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    <title><![CDATA[Différences. La revue (Discriminations)]]></title>
    <link>http://www.differences-larevue.org/categorie-11197943.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Discriminations&quot; du blog &quot;Différences. La revue&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Différences. La revue (Discriminations)]]></title>
        <link>http://www.differences-larevue.org/categorie-11197943.html</link>
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    <pubDate>Tue, 14 Feb 2012 22:30:19 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Tue, 14 Feb 2012 22:30:19 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.differences-larevue.org</copyright>            <category>Discriminations</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[La fin de l'indépendance de la HALDE]]></title>
        <link>http://www.differences-larevue.org/article-la-fin-de-l-independance-de-la-halde-73441004.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <a href="http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/270411/la-fin-de-lindependance-de-la-halde">Publié par Mediapart</a>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Alors que la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (<strong><a href="http://www.halde.fr/">Halde</a>)</strong> va publier vendredi 29
    avril 2011 son dernier rapport annuel, un groupe de juristes de cette instance dénonce une récente délibération proposant d'étendre le principe de neutralité aux salariés des services publics
    gérés par des structures privées, telles que les crèches. Selon eux, cette décision <em>«amorce le déclin de la lutte contre certaines discriminations en France»</em>.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><img src="http://idata.over-blog.com/3/39/87/56/Logos/halde.gif" class="GcheTexte" alt="halde.gif" width="273" height="75">Alors qu'elle s'apprête à rendre son
    dernier rapport annuel, la Halde, présidée par Eric Molinié, a préconisé le 28 mars dernier, «<em>d'examiner l'opportunité d'étendre les obligations de neutralité qui s'imposent dans les
    structures publiques, aux structures privées des secteurs social, médico-social, ou de la petite enfance chargées d'une mission de service public ou d'intérêt général»</em>.</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Par rapport à d'autres délibérations de l'institution, celle-ci est passée presque inaperçue. Il est vrai qu'elle était accompagnée d'un communiqué de presse
    rassurant: il s'agit d'aborder «<em>l'expression religieuse, sous l'angle du droit des discriminations et de la promotion de l'égalité dans le champ de l'emploi conformément à ses missions</em>».
    Autrement dit, quelques petits aménagements, mûris au terme d'un débat consensuel et dépassionné, ayant pour objectif un meilleur «<em>vivre ensemble fondé sur notre pacte
    républicain</em>».</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Pourtant, tout porte à croire que cette délibération sonne la fin de l'indépendance de l'institution, et amorce le déclin de la lutte contre certaines
    discriminations en France. C'est pourquoi, nous, agents du service juridique de la Halde, ne pouvons passer sous silence les bizarreries, les paradoxes, les sous-entendus et les effets de cette
    délibération qui conduit ce qui reste de la haute autorité dans une impasse.</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">D'abord les bizarreries. Il est pour le moins curieux, dans le contexte actuel,&nbsp;d'appeler à «<em>dépasser la nature passionnée des débats médiatiques</em>». Il
    est encore plus bizarre d'appeler cela un débat «médiatique», alors qu'il a été lancé par le gouvernement en pleine période électorale. La précaution de langage peut paraître sage; elle s'avère
    suspecte.</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Tout aussi suspecte est la nécessité impérieuse de préconiser, dans le contexte actuel, des solutions qui figurent dans de nombreux rapports rendus aux pouvoirs
    publics. Pour mémoire le rapport de la Commission de réflexion sur l'application du principe de laïcité dans la République a été remis au Président de la République en 2003.</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Ensuite, les paradoxes. Il est paradoxal de constater qu'en 2010, seulement 2&nbsp;% des réclamations reçues par la Halde soulevaient des questions de
    discriminations religieuses, et de prendre l'initiative d'engager, malgré cela, un débat dans lequel la lutte contre les discriminations a tout à perdre.</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Il est tout aussi paradoxal, de s'aventurer sur ce terrain glissant tout en constatant que «<em>la loi permet de résoudre 95&nbsp;% et 98&nbsp;% des
    cas»</em>.</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Paradoxal encore, le fait d'ouvrir cette «boîte de Pandore» et de proposer l'extension du principe de neutralité aux salariés des services publics gérés par des
    structures privées, alors qu'en 6 ans d'existence, la Halde n'a pas été saisie de cas litigieux. Cette disproportion est d'autant plus flagrante que ces chiffres doivent être rapprochés d'un
    autre: 30&nbsp;% de saisines de la Halde concernent la discrimination fondée sur l'origine... Il ne faudrait pas que l'arbre de la laïcité cache la forêt de la discrimination raciale!</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Paradoxale enfin, l'idée d'étendre la portée du principe de neutralité au-delà de son périmètre habituel au moment où les gouvernements successifs s'attachent
    consciencieusement à démantibuler les services publics et à privatiser le statut des personnels qui y sont affectés. Tout ceci laisse d'autant plus perplexe que la délibération repose sur
    plusieurs sous-entendus qu'il convient de dissiper.</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Premier sous-entendu: le fait religieux poserait un problème dans l'entreprise. La délibération n'est pourtant étayée par aucune donnée chiffrée permettant
    d'établir la recrudescence du phénomène ou le niveau qu'il atteint. Les travaux des sociologues sur la question ne manquent pourtant pas. La Halde constate même l'inverse: <em>«les participants
    aux différentes consultations organisées par la haute autorité (...) relèvent que les questions liées à la manifestation du fait religieux dans l'entreprise (...) sont peu fréquentes et le plus
    souvent résolues sans difficulté particulière</em>». Pourquoi dans ce cas affirmer que «<em>les entreprises (...) consultées nous disent que c'est une question qui monte?»</em> (E. Molinié,
    France Inter, 29 mars 2011) et prendre le risque, non seulement d'alimenter le débat politique et électoraliste actuel <em>«sans tabou»</em> (E. Molinié, Le Mondre.fr 29 mars 2011), mais aussi
    d'accréditer l'idée qu'il existe bel et bien un problème&nbsp;qu'il convient de régler?</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Deuxième sous-entendu: le problème est essentiellement posé par la pratique de la religion musulmane, sur laquelle s'appuient la plupart des exemples cités dans la
    presse. Dans le contexte actuel, le risque de stigmatisation d'une partie de la population française, en fonction de ses convictions religieuses, est certain.</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Troisième sous-entendu: l'extension des obligations de neutralité est l'adjuvant indispensable à la privatisation des services publics. <em>«Il y a un moment où on
    pourrait avoir un service public qui n'est plus du tout assuré par des fonctionnaires, mais par des agents du privé, et à ce moment-là, quid de la neutralité?»</em> (E. Molinié, RTL, 29 mars
    2011). Selon nous, la question mériterait toutefois d'être retournée: <em>«quid du service public?»</em>, <em>«quid des droits des salariés perdant leur statut protecteur et conservant malgré
    tout les sujétions qui lui étaient liées?»</em></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Quatrième sous-entendu: en recommandant <em>«d'examiner l'opportunité d'étendre les obligations de neutralité»</em>, le Président de la haute autorité préconise, en
    réalité, l'extension du principe de laïcité en France et son application à plusieurs centaines de milliers de salariés relevant du secteur privé exerçant <em>«de</em> <em>près ou de loin</em>
    (sic), <em>de manière implicite</em> (sic) <em>ou explicite une mission de service public ou d'intérêt général (sic)»</em> (Le Monde.fr, 29 mars 2011).</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Dernier sous-entendu: sous <em>«l'organisation d'un dialogue permanent»</em> prônée dans la délibération du Collège, <em>«une nouvelle loi»</em> (E. Molinié, Le
    Monde.fr, précité)!</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Comment croire que ces curiosités, bizarreries, paradoxes et autres sous-entendus ne sont pas de nature à produire des effets pervers? Sur un plan juridique, nous
    en constatons déjà deux.</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">D'abord un recul du droit. Au-delà des approximations juridiques touchant au service public (qu'est-ce qu'un salarié exerçant de loin et implicitement une mission
    d'intérêt général?), il est dangereux de considérer, comme le fait le Président de la haute autorité, que <em>«la stricte application du droit ne répond pas toujours aux questions
    sociétales»</em> (E. Molinié, Le Figaro, 29 mars 2011). Or, faut-il le rappeler, en matière de lutte contre les discriminations, première mission de la Halde, le droit protège&nbsp;le salarié
    discriminé, notamment en raison de ses convictions religieuses.</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Ensuite un recul des libertés fondamentales. Etendre le principe de laïcité à des centaines de milliers de salariés qui pour l'instant n'y sont pas soumis revient à
    aggraver les discriminations à l'embauche et dans l'emploi en organisant une discrimination sur les convictions légitimée par la loi. Cela revient à mettre sur pieds une discrimination d'Etat...
