juives dont l’époux légitime est d’une nationalité non visée au paragraphe a)
- les parents dont l’un au moins des enfants n’est pas juif.


-2-


Dans le cas où un membre de la famille bénéficie de la dérogation, les enfants ne sont pas emmenés, à moins qu’ils ne soient juifs et âgés de 16 ans et plus

 

Exécution :

              Chaque israélite (homme et femme) à arrêter fait l’objet d’une fiche. Ces fiches sont classées par arrondissement et par ordre alphabétique.

 

              Vous constituerez des équipes d’arrestation. Chaque équipe sera compos d’un gardien en tenue et d’un gardien en civil ou d’un inspecteur des Renseignements Généraux ou de la Police Judiciaire.

 

              Chaque équipe devra recevoir plusieurs fiches. A cet effet, l’ensemble des fiches d’un arrondissements ou d’une circonscription sera remis par ma Direction ce jour à 21 heures.

 

              Les équipes chargées des arrestations devront procéder avec le plus de rapidité possible, sans paroles inutiles et sans commentaires. En outre, au moment de l’arrestation, le bien-fondé ou le mal-fondé de celle-ci n’a pas à être discuté. C’est vous qui serez responsables des arrestations et examinerez les cas litigieux qui devront être signalés.

 

              Vous instituerez, dans chacun de vos arrondissements ou circonscrip-tion, un ou plusieurs centres primaires de rassemblement, que ferez garder. C’est dans ce ou ces centres que seront examinés par vous les cas douteux. Si vous ne pouvez trancher la question, les intéressés subiront momentanément le sort des autres.

 

              Des autobus dont le nombre est indiqué plus lion, seront mis à votre disposition.

 

              Lorsque vous aurez un contingent suffisant pour remplir un autobus, vous dirigerez :

a)     sur le Camp de Drancy les individus ou familles n’ayant pas d’enfant de moins

b)     sur le Vélodrome d’Hiver : les autres.

 

En ce qui concerne le camp de Drancy, le contingent prévu doit être de 6.000. En conséquence, chaque fois que vous ferez un départ pour Drancy, vous ferez connaître le nombre de personnes transportées dans ce camp à l’Etat-Major qui vous préviendra lorsque le maximum sera atteint. Vous dirigerez alors les autobus sur le Vélodrome d’Hiver.

 

              Vous affecterez à chaque autobus une escorte suffisante. Les glaces de la voiture devront demeurer fermées et la plate-forme sera réservée au bagages. Vous rappelerez aux équipes spéciales d’arrestation, en leur donnant lecture, les instructions contenues dans les consignes que vous remettrez à chacune d’elle avant de procéder aux opérations.

             

              Vous leur indiquerez également, d’une façon nette, les renseignements qu’ils devront, après chaque arrestation, porter au verso de la fiche afférente à la personne arrêteé.

 

              Vous ne transmettrez que le 18 au matin :

I° - les fiches des personnes dont l’arrestation aura été opérée

2° - Les fiches des personnes disparues.

3° - Les fiches des personnes ayant changé d’adresse, et dont la nouvelle résidence est connue à moins que cette dernière ne se trouve dans votre arrondissement.



-3-

Enfin, vous conserverez pour être exécutées ultérieurement les fiches des personnes momentanément absentes lors de la première tentative d’arrestation.

 

Pour que ma Direction soit informée de la marche des opérations, vous tiendrez au fur et à mesure, à votre Bureau, une comptabilité conforme au classement ci-dessus.

 

Des appels généraux vous seront fréquemment adressés pour la communication de ces renseignements.

 

Parmi les personnes arrêtées, vous distinguerez le nombre de celles conduites à Drancy de celles conduites au Vélodrome d’Hiver.

 

Pour faciliter le contrôle, vous ferez porter au dos de la fiche, par un de vos secrétaires, la mention « Drancy  ou  Vélodrome d’Hiver », selon le cas.

 

II.                 Effectifs et matériel

 

A. Dispositions générales

 

Les permissions seront suspendues du 15 courant à 18 heures au 17 courant à 23 heures et tous les cours supprimés jusqu’à la reprise des permissions.

 

Le service de garde des Etablissements allemands ne sera pas assuré, sauf celui des parcs de stationnement et des garages installés dans les passages souterrains, du 15 courant à 21 heures 30 au 17 courant à 21 heures 30, sauf quelques rares exceptions dont vous serez seuls juges.

 

En conséquence, les renforts fournis habituellement pour ce service spécial ne vous seront pas envoyés.

 

De cette situation, il résulte que chaque arrondissement peut sans difficulté affecter à la constitution des « équipes spéciales » 10 gardiens par brigade de roulement et la brigade D au complet, sans que le service normal de l’arrondissement en soit affecté, assuré qu’il sera par le reste de la brigade de roulement (dont l’effectif, du fait de la suppression des permissions, correspond au moins à son effectif habituel).

 

Les gardiens désignés pour constituer les équipes spéciales seront exemptés de leur service normal d’arrondissement à partir du 15 courant à 16 h. ils assureront à nouveau leur service habituel à partir du 17 courant à 23 heures.

 

Ceux qi (sic) prendront la surveillance des établissements allemands le 17 courant à 21 h.30 devront être libérés de tout service dans l’après-midi du même jour.

 

B. Equipes spéciales d’arrestation

 

I.                  Renforts les 16 et 17 juillet

 

Les services détachant les effectifs ci-dessous indiqués devront prévoir l’encadrement normal, les chiffres donnés n’indiquant que le nombre des gardiens. Les gradés n’interviendront pas dans les arrestations, mais seront employés selon vos instructions au contrôle et à la surveillance nécessaire.




Page 4 (format pdf, s’agissant d’un tableau)

- 5 -

 

2 – Horaire de travail des équipes spéciales.

 

                            Les inspecteurs et gardiens constituant les équipes spéciales d’arrestation prendront leur service au Central d’Arrondissement désigné, le 16 courant à 4 heures du matin. Ils effectueront leur service :

 

                            1°- le 16              de 4 heures à 9 heures 30 et

                                                        de 12 heures à 15 heures 30

                            2°- le 17              de 4 heures à 13 heures.

 

              C – Garde des centres primaires de rassemblement et accompagnement des autobus

 

                            1 Renforts des 16 et 17 Juillet :

 

                            Pour leur permettre d’assurer la garde de leurs centres primaires de rassemblement et l’accompagnement des détenus dans les autobus, les arrondissements les plus chargés recevront, en outre, les 16 et 17 Juillet les renforts suivants :

 

2me Arrt              :              15 Gardes à pied

3me  -                            :              30 Gardiens de la CHR

4me  -                            :              15   -                   des Cies de Circulation

                                          5   -      de l’Ecole Pratique

                                          25 Gardes à pied

5me  -                            :              10   -

9me  -                            :              15   -

10me -                            :              10 Gardiens de l’Ecole Pratique

                                          30 Gardes à pied

11me -                            :              10 Gardiens de l’Ecole Pratique

                                          10   -                   des Cies de Circulation

                                          40 Gardes à pied

12me -                            :              10   -

                                          5 Gardiens de l’Ecole Pratique

13me -                            :              10 Gardes à pied

                                          5 Gardiens de l’Ecole Pratique

14me -                            :              10 Gardes à pied

                                          5 Gardiens de l’Ecole Pratique

15me -                            :              10 Gardes à pied

16me -                            :              10 Gardes à pied

                                          5 Gardiens de l’Ecole Pratique

17me -                            :              10 Gardes à pied

18me -                            :              25 Gardiens des Cies de Circulation

                                          15 Gardes à pied

19me -                            :              20 Gardiens des Cies de Circulation

                                          15 Gardes à pied

20me -                            :              30 Gardiens des Cies de Circulation

                                          30 Gardes à pied

 

                            2 – Horaire :

 

                            Les renforts destinés à la garde des centres primaires de rassemblement et à l’accompagnement des autobus prendront leur service au Central d’Arrondissement désigne le 16 courant à 5 heures du matin.

 

                            Ils assureront leur service les 16 et 17 Juillet :

 

                            Equipe N° 1 de 5 heures à 12 heures


- 6 -
 
 
 
 
                            Equipe n° 2 de 12 heures à fin de service
 
                            En ce qui concerne les effectifs de la Garde de Paris, la relève aura lieu au gré du commandement.
 
                            D – Circonscriptions de Banlieue.
 
                            Toutes les circonscriptions de banlieue, sauf celles des Lilas, de Montreuil, Saint-Ouen et Vincennes, constitueront leurs équipes spéciales d’arresta-tion, assureront la garde de leurs centres primaires de rassemblement et d’accompa-gnement, à l’aide de leurs propres effectifs.
 
                            En ce qui concerne le matériel, celui-ci vous sera envoyé après communications des chiffres aux appels généraux, de manière à organiser des itinéraires de transfé-rement.
 
                            Suivant l’horaire et les dates fixées pour Paris, chapitre B, paragraphe 2, les renforts suivants seront fournis:
 
–    SAINT-OUEN : 20 gardiens en tenue et 12 gardiens en civil fournis par le 2ème Division sur ses effectifs de banlieue.
 
–    LES LILAS : 20 gendarmes et 14 gardiens en civil de l’Ecole Pratique
 
–    MONTREUIL : 25 gendarmes et 18 gardiens en civil de l’Ecole Pratique
 
–    VINCENNES : 15 gendarmes et 9 gardiens en civil de l’Ecole Pratique.
 