    à l'initiative de la Halde!</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Le mélange des rôles est pour le moins troublant et en rien conforme aux missions de la Halde et à son indépendance. On comprend ainsi pourquoi cette recommandation
    qui a été adressée au gouvernement a été suivie... par l'UMP qui l'a immédiatement intégrée dans ses 26 propositions sur la laïcité.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Piètre testament laissé par la Halde qui disparaîtra officiellement le 1<sup>er</sup> mai 2011. Les 6 années d'activité de l'institution méritaient mieux.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">-------------------</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Un Collectif d'agents de la Halde.</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 10 May 2011 06:00:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">8aa20f14446d8cd6b79a2f76a069aeb5</guid>
                <category>Discriminations</category>        <comments>http://www.differences-larevue.org/article-la-fin-de-l-independance-de-la-halde-73441004-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Lutter contre les préjugés]]></title>
        <link>http://www.differences-larevue.org/article-lutter-contre-les-prejuges-58046715.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-size: 14pt;"><strong>Lutter contre les préjugés. La parole à Anaïs, 22 ans , animatrice socio-culturelle</strong></span>
  </p>
  <p class="western">
    <br>
    <br>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Dans le cadre d’interventions en milieu scolaire sur la thématique des préjugés, des stéréotypes et de la discrimination, la remise en question des mécanismes de
    pensée à l’œuvre chez la plupart des jeunes est indispensable.</span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;">Il est vrai que la barrière entre préjugés et stéréotypes est aussi mince qu’une feuille de papier. Remarquons cependant qu’il existe
    des mécanismes qui comme le stéréotype sont nécessaires aux interactions entre individus, c’est comme une catégorisation qui simplifie les échanges. Si l’on rajoute à cette catégorisation la peur
    de l’inconnu, la méconnaissance, le jugement de valeur, on bascule alors dans la discrimination. Cette opération semble simple à comprendre mais dire qu’elle est simple à résoudre serait faux. Il
    faut faire preuve d’une certaine capacité de remise en question.</span></span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;">Lors de mes interventions, j’ai pu remarquer que les jeunes ont souvent des opinions déjà prédéfinies. Comment interpréter alors le
    fait que ces préjugés soient communs à toute la classe voire à tous les jeunes … Serait-ce la faute uniquement de la télévision&nbsp;grande productrice d’uniformisation de pensée et de
    stéréotypes&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;">Ces interventions en milieu scolaire qui demeurent cependant trop ponctuelles viennent néanmoins mettre un petit grain de sable dans
    les rouages et les habitudes de pensée de chacun. D’après mon expérience, une première réussite pour lutter contre les discriminations serait que chacun puisse se dire «&nbsp;pourquoi je pense
    ainsi&nbsp;? – c’est à dire qu’est-ce qui se joue en moi face à une situation donnée Pourquoi j’agis de cette façon&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;">Puisqu’il n’existe pas de manuel sur «&nbsp;comment être un bon citoyen en harmonie avec les autres&nbsp;?&nbsp;», il est essentiel
    que chacun devienne maître de sa réflexion et de ses agissements en ayant la compréhension de l’ensemble des mécanismes qui l’ont amené à penser qu’il y avait une certaine différence entre lui et
    son voisin.</span></span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;">Il est nécessaire de comprendre qu’il faut accepter nos différences car elles sont complémentaires. Le rapport entre jeunes et
    adultes (éducateurs, enseignants … ) est un bon vecteur pour casser les préjugés.</span></span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;">Les stéréotypes et les préjugés ont une raison d’exister&nbsp;: ils jouent une réelle fonction pour les individus. En ce sens, le but
    des interventions n’est pas de les bannir mais de les comprendre ou mieux de les prendre en compte sachant que bien souvent ils sont produits volontairement dans un but précis, celui de se créer
    un groupe d’appartenance (groupe de pairs) ou à l’inverse celui d’exclure une personne ou un groupe de personnes. C’est ce qui se passe actuellement avec les manipulations médiatiques dont sont
    victimes les Roms ou avec les nombreux amalgames qui sont faits à leur sujet et qui poussent chacun à faire le raccourci entre Roms et insécurité. Il n’est pas inutile enfin d’apporter une
    attention particulière aux vecteurs qui font passer les idées tout comme de mettre en garde contre les dangers que représente le passage d’une idée complexe à une idée simple, malheureusement
    bien souvent simpliste.</span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 03 Oct 2010 18:00:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">5c6d2f4bccf287a7a6ec78a66370e5f9</guid>
                <category>Discriminations</category>        <comments>http://www.differences-larevue.org/article-lutter-contre-les-prejuges-58046715-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Les discriminations: une question de minorités visibles (INED)]]></title>
        <link>http://www.differences-larevue.org/article-les-discriminations-une-question-de-minorites-visibles-ined-48319189.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Les chances d’obtenir un travail ou un logement, ou tout simplement un service auquel on a droit, varient selon le sexe, la situation de famille, l’origine,
    l’apparence physique, etc. L’enquête Trajectoires et Origines (TeO), menée en 2008 par l’Ined et l’Insee, permet de dépasser le simple constat des discriminations pour étudier en détail le rôle
    des différents facteurs. Les auteurs de l’enquête nous livrent ici les premières analyses des déclarations de discriminations subies par les personnes interrogées.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">La mesure des discriminations demeure un sujet sensible sur le plan politique et compliqué d’un point de vue méthodologique. Différentes approches ont été
    développées [1], [2]. Les testings, réalisés depuis le début des années 2000, montrent que les candidats d’origine maghrébine ou d’Afrique subsaharienne ont, à formation, qualification et
    éléments de carrière comparables, 3 à 5 fois moins de chance d’être convoqués à des entretiens d’embauche que les candidats d’origine européenne [3]. Au-delà de ces mesures obtenues dans le cadre
    d’expérimentations portant sur des&nbsp; échantillons non représentatifs, des études statistiques de dimension nationale montrent que les immigrés (définitions dans l’encadré 1) et les fils ou
    filles d’immigrés connaissent, selon leur origine, un risque de chômage de 20 % à 50 % plus élevé que le reste de la population, toutes choses égales par ailleurs [4].</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">L’enquête Trajectoires et Origines (TeO) (voir encadré&nbsp; 2) améliore nos connaissances des discriminations en France en permettant d’étudier leurs variations
    selon&nbsp; le groupe d’origine des personnes enquêtées et leur situation en matière d’éducation, emploi, logement, santé, etc., ainsi que les motifs déclenchant ces discriminations aux yeux des
    personnes interrogées (sexe, âge, état de santé, origine, couleur de peau, etc.). Nous analysons ici les réponses obtenues par cette enquête aux questions sur l’expérience perçue des
    discriminations au cours des cinq dernières années et sur les motifs qui y sont associés.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><br>
    Il faut garder à l’esprit que le phénomène de discrimination est mesuré ici du point de vue de celles et ceux qui le subissent. Il s’agit de déclarations, reflétant à la fois l’importance des
    discriminations&nbsp; subies et la sensibilité des enquêtés à ces situations.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><a href="http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/3/39/87/56/Discriminations/publi_pdf1_466.pdf">Article complet</a><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><a href="http://www.ined.fr/fr/ressources_documentation/publications/pop_soc/bdd/publication/1504/">Lire l'étude complète sur le site de l'INED</a><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <a href="http://www.ined.fr/fr/">Site de l'INED, page d'accueil</a>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    RÉFÉRENCES<br>
    [1] Patrick Simon - « La mesure des discriminations ethniques et raciales : comparaisons internationales » , in Fassin E. et Halpérin J-L (dir.) Discriminations : pratiques, savoirs et
    politiques, La Documentation française, Paris, 2008, p. 131-148.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    [2] Elisabeth Algava et Maryline Beque - « Perception et vécu des comportements intolérants. Une analyse du module<br>
    « Relations avec les autres » de l’enquête Histoire de vie », Économie et Statistique, n° 393-394, 2006, p. 115-150.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    [3] Eric Cédiey, Fabrice Foroni et Hélène Garner - « Discriminations à l’embauche fondées sur l’origine à l’encontre de<br>
    jeunes français(es) peu qualifié(e)s. Une enquête nationale par tests de discrimination ou testing ». DARES, Premières synthèses&nbsp; information, n° 06.3, février 2008.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    [4] Roxane Silberman et Irène Fournier - « Les secondes générations sur le marché du travail en France : une pénalité<br>
    ethnique ancrée dans le temps. Contribution à la théorie de l’assimilation segmentée », Revue française de sociologie, 47-2, 2006, p. 243-292.
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 09 Apr 2010 19:06:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">e33611c1ea265d83102b29b17871296a</guid>
                <category>Discriminations</category>        <comments>http://www.differences-larevue.org/article-les-discriminations-une-question-de-minorites-visibles-ined-48319189-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Les vulnérables (Hélène Thomas)]]></title>
        <link>http://www.differences-larevue.org/article-les-vulnerables-helene-thomas-45705404.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <p style="margin-bottom: 0cm;">
      <span style="font-size: 12pt;">Thomas Hélène, Les vulnérables : la démocratie contre les pauvres, <a href="http://atheles.org/editionsducroquant/">Le&nbsp;Croquant,</a> coll. Terra, 2010, 254
      p. 20 euros.</span>
    </p>
    <p style="margin-bottom: 0cm;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="margin-bottom: 0cm;">
      &nbsp;
    </p>
  </div>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><a onclick="return !window.open(this);" href="http://idata.over-blog.com/3/39/87/56/Discriminations/lesvulnerables.jpg"><img src=
    "http://img.over-blog.com/202x300/3/39/87/56/Discriminations/lesvulnerables.jpg" class="GcheTexte" alt="lesvulnerables.jpg" width="202" height="300"></a>Depuis le début des années 1980, les
    démocraties et les organisations&nbsp;internationales ont modifié leur approche des populations défavorisées,&nbsp;revenant sur plus de deux siècles de développement et de mise en ouvre
    des&nbsp;idées progressistes de promotion sociale et d'accès à la citoyenneté. La&nbsp;notion de vulnérabilité est la pierre angulaire de ce changement. Désormais&nbsp;la guerre est déclarée non
    plus à la pauvreté mais aux pauvres, enrôlés dans&nbsp;ce combat contre eux-mêmes. Ils font l'objet de la vigilance des savants, de&nbsp;la sollicitude des experts et d'une surveillance continue
    des acteurs&nbsp;publics et ne sont plus traités comme des citoyens malheureux ou mal&nbsp;intégrés mais comme des incapables. Cet ouvrage revient d'abord sur les&nbsp;fondements de cette
    révolution conceptuelle. Une archéologie des termes&nbsp;permet de comprendre comment ils se sont généralisés dans les discours&nbsp;publics depuis la fin du dernier millénaire. Puis il étudie
    les instruments&nbsp;de ce nouveau gouvernement des pauvres qui les coupe de l'exercice de leurs&nbsp;droits humains et de leurs libertés fondamentales. Comment ce remplacement&nbsp;de l'égalité
    par l'équité, de la liberté par la dignité, de la fraternité&nbsp;par la responsabilité s'est-il opéré ? Sur quels principes juridiques&nbsp;fondamentaux et politiques contradictoires, néanmoins
    conciliés dans une&nbsp;nouvelle théorie sociale, s'appuie-t-il ? Enfin le livre met en lumière les&nbsp;effets de ces dispositifs d'urgence permanente sur l'existence des&nbsp;vulnérables
    assignés au rôle de victimes. Leur traitement qui combine&nbsp;protection rapprochée et contrôle à distance repose sur l'individualisation&nbsp;et la psychologisation de leur condition et en fait
    tantôt des martyrs&nbsp;médiatisés tantôt des cibles discrètes d'interventions bienfaisantes&nbsp;condamnées à la désubjectivation et au silence.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">(Notice d'éditeur)</span>
  </p>

  
  
  
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<!--
        &lt;! 
                @page { margin: 2cm }
                P { margin-bottom: 0.21cm }
         &gt;
-->
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        &lt;! 