              Dans les Circonscriptions des Lilas, Montreuil et Vincennes, les Commissaires commenceront les opération dès 4 heures du matin avec leurs propres effectifs et les gendarmes, et recevront les gardiens en civil de l’Ecole Pratique par le pre-mier métro : c’est à dire aux environs de 6 heures 15.
 
                            E – Matériel :
 
              La Compagnie du Métropolitain, réseau de surface, enverra directement les 16 et 17 Juillet à 5 heures aux Centraux d’Arrondissement où ils resteront à votre dispo-sition jusqu’à fin de service :
 
–   Ier  Arrdt : I autobus
–   2ème   -   : I   -
–   3ème   -   : I   -
–   4ème   -   : 3   -
–   5ème   -   : 3   -
–   6ème   -   : I   -
–   7ème   -   : I   -
–   8ème   -   : I   -
–   9ème   -   : 2   -
–   10ème   -   : 3    -
–   11ème   -   : 7   -
–   12ème   -   : 2   -
–   13ème   -   : I   -
…/.

-7-


- 14ème  -   : I autobus

- 15ème  -   : I    -

- 16ème  -   : I    -

- 17ème  -   : I    -

- 18ème  -   : 3    -

- 19ème  -   : 3    -

- 20ème  -   : 7    -

 

A la préfecture de Police (Caserne de la Cité):

 

              Lorsque vous n’aurez plus besoin des autobus, vous en aviserez d’urgence l’Etat Major P.M.; et, de toute façon vous ne les renverrez qu’avec son accord.

 

              En outre la Direction des Services Techniques tiendra à la disposition de l’Etat Major de ma Direction, au garage, à partir du 16 juillet à 8 heures :

            

                 10 grands cars.

 

              Les Arrondissements conserveront jusqu’à nouvel ordre les voiturettes mises à leur disposition pour le service spécial du 14 juillet, contrairement aux instruct—- de ma Circulaire n° 170-42 du 13 juillet.

              De plus, de 6 heures à 18 heures, les 16 et 17 juillet, un motocycliste sera mis, à la disposition de chacun des : 9ème, 10ème, 1-ème, 18ème, 19ème et 20ème Arrdts.

 

                            F – Garde du Vélodrome d’Hiver

 

              La garde du Vélodrome d’Hiver sera assurée, tant à l’intérieur qu’à l’extérieu- par la Gendarmerie d . la Région Parisienne et sous sa responsabilité.

 

                            G – Tableau récapitulatif des fiches d’arrestations :

 

1er Arrdt              134-             : Asnières           32

2ème Arrdt             579-             : Aubervilliers      67

3ème Arrdt             2 .675-          : Boulogne           96

4ème Arrdt             2 .401 -         : Charenton          25

5ème Arrdt             414-             : Choisy-le-Roi       8

6ème Arrdt             143-             : Cliohy             62

7ème Arrdt             68-              : Colombe            24

8ème Arrdt             128-             : Courbevoie         34

9ème Arrdt             902-             : Gantilly           95

10ème Arrdt            2 .594-          : Ivry-sur-Seine     47

11ème Arrdt            4. 235-          : Les Lilas         271

12ème Arrdt            588-             : Levallois          47

13ème Arrdt            563-             : Montreuil         330

14ème Arrdt            295-             : Montrouge          34

15ème Arrdt            397-             : Neuilly-sur-Seine  48

16ème Arrdt            424-             : Nogent-sur-Marne   50

17ème Arrdt            424-             : Noisy-le-sec       45

18ème Arrdt            2. 075-          : Pantin             93

19ème Arrdt            1. 917-          : Puteaux            38

20ème Arrdt            4. 378-          : Saint-Denis        63

                                        : Saint-Maur         45

 

…/…

 


-8-

 

Saint-Ouen              261

Sceaux                   37

Vanves                   52 

Vincennes               153

 

            


  Le Directeur de la Police Municipale

 

              HENNEQUIN


Par Différences. La revue - Publié dans : Antisémitisme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /2010 23:37
Festivala2010.jpg
www.culturamerica.fr
06 30 27 85 29


Vendredi 19 mars

18h30 Vernissage des expositions

Patricia SICARDI et Hugo RUALES

>> Hall Anna de Noailles
- Palais Beaumont – PAU - Entrée libre

20h30 Conférence-débat Soirée BOLIVIE

Sergio LOAYZA

>> Amphithéâtre de la Présidence 
de l'Université de Pau 
et des Pays de l'Adour
- Entrée libre

Samedi 20 mars

10h Batucada avec l’Etoile métisse

>> Halles de Pau

12h Inauguration du Festival

>> Mairie de Pau - Salle du conseil municipal - Entrée libre

Dimanche 21 mars

10h30 Messe de la solidarité

>> Eglise Saint Jean-Baptiste 
Avenue de Buros PAU - Entrée libre

Lundi 22 mars

18h00 Rencontre littéraire

Alicia DUJOVNE ORTIZ

>> Espace culturel Parvis 3
Leclerc PAU -
Entrée libre

20h30 Conférence-débat Le syndicalisme et les mouvements sociaux en Amérique latine

Isabel RAUBER

>> Amphithéâtre de la Présidence de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour - Entrée libre

Mardi 23 mars

18h00 Théâtre

Y el mundo vendrá

>> Maison de l'Etudiant PAU - Entrée libre

20h30 Conférence-débat Soirée Colombie

Juvenal ARRIETA GONZÁLEZ

>> Amphithéâtre de la Présidence de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour - Entrée libre

Mercredi 24 mars

20h30 Conférence-débat « Los cinco cubanos »

Maurice LEMOINE

>> Amphithéâtre de la Présidence de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour – Entrée libre

 

Jeudi 25 mars

1ère Journée colloque universitaire

>> Amphithéâtre de la Présidence de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour - Entrée libre

18h00 Rencontre-débat

Alain ROUQUIE

>> Espace culturel Parvis 3 - Leclerc PAU - Entrée libre

Vendredi 26 mars

2ème Journée colloque universitaire

 

>> Amphithéâtre de la Présidence de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour - Entrée libre

21h00 El futuro se acerca…

Spectacle-hommage au poète uruguayen Mario BENEDETTI

>> Théâtre Saint-Louis PAU

Samedi 27 mars

20h30 Concert événement Prisca DAVILA + film "Oriana"

>> Cinéma Le Méliès PAU
Entrées : 18 €

Lundi 29 mars

20h30 Conférence-débat Soirée Honduras
Carlos Humberto REYES

>> Amphithéâtre de la Présidence de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour - Entrée libre

Mardi 30 mars

20h30 Théâtre
Le neveu d'Amérique

Tam Tam Théâtre PAU
Entrées : 10 € tout public, 
5 € demandeurs d'emploi, étudiants

Mercredi 31 mars

20h30 Conférence-débat Enjeux climatiques et environnementaux
José María VILLALTA

>> Amphithéâtre de la Présidence de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour - Entrée libre

Vendredi 02 avril

18h00 Rencontre littéraire Ricardo SUMALAVIA

>> Espace culturel Parvis 3
Leclerc PAU -
Entrée libre

Par Différences. La revue - Publié dans : Amériques
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /2010 05:33

Sur l’Etat palestinien

Entretien avec Ilan Halévi

(Conseiller diplomatique à la Délégation générale de Palestine à Berlin)

En marge du Colloque pluridisciplinaire et international « Quel Etat palestinien ? Histoire, réalités et perspectives »organisé à Dijon par l’Université de Bourgogne

Différences : La nature de l’Etat en Palestine est aujourd’hui posée …Les déclarations de Saëb Erekat ont donné quelque consistance à ce débat. Quelle est votre position ?

Ilan Halévi : En premier lieu, indépendamment de mes responsabilités officielles dans les institutions de l’Autorité mais également dans celles du Fatah , je tiens à préciser que Saëb Erekat a parlé à titre parfaitement personnel et que ce brusque revirement - de la part d’un collègue qui s’est depuis plus de quinze ans attaché à demander l’application la plus scrupuleuse des accords signés qu’il a lui-même négociés- représente une rupture à 180 degrés et à mon sens, il me paraît évident que l’on assiste en la circonstance soit à une réaction de colère soit à une tentative d’interpeller ses interlocuteurs en introduisant l’idée de vide ou de la rupture.

Par ailleurs, l’amalgame opéré entre Etat bi-national et Etat laïque et démocratique mérite d’être clarifié. Je suis rentré dans ce que l’on appelait la Révolution palestinienne, il y a un peu plus de quarante ans, parce que j’étais partisan de la formule d’un Etat laïque et démocratique -laïque étant à comprendre dans le sens de non-confessionnel. A cet égard, je tiens à préciser que l’OLP n’a jamais adopté dans sa Charte, le programme d’un Etat laïque et démocratique, ce programme était celui du Fatah, alors même que l’OLP a continué à revendiquer l’Etat arabe de Palestine, d’abord dans les frontières de la Palestine du mandat britannique, mais sans jamais parler d’un Etat laïque.