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         &gt;
-->
</style>]]></description>
        <pubDate>Sat, 27 Feb 2010 12:21:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">94f1aec0267b62a11dd17d615c9980ec</guid>
                <category>Discriminations</category>        <comments>http://www.differences-larevue.org/article-les-vulnerables-helene-thomas-45705404-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le Collectif "police + citoyens"]]></title>
        <link>http://www.differences-larevue.org/article-le-collectif-police-citoyens--43982212.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><a href="http://policepluscitoyens.org/">Lien vers le site.</a></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Depuis trop longtemps, le dialogue entre la police et les «&nbsp;minorités visibles&nbsp;» est difficile.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Depuis trop longtemps, les enquêtes se succèdent, dont une étude récente du CNRS, pour dénoncer les contrôles au faciès, sans qu'aucune mesure ne soit prise.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Ces citoyens dont l'identité est systématiquement contrôlée, parfois plusieurs fois par jour, à cause de leur apparence ou d’une origine supposée, nous disons
    aujourd'hui que la République doit les entendre.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Car il ne faut pas s'y tromper. Notre cohésion nationale est en jeu. Les contrôles au faciès divisent la population, et donnent l'impression à certains que, quoi
    qu'ils disent, quoi qu'ils fassent, ils ne feront jamais partie de la communauté nationale. Ils seront, à vie, présumés irréguliers, présumés coupables.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Nous sommes profondément attachés à la police républicaine, et c'est au nom de ce lien, indestructible, qui doit exister entre la police et ses administrés, quelles
    que soient leur âge, leur mode de vie, leur religion ou leur couleur de peau, que nous appelons à agir, pour en finir avec les contrôles au faciès.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Notre première proposition est simple, et efficace. Elle a été testée, avec succès, par le président américain Barack Obama, alors qu'il n'était encore que
    sénateur, dans son Etat de l'Illinois et déjà mise en œuvre dans des villes anglaises. Nous proposons qu'à l'issue de chaque contrôle d'identité, le policier délivre à la personne contrôlée une
    attestation, où figurent : le numéro de matricule du policier, le nom de la personne contrôlée, ainsi que la date, le lieu, et le cadre légal du contrôle effectué.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Un contrôle de police est un acte qui n’est pas anodin ; il est donc légitime que ces procédures soient enregistrées et que la personne contrôlée reçoive une
    explication écrite. Ainsi les personnes qui estiment à tort ou à raison être harcelées par des contrôles intempestifs auront les moyens de prouver leurs dires par ces documents officiels, de
    même, les forces de l‘ordre disposeront d’un outil d’évaluation de leur efficacité. En d’autres termes, les attestations permettront de garantir le cadre légal des contrôles et de limiter les
    abus éventuels de la part des contrôleurs ou des contrôlés.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Notre seconde proposition est que chaque policier puisse être identifié par un numéro de matricule, qu'il portera sur lui d'une manière visible par les usagers. Ce
    système est en vigueur dans un très grand nombre de pays, où il a fait ses preuves. L'anonymat des policiers est préservé. Et les droits des citoyens sont garantis.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Si cela s’avérait nécessaire, nous demanderons qu'un projet de loi sur les contrôles au faciès soit présenté au parlement, afin que la représentation nationale
    puisse enfin se saisir de cette question.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><b>Pétition pour les attestations de contrôle d'identité à l'initiative de:</b><br>
    CRAN / Ligue des Droits de l'Homme / Banlieues Actives / HUI Ji / AC le feu</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><b>Premiers signataires:</b><br>
    CFDT / FSU / Syndicat des avocats de France / Syndicat de la Magistrature / GISTI / <a href="http://www.mrap.fr">MRAP</a> / SOS Racisme/ ANGVC / ASAV / FNASAT Gens du voyage / ENAR France-réseau
    européen contre le racisme / Fédération des Associations Franco-Africaines de Développement-FAFRAD / Femmes et Contributions au Développement-FECODEV / Fédération Nationale des Associations
    Franco-Africaines-FNAFA / Fédération des Tunisiens pour une CitoyennetÃ© des deux Rives-FTCR / Afrique Conseil / AmitiÃ© judeo noire / An Nou Allé / Association Oxygène Social / Association
    Football Club des Ecrivains / Association Club des Afro-Européennes et entreprenariat / AZEC / CAPDIV / Enfants d'Ici et d'ailleurs / Haut Conseil des Béninois de l'extérieur / Rafale / Zodo /
    Association des Jeunes Chinois de France / comité IDAHO</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 31 Jan 2010 11:15:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">abd7c1095afbe085152b68873a4077d0</guid>
                <category>Discriminations</category>        <comments>http://www.differences-larevue.org/article-le-collectif-police-citoyens--43982212-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Différences "papier" : sommaire du 4ème trimestre 2009]]></title>
        <link>http://www.differences-larevue.org/article-differences-statistiques-ethniques-colloque-42231326.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">Revue Différences à commander au prix de 6 euro à Différences , 43 bd Magenta 75010 Paris<br>
  <a href="http://secure.mrap.fr/Differences-Journal-du-MRAP.html">Commander en ligne.</a><br>
  &nbsp;<br>
  Sommaire du numéro de Différences du quatrième trimestre 2009<br></span></span><br>
  <span style="font-size: 12pt;">International<br>
  <br>
  <a onclick="return !window.open(this);" href="http://idata.over-blog.com/3/39/87/56/Differences/differences272.jpg"><img src=
  "http://img.over-blog.com/212x300/3/39/87/56/Differences/differences272.jpg" class="GcheTexte" alt="differences272"></a>Le désarmement nucléaire de retour ? par Michel Rogalski, directeur de la
  Revue Recherches Internationales<br>
  <br>
  Dossier : Colloque statistiques ethniques<br>
  <br>
  Pour l’égalité effective des droits entre tou(te)s les citoyen(ne)s et résident(e)s de France par Bernadette Hétier, membre du Collège de la présidence du MRAP<br>
  <br>
  Faut-il compter les discriminés pour lutter contre les discriminations ? Véronique De Rudder et François Vourc’h, sociologues, chargés de recherche au CNRS<br>
  <br>
  Inutiles statistiques ethniques par Hervé Le Bras, directeur d’études à l’EHESS<br>
  <br>
  Les statistiques ethno-raciales n’aident pas à la connaissance sur les discriminations par Stéphane Jugnot, statisticien, économiste<br>
  <br>
  Statistiques ethniques et lutte contre les discriminations ; brèves remarques sur un discours manipulateur par Gwénaële Calvès, professeur de droit public<br>
  <br>
  Discriminations : étudier les phénomènes sans statistiques ethniques par Jean Luc Richard, maître de conférences en démographie et sociologie politiques<br>
  <br>
  Antiracisme<br>
  <br>
  L’identité nationale comme divertissement populaire ? par Esther Benbassa, directrice d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes Sorbonne<br>
  Les femmes au service de l’identité nationale par Eric Fassin, sociologue, chercheur à l’ENS, chercheur à l’Iris</span>]]></description>
        <pubDate>Sun, 03 Jan 2010 11:15:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">79c87555ce86fcfee0cc35c71065b86c</guid>
                <category>Discriminations</category>        <comments>http://www.differences-larevue.org/article-differences-statistiques-ethniques-colloque-42231326-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[L'ethnicité à l'épreuve de la pacification sociale (Manuel Boucher)]]></title>
        <link>http://www.differences-larevue.org/article-ethnicite-epreuve-pacification-sociale-manuel-boucher-41244841.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 14pt;"><b>L’ethnicité à l’épreuve de la pacification sociale</b></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 12pt;"><b>Analyse critique de la « discrimination positive » dans la société française</b></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 12pt;"><b><br></b></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    Article publié initialement à cette adresse (Groupe Claris)
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <a href=
    "http://groupeclaris.wordpress.com/2009/04/07/lethnicite-a-lepreuve-de-la-pacification-sociale/">http://groupeclaris.wordpress.com/2009/04/07/lethnicite-a-lepreuve-de-la-pacification-sociale/</a>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 12pt;"><b><br></b></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Manuel BOUCHER<a id="sdfootnote1anc" class=
    "sdfootnoteanc" name="sdfootnote1anc" href="#sdfootnote1sym"><sup>1</sup></a></span></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><span style="font-size: 12pt;"><em>Introduction</em></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Les questions de l’ethnicité et des discriminations ethniques longtemps déniées en France sont aujourd’hui au cœur de
    nombreuses manifestations et débats exposant la nécessité de mieux reconnaître et représenter la diversité culturelle de la société française contemporaine. Ainsi, sous l’impulsion des directives
    européennes (art. 13 du traité d’Amsterdam), la lutte contre les discriminations ethnico-raciales est désormais institutionnalisée. L’espace du combat contre les discriminations racistes n’est
    plus uniquement occupé par des militants agissant au sein d’associations anti-racistes mais par des acteurs politico-institutionnels représentant l’Etat et les collectivités territoriales ainsi
    que par des porte-paroles du monde économique. Pour combattre les discriminations, ces acteurs s’appuient désormais sur des lois récentes plus adaptées (la loi du 16 novembre 2001, relative à la
    lutte contre les discriminations, aménage la charge de la preuve<a id="sdfootnote2anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote2anc" href="#sdfootnote2sym"><sup>2</sup></a>), sur des pratiques
    efficaces de lutte contre les comportements discriminatoires maintenant reconnues par les pouvoirs publics telles que le « testing » ou « test de situation » dans sa traduction française, sur une
    multiplicité d’enquêtes montrant le caractère massif des discriminations ethniques dans le travail, le logement, l’éducation, etc., sur l’existence d’établissements publics spécialisés chargés de
    juguler des pratiques d’inégalité de traitement (ACSE<a id="sdfootnote3anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote3anc" href="#sdfootnote3sym"><sup>*</sup></a>, HALDE<a id="sdfootnote4anc" class=
    "sdfootnoteanc" name="sdfootnote4anc" href="#sdfootnote4sym"><sup>*</sup></a>, COPEC<a id="sdfootnote5anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote5anc" href=
    "#sdfootnote5sym"><sup>*</sup></a>).</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Dans ce contexte politico-juridique renouvelé, des progrès manifestes ont dès lors été rapidement réalisés en matière de
    lutte contre les discriminations ethniques au niveau juridique (mise en conformité de la législation française avec les législations anti-discriminatoires européennes), de la connaissance des
    phénomènes racistes et discriminatoires (financements de nombreux projets de recherche, de formations, de communications, installation de la Cité nationale de l’immigration) et des actions de
    promotion de l’égalité des chances (mise en place de mesures de « discrimination positive » dans des grandes écoles, la police…). Ainsi, cette institutionnalisation a notamment permis de dépasser
    l’idée que les personnes immigrées, d’origine étrangère ou perçues comme telles qui vivent des problèmes d’insertion sociale et professionnelle sont les premières responsables de leurs
    difficultés en raison d’un « défaut d’intégration » mais qu’elles doivent avant tout surmonter des processus discriminatoires protéiformes produits par la société elle-même.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Cependant, même si l’on peut se féliciter d’une prise de conscience collective vis-à-vis de processus de discrimination
    mortifères pour la cohésion sociale ainsi que d’avancées pour les analyser et les limiter, celles-ci ne doivent pas pour autant cacher d’autres réalités plus ambivalentes. Effectivement,
    aujourd’hui, parallèlement à l’institutionnalisation de lutte contre les discriminations racistes, nous assistons aussi :</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">- au développement de logiques antiracistes confuses ;</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">- à l’émergence de pratiques de « discrimination positive » mises en œuvre selon des critères raciaux ;</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">- à l’apparition sur la scène politico-médiatique d’une « bourgeoisie ethnique » néo-libérale.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">En fait, tous ces phénomènes, ne sont-ils pas des éléments qui coïncident avec le développement d’une gestion ethnique de
    rapports sociaux inégalitaires ? Pour apporter des éléments de réponse à cette interrogation, ce texte n’a dès lors pas pour objet de décrire les progrès indéniables associés aux nouvelles
    orientations, à l’institutionnalisation et à la rationalisation du combat anti-discriminatoire en France mais, au contraire, de souligner les contradictions de ces mutations, notamment en matière
    de racisation des rapports sociaux et de pacification sociale.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 12pt;"><b>Des logiques antiracistes confuses</b></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Actuellement, le combat contre le racisme est l’enjeu de luttes politiciennes et clientélistes :</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: 12pt;">-</span></span> <span style=
    "font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">des dirigeants de mouvements humanistes et anti-racistes historiques prennent fait et cause dans le conflit israélo-palestinien et/ou
    dans les tensions opposant les gouvernements autoritaires du Moyen-Orient et du Maghreb aux Etats occidentaux. Ils proclament que le seul combat juste est la lutte contre « l’islamophobie » au
    nom de la défense des populations Arabo-musulmanes considérées comme les plus opprimées.</span></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Ainsi, ces acteurs intentent des procès en « islamophobie » à tous ceux qui, loin d’être des racistes d’extrême-droite
    anti-musulmans, au nom de la liberté d’expression, de la laïcité et de l’émancipation des individus, tirent la sonnette d’alarme devant l’avancée importante des fondamentalistes islamistes qui