Dans les déclarations de Saëb Erekat,il ne s’agit pas d’un Etat bi-national. Il est fait plutôt référence à un Etat tri-confessionnel (musulmans, chrétiens et juifs) qui reprend quelque peu d’ailleurs la formulation traditionnelle de la protection islamique sur les gens du Livre –formule qui pêche cependant par le fait qu’elle semble mettre sur un même pied d’égalité, d’un côté les chrétiens qui sont une partie intégrante du peuple arabe palestinien, qui ont été présents dans toutes les étapes de la lutte palestinienne, non pas en tant qu’alliés mais en tant qu’acteurs, et de l’autre, les juifs en Palestine dont 95% sont des étrangers immigrés dans un processus colonial et qui ne font pas partie intégrante ni de la société, ni de la culture, ni de la nation palestiniennes.

De façon générale, il y a une très grande imprécision dans les concepts et le problème de la nature de l’Etat palestinien n’est évoqué, depuis 1967, dans les territoires occupés, que par des intellectuels ou des acteurs politiques à la recherche d’un discours qui puisse exprimer leur sentiment d’urgence et qui reflète bien évidemment l’exaspération du peuple palestinien.

Slogan noble , parfaitement légitime, sans doute dicté par la nécessité de répondre par quelque chose de radical mais qui obéit à une sorte de logique absurde, à une sorte de positionnement qui peut se résumer ainsi : puisque nous n’avons pas réussi à libérer 22% de la Palestine, vous allez voir, nous allons en réclamer 100%… ! Revendication qui va à l’encontre même du principe de réalité qui consiste à prendre acte du rapport de forces réel dans lequel notre action doit s’inscrire On peut comme le disait Friedrich Engels ériger son impatience en principe philosophique… mais c’est parfois un moyen de ne rien réussir.

Différences : Comment définir aujourd’hui l’Etat palestinien ?

Ilan Halévi :. Lorsque l’on parle d’un Etat palestinien aujourd’hui, on parle d’un Etat qui serait, dans le système des Etats-nations, l’expression politique, institutionnelle de l’existence affirmée d’un peuple palestinien qui s’appelle lui-même le peuple arabe palestinien. Et pour être clair, j’insiste, il est bien question de peuple arabe palestinien et non pas du peuple issu de la géographie entre Jourdain et Méditerranée dont l’identité projetée serait commune avec la population étrangère installée au cours du siècle dernier en Palestine et qui ferait qu’un Palestinien arabe, chrétien ou musulman, devrait former un peuple commun avec les immigrants juifs venus d’Europe, et qui absolument isolé du reste de la région n’appartiendrait pas au même peuple que nos frères du Liban ou de Jordanie, qui sont juste à côté de nous, parlent la même langue, partagent la même histoire. Il y a une certaine absurdité abstraite dans cette idée .

L’Etat bi-national structuré en Etat de deux peuples bien distincts et bien reconnus peut représenter une réponse, mais ce n’est pas de cela dont il s’agit en général. Il ne s’agit plus du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes dans un système de fédération ou de bi-nationalisme structuré avec deux parlements ou des institutions mixtes où les deux peuples sont représentés, c’est à un autre modèle auquel on fait référence, plus proche de l’exemple de l’Etat sud-africain.

L’Etat palestinien, c’est l’Etat du peuple arabe de Palestine quelles que soient ses frontières.

 

 

Différences : Parmi ces critiques, le reproche selon lequel la création de l’Etat palestinien légitimerait le fait colonial sur lequel s’est établi l’Etat d’Israël…

Ilan Halévi : La question de l’Etat palestinien ne se résout pas à la question de savoir si en se constituant, il ne constituait pas, par là même, une légitimation a posteriori moralement et historiquement inacceptable du fait colonial sioniste accompli. Il est bien sûr évident que la création d’un Etat arabe palestinien, sans destruction de l’Etat d’Israël, viendra donner une légitimation historique définitive à la balkanisation de l’empire ottoman à la fin de la Première Guerre mondiale. Cependant, parce qu’il sera pratiquement le premier Etat de la région issu de l’aboutissement d’une lutte et non d’un découpage, la légitimité de l’Etat palestinien rejaillira tout à la fois sur Israël mais également sur la division de la région en micro-Etats, division que les mouvements nationalistes arabes nassérien, baasiste ont dénoncé comme une balkanisation impérialiste de la nation arabe unie.

Dans le temps, le dirigeant libyen Khadafi ne reconnaissait pas les Etats-Unis d’Amérique parce que ce pays est une colonie de peuplement et qu’il appartient aux Indiens. Cela est indubitablement vrai, les Etats-Unis qui se sont fondés exactement sur les mêmes bases que celles de l’Etat d’Israël, ni plus morales, ni moins criminelles ,n’ont de ce point de vue aucune légitimité … C’est aussi pour cela d’ailleurs que, lorsqu’on parle de l’alignement américain sur Israël, il faut comprendre qu’il a des racines culturelles profondes. N’oublions pas qu’aux Etats-Unis, les mots « colons » et « colonies » ont un sens positif. Pour un Américain, il y a quelques difficultés à suivre le raisonnement des Palestiniens, cela équivaudrait en quelque sorte à reconnaître qu’en tant que colon, il n’aurait aucun droit sur son pays !

L’Etat palestinien, c’est d’abord l’expression de la volonté du peuple palestinien d’exister en tant que peuple à travers un Etat, parce que l’on vit culturellement et politiquement dans le système dominé par l’organisation du monde en Etats-nations … Les Palestiniens ne peuvent être tenus pour coupables d’avoir été incapables d’inventer malgré leurs souffrances ce que le reste de l’humanité n’a pas encore inventé, c’est à dire le dépassement du nationalisme ! Défi exorbitant pour une petite province ottomane sur laquelle s’abat une tragédie démesurée et qui au cours des décennies a mis en œuvre individuellement et collectivement des stratégies de survie inimaginables.

 

 

Différences :La recherche de nouvelles voies ne vient-elle pas du fait que la situation apparaît comme totalement bloquée? Plus qu’une opposition politique n’est-ce pas là la traduction d’un certain désespoir ?

 

Ilan Halévi :Si le droit à la critique est un droit légitime qui doit être reconnu à tous, y compris sur la façon dont un peuple doit mener sa lutte, il ne faut cependant pas en arriver au point de se substituer au peuple, de décider à sa place, de savoir mieux que lui ce qui est bon pour lui en se ralliant à des opinions qui, certes, peuvent exister dans la société palestinienne laquelle est pluraliste mais qui ne sont pas l’expression d’un consensus ou d’une majorité.

Admettre que la situation est devenue impossible, c’est se résoudre à admettre que l’on est face à un problème insoluble, éternel ; c’est exactement ce que les dirigeants israéliens veulent que l’on pense. C’est ce qui a été repris par les néo-conservateurs, qui donnaient le ton à Washington, qui estimaient qu’il n’y avait pas de partenaire palestinien, que les positions des parties étaient irrémédiablement distantes, et qu’il n’y avait pas de solution en vue au conflit israélo-arabe d’ici vingt ans … et qu’en conséquence ce qui pouvait être fait par contre tout de suite était d’envahir l’Irak, de renverser l’Afghanistan, de bouleverser le Pakistan.

Nous renvoyer à des discours radicaux, sans prise sur le réel, avec la conviction que toutes les solutions qui semblaient réalistes avaient échoué, qu’il n’est plus la peine de les poursuivre, ne peut en définitive que faire le jeu de ceux qui veulent désespérer, nous désespérer, vous désespérer.

Il est vrai que toutes les démarches radicales sur le recours à la solution de l’Etat bi-national ou de l’Etat unitaire peuvent être séduisantes intellectuellement. Quant à la dissolution de l’Autorité qui prend argument sur le fait que les Israéliens se trouveraient dans l’obligation de prendre en charge financièrement la situation, alors même que ce seront bien évidemment les contribuables américains et européens qui paieront comme d’habitude, il est bien évident que les Israéliens ne vont pas s’embarrasser de cela.

Arrêter le peu que l’on a pu faire dans le domaine de la santé et de l’éducation et laisser l’occupant le prendre en charge –comme si on était mieux dans les hôpitaux du gouvernement militaire israélien, même s’ils sont mieux équipés- c’est ne pas prendre en compte l’ensemble du rapport humain et l’importance de l’insertion sociale de la santé, de l’éducation et de bien d’autres secteurs dans la vie des gens.

 

 

Différences : Les accords d’Oslo ne sont-ils pas pour une grand part responsables de la situation actuelle ?

Ilan Halévi : Tout d’abord, les accords intérimaires n’avaient pas la prétention à être des accords de paix. Par ailleurs, les Palestiniens ne sont pas le seul peuple colonisé à avoir signé des accords intérimaires. Pratiquement tous les pays sous domination coloniale sont parvenus à l’indépendance après des périodes d’autonomie intérimaire. Il y a toujours eu une transition entre la colonisation et l'indépendance. L’acceptation d’une période intérimaire de cinq ans par la direction palestinienne s’inscrivait dans cette perspective.

Sans doute y avait-il quelque naïveté à croire que sans finalité définie et en laissant des points à la merci de la volonté de l’autre partie, la dynamique allait continuer. Cela s’est arrêté dès que Rabin a été assassiné. Rabin vivant, cela marchait mal, mais cela marchait.

La myopie de nos négociateurs est certaine qui avaient signé des accords dans lesquels n’étaient prévus ni arbitrage, ni garanties, ni vérification du calendrier, ni vérification de l’application …si bien que la mise en pratique des accords d’Oslo s’est révélée désastreuse. Mais ceux qui veulent à tout prix faire porter la responsabilité sur les accords d’Oslo, non seulement font porter à Oslo le chapeau de Madrid et d’autres négociations qui à l’époque n’ont pas été critiquées et qui pourtant étaient encore plus draconiennes pour les Palestiniens que les accords d’Oslo. L’idée d’une période intérimaire n’est pas une trahison ; il n’y avait pas le choix entre une période intérimaire et l’indépendance tout de suite et elle n’a pas été acceptée par les dirigeants palestiniens parce que cela leur faisait plaisir.