    assimilent volontairement l’athéisme ou le blasphème à une forme de racisme ;</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: 12pt;">-</span></span> <span style=
    "font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">parallèlement à cette dynamique, d’autres mouvements anti-racistes traditionnellement plus focalisés sur la lutte contre
    l’antisémitisme mais également des mouvements pro-israéliens d’extrême droite affirment la nécessité absolue de juguler la « judéophobie » au nom de la défense des descendants des victimes de la
    Shoah niant dès lors, involontairement ou pas, l’existence d’autres types de racisme comme l’islamophobie et l’arabophobie ainsi que les crimes de guerre commis à l’encontre du peuple palestinien
    ;</span></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: 12pt;">-</span></span> <span style=
    "font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">enfin, des mouvements politico-religieux proches des idéologies rigoristes des « wahhabites » ou des frères musulmans, des militants
    afro-centristes et tiers-mondistes extrémistes instrumentalisent la lutte contre le racisme au profit de leur vision du monde caricaturale, séparée entre les fidèles à une « communauté »
    magnifiée et ses ennemis, c’est-à-dire entre les purs et les impurs.</span></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Dans tous les cas, ces militants participent à la hiérarchisation des victimes et du combat antiraciste.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Ils empêchent de comprendre la complexité de processus de déshumanisation qui sont au fondement même du racisme classique
    biologique ou néo-culturel.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 12pt;"><b>L’ambivalence de la discrimination positive</b></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Parallèlement au délitement des mouvements anti-racistes, les débats actuels sur la « discrimination positive » souffrent
    d’une grande confusion. En fait, le terme « discrimination positive » est encore très contesté en France. En articulant « positive » (épithète) à « discrimination » (substantif), terme ayant une
    connotation négative, la formule « discrimination positive » est un oxymore qui, dès le départ, semble disqualifier les politiques qu’elle désigne. En ce sens, les promoteurs de ces politiques
    lui substituent généralement d’autres appellations comme « actions positives » ou « mobilisations positives ». En outre, traduction française de l’expression américaine « <span style=
    "font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>affirmative action »</em></span> associée à des actions spécifiques basées sur des critères ethniques ou « raciaux » dans l’accès à l’emploi et à
    l’école notamment, la médiatisation récente de la discrimination positive paraît remettre en question les valeurs et les principes universalistes historiques de la République française. En
    France, la discrimination positive n’est pourtant pas une idée si nouvelle.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><span style="font-size: 12pt;"><em>La discrimination positive socio-économique et territoriale</em></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Ce « principe » est au fondement d’un certain nombre de dispositifs de traitement social préférentiel en direction de
    populations en difficulté mis en œuvre par l'État providence. Les aides sociales (aide aux parents isolés, revenu minimum d’insertion, allocation spécifique de solidarité, allocation adulte
    handicapé…) à destination des personnes défavorisées, deuxième pilier<a id="sdfootnote6anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote6anc" href="#sdfootnote6sym"><sup>3</sup></a> de l’« État social
    national », fonctionnent dans une logique de discrimination positive au même titre que les mesures particulières mises en place pour les publics en difficulté d’insertion socioprofessionnelle
    (handicapés, personnes non-qualifiées, jeunes, seniors).</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">La politique de la ville est également très directement associée au principe de discrimination positive. Par exemple, les
    ZUS (« zones urbaines sensibles ») sont aussi généralement des « zones franches » bénéficiant d’exonérations sociales et fiscales en échange de quoi (sans entrer dans le détail) les entreprises
    qui s’installent dans ces territoires doivent embaucher au moins un tiers de leurs salariés parmi les habitants des quartiers défavorisés. Mais l’action de discrimination positive la plus
    anciennement connue dans le cadre de la politique de la ville est le classement en ZEP (« zone d’éducation prioritaire ») des établissements scolaires concentrant le plus de handicaps sociaux,
    notamment dans les banlieues périphériques populaires. Les ZEP ont été créées en 1981 pour lutter contre l’échec scolaire dans les « quartiers pauvres ». Dans la pratique, les écoles, les
    collèges et les lycées bénéficient de moyens pédagogiques supplémentaires et d’un nombre réduit d’élèves par classe pour aider les enfants des milieux populaires à surmonter leurs difficultés (en
    2006, environ 700 ZEP et 900 réseaux d’éducation prioritaire facilitaient le partenariat avec les collectivités locales, le tissu associatif et les services sociaux). Or, malgré de nombreuses
    critiques sur l’efficacité réelle et les effets pervers des dispositifs ZEP<span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote7anc" class="sdfootnoteanc"
    name="sdfootnote7anc" href="#sdfootnote7sym"><sup>4</sup></a></span></span>, la mise en œuvre des ZEP ne choque pas véritablement la majorité des promoteurs républicains (de gauche et de droite).
    Ces dispositifs de discrimination positive ont même été rénovés et développés au niveau de l’enseignement supérieur (ESSEC<span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style=
    "font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote8anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote8anc" href="#sdfootnote8sym"><sup>5</sup></a></span></span>, Sciences politiques<span style=
    "font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote9anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote9anc" href=
    "#sdfootnote9sym"><sup>6</sup></a></span></span>).</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Dans l’ensemble de ces cas, la discrimination positive repose sur un traitement différencié et préférentiel basé sur des
    critères socio-économiques. En tenant compte des désavantages socioéconomiques et territoriaux des individus, cette forme de discrimination positive vise à établir l’égalité réelle de l’ensemble
    des citoyens grâce à l’équité (reconnaissance de la nécessité d’appliquer des mesures pour assurer la justice). Il s’agit d’instaurer des « inégalités justes » toujours conformes avec les valeurs
    républicaines (liberté, égalité, fraternité). Dans <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>« Théorie de la</em></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><span style="font-size: 12pt;"><em>justice<a id="sdfootnote10anc"
    class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote10anc" href="#sdfootnote10sym"><sup>7</sup></a> »</em></span></span><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">, le philosophe
    américain John Rawls (1987) indique en effet que la construction d’une société démocratique « juste » peut motiver l’adoption de dispositifs inégalitaires. En fait, l’inégalité est juste tant
    qu’elle est profitable à l’ensemble de la société. Si certaines inégalités de traitement permettent de rétablir de l’égalité en favorisant les plus démunis, ces inégalités peuvent dès lors être
    qualifiées de « démocratiques » ou « positives ». Le principe de discrimination positive est donc volontariste. Ce principe stipule en effet que l’égalité ne peut pas être obtenue spontanément
    grâce à l’égalité de droit. L’égalité est donc un objectif, une valeur alors que l’équité est un moyen d’accéder à l’égalité réelle. Le traitement différentiel à partir de catégories sociales,
    autrement dit, donner plus à ceux qui ont le moins, permet ainsi de compenser les handicaps sociaux et de rétablir l’« égalité des chances » en donnant la possibilité à chacun de concourir au
    système de sélection méritocratique en oeuvre dans les sociétés démocratiques. Les actions de discrimination positive de type socio-économique n’entrent donc pas en contradiction avec la
    conception politique universaliste basée sur la reconnaissance d’individus citoyens égaux en droit. En revanche, ce qui semble poser beaucoup plus de difficultés à la République française, c’est
    l’autre conception de la « discrimination positive » puisant son inspiration dans les actions d’«</span></span> <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><span style=
    "font-size: 12pt;"><em>affirmative action</em></span></span> <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">» développées outre-Atlantique.</span></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><span style="font-size: 12pt;"><em>L’« affirmative action » et les
    politiques de quotas ethniques</em></span></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Aux Etats-Unis notamment, l’«</span></span>
    <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><span style="font-size: 12pt;"><em>affirmative action »</em></span></span> <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style=
    "font-size: 12pt;">désigne des actions instaurant un traitement différencié et préférentiel pour combattre les effets de l’exclusion raciste ou sexiste. L’</span></span><span style=
    "font-family: Garamond,Italic,cursive;"><span style="font-size: 12pt;"><em>affirmative action</em></span></span> <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">est en
    fait née suite à la mobilisation dans les années 1960 (</span></span><span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><span style="font-size: 12pt;"><em>Civil Right Act,</em></span></span>
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">1964) des mouvements pour les droits civiques contestant l’échec du «</span></span> <span style=
    "font-family: Garamond,Italic,cursive;"><span style="font-size: 12pt;"><em>melting pot</em></span></span> <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">» pour les
    populations noire, amérindienne puis asiatique et hispanique</span></span><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 8pt;"><a id="sdfootnote11anc" class="sdfootnoteanc"
    name="sdfootnote11anc" href="#sdfootnote11sym"><sup>8</sup></a></span></span><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">. Ainsi, dès 1968, la loi fédérale
    américaine incite les entreprises à lutter contre les pratiques discriminatoires en raison de la couleur, de la religion, du genre ou de l’origine nationale pour rétablir l’égalité réelle. Dans
    la pratique, il s’agit de tenter de reproduire la composition ethnico-raciale américaine au sein des entreprises par le moyen de quotas lors des recrutements. Ici, on peut donc considérer qu’il y
    a discrimination positive lorsqu’un candidat à un poste ayant des compétences égales ou supérieures à un autre candidat est mis hors jeu au profit de cet autre car celui-ci possède des critères
    ethnico-raciaux considérés comme favorables à son recrutement.</span></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Les bénéficiaires de mesures de discrimination positive sont ainsi choisis, non plus sur des critères socio-économiques
    et territoriaux mais sur des critères sexuels, phénotypiques et ethnoraciaux parce que l’on considère que les « minorités visibles » ont des handicaps plus importants que la majorité des autres
    pour accéder à une réelle mobilité sociale et à une « intégration réussie ». En France, pour les partisans de cette forme de discrimination positive, il s’agit donc d’accorder des « avantages
    compensatoires » spécifiques aux citoyens originaires des anciennes colonies ou des DOM-TOM (et leurs descendants). Or, cette conception « ethnique » de la discrimination positive heurte
    profondément les fondements universalistes du « modèle » républicain. La République française laïque, notamment suite à son histoire mouvementée en matière de guerres de religions, répugne à
    faire apparaître les spécificités ethniques et religieuses des personnes vivant sur le sol national. D’ailleurs, la différenciation ethnique ou religieuse va à l’encontre du premier article de la
    Constitution de 1958 stipulant que « la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ». Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction
    d’origine, de race ou de religion. Dans cette optique, les défenseurs du « modèle » d’intégration républicain critiquent la discrimination positive de type ethnico-racial.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Ils soulignent que, paradoxalement, d’une part, les dispositifs de discrimination positive entraînent une stigmatisation
    accrue des populations visées et, d’autre part, que ces dispositifs affirment la reconnaissance d’« identités communautaires » réelles ou fictives aboutissant ainsi à favoriser le développement
    du « communautarisme » entendu comme un mode d’autoorganisation d’un groupe social et culturel dans une perspective ethnocentrique. Pour étayer leurs critiques, les adversaires de ce type de
    discrimination positive donnent dès lors l’exemple de la « dérive ethnique » constatée dans des pays anglo-saxons comme les Etats-Unis ou la Grande- Bretagne qui, actuellement, soulignent
    eux-mêmes les effets contre-productifs de l’<span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>affirmative action</em></span> : au lieu de renforcer la cohésion sociale et politique, les
    dispositifs d’<span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>affirmative action</em></span>, certes, ont fait émerger une « <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>middle
    class</em></span> » noire, une « <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>black bourgeoisie</em></span> » mais ont aussi renforcé des logiques de séparatisme racial et développé
    des revendications racialisantes.</span></span>
  </p>
  <p style="border: 1pt solid #000000; padding: 0.05cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Garamond,serif;">Julien Damon</span> <span style="font-family: Arial,sans-serif;"><a id=
    "sdfootnote12anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote12anc" href="#sdfootnote12sym"><sup>9</sup></a></span><span style="font-family: Garamond,serif;">note que suite à l’analyse des effets des
    politiques d’«</span> <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>affirmative action »</em></span> <span style="font-family: Garamond,serif;">aux Etats-Unis, le sociologue noir
    américain William Julius Wilson affirme dans un livre - devenu célèbre<a id="sdfootnote13anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote13anc" href="#sdfootnote13sym"><sup>10</sup></a></span>
    <span style="font-family: Garamond,serif;">- qu’il faut « déracialiser » la discrimination positive car elle profiterait essentiellement à la couche supérieure du groupe défavorisé ciblé.
    Rappelant que la « race » est une construction sociale et non un ensemble de déterminations biologiques, Wilson plaide pour que l’on s’inquiète davantage des inégalités sociales que des
    inégalités raciales. Or, pendant trop longtemps aux Etats-Unis, les discours conservateurs ont fait porter l’attention sur la question raciale. En fait, en période de récession, cette
    focalisation sur les différences raciales permet de masquer le fait que les différents groupes souffrent de maux communs (difficultés ‘affiliation à une assurance maladie, augmentation des
    inégalités de revenus, stagnation des salaires réels…). Pourtant, « les mutations économiques nationales et internationales ont un impact sur toutes les catégories de familles et de communautés.
    Les difficultés ne concernent pas seulement les Noirs. Avec eux d’importantes fractions des populations blanche, indienne, hispanique et asiatique subissent des temps de travail et des salaires
    flexibles, des ruptures familiales, un développement de l’anxiété professionnelle, des problèmes de logement. »</span><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style=
    "font-size: 8pt;"><a id="sdfootnote14anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote14anc" href="#sdfootnote14sym"><sup>11</sup></a></span></span></span></span>
  </p>
  <p style="border: 1pt solid #000000; padding: 0.05cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 10pt;">Par conséquent, Wilson affirme que tous les progressistes devraient revendiquer et construire des politiques qui unissent
    plutôt qu’elles ne divisent les « groupes raciaux ». Plébiscitant le modèle social-démocrate à l’européenne, il prône dès lors l’instauration d’un Etat providence universel dont le fonctionnement
    reposerait sur des critères sociaux plutôt que raciaux.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Dans la réalité, la consécration juridique de l’existence de « groupes ethniques » singuliers peut donc aboutir à la
    fragmentation, voire à la dislocation de la « communauté nationale ». En effet, même si au préalable des individus ont une faible « conscience ethnique », les dispositifs de discrimination
    positive institués par la loi peuvent aboutir à ce que les personnes trouvent stratégiquement intéressant de revendiquer une appartenance à une communauté particulière afin d’accéder à des «
    privilèges compensatoires ». Dès lors, les individus ne s’expriment plus comme membres d’un espace politique national mais, à partir de la recomposition d’une identité particulière
    ethnico-religieuse, comme des représentants de leur « groupe d’origine » ou d’appartenance.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="border: 1px solid #000000; padding: 0.05cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 10pt;">En continuum des idées développées par William Julius Wilson, appelant à « ressouder une nation fissurée par les
    traitements préférentiels fondés sur la race », contrairement à ce qui a été matraqué par les médias français durant la dernière élection présidentielle, pour gagner les élections, Barak Obama
    n’a pas fait sa campagne en tant qu’afroaméricain mais en tant qu’américain représentant les intérêts de la majorité de la population. Il a fait une campagne politique plutôt
    qu’ethnique.</span></span>
  </p>
  <p style="border: 1px solid #000000; padding: 0.05cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="border: 1px solid #000000; padding: 0.05cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><span style="font-size: 10pt;"><em>Pour une société « post-raciale »</em></span></span>
  </p>
  <p style="border: 1px solid #000000; padding: 0.05cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="border: 1px solid #000000; padding: 0.05cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 10pt;">« En campagne en Pennsylvanie, le sénateur noir de l’Illinois qui se présente comme « fils d’un homme noir du Kenya et
    d’une femme blanche du Kansas, a prononcé un discours important à Philadelphie, le 18 mars 2008, quelques jours avant le quarantième anniversaire de l’assassinat de Martin Luther King. Obama a
    pris acte d’une situation de « blocage racial », avec la « colère » des Noirs, toujours confrontés à de pénibles inégalités, et le « ressentiment » des Blancs, victimes à rebours de la
    discrimination positive. Pour sortir de l’impasse raciale » des Etats-Unis, il a ensuite dessiné les contours de ce que l’on peut baptiser un nouveau pacte social : insister sur les identités
    distinctes représentant un grand danger, il souhaite rassembler l’ensemble des Américains autour de la question sociale car tous souffrent de maux similaires. »<span style=
    "font-size: 8pt;"><a id="sdfootnote15anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote15anc" href="#sdfootnote15sym"><sup>12</sup></a></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><span style="font-size: 12pt;"><em>Deux logiques de discrimination positive</em></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">La discrimination positive paraît donc renvoyer à deux logiques opposées : l’une est basée sur des critères
    socio-économiques et territoriaux ; l’autre est définie à partir d’items ethnico-culturels et « raciaux ». En France, les tensions entre les partisans et les opposants d’une forme de «
    discrimination positive » de type ethnique sont ainsi cristallisés dans le débat extrêmement vif sur la légalisation des « statistiques de la diversité ».</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="border: 1px solid #000000; padding: 0.05cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 10pt;">Ce débat s’est révélé au grand jour en septembre 2007 lors de l’examen du projet de loi sur l’immigration ou un article
    devait permettre de faciliter le recueil de données sur les origines raciales des personnes vivant en France<span style="font-size: 8pt;"><a id="sdfootnote16anc" class="sdfootnoteanc" name=
    "sdfootnote16anc" href="#sdfootnote16sym"><sup>13</sup></a></span>.</span></span>
  </p>
  <p style="border: 1px solid #000000; padding: 0.05cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 10pt;">Finalement, cet article (art. 63) a ensuite été invalidé en novembre 2007 par le Conseil constitutionnel considérant que
    cet article<a id="sdfootnote17anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote17anc" href="#sdfootnote17sym"><sup>14</sup></a> (visant à autoriser et à encadrer des études statistiques sur les
    discriminations ethniques, dites statistiques de la diversité) n’avait rien à faire dans une loi sur l’immigration et que les études portant sur les discriminations, au regard de l’article
    1<span style="font-size: 8pt;">er</span> de la Constitution, sont possibles à condition qu’elles se fondent sur des données objectives (lieu de naissance, nationalité ce qui n’est pas le cas de
    l’origine ethnique ni de la race). Néanmoins, l’actuel « commissaire à la diversité » Yazid Sabeg, récemment nommé par le Président de la République, a relancé le débat puisqu’il souhaite
    soumettre au parlement un projet de loi « visant à rendre licite la mesure de la diversité »<span style="font-size: 8pt;"><a id="sdfootnote18anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote18anc"
    href="#sdfootnote18sym"><sup>15</sup></a></span>.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">En fait, aux deux extrémités des discours tenus, certains voient dans la possibilité d’organiser le comptage ethnique une
    brèche conduisant inévitablement à une logique de séparation des « communautés » et au développement d’une division raciste de la société. D’autres considèrent au contraire que le comptage
    ethnique est salutaire pour mettre en évidence des discriminations ethno-raciales et ainsi mieux les combattre. Mais au-delà des polémiques sur les objectifs réels des actions de « discrimination
    positive », il est certain que ce débat révèle un changement profond de société : <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>nous sommes entrés dans l’ère des
    identités.</em></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Ces dernières années, les vives polémiques intellectuelles et politiques qui ont opposé dans les années 1990 les tenants
    d’un « modèle » intégrationniste républicain aux partisans d’un « modèle » multiculturaliste plus ou moins radical (dont les partisans accusaient les premiers de s’attacher à une forme
    d’universalisme abstrait) paraissent aujourd’hui dépassées. Bien sûr, il existe des résistances politico-institutionnelles fortes vis-à-vis de demandes particulières perçues comme pouvant mettre
    en péril le « pacte républicain » (l’instauration de quotas ethniques dans les entreprises, les universités, les instances de pouvoir ; la mise en place d’un comptage ethnicoracial dans la
    statistique publique ; la tolérance des revendications ethnico-religieuses ostensibles comme le port du voile à l’école…). Mais au nom d’une lutte indispensable contre les discriminations
    ethniques et pour l’établissement de l’égalité des chances, sous l’influence « du dehors », celle des législations anti-discriminatoires européennes notamment, et « du dedans », autrement dit,
    des promoteurs ethniques, des pouvoirs publics spécialisés et des dirigeants politiques convaincus et/ou pragmatiques (libéraux sur le plan économique), le principe de discrimination positive de
    type ethnico-racial semble inéluctablement plébiscité. Ce plébiscite, notamment opéré par les nouvelles générations politiques des partis de gouvernement de droite et de gauche<a id=
    "sdfootnote19anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote19anc" href="#sdfootnote19sym"><sup>16</sup></a> souligne un fait social majeur : <span style=
    "font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>dans un contexte de mondialisation néo-libérale se caractérisant notamment par le délitement des protections collectives, le développement de la
    responsabilisation individuelle face aux accidents de la vie, nous vivons l’ethnicisation, voire la racisation et la dépolitisation des rapports sociaux instrumentalisés par des acteurs
    politiques et économiques.</em></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="border: 1px solid #000000; padding: 0.05cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 10pt;">Lorsque nous parlons d’ethnicisation et de racisation des rapports sociaux, nous entendons par là que les relations
    sociales ne s’établissent pas d’abord en fonction d’une appartenance à une « communauté politique » et citoyenne (nation) mais prioritairement, d’une part, en référence à des « identités
    ethniques » spécifiques définies en termes socioculturels (culture, religion, langue, territoire, histoire commune, mode de vie) et d’autre part, à des « identités raciales » basées sur des
    critères biologiques et phénotypiques. Ainsi, même si à l’instar des sociologues du racisme, nous considérons comme scientifiquement fausse l’existence de « races » humaines, d’un côté, lorsque
    nous étudions les processus de « racisation », nous nous situons en continuum de l’acceptation contemporaine anglo-saxonne du terme de « race » renvoyant non pas à une conception biologique mais
    sociale. En aucun cas, il s’agit de reconnaître des différences biologiques et psychologiques caractéristiques pour définir des « races humaines » scientifiquement inexistantes mais avant tout «
    la perception des différences physiques, en ce qu’elles ont une incidence sur les statuts des groupes et des individus et les relations sociales ».</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Dans la pratique, les critères du monde de l’entreprise, autrement dit, le « risque » et le « profit », sont intégrés
    dans des appels à la lutte contre les « discriminations raciales ».</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">La « diversité culturelle » des entreprises est associée à des critères de compétitivité et communiquée par des
    dirigeants d’entreprise, des clubs de réflexion ou d’ « action positive », des ministres d’Etat d’origine étrangère proches des milieux économiques et politiques libéraux (Azouz Begag, Yazid
    Sabeg…).</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="border: 1px solid #000000; padding: 0.05cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 10pt;">La diversité est un avantage pour les entreprises susceptibles d’améliorer leur performance et leur compétitivité. Dans
    ce cadre, l’obtention d’un « label de la diversité », notamment facilitée par la signature d’une charte, est ainsi purement et simplement confondue avec un « label de qualité ». La lutte contre
    les discriminations raciales incluse dans la dynamique managériale actuelle dite de « responsabilité sociale des entreprises » (RSE) est donc désormais devenue un argument commercial qui permet
    aux sociétés de dépasser leurs difficultés de recrutement, de limiter les risques de turbulences sociales ou de condamnations pénales et de profiter des retombées communicationnelles et
    financières du « management culturel » <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>(managing diversity policies).</em></span> Dans cette dynamique, les entreprises d’ « intérim » sont
    aux premières loges. En effet, à l’instar de branches professionnelles aujourd’hui dépréciées (BEP, restauration…), les entreprises de travail intérimaire ont de nombreuses personnes immigrées ou
    d’origine étrangère à proposer aux employeurs et voient donc un grand intérêt économique à participer à la lutte contre les discriminations raciales. D’ailleurs, comme le soulignent eux-mêmes les
    acteurs économiques, la « gestion de la diversité » des entreprises n’est pas une concession faite aux logiques sociales ; elle est directement liée à des critères de compétitivité.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Dans cette logique, les valeurs de solidarité collective sont remplacées par des valeurs de réussite individuelle
    (travail, pugnacité, courage, risque, audace, entreprenariat…), communautaire et religieuse (respect des traditions culturelles et confessionnelles, valorisation de la réussite financière dans le
    pays d’origine à travers des actions charitables et humanitaires…) mesurées par des signes extérieurs de richesse et de pouvoir. Dans cette entreprise d’instrumentalisation stratégique de la
    lutte contre les discriminations, des acteurs des classes dominantes et dirigeantes s’associent avec des représentants auto-proclamés des « minorités ethniques ».</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 12pt;"><b>Le développement d’une « bourgeoisie ethnique » anti-sociale</b></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Les théoriciens d’inspiration « marxienne » apportent un éclairage fondamental pour comprendre les pratiques d’alliances
    entre des acteurs dirigeants et des « leaders ethniques ». Dans les années 1970, ces analystes avaient souligné que les critères de différenciation raciale et ethno-culturelle ne sont pas
    seulement utilisés par les classes dominantes mais aussi par une frange des groupes ethnifiés<span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote20anc"
    class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote20anc" href="#sdfootnote20sym"><sup>17</sup></a>,</span></span> c’est-à-dire par « une petite bourgeoisie ethnique qui aspire à devenir bourgeoisie
    »<span style="font-size: 8pt;"><a id="sdfootnote21anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote21anc" href="#sdfootnote21sym"><sup>18</sup></a></span>.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Les détenteurs d’une autorité traditionnelle, charismatique ou rationnelle, notamment économique et politique, qu’ils
    soient issus des classes dominantes ou des groupes minoritaires, ont intérêt à maintenir des critères de différenciation ethniques et raciaux pour maintenir ou développer leur pouvoir. Dans le
    système capitaliste, le maintien de caractères ethno-culturels a donc une explication principale : la division des catégories sociales exploitées pour préserver l’ordre établi garantissant les
    profits financiers ainsi que la reproduction du pouvoir détenu par une « élite » exploitant et aliénant la majorité. Ainsi, « les critères de justification du statut des minorités » (la culture,
    les coutumes, la couleur de peau…) sont utilisés idéologiquement car ils sont des prétextes pour maintenir un système d’exploitation et d’aliénation. On comprend mieux alors l’ambivalence de
    certaines élites issues de l’immigration et des anciennes colonies : « La bourgeoisie minoritaire en tire aussi des avantages : en effet, ce n’est que si elle transforme la majorité du groupe
    ethnique dont elle fait partie en base politique pour elle-même que cette bourgeoisie peut être incluse dans la bourgeoisie autochtone »<span style="font-size: 8pt;"><a id="sdfootnote22anc"
    class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote22anc" href="#sdfootnote22sym"><sup>19</sup></a></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><span style="font-size: 12pt;"><em>L’émergence d’une « black bourgeoisie »</em></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">En France, l’émergence d’une « bourgeoisie » affirmant représenter les intérêts de « minorités visibles » victimes de
    discriminations est notamment incarnée par le Conseil représentatif des associations noires<a id="sdfootnote23anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote23anc" href=
    "#sdfootnote23sym"><sup>20</sup></a> (CRAN) apparu sur le devant de la scène politico-médiatique en janvier 2007 à l’occasion de la publication dans la presse des résultats d’un sondage
    TNS-Sofres sur les Noirs de France<span style="font-size: 8pt;"><a id="sdfootnote24anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote24anc" href="#sdfootnote24sym"><sup>21</sup></a></span>. Le CRAN se
    donne en effet pour première mission de défendre les intérêts des Noirs. Cette association est effectivement une réponse électoraliste de type racial pour combattre les discriminations. Il s’agit
    d’une réponse stratégique au problème de la représentation politique des Noirs. Dans son livre<span style="font-size: 8pt;"><a id="sdfootnote25anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote25anc"
    href="#sdfootnote25sym"><sup>22</sup></a></span>, le président du CRAN développe dès lors une vision raciale et caricaturale des rapports entre les Noirs et les Blancs.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="border: 1px solid #000000; padding: 0.05cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 10pt;">Pour analyser les retards pris par le gouvernement français pour traiter efficacement l’épidémie de Chikungunya apparue
    en février 2005 à l’Ile de la Réunion, dès lors, une seule explication est plébiscitée : la « France blanche » se moque du sort de la « France noire » : « Quand les médias français ont découvert,
    avec horreur, le 18 février 2006, qu’un seul canard sauvage avait été contaminé par le chikungunya, dans l’Ain, cela a entraîné le déblocage immédiat de près de 5 millions d’euros d’aide, en
    faveur des éleveurs. Soudain, la maladie était devenue dangereuse, parce qu’elle risquait de toucher des Blancs, et de ruiner les agriculteurs. Un mois auparavant, un petit garçon était mort de
    la maladie. Un petit garçon, pas un canard. Mais ce petit garçon était noir<a id="sdfootnote26anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote26anc" href="#sdfootnote26sym"><sup>23</sup></a>…
    »</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Pour susciter un sentiment de révolte et d’indignation auprès des personnes noires, le CRAN fait des homologies abusives
    (tous les Blancs sont des négriers potentiels<span style="font-size: 8pt;"><a id="sdfootnote27anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote27anc" href="#sdfootnote27sym"><sup>24</sup></a></span>)
    en participant notamment à la construction de catégories raciales qu’il compare, voire oppose à d’autres catégories construites socialement (sexe, genre, classe sociale). Cependant, à l’instar
    des racialistes du XIX<span style="font-size: 8pt;">e</span> siècle qui ont peu à peu fait émerger l’idéologie raciste, cette logique sous-tend la reconnaissance et la légitimation de l’existence
    des races. Mais pour le CRAN, cette grille de lecture raciste des rapports sociaux est nécessaire pour crédibiliser l’existence d’une association cherchant d’abord à favoriser l’auto-organisation
    des Noirs. Pourtant, ne dirait-on pas que c’est du « pur racisme » si un mouvement associatif ou politique revendiquait aujourd’hui que les « Blancs » doivent penser par eux-mêmes sans se laisser
    coloniser et influencer par les Noirs. En fait, en voulant lutter contre les discriminations ethnico-raciales intolérables vécues par les personnes considérées comme noires, paradoxalement, le
    CRAN participe à la co-production du racisme différentialiste.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">A l’instar des « petits-blancs » racistes d’extrême droite qui considèrent que dans l’ère de la mondialisation,
    l’immigration de peuplement venue des pays du sud met en péril la « civilisation judéo-chrétienne » ainsi que la « race blanche » et qu’il s’agit donc d’entrer en « résistance » en construisant
    des frontières ethnico-culturelles et raciales étanches pour ne pas disparaître, le CRAN, même si celui-ci se défend d’être raciste, légitime également l’existence d’une association sur des bases
    raciales pour entrer en « résistance » contre les discriminations dont sont l’objet les Noirs.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Mais dans les deux cas, qu’elles soient objectives (les discriminations ethnico-raciales sont bien des processus
    anti-sociaux mortifères qui empoisonnent nos sociétés modernes) ou non (s’appuyant sur le mythe de la pureté raciale et culturelle, l’extrême droite a coutume de développer son emprise en
    instrumentalisant la peur du chaos et la fin des sociétés ordonnées et traditionnelles), les représentations négatives de l’autre, qu’il soit perçu comme un agresseur potentiel ou comme un
    oppresseur, conduisent à favoriser des logiques hétérophobes et mixophobes. Néanmoins, le CRAN considère que les élites noires doivent bénéficier de mesures de « discrimination positive »
    (<span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>Black Economic Empowerment</em></span>) afin d’occuper, grâce à leur « capital mélanique », des positions sociales valorisées articulant
    un fort capital social et économique.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Ainsi, tout en reconnaissant que les processus ségrégatifs s’additionnent, le CRAN dépolitise le débat sur les inégalités
    et les injustices en affirmant que les processus de disqualification raciale l’emportent sur ceux de la disqualification sociale. Or, comme le note Walter Benn Michaels, « une France où un plus
    grand nombre de Noirs seraient riches ne serait pas économiquement plus égalitaire, ce serait juste une France où le fossé entre les Noirs pauvres et les Noirs riches serait plus large. »<a id=
    "sdfootnote28anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote28anc" href="#sdfootnote28sym"><sup>25</sup></a></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Le CRAN rechigne donc à penser des formes de mobilisation collective sur des bases sociales mais souhaite, sous leur
    influence, que les Noirs s’organisent sur une base raciale. Pour le CRAN, il s’agit en effet de faire du « lobbying racial » auprès des décideurs du monde médiatique, judiciaire et politique en
    s’appuyant notamment sur la peur que ces dirigeants semblent aujourd’hui avoir vis-à-vis d’un soulèvement de populations noires paraissant dorénavant possible. Dans son répertoire d’action
    stratégique et rationnel, les révoltes émeutières proto-politiques de la jeunesse populaire sont ainsi instrumentalisées par le CRAN. Effectivement, à contrario de la plupart des analyses
    sociologiques sur les émeutes urbaines françaises de 2005<span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote29anc" class="sdfootnoteanc" name=
    "sdfootnote29anc" href="#sdfootnote29sym"><sup>26</sup></a></span></span>, le CRAN affirme que ces violences sociales furent d’abord des « émeutes raciales ».</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Ainsi, au même titre que des leaders ethnico-religieux musulmans promoteurs d’un ordre moral et religieux sont
    aujourd’hui reconnus et promus par des responsables et des élus républicains pour neutraliser des jeunes maghrébins considérés comme des sources de danger pour la paix sociale (arabo-musulman =
    terroriste islamiste), en échange de leur concours à la canalisation de populations noires rendues potentiellement violentes par les discriminations qu’ils vivent quotidiennement dans l’emploi,
    le logement, l’éducation, les loisirs, etc., le CRAN veut devenir un interlocuteur privilégié des autorités publiques chargées de faire respecter la paix sociale (le CRAN est reconnu depuis
    octobre 2007, organisme d’intérêt général). En fait, le CRAN propose un « <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>deal</em></span> » à l’establishment des « vieillards blancs »,
    cette « communauté » minoritaire au pouvoir : que celle-ci donne des places sociales valorisées et du pouvoir politique à quelques « figures noires » dites modérées afin qu’elles établissent une
    « bourgeoisie ethnico-raciale »</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">capable, notamment, de court-circuiter la formation de groupes radicaux et violents. Pour faire exister collectivement
    les Noirs et instaurer ce « lobby noir », le CRAN est donc favorable au développement des statistiques ethniques appelées pudiquement « statistiques de la diversité » devant conduire à
    l’instauration de quotas ethnico-raciaux dans l’organisation de la société.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">En définitive, au-delà du fait que le CRAN incarne surtout une « black bourgeoisie » en constitution, le principal
    reproche que l’on peut faire à cette association n’est pas de participer au développement du « communautarisme » mais bien de co-produire la racisation de la société (au moment, où nous assistons
    au retour du « racisme génétique » réhabilité par le Nobel de médecine, James Watson, co-découvreur de la structure de l’ADN (« La tentation de la race » in <span style=
    "font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>Le Monde</em></span> du mercredi 31 octobre 2007). Comme le note Walter Benn Michaels : « Envisager la race comme une représentation sociale revient à
    prendre acte du fait que, quand bien même nous ne croyons plus à la race en tant que réalité biologique, nous continuons néanmoins à nous conduire comme si les gens appartenaient à des races. Et
    de fait, dans la vie de tous les jours - qu’il s’agisse des Etats ou des particuliers -, notre vision du monde est organisée selon des catégories raciales. Considérer la race comme un fait social
    équivaut à reconnaître que nous avions tort de croire qu’elle était un fait biologique puis à soutenir que nous devrions continuer à commettre cette erreur. Peut-être devrions-nous plutôt cesser
    de la commettre. Apparemment, personne ne semble y tenir. »<span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote30anc" class="sdfootnoteanc" name=
    "sdfootnote30anc" href="#sdfootnote30sym"><sup>27</sup></a></span></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Dans tous les cas, l’existence du CRAN montre que la mobilisation collective actuelle contre les discriminations peut
    servir les intérêts particuliers d’une « bourgeoisie ethnique » en ascension favorisant l’épuisement plutôt que la consolidation d’un « modèle républicain » égalitariste ayant fait son
    <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>aggiornamento</em></span> en laissant plus de place à la reconnaissance de la différence culturelle, de l’autre, celle-ci peut participer
    au développement d’une gestion ethnique des rapports sociaux au sein de laquelle l’ethnicité est avant tout mobilisée pour servir l’ordre établi.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="border: 1px solid #000000; padding: 0.05cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><span style="font-size: 10pt;"><em>L’engouement pour les questions ethnoculturelles ne camoufle-t-il pas l’indifférence aux questions de classe
    ?</em></span></span>
  </p>
  <p style="border: 1px solid #000000; padding: 0.05cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="border: 1px solid #000000; padding: 0.05cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 10pt;">Pour apporter des éléments de réponse à cette question, la traduction en français du petit livre de l’universitaire
    américain Walter Benn Michaels (<span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>The Trouble with Diversity. How We Learned to Love and Ignore Inequality)</em></span> est salutaire. A
    partir d’une étude socio-historique des politiques américaines en matière de “diversité culturelle” ces dernières décennies, Walter Benn Michaels fait en effet la démonstration que la célébration
    des identités culturelles vient finalement émousser les capacités d’action, notamment de la gauche, en matière de justice sociale et de lutte contre les inégalités sociales. En comparant les
    Etats-Unis et la France, Walter Benn Michaels souligne ainsi que depuis le tournant libéral de la « gauche de gouvernement ayant fait allégeance aux marchés il y a au moins un quart de siècle,
    dans ce dernier pays, « la lutte contre les discriminations (combattre les préjugés, célébrer les différences…) a remplacé la « rupture avec le capitalisme » en tête de l’agenda politique.
    »<a id="sdfootnote31anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote31anc" href="#sdfootnote31sym"><sup>28</sup></a> Dans la pratique, l’engagement politique pour la diversité et la « discrimination
    positive » reposerait donc sur une conception néolibérale dans le sens où les questions sociales liées à l’exploitation et à l’aliénation passeraient au second plan par rapport aux questions
    culturelles qui elles, sont compatibles avec le libéralisme économique. En effet, selon Walter Benn Michaels, « la diversité n’est pas un moyen d’instaurer l’égalité ; c’est une méthode de
    gestion de l’inégalité. »<a id="sdfootnote32anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote32anc" href="#sdfootnote32sym"><sup>29</sup></a></span></span>
  </p>
  <p style="border: 1px solid #000000; padding: 0.05cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 10pt;">En concentrant les actions de lutte contre les discriminations ethniques sur la transformation des représentations
    négatives de la « différence culturelle », dès lors, certes on enjoint les individus de renoncer à leur racisme, à leur sexisme, à leur homophobie, voire à leur classime mais on ne questionne pas
    pour autant les effets néfastes d’un système socioéconomique producteur d’inégalités et de réactions anti-sociales. Cette perspective revient alors « à analyser l’inégalité comme une conséquence
    de nos préjugés plutôt que de notre système social. »<a id="sdfootnote33anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote33anc" href="#sdfootnote33sym"><sup>30</sup></a> Dans ce cadre, le plébiscite
    actuel pour les revendications identitaires (ethnique, nationale, culturelle, etc.) plutôt que pour des convictions politiques affirmées, favorise le maintien de l’ordre établi dans le sens où il
    participe à diviser les classes populaires plutôt qu’il contribue à les unifier contre les logiques d’oppression, d’aliénation et d’exploitation.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><span style="font-size: 12pt;"><em>Conclusion</em></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">Contrairement à ce qui est souvent véhiculé dans les médias ou par les acteurs chargés de l’institutionnalisation de la
    lutte contre les discriminations, celle-ci est donc loin d’être consensuelle. Le combat contre les inégalités racistes est au centre d’enjeux politiques majeurs comme le montre l’expression de
    nouveaux rapports de force manifestés notamment par des organisations récentes constituées sur des critères ethniques (le CRAN, les Indigènes de la République…). Par conséquent, la façon de
    traiter la lutte contre les discriminations racistes en dit long sur le type de société que l’on aspire construire. Or, nous sommes aujourd’hui obligés de constater que les promoteurs les plus
    fervents de la discrimination positive constituée à partir de critères ethniques, d’une part, sont les acteurs politiques qui activent la privatisation de la protection sociale au nom de
    convictions néo-libérales. Comme le remarque Gérard Noiriel, « Le dirigeant qui a affirmé avec le plus de force que la crise des banlieues illustrait l’échec du « modèle républicain d’intégration
    », c’est Nicolas Sarkozy, président de l’UMP et ministre de l’intérieur. » <span style="font-size: 8pt;"><a id="sdfootnote34anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote34anc" href=
    "#sdfootnote34sym"><sup>31</sup></a></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">D’autre part, sont les représentants d’une « bourgeoisie ethnique » en développement largement inspirés par l’expérience
    étatsunienne qui, en échange de places de pouvoir réel ou symbolique, s’allient avec les dirigeants néo-libéraux de la société majoritaire pour ethniciser, voire raciser la question sociale et
    ainsi participer à la dépolitisation et à la manipulation victimaire des migrants et leurs descendants appartenant aux classes populaires. Le problème central n’est alors pas de savoir si la
    question raciale est aussi une question sociale mais si la question raciale ne remplace pas la question sociale. En effet, à l’échelle mondiale, les promoteurs du système capitaliste paraissent
    moins craindre une « guerre des races » que la réorganisation de la « lutte des classes ».</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">La lutte incontournable contre les discriminations ethno-raciales contient donc des « effets pervers », notamment le
    risque que tous les rapports de domination, d’inégalité et d’humiliation soient amalgamés à la production du racisme. Ainsi, il ne serait pas grave que le fossé entre les « riches » et les «
    pauvres » continue de se creuser si la question de la différence et de la lutte contre les préjugés racistes est institutionnellement prise en compte. Sortir de l’instrumentalisation de la lutte
    contre les discriminations utilisée comme un argument commercial et un élément d’ordonnancement de politiques sécuritaires pour neutraliser des</span></span> <span style=
    "font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 12pt;">fauteurs de désordre potentiels nécessite dès lors d’intégrer le combat contre les inégalités racistes et pour la reconnaissance des
    droits culturels dans une perspective antisécuritaire et de combat pour plus de justice sociale. Ainsi, la lutte contre les discriminations ethno-raciales devrait plutôt s’inclure au sein d’un
    vaste projet articulant le développement d’une pédagogie critique de l’antiracisme et la réorganisation de la solidarité collective et universelle construite pour faire face aux risques et aux
    épreuves de la vie de l’ensemble des individus faisant société.</span></span>
  </p>
  <div id="sdfootnote1">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="left">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote1sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote1sym" href="#sdfootnote1anc">1</a> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Sociologue.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote2">
    <p class="sdfootnote">
      <a id="sdfootnote2sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote2sym" href="#sdfootnote2anc">2</a><span style="font-family: Garamond,serif;">L’aménagement de la charge de la preuve (art. L. 123 –
      1 du code du travail) prévoit que toute personne qui s'estime victime d'une discrimination directe ou indirecte dans les domaines visés par l'extension du principe d'égalité de traitement
      établit devant la juridiction compétente les faits qui permettent d'en présumer l'existence, la partie défenderesse ayant la charge de prouver que la mesure en cause ne procède pas d'une
      discrimination.</span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote3">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="left">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote3sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote3sym" href="#sdfootnote3anc">*</a><span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote4">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="left">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote4sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote4sym" href="#sdfootnote4anc">*</a><span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote5">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="left">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote5sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote5sym" href="#sdfootnote5anc">*</a><span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Commissions pour la Promotion de l’Egalité des Chances et la Citoyenneté</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote6">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote6sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote6sym" href="#sdfootnote6anc">3</a> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Selon Serge Paugam, l’Etat providence repose sur deux piliers : le premier pilier est lié à la protection assurancielle (assurance-chômage, couverture maladie) et
      le second à l’aide sociale aux plus démunis. Ces deux piliers constituent le socle d’intervention de l’Etat pour garantir la cohésion sociale dans l’économie de marché. Cf. S. Paugam
      (dir.),</span> <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>Repenser la solidarité,</em></span> <span style="font-family: Garamond,serif;">Paris, Puf, 2007.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote7">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="left">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote7sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote7sym" href="#sdfootnote7anc">4</a> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Cf. G. Felouzis, F. Liot</span><span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>, L’Apartheid Scolaire,</em></span> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Paris, Seuil, 2005.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote8">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote8sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote8sym" href="#sdfootnote8anc">5</a> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">A travers un programme mis en oeuvre depuis l’année scolaire 2002-2003, l’</span><span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>Ecole Supérieure des
      Sciences Economiques et Commerciales (ESSEC)</em></span> <span style="font-family: Garamond,serif;">a développé une démarche de tutorat d’élèves issus de milieux modestes. Il s’agit
      d’identifier, en lien avec les enseignants des lycées, des élèves qui seront choisis pour bénéficier d’un accompagnement spécifique (trois heures de tutorat par semaine) afin de favoriser leur
      parcours vers des études supérieures. Des étudiants de l’ESSEC accompagnent donc des jeunes lycéens de la seconde à la terminale afin qu’ils puissent améliorer leurs compétences
      méthodologiques, leur culture générale, leur expression orale, visiter des entreprises, etc.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote9">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote9sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote9sym" href="#sdfootnote9anc">6</a> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Dans l’objectif de diversifier le profil socio-ethnique de ses étudiants, à partir de 2001, l’Institut d’Etudes Politiques de Paris ouvre une voie d’admission
      spécifique réservée à quelques lycéens méritants scolarisés dans des établissements classés en ZEP et ayant signé une convention avec l’IEP.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote10">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote10sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote10sym" href="#sdfootnote10anc">7</a> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Cf. J. Rawls,</span> <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>Théorie de la justice,</em></span> <span style="font-family: Garamond,serif;">Paris,
      Seuil, 1987.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote11">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote11sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote11sym" href="#sdfootnote11anc">8</a> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Cf. D. Lacorne,</span> <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>La crise de l’identité américaine. Du melting-pot au
      multiculturalisme</em></span><span style="font-family: Garamond,serif;">, Paris, Fayard, 1997.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote12">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote12sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote12sym" href="#sdfootnote12anc">9</a> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Cf. J. Damon,</span> <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>Question sociales : analyses anglo-saxonnes socialement incorrect
      ?</em></span><span style="font-family: Garamond,serif;">, Paris, éd. Puf, 2009.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote13">
    <p class="sdfootnote" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote13sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote13sym" href="#sdfootnote13anc">10</a><span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Cf. W. J. Wilson,</span> <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>The Bridge over the Racial Divide. Rising Inequality and Coalition
      Politics,</em></span> <span style="font-family: Garamond,serif;">Berkeley, éd. University Of California Press, 1999.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote14">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote14sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote14sym" href="#sdfootnote14anc">11</a> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">J. Damon,</span> <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>op. cit.,</em></span> <span style="font-family: Garamond,serif;">p.
      189.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote15">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote15sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote15sym" href="#sdfootnote15anc">12</a> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">J. Damon,</span> <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>op. cit.,</em></span> <span style="font-family: Garamond,serif;">p.
      191-192.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote16">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote16sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote16sym" href="#sdfootnote16anc">13</a> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Ce texte souligne que l’interdiction du recensement des origines raciales ou ethniques peut être levée pour la conduite d’études sur « la mesure de la diversité
      des origines des personnes, de la discrimination et de l’intégration » (art.20 du projet de loi relatif à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile). En réalité, cet article
      s’inspire d’une recommandation émise par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) qui a décidé, suite à une soixantaine d’auditions, de proposer de modifier la loi de
      1978 sur l’informatique et les libertés pour faciliter « les recherches sur la mesure de la diversité des origines des personnes, les discriminations et l’intégration, tout en protégeant les
      données personnelles. » La CNIL a ainsi proposé de soumettre l’ensemble des traitements statistiques sur la diversité à un régime unique d’autorisation. Dans cette optique, désormais, dès lors
      que la CNIL considère qu’une enquête en matière de « diversité » (euphémisme pour parler des questions ethno-raciales ), qu’elle soit mise en oeuvre par une organisation publique ou privée,
      revêt une volonté réelle de mieux lutter contre les discriminations, la réalisation de l’étude sera autorisée sans que le consentement des personnes soit requis.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote17">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote17sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote17sym" href="#sdfootnote17anc">14</a> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Cf. « Le Conseil constitutionnel invalide les statistiques ethniques » in</span> <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>le Monde</em></span>
      <span style="font-family: Garamond,serif;">du 17 novembre 2007, p. 9.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote18">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote18sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote18sym" href="#sdfootnote18anc">15</a> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Cf. « Yazid Sabeg ouvre la voie aux statistiques ethniques » in</span> <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>Le Monde</em></span> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">du 7 mars 2009, p. 10.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote19">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote19sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote19sym" href="#sdfootnote19anc">16</a> <span style=
      "font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>L’hebdo des socialistes (n°462, le 20 octobre 2007)</em></span> <span style="font-family: Garamond,serif;">est par exemple entièrement consacré à la
      question de la diversité ethno-raciale dans le monde politique.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote20">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote20sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote20sym" href="#sdfootnote20anc">17</a> Critiquant le
      colonialisme, des africanistes révèlent que l’«ethnification » est une forme de domination et de dépolitisation. Le processus d’ethnification favorise la construction de catégories et de
      frontières exogènes et/ou endogènes. Cf. J-L. Amselle, E. M’Bokolo, <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>Au coeur de l’ethnie. Ethnies, tribalisme et état en
      Afrique</em></span>, Paris, La Découverte/Poche, 1999.</span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote21">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote21sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote21sym" href="#sdfootnote21anc">18</a> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Cf. C. Withol de Wenden, R. Leveau,</span> <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>La beurgeoisie,</em></span> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Paris, éd. CNRS, 1998.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote22">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote22sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote22sym" href="#sdfootnote22anc">19</a> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Cf. B. Bernier, M. Elbaz, G. Lavigne, « Ethnicité et lutte de classes » in</span> <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>Anthropologie et
      Société,</em></span> <span style="font-family: Garamond,serif;">vol. 1, n°1, 1978, p. 15-60.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote23">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote23sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote23sym" href="#sdfootnote23anc">20</a> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Né le 26 novembre 2005, le Conseil représentatif des associations noires est une fédération regroupant plusieurs centaines d’associations ayant notamment en
      commun la volonté de faire reconnaître que les blessures de l’histoire vécues par les Noirs (esclavage, colonisation) ont toujours un effet sur les discriminations qu’ils doivent affronter
      aujourd’hui.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote24">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote24sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote24sym" href="#sdfootnote24anc">21</a> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Ce sondage publié le 31 janvier 2007 dans le</span> <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>Parisien</em></span> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">indique notamment qu’il y aurait un peu moins de deux millions de Noirs en âge de voter et plus de la moitié d’entre eux se disent victimes de
      discriminations.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote25">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote25sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote25sym" href="#sdfootnote25anc">22</a> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Cf. P. Lozès,</span> <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>Nous les Noirs de France,</em></span> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Paris, Danger Public, 2007.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote26">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote26sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote26sym" href="#sdfootnote26anc">23</a> <span style=
      "font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>Ibid.,</em></span> <span style="font-family: Garamond,serif;">p. 28.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote27">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote27sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote27sym" href="#sdfootnote27anc">24</a> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">« Les Noirs doivent se rassembler autour de leur mémoire, sans distinction ethnique, politique, religieuse, sociale ou culturelle. Ce n’est que dans l’union, et
      par le rassemblement de tous les Noirs, sans distinction d’origine, que l’on parviendra à faire reconnaître nos droits. Ne faisons pas le jeu du négrier, qui serait trop ravi de voir ses
      anciennes proies se déchirer aujourd’hui autour du crime qu’il est seul à avoir commis. Ces distinctions n’ont pas de sens » (P. Lozès,</span> <span style=
      "font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>op. cit.,</em></span> <span style="font-family: Garamond,serif;">p. 72).</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote28">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote28sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote28sym" href="#sdfootnote28anc">25</a> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">W. Benn Michaels,</span> <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>La diversité contre l’égalité,</em></span> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Paris, éd. raisons d’agir, 2009, p. 7.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote29">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote29sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote29sym" href="#sdfootnote29anc">26</a> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">Cf. L. Mucchielli, V. Le Goaziou (dir.).,</span> <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>Quand les banlieues brûlent. Retour sur les émeutes de
      l’automne 2005,</em></span> <span style="font-family: Garamond,serif;">Paris, éd. La découverte, 2007, D. Duprez, M. Kokoreff (dir.), « Les émeutes urbaines : comparaisons internationales
      »,</span> <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>Déviance et société,</em></span> <span style="font-family: Garamond,serif;">Vol. 30, n°4, 2006, p.
      429-533.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote30">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote30sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote30sym" href="#sdfootnote30anc">27</a> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">W. Benn Michaels,</span> <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>op. cit.,</em></span> <span style="font-family: Garamond,serif;">p.
      59.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote31">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote31sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote31sym" href="#sdfootnote31anc">28</a> <span style=
      "font-family: Garamond,serif;">W. Benn Michaels,</span> <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>op. cit.,</em></span> <span style="font-family: Garamond,serif;">p.
      7.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote32">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote32sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote32sym" href="#sdfootnote32anc">29</a> <span style=
      "font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>Ibid.,</em></span> <span style="font-family: Garamond,serif;">p. 10.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote33">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote33sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote33sym" href="#sdfootnote33anc">30</a> <span style=
      "font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>Ibid.,</em></span> <span style="font-family: Garamond,serif;">p. 16.</span></span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote34">
    <p class="sdfootnote" align="justify">
      <span style="font-family: Garamond,Bold;"><span style="font-size: 10pt;"><a id="sdfootnote34sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote34sym" href="#sdfootnote34anc">31</a><span style=
      "font-family: Garamond,serif;">G. Noiriel, « “</span><span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>Color blindness”</em></span> <span style="font-family: Garamond,serif;">et
      construction des identités dans l’espace public français » in D. Fassin, E. Fassin, (dir.),</span> <span style="font-family: Garamond,Italic,cursive;"><em>De la question sociale à la question
      raciale ? Représenter la société française,</em></span> <span style="font-family: Garamond,serif;">Paris, La Découverte, 2006, p 161</span></span></span>
    </p>
  </div>

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        <pubDate>Thu, 17 Dec 2009 23:18:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">c40c85d448a7710420f23d3c9a6805c7</guid>
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