Abou Mazen qui à l’époque n’était ni premier ministre, ni président mais un dirigeant de l’OLP en charge des relations internationales avait dit, à Tunis, devant un petit groupe de cadres, que cette période intérimaire était peut-être une aubaine et devant les interrogations des présents avait fait remarquer que cela permettrait peut-être à une société civile de se constituer avant que nous soyons autorisés à constituer une nouvelle dictature arabe…

C’est un fait qu’avec le retour des institutions de l’OLP sur le territoire, le pari a été d’essayer de construire les fondements de l’Etat avant d’avoir la souveraineté alors qu’en règle générale, dans l’histoire de la décolonisation on acquiert d’abord l’indépendance et ensuite on construit.

Construire sans souveraineté, comme dans le cas de la Palestine, est très difficile : il faut tout à la fois affronter d’un côté tous les problèmes, toutes les contradictions d’un mouvement de libération parce que l’on n’a pas encore libéré le territoire, et de l’autre les contraintes d’un Etat en voie de développement parce que l’on a commencé sa construction dans les conditions de la dépendance et de la crise permanente et structurelle entretenue par l’occupation.

Paradoxalement pour les Palestiniens, le seul précédent est celui de la construction de l’Etat d’Israël qui, à l’époque du mandat britannique, s’est construit en Palestine économiquement et institutionnellement avant d’obtenir politiquement l’indépendance.

 

 

Différences : Quelles sont à votre avis les conditions nécessaires pour réaliser ce double défi de construire un Etat tout en n’exerçant pas la souveraineté ? Comment réagit la société palestinienne ?

Ilan Halévi : Si on est un mouvement de libération, on a besoin d’unité nationale. Si on est un pays en voie de développement, on a besoin de démocratie, de libre débat, de pluralisme politique .

Si on veut pouvoir négocier ce qui n’est pas libéré, ce qui n’est pas résolu, on a besoin d’un mandat qui repose sur un consensus national et non pas sur un pluralisme de parti où chacun dit ce qu’il veut, où chacun ne représente pas plus que ce qu’il représente au Parlement, c’est à dire dans le meilleur des cas 32 à 35% de l’électorat.

Ce que les Israéliens prétendent vouloir instaurer, et c’est la litanie de Netanyahou « L’Etat palestinien n’aura ni ceci, ni cela, ne sera pas ceci, pas cela » ne doit pas nous impressionner. S’ils s’imaginent qu’ils vont trouver un Palestinien pour accepter ce genre de proposition … Il n’y a pas dans la société palestinienne de courant capitulard. Depuis des années, toutes les pressions de la société sur les directions palestiniennes vont dans le sens de la fermeté. Il n’y a aucun courant, aucune assise sociale à la collaboration qui ne peut être que le fait d’individus soumis au chantage, tenus ou vendus. Il n’y a pas de couche sociale qui ait pu trouver un intérêt quelconque à la collaboration.

Que des dirigeants comme Sharon aient pu dire qu’il fallait que les Palestiniens se sentent vaincus montre à quel point ils n’ont rien compris, certains toutefois manquant totalement de sincérité sachant parfaitement qu’il n’y avait aucune chance que cela se produise. Les Palestiniens ne se sont pas sentis vaincus en 1948 alors que les 3/4 d’entre eux ont été chassés de leurs maisons, rayés de la carte ; de même ils n’ont pas été vaincus en 1967 quand les Israéliens ont conquis le reste de la Palestine, ni quand ils ont quitté Beyrouth et Tripoli…Et même si le peuple palestinien est en colère, il n’est toutefois pas un peuple désespéré. Et même si des expressions de désespoir existent et s’expriment aussi politiquement, elles n’en restent pas moins minoritaires.

L’aspiration des Palestiniens à la normalité qui fonde leur désir de trouver une solution pacifique est profonde. Ce n’est pas un peuple qui se sent des dispositions particulières pour l’héroïsme. Il veut une vie normale, se consacrer à l’éducation de ses enfants, à sa propre santé. Et c’est cela qu’on lui nie et qui fait l’injustice énorme et révoltante de cette situation. Cela n’est pas seulement l’affaire des Palestiniens ou en relation avec les intérêts stratégiques des Etats. C’est également une tragédie qui touche humainement les gens dans leurs sentiments et leurs exigences morales.

 

 

Différences : Quel bilan dresser du changement d’Administration aux Etats-Unis, des répercussions de l’opération « Plomb durci » sur la volonté d’agir des opinions publiques qui contraste avec l’inaction des gouvernements, en Europe particulièrement ? De quelle façon, la situation peut-elle évoluer ?

 

Ilan Halévi : Face à la situation qui est faite au peuple palestinien, on ne peut, à partir d’aucune analyse radicale et intellectuellement satisfaisante, baisser les bras. On peut toujours faire quelque chose, mettre son poids dans la balance pour que ce soit moins pire, pour que quelques individus souffrent un peu moins. A l’endroit où se déploient les missions civiles du mouvement de solidarité européen, quand elles sont présentes sur place, la brutalité de la soldatesque occupante diminue quelques heures. La présence constante de ces missions civiles serait un véritable mécanisme de dissuasion. Les Israéliens ne veulent pas de témoins. Quand on va sur place, qu’on est témoin, on met incontestablement un grain de sable dans la machine de l’occupant, dans les rouages de sa machine à censurer, à mystifier, à oblitérer les faits.

Dans le blocage politique d’aujourd’hui, il faut voir, face à l’impuissance européenne et à la reculade américaine, ce qui peut aider à la reconstitution d’un rapport de forces au lieu d’accepter ce que disent les Israéliens.

Il y a au niveau global comme aux niveaux européen , arabe ou palestinien des événements, des processus qui permettent de recomposer sinon une stratégie du moins une perspective de poursuite de la lutte.

- Au niveau global, il est vrai que l’Administration américaine s’est révélée impuissante à casser l’intransigeance israélienne sur la question des colonies. Si cela constitue un signal déprimant, il n’en reste pas moins que le discours global produit par Washington s’est considérablement infléchi, même si les discours ne suffisent pas. Néanmoins, dans un dispositif comme celui des guerres globales orchestrées par la puissance américaine, le discours est très important. La disparition de l’islamophobie officielle comme doctrine d’Etat tout comme la disparition du discours sur la guerre, sur la guerre contre le terrorisme, marquent un infléchissement très important, même si cela n’a pas été traduit par des actes, même si Obama est revenu sur sa décision de fermer Guantanamo, s’est enlisé plus que jamais en Afghanistan, n’a rien résolu en Irak et s’enlise au Pakistan.

- En Europe, une bascule s’est également opérée, plus dans les opinions publiques qui condamnent les pratiques israéliennes que chez les décideurs ou dans les médias dont la frilosité voire la servilité sur cette question-là est largement partagée à quelques exceptions près.

En la matière, on a affaire à des processus qui sont des processus d’accumulation où, jusqu’au dernier moment, jusqu’à ce que cela saute, on a l’impression que rien ne bouge. On assiste à l’accumulation d’un ras-le-bol européen à l’égard de la politique israélienne, dans un contexte particulier dans lequel le gouvernement israélien est internationalement isolé avec Lieberman.

Sur le plan pratique, si on regarde les détails des exactions et des crimes commis par l’armée israélienne ou ceux de la colonisation, les gouvernements d’Ehoud Barak n’étaient pas du tout meilleurs que celui de Nétanyahou et Lieberman, mais ils mystifiaient l’opinion libérale, progressiste, dans le monde entier, alors que Netanyahou et Lieberman en sont complètement incapables. Il y a une modification du climat en fonction d’eux et qu’il faut savoir utiliser.

- Au niveau palestinien, je tiens à dire que si le dernier congrès du Fatah n’a pas été à cent pour cent démocratique comme pouvaient l’espérer les courants les plus démocratiques, il n’en a pas moins répondu aux 2/3 de leurs exigences.

D’autre part, les 2/3 de la vieille direction ont été éliminés et renvoyés à une retraite bien méritée.

En outre, il a été adopté un quota de 20% de femmes dans toutes les institutions du mouvement, ce qui est nouveau dans la culture politique des partis de la région et qui pour la société palestinienne et le Fatah représente un acquis.

Enfin, point très important, le congrès a mis fin à la discussion stratégique qui pendant dix ans et même plus a polarisé le débat entre partisans de la poursuite de la lutte armée et partisans de la négociation qui ne se donnaient pas les moyens de transformer le rapport de forces hors de la négociation. Le congrès a adopté comme ligne stratégique centrale, la lutte de masse non-violente contre l’occupation, c’est à dire a adopté la stratégie des comités et des petites organisations locales (qui, avec leur soutien international organisent des manifestations hebdomadaires contre le mur) comme modèle de lutte populaire que le Fatah doit encourager pour créer dans la rue le rapport de forces qui donnera aux négociateurs palestiniens la possibilité d’avancer.

Par Différences. La revue - Publié dans : Israël-Palestine
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Présentation

Recherche

Calendrier

Mars 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Créer un Blog

Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés