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    <title><![CDATA[Différences. La revue (Libertés)]]></title>
    <link>http://www.differences-larevue.org/categorie-11191547.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Libertés&quot; du blog &quot;Différences. La revue&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Différences. La revue (Libertés)]]></title>
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    <pubDate>Tue, 14 Feb 2012 22:30:19 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Tue, 14 Feb 2012 22:30:19 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.differences-larevue.org</copyright>            <category>Libertés</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Mayotte : menaces sur l'engagement associatif]]></title>
        <link>http://www.differences-larevue.org/article-mayotte-menaces-sur-l-engagement-associatif-93243673.html</link>        <description><![CDATA[<table style="width: 99%;" border="0">
    <tbody>
      <tr>
        <td style="text-align: center;">
          <span style="font-size: 18pt;">GISTI</span>
        </td>
        <td>
          <img src="http://idata.over-blog.com/3/39/87/56/Logos/cimade.jpg" class="CtreTexte" alt="cimade.jpg" height="63" width="208">
        </td>
        <td>
          &nbsp;<img src="http://idata.over-blog.com/3/39/87/56/Logos/resf.jpg" class="CtreTexte" alt="resf.jpg" height="70" width="89">
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <div style="border: 4.5pt solid windowtext; padding: 1pt 4pt; background: none repeat scroll 0% 0% #cccccc;">
    <p style="margin: 0cm 102.6pt 0.0001pt 108pt; text-align: center; border: medium none; padding: 0cm;">
      <strong><span style="font-size: 13pt; font-family: Arial;">COMMUNIQUÉ DE PRESSE</span></strong>
    </p>
  </div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <strong><span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;">Des associations s’inquiètent des menaces</span></strong>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <strong><span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;">qui pèsent sur l’engagement associatif au service des droits humains</span></strong>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style=
    "font-size: 11pt; font-family: Arial;"><span>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span class="citation"><em><span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;">«&nbsp;Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit
    de le dire.&nbsp;</span></em></span><span class="citation"><span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;">» Cette citation que l’on prête volontiers à un illustre philosophe du siècle des
    lumières semble être mise à mal dans la réalité aujourd’hui à Mayotte…</span></span><span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;">En effet, les associations&nbsp;: La Cimade, le RESFIM, le Secours Catholique et le Gisti ont appris le non-renouvellement du contrat d’un
    enseignant du collège de Koungou qui avait pourtant reçu l’avis favorable de sa hiérarchie à son maintien au sein de l’établissement. Il se trouve que ce fonctionnaire est par ailleurs président
    du RESFIM et membre à part entière du collectif Migrants Mayotte tout comme les associations signataires de ce communiqué.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;">Outre l’incompréhension à une décision administrative injustifiée en ces temps de pénurie de professeurs sur Mayotte, ces associations
    s’interrogent sur les motivations réelles ou supposées d’une telle décision&nbsp;: ne seraient-elles pas le fruit d’une volonté de faire taire les opinions divergentes à une politique, de quelque
    nature qu’elle soit, comme ce fut le cas, il y a quelques jours encore pour d’autres professeurs ayant un engagement militant&nbsp;?!</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;">Cette décision est d’autant plus choquante, qu’elle pose des questions sur les conséquences engendrées non seulement sur l’engagement de
    bénévoles issus de services étatiques au sein d’une association militante mais également sur la liberté d’expression et sur l’avenir d’une association qui s’est toujours efforcée depuis sa
    nouvelle mandature, de défendre les droits des enfants à une scolarisation en respectant les règles de droit qui prévalent à Mayotte.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;">Face à un quotidien où les droits humains les plus élémentaires sont bafoués à Mayotte au mépris de la loi, il serait inquiétant que les
    associations s’engageant à lutter contre ces états de fait soient elles-mêmes victimes de rétorsions insidieuses. Cela aura de facto des répercussions sur les bénéficiaires de ces associations
    qui sont les personnes les plus fragiles de notre société, ce qui serait contraire aux principes mêmes qui fondent notre république.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoCommentText" style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;">En ce mois de décembre où nous clôturons l’année européenne du bénévolat au sein même de l’année de l’outre-mer en France, La Cimade, le RESFIM,
    le Secours Catholique<br>
    et le Gisti demandent aux institutionnels d’envoyer un signe fort et positif envers l’ensemble des associations militantes afin de dissiper les craintes légitimes qu’elles peuvent avoir au niveau
    des relations partenariales et complémentaires qui devraient nous lier…</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 19 Dec 2011 07:43:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">5f3bd205d88e7347713f1e78c7a8885b</guid>
                <category>Libertés</category>        <comments>http://www.differences-larevue.org/article-mayotte-menaces-sur-l-engagement-associatif-93243673-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Après l'attentat contre Charlie Hebdo. Analyse de militants du MRAP]]></title>
        <link>http://www.differences-larevue.org/article-apres-l-attentat-contre-charlie-hebdo-analyse-de-militants-du-mrap-88147515.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-bottom: 12pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Après l’attentat contre Charlie Hebdo</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Dès que «&nbsp;l’attentat&nbsp;» contre Charlie Hebdo – en fait un incendie provoqué par le jet d’un cocktail Molotov – a été porté à la connaissance du public, et
    alors même que l’enquête en était à ses débuts, en l’absence de preuve manifeste ou de toute revendication, les accusations se sont immédiatement portées sur les milieux islamistes et la
    dénonciation de l’intégrisme musulman s’est ouvertement exprimée oubliant par là même que ce genre de méthode ou de mode d’action est commun à tous les intégrismes et fascismes. Cette célérité a
    de quoi inquiéter. Cela prouve à l’évidence la perméabilité de bien des milieux, en dehors d’oppositions politiques, à une islamophobie diffuse, mais toujours présente&nbsp; et&nbsp; qui peut se
    réactiver à la moindre occasion.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin-bottom: 18pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Que des accusations – et non de simples soupçons- aient pu être portées à l’encontre la seule mouvance islamiste, au point qu’aucune autre hypothèse n’ait été prise
    en considération –acte de vengeance, intérêt de groupes radicaux d’extrême droite à entretenir une certaine confusion, ou acte individuel d’un déséquilibré comme cela a pu être avancé lors de
    l’attentat d’Oslo –révèle un état d’esprit quelque peu inquiétant…</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin-bottom: 18pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">D’autre par, on aurait attendu de la part de responsables politiques ou associatifs une expression publique prenant soin&nbsp; de mettre en garde contre les risques
    de dérapage, d’amalgame et de stigmatisation de l’ensemble des musulmans&nbsp;:en somme, une expression plus retenue, plus soucieuse d’analyser que d’«&nbsp;être dans le coup&nbsp;», quitte à se
    trouver quelque peu en rupture avec le consensus médiatique. .D’ailleurs Charb lui-même, le rédacteur en chef de Charlie Hebdo,&nbsp; a reconnu «&nbsp;Le pire c'est que ces trois cons vont faire
    passer tous les musulmans de France pour des intégristes&nbsp;».</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin-bottom: 18pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Que l’atteinte à la liberté d’expression puisse être intolérable et soit condamnée&nbsp; est, en soi, une exigence. Néanmoins cette exigence ne peut être sélective.
    Il aura fallu attendre l’attentat contre Charlie Hebdo, attribué aux islamistes, pour qu’il soit fait mention&nbsp; dans le même temps des agissements,&nbsp; pourtant bien antérieurs
    chronologiquement, des intégristes chrétiens. Ainsi,&nbsp; en dehors de toute condamnation spécifique&nbsp; de ces agissements,&nbsp; la dénonciation de l’intégrisme chrétien ne s’est faite qu’à
    la faveur de la condamnation de tous les intégrismes…</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Le malaise ressenti,&nbsp; face à ce traitement «&nbsp;passablement&nbsp;» discriminatoire, se trouve&nbsp; encore amplifié par les façons mêmes de procéder de
    Charlie Hebdo et par ses prises de position idéologiques.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin-bottom: 4pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">S’il est, certes, un journal satirique, provocateur bien entendu, ce serait néanmoins lui faire injure que de le réduire à ces seules dimensions. Charlie Hebdo est
    également un journal politique, engagé – les positions pro-intervention de certains de ses journalistes lors de la guerre d’Irak, comme la nomination de son ancien directeur comme directeur de
    France–Inter par Nicolas Sarkozy&nbsp; sont là pour le rappeler.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Dans le cas présent,&nbsp; changer le titre titre de façon volontairement provocatrice&nbsp; en «&nbsp;Charia Hebdo» ne relève pas de l’innocence la plus puérile ou
    de la maladresse excusable, à moins de considérer les membres de la rédaction comme incapables de mesurer la portée de leurs actes… Difficile à envisager dès lors que depuis l’histoire des
    caricatures au Danemark que&nbsp; Charlie avait reproduites, tout le monde a à l’esprit les réactions que cela peut provoquer.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 12pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">En d’autres circonstances, s’agissant d’autres communautés pouvant se sentir ostracisées ou simplement, à tort ou à raison atteintes dans leurs convictions
    profondes, de pareilles provocations auraient été jugées irresponsables, de nature à dresser une partie de la population contre l’autre… Charlie Hebdo ne s’y est d’ailleurs pas aventuré, à
    raison.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Depuis le temps où la guerre des civilisations était prônée par les néo-conservateurs aux Etats-Unis, Charlie Hebdo n’a eu de cesse de dénoncer le poids des
    religions et dans cet exercice en s’en prenant singulièrement à l’islam et aux musulmans, instrumentalisant la laïcité en faisant de ce principe une lecture offensive et proche de
    l’intolérance.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText2" style="margin-bottom: 18pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Si dénoncer l’islam politique est une chose, la provocation utilisée par Charlie Hebdo n’est certainement pas la meilleure solution pour le mettre en échec.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin-bottom: 4pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Alors que des peuples arabes se sont mis en marche avec l’ambition de reprendre en mains leur avenir, l’amalgame opéré par Charlie entre la situation en Libye et
    celle de Tunisie en prenant l’islam comme dénominateur commun ne peut qu’entraîner une confusion regrettable.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin-bottom: 4pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><a class="nopopup" onclick="return !window.open(this);" href="http://idata.over-blog.com/3/39/87/56/Maghreb/BHLMA.jpg"><img src=
    "http://img.over-blog.com/300x200/3/39/87/56/Maghreb/BHLMA.jpg" class="GcheTexte" alt="BHLMA.jpg" height="200" width="300"></a>En Libye, le nouveau pouvoir a été installé par les troupes de
    l’OTAN et&nbsp; l’instauration de la charia, qui a suivi cette intervention militaire, décidée autoritairement et avant toute élection par Mustafa Abdeljalil, président du CNT,&nbsp; doit nous
    conduire à réagir de façon aussi forte que pour la mise en place d’une loi islamique imposée par un pouvoir conservateur et réactionnaire.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="margin-bottom: 18pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Pour ce qui est de la&nbsp; Tunisie, on avait affaire à un processus électoral avec comme objectif l’élection d’une Constituante. Alors que le résultat des
    élections, la victoire d’Ennahda, ne correspond pas à certaines attentes, (comme d’ailleurs les résultats des élections en Palestine qui avaient été marquées par la victoire du Hamas), le but de
    Charlie Hebdo n’est-il pas en définitive de provoquer un clivage fort entre partisans du parti musulman vainqueur des élections et partis laïques&nbsp;?&nbsp; En fin de compte de&nbsp; sommer les
    citoyens de se déterminer sur la question de l’islam, en lui conférant un rôle exclusif, aussi essentiel et même plus que les questions économiques et sociales qui préoccupent certainement
    davantage les Tunisiens et tous ceux qui sont&nbsp; attentifs à la réussite de l’expérience de ce pays.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">La liberté d’expression se doit d’être garantie, en toute circonstance, ce qui est malheureusement loin d’être le cas, bien évidemment Charlie Hebdo doit en
    bénéficier, même si certains peuvent lui reprocher d’en abuser,&nbsp; c’est le droit le plus absolu de ce journal de s’exprimer dès lors qu’il le fait&nbsp; dans le cadre du respect des
    lois&nbsp; -Si l’antisémitisme est un délit, l’islamophobie ne semble pas être réprimée avec la même sévérité-.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 18pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Face au danger que représente l’islamisme politique radical, pour contrer au mieux son influence, qu’il soit possible d’exprimer ses désaccords avec ce
    journal&nbsp; et préférer user d’autres moyens plus pédagogiques et moins provocateurs sans voir ses propos déformés et subir les accusations intempestives d’islamo-gauchiste, serait la moindre
    des libertés d’expression&nbsp;.</span>
  </p>
  <p class="MsoBodyText" style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Chercher à réconcilier les membres de communautés souvent victimes de racisme avec des idéaux républicains plus souvent déclamés que mis en pratique en luttant
    contre les discriminations qu’ils subissent, donner la place qui devrait être la leur,&nbsp; et celle de leurs parents depuis des générations dans l’histoire nationale&nbsp; n’est-ce pas, en
    définitive plus «&nbsp;productif&nbsp;» que d’obliger des personnes à se déterminer face à une alternative aussi sommaire&nbsp; et brutale que celle proposée par les provocations de Charlie
    Hebdo&nbsp;?</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 12pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Pour notre part nous refusons de cautionner les méthodes et les objectifs politiques de ce journal qui se livre à une provocation qui, loin d’être gratuite, oblige
    chacun à prendre parti en fonction d’un débat ou d’une question initié par ce journal, dans une optique relevant plus de ses intérêts que d’autres&nbsp; considérations .</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 12pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Parce que le soutien à la liberté de la presse est transformé de façon biaisée en une campagne de soutien&nbsp; acritique, aveugle ou inconditionnel&nbsp; à ce
    journal,&nbsp; nous nous contenterons de condamner un &nbsp;attentat&nbsp; aussi stupide que contre-productif à l’égard du nécessaire et indispensable vivre ensemble et de manifester un soutien
    très critique à Charlie Hebdo..</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 12pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;" lang="EN-GB">Y.M. &amp; A.V.</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 06 Nov 2011 19:24:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">c760ff3ac8531ef0abd1602e3353215f</guid>
                <category>Libertés</category>        <comments>http://www.differences-larevue.org/article-apres-l-attentat-contre-charlie-hebdo-analyse-de-militants-du-mrap-88147515-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[10 octobre : journée mondiale contre la peine de mort.]]></title>
        <link>http://www.differences-larevue.org/article-10-octobre-journee-mondiale-contre-la-peine-de-mort-85958327.html</link>        <description><![CDATA[<h2 id="p586" class="post-title">
    Exécution de Troy Davis, barbarie ordinaire en Géorgie (blog de Laurent Mucchielli)
  </h2>
  <div class="post">
    <h2 id="p586" class="post-title">
      Exécution de Troy Davis, barbarie ordinaire en Géorgie
    </h2><small class="date"><span class="date_day">29</span> <span class="date_month">09</span> <span class="date_year">2011</span></small>
    <div class="post-content">
      <p style="text-align: justify;">
        <img src="http://www.laurent-mucchielli.org/public/.Image_peine_de_mort_Pancho_site_Senat_s.jpg" alt="Image_peine_de_mort_Pancho_site_Senat.jpg" style="float: left; margin: 0pt 1em 1em 0pt;"
        title="Image_peine_de_mort_Pancho_site_Senat.jpg, oct. 2011"><span style="font-size: 10pt;">L’exécution de Troy Davis, le 21 septembre à Jackson, Géorgie, vient nous rappeler que parmi les
        Etats dont la justice tue régulièrement (la Chine, l’Arabie Saoudite ou l’Iran) se trouve également une grande démocratie occidentale, les Etats-Unis d’Amérique. Troy Davis, afro-américain, a
        été condamné à mort en 1989 pour le meurtre d’un policier blanc. De nombreux doutes sur les témoignages de l’accusation suggèrent qu’une erreur judiciaire a probablement été commise. Aux
        Etats-Unis, la peine capitale a été suspendue entre 1967 et 1977 et l’abolition était, au début des années 70, une hypothèse vraisemblable. Elle a été balayée par l’essor d’un populisme
        néolibéral très punitif qui domine toujours les débats sur la justice outre-Atlantique. Le cas Troy Davis s’inscrit dans ce contexte. Il témoigne de la situation difficile des Afro-Américains
        lorsqu’ils sont confrontés à la justice, et ce, malgré les réformes imposées par la Cour suprême des Etats-Unis, particulièrement en Géorgie.</span>
      </p>
      <ul>
        <li>Lire la suite de <a href="http://www.liberation.fr/monde/01012362157-execution-de-troy-davis-barbarie-ordinaire-en-georgie">cet article de Simon Grivet (CNRS) sur le site de
        Libération</a>
        </li>
        <li>Voir le <a href="http://www.senat.fr/evenement/archives/D22/abolition.html">dossier sur l'abolition de la peine de mort en France sur le site de Sénat</a>.
        </li>
        <li>Voir la présentation du <a href="http://www.hup.harvard.edu/catalog.php?recid=30832">livre de David Garland sur la peine de mort aux Etats-Unis</a>.
        </li>
      </ul>
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sat, 08 Oct 2011 18:45:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">8cd5f169b10a571000efb172763c5856</guid>
                <category>Libertés</category>        <comments>http://www.differences-larevue.org/article-10-octobre-journee-mondiale-contre-la-peine-de-mort-85958327-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Déchéance de nationalité pour les « tueurs de flics » : le coup de Com’ de Grenoble (Laurent Mucchielli)]]></title>
        <link>http://www.differences-larevue.org/article-decheance-de-nationalite-pour-les-tueurs-de-flics-le-coup-de-com-de-grenoble-laurent-mucchie-80678049.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">A quoi sert la loi&nbsp;? A changer la société ? Ou bien à faire de la communication politique en envoyant des messages à l'électorat&nbsp;? Cette question se pose
    à l'occasion de l'anniversaire du désormais célèbre <a href="http://www.elysee.fr/president/les-actualites/discours/2010/discours-de-m-le-pres" target="_blank">discours de Grenoble de Nicolas
    Sarkozy</a> le 30 juillet 2010. Outre la stigmatisation des Roms, le chef de l’État faisait clairement le lien entre criminalité et « origine étrangère » en déclarant notamment : «&nbsp;<em>La
    nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un fonctionnaire de police ou d'un militaire de la
    gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l'autorité publique.</em>&nbsp;» Sollicitée en ce sens dès la rentrée, l'Assemblée nationale votait finalement le 30 septembre 2010, sans
    enthousiasme et par une courte majorité, une mesure bien plus précise&nbsp;: l'extension de la déchéance de nationalité aux Français naturalisés depuis moins de dix ans condamnés pour meurtre
    d'agents dépositaires de l'autorité publique (voir <a href="http://www.rue89.com/laurent-mucchielli/2010/10/01/decheance-de-nationalite-pour-la-police-ou-sur-son-dos-169099" target="_blank">notre
    premier article sur Rue 89</a>).</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">On pouvait alors se poser la question juridique de <a href=
    "http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/08/03/decheance-de-nationalite-une-impossibilite-juridique_1395089_823448.html" target="_blank">la constitutionnalité de cette mesure</a> eu égard au
    fait que l'article 1 de la constitution de la V<sup>ème</sup> République garantit <em>« l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion »</em>. La
    question que l'on posera ici est plus simple : combien de policiers et de gendarmes sont réellement tués par des Français «&nbsp;d'origine étrangère&nbsp;»&nbsp;? Autrement dit, cette loi a
    t-elle un fondement dans la réalité ou n'est-elle qu'un coup de Com' ?</span>
  </p>
  <h3 style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><strong>Un président et un ministre incapables de répondre à la question</strong></span>
  </h3>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Il faut <a href="http://www.assembleenationale.fr/13/cri/2009-2010-extra2/20102023.asp" target="_blank">lire le débat parlementaire</a> qui a précédé le vote de
    cette disposition de septembre 2010. Le député PS des Landes Jean-Pierre Dufau pose cette question à Éric Besson (à l'époque ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale
    et du Développement solidaire) : «&nbsp;<em>Comme vous êtes féru de statistiques, vous avez sans doute lu les rapports effectués chaque année sur le sujet. Ma question est très précise&nbsp;: au
    cours des trois dernières années, (...) combien de crimes de ce type ont-ils été commis contre des forces de police, des magistrats ou des jurés&nbsp;? À combien de ces criminels aurait été
    appliquée la déchéance de la nationalité selon les termes de l'article, autrement dit pour des personnes ayant acquis la nationalité française depuis moins de dix ans&nbsp;?</em>&nbsp;». En
    d'autres termes, y a-t-il un fondement réel à cette mesure&nbsp;? On constate alors que ni le Président, ni le ministre ni aucun député ne répondra jamais à la question de monsieur Dufau, ni
    durant les séances plénières, ni en commission parlementaire ni dans les médias.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><img class="alignleft" src="http://www.marianne2.fr/photo/art/default/890244-1051667.jpg?v=1297162420" width="217" height="144">Quid alors de la réalité du crime
    visé par cette loi ? En fait, monsieur Besson et monsieur Sarkozy ignoraient apparemment combien de policiers et de gendarmes sont tués par des personnes «&nbsp;d'origine étrangère&nbsp;» chaque
    année. De là à penser qu'en fait ils s'en moquaient, il n'y a qu'un pas. Pour se permettre de le franchir, encore faut-il s'assurer de la réponse à la fameuse question.</span>
  </p>
  <h3 style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><strong>Peut-être 1 cas concerné ces dix dernières années, sinon zéro<br></strong></span>
  </h3>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Dans la réalité, donc, certains de nos policiers et de nos gendarmes sont-ils réellement tués volontairement par des personnes de nationalité ou d'origine
    étrangère, et si oui comment&nbsp;? Combien&nbsp;? Etc. Nous n'avons pas pu obtenir de réponse satisfaisante concernant les gendarmes dont le cas est compliqué par le fait qu'ils interviennent
    aussi dans des opérations militaires extérieures aux frontières nationales. En revanche, nous avons pu trouver l'information concernant la police nationale, grâce au travail d'un capitaine de
    police dont nous avons parlé récemment sur ce blog à l'occasion de la publication de son livre <a href=
    "http://insecurite.blog.lemonde.fr/2011/07/11/victimes-du-devoir-les-policiers-morts-en-service/" target="_blank">Victimes du devoir. Les policiers morts en service</a>.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Son travail consiste en effet à recenser les policiers morts en service afin de leur rendre&nbsp; hommage, sans aucune idéologie particulière (voir aussi <a href=
    "http://www.victimesdudevoir.com/" target="_blank">son site Internet</a>). On y trouve des détails sur les victimes, les circonstances et les auteurs de ces crimes. Le comptage est rendu imprécis
    d'une part par le fait que l'on ne peut pas toujours établir avec certitude la cause de la mort ni l'intention de tuer, d'autre part par le fait que l'on ne connaît pas toujours avec certitude la
    nationalité ou l'origine des criminels en question (et encore moins le nombre de ceux qui seraient « naturalisés depuis moins de dix ans&nbsp;»). Nous sommes cependant en mesure de produire les
    informations suivantes :</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">• Ce site recense 54 policiers tués en service de janvier 2000 à décembre 2010.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">•&nbsp;Seuls 15 d'entre eux ont été tués volontairement (13 par balles, 2 fauchés par un véhicule). Les premières causes de mortalité sont en réalité les accidents
    de la circulation.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">•&nbsp;Dans 4 affaires, on peut déterminer de façon quasi certaine que l'auteur était de nationalité étrangère (inclues les affaires liées à l'E.T.A.) et dans
    seulement 1 affaire qu'il était «&nbsp;d'origine étrangère&nbsp;». Et encore, dans cette unique affaire on ne sait pas si le criminel était «&nbsp;Français naturalisé depuis moins de dix
    ans&nbsp;».</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">• Les deux nouveaux décès enregistrés au premier semestre 2011 ne changent rien à cette analyse.</span>
  </p>
  <h3 style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><strong><strong>La police a bon dos</strong></strong></span>
  </h3>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><img class="alignright" src="http://segoousarko.unblog.fr/files/2007/05/sarkozy.jpg" width="210" height="143"></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Nous sommes ainsi en mesure de répondre à la question que posait le député : si elle avait prévalu depuis déjà dix ans, la disposition votée par l'Assemblée
    nationale après le discours de Grenoble aurait concerné au mieux un cas de policier, peut-être zéro. La police a bon dos, c'est le moins que l'on puisse dire. Et la réponse à la question que nous
    posions au début de cet article ne fait guère de doute : c'était bien une opération de communication sans rapport avec la réalité invoquée.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <strong><em>A lire ailleurs sur la toile :</em></strong>
  </p>
  <p>
    • <span style="font-size: medium;">Que reste-t-il des «&nbsp;gros&nbsp;» mots du discours de Grenoble&nbsp;? (<a href=
    "http://www.rue89.com/2011/07/29/securite-que-reste-t-il-des-gros-mots-du-discours-de-grenoble-215982" target="_blank">sur Rue 89</a>)</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: medium;">• Ce que Nicolas Sarkozy a fait du discours de Grenoble (sur <a href=
    "http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2011/07/30/ce-que-nicolas-sarkozy-a-fait-du-discours-de-grenoble_1553877_823448.html" target="_blank">lemonde.fr</a>)</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: medium;">• Un an après le fiasco de Grenoble, Sarkozy fait faire le sale boulot par Guéant, Ciotti et la Droite Populaire (sur <a href=
    "http://elysee.blog.lemonde.fr/2011/07/29/un-apres-le-fiasco-grenoble-sarkozy-fait-faire-le-sale-boulot-par-gueant-ciotti-et-la-droite-populaire/" target="_blank">lemonde.fr</a>)</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: medium;"><a href="http://insecurite.blog.lemonde.fr/2011/07/30/decheance-de-nationalite-pour-les-tueurs-de-flics-le-coup-de-com-de-grenoble/">Source.</a><br></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 02 Aug 2011 07:02:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">78c306fd462ac42e915000b517923cc4</guid>
                <category>Libertés</category>        <comments>http://www.differences-larevue.org/article-decheance-de-nationalite-pour-les-tueurs-de-flics-le-coup-de-com-de-grenoble-laurent-mucchie-80678049-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Insécurité et sentiment d'insécurité (Laurent Mucchielli)]]></title>
        <link>http://www.differences-larevue.org/article-insecurite-et-sentiment-d-insecurite-laurent-mucchielli-73440608.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <img src="http://idata.over-blog.com/3/39/87/56/Logos/mucchielli.jpg" class="noAlign" alt="mucchielli" width="782" height="165">
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">La confusion entre sécurité et sentiment d'insécurité est permanente, et ceci est bien compréhensible. Dans quantité de discours et de représentations, se
    confondent en effet trois choses&nbsp;: 1) les opinions générales sur l'importance du «&nbsp;problème de la sécurité&nbsp;» en France, 2) les peurs sur sa sécurité personnelle ou celle de sa
    famille, 3) l'expérience réelle de la victimation. Or il s'agit de trois choses différentes, qui sont toutes les trois identifiées et mesurées par des enquêtes. Selon la façon dont la question
    est posée dans l'enquête ou le sondage, l'on peut interroger l'une ou l'autre de ces trois choses, et s'apercevoir de leurs différences.</span><br>
    <span style="font-size: 12pt;">Lire <a href="http://insecurite.blog.lemonde.fr/2011/05/01/securite-et-sentiment-dinsecurite/">la suite de cet article sur le blog du monde.fr</a></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><a href="http://www.laurent-mucchielli.org/index.php?post/2011/05/01/Insecurite-ou-sentiment-d-insecurite">Source</a></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 09 May 2011 07:05:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">fd56d9228192af2762818589a584e619</guid>
                <category>Libertés</category>        <comments>http://www.differences-larevue.org/article-insecurite-et-sentiment-d-insecurite-laurent-mucchielli-73440608-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Atteinte à la liberté (Juli Zeh)]]></title>
        <link>http://www.differences-larevue.org/article-atteinte-a-la-liberte-juli-zeh-71225791.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 12pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;">ZEH Juli, Ilija, Atteinte à la liberté : les dérives de l'obsession&nbsp;sécuritaire, essai trad. de l'allemand Patrick Charbonneau, Actes sud,
    coll.&nbsp;Questions de société, 2010, 191 p. 19 euro.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Arial;"><a class="nopopup" onclick="return !window.open(this);" href="http://idata.over-blog.com/3/39/87/56/Libertes/zeh.jpg"><img style="float: left;"
    src="http://img.over-blog.com/189x300/3/39/87/56/Libertes/zeh.jpg" class="noAlign" alt="zeh.jpg" height="300" width="189"></a>L'obsession sécuritaire risque de mettre sérieusement en question les
    droits&nbsp;fondamentaux pour lesquels nos ancêtres se sont battus. Intrusions dans nos&nbsp;vies privées, contrôle de nos opinions, de nos correspondances, de nos&nbsp;déplacements... les
    auteurs tirent la sonnette d'alarme et posent les&nbsp;questions cruciales : Pourquoi laissons-nous faire ? Et comment devons-nous&nbsp;nous défendre ?&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 10 Apr 2011 06:10:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">86e09658ef499536428bb8bad7e68753</guid>
                <category>Libertés</category>        <comments>http://www.differences-larevue.org/article-atteinte-a-la-liberte-juli-zeh-71225791-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Lepénisation des esprits : vers la fin du droit du sol ? (Laurent Mucchielli)]]></title>
        <link>http://www.differences-larevue.org/article-lepenisation-des-esprits-vers-la-fin-du-droit-du-sol-laurent-mucchielli-70193466.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <img src="http://idata.over-blog.com/3/39/87/56/Logos/mucchielli.jpg" class="noAlign" alt="mucchielli" width="782" height="165">
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <h2 id="p350" class="post-title">
    Lepénisation des esprits : vers la fin du droit du sol ?
  </h2>
  <p style="text-align: justify;">
    <img src="http://www.laurent-mucchielli.org/public/.Dessin_Plantu_Le_Monde_24_mars_2011_s.jpg" class="GcheTexte" alt=
    "http://www.laurent-mucchielli.org/public/.Dessin_Plantu_Le_Monde_24_mars_2011_s.jpg" width="240" height="154"> <span style="font-size: 10pt;">A la veille du second tour des élections cantonales,
    au moment où le ministre de l'Intérieur Claude Guéant multiplie les <a href=
    "http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2011/03/24/gueant-durcit-encore-le-discours-sur-la-laicite-et-la-securite_1497739_823448.html">«&nbsp;petites phrases&nbsp;» sur l'Islam et
    l'immigration</a>, les préparatifs législatifs touchant au droit de la nationalité ne doivent pas passer inaperçus.</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">Dans son <a href="http://www.la-croix.com/documents/doc.jsp?docId=2434301&amp;rubId=47601">discours de Grenoble</a> le 30 juillet dernier, Nicolas Sarkozy
    manifestait sa volonté de réformer le droit de la nationalité. Deux axes sont alors posés. Le premier porte sur la déchéance de la nationalité «&nbsp;<em>pour toute personne d'origine étrangère
    qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un fonctionnaire de police ou d'un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l'autorité publique</em> ». Annonce
    symbolique dont on connait le sort parlementaire (un <a href="http://immigration.blogs.liberation.fr/coroller/2011/03/le-gouvernement-renonce-a-la-decheance-de-la-nationalite-.html">rejet par le
    parlement</a>). Le deuxième axe porte sur le fait que «&nbsp;<em>l'acquisition de la nationalité française par un mineur délinquant au moment de sa majorité ne soit plus automatique</em>
    ».</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">Dans la foulée, en début octobre, une mission d’information parlementaire sur «&nbsp;le droit de la nationalité en France&nbsp;» était créée, que Manuel Valls
    accepta de présider (<a href="http://www.assemblee-nationale.tv/chaines.html?dossier=Commissions&amp;commission=MISS_NATIO">voir ici</a>) tout en précisant qu’il s’opposerait à toute remise en
    cause du droit du sol (<a href="http://www.liberation.fr/politiques/01012297699-valls-il-n-est-pas-question-de-remettre-en-cause-le-droit-du-sol">voir ici</a>).</span>
  </p>
  <div class="post-content" style="text-align: justify;">
    <p>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><strong>Premier essai</strong></span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 10pt;">Lors des premiers débats parlementaires sur la loi relative à l’immigration, Lionnel Luca député UMP-droite populaire déposait sans plus attendre un amendement
      remettant en cause le droit du sol. Souhaitant revenir à la loi Pasqua-Mehaignerie de 1993 il proposait qu’un étranger puisse, «&nbsp;à partir de l’âge de 16 ans et jusqu’à l’âge de 21 ans,
      acquérir la nationalité française à condition qu’il en manifeste la volonté ». Il est alors soutenu par Christian Vanneste (UMP) déclarant qu’il faudrait «&nbsp;un jour ou l’autre remettre en
      cause le caractère sacré du droit du sol et ériger en critère absolu la volonté&nbsp;» (<a href=
      "http://www.liberation.fr/politiques/01012293320-la-droite-dure-echoue-a-entailler-le-droit-du-sol">voir ici</a>).</span><br>
      <span style="font-size: 10pt;">C’était sans compter sur la vigilance du rapporteur et du gouvernement qui l’un comme l’autre partagent la proposition sur le fond mais pas son timing. Le
      premier, M. Thierry Mariani, de rappeler que «&nbsp;le Président de la République a décidé de créer une mission de réflexion sur le sujet&nbsp;» et souligner que «&nbsp;réformer le droit de la
      nationalité en une demi-heure&nbsp;» lui semblait «&nbsp;un peu précipité ». Le second représenté par Eric Besson, de préciser que «&nbsp;<em>c’est donc une réflexion sur l’ensemble du
      dispositif que nous devons avoir, d’autant que, lors de son discours de Grenoble du 30 juillet, le Président de la République a annoncé qu’il voulait engager une concertation très claire,
      l’objectif étant que les enfants nés de parents étrangers sur le sol français qui seraient délinquants multirécidivistes ne puissent accéder automatiquement à la nationalité française. Nous
      touchons à une question sensible, complexe, le droit du sol. Il ne s’agit pas de repousser indéfiniment le sujet (…) Le Gouvernement aura ce débat avec vous. Il est noble, il est
      nécessaire</em>&nbsp;» et de proposer le retrait de l’amendement et renvoyer à la mission précitée (<a href=
      "http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2009-2010-extra2/20102021.asp#P70_3080">voir ici</a>).</span><br>
      <span style="font-size: 10pt;">Bref, leur message était&nbsp;: attendons le rapport de la mission parlementaire avant de revoir largement le droit de la nationalité. Cette mission n’a pas
      suscité une grande couverture médiatique mais surtout pas un grand intérêt dès lors que les dés semblaient pipés tant par le discours de Grenoble que par les annonces gouvernementales
      précitées. Pour l’illustrer il faut voir le flop de la table ronde organisée le 2 mars dernier où l’essentiel des associations pressenties se sont désistées et où l’intellectuel – Alain
      Fikenkrault - qui devait amener la contradiction a «&nbsp;zappé&nbsp;» la date pour reprendre l’expression d’un Manuel Valls manifestement agacé par une telle désinvolture (<a href=
      "http://www.assemblee-nationale.tv/chaines.html?media=2266&amp;synchro=1517094">voir ici</a>). Dans tous les cas cette mission n’a, à ce jour, pas remis son rapport et ses travaux sont en
      cours.</span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><strong>Deuxième essai, concluant</strong></span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 10pt;">A l’évidence dépité par cette lenteur, <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2010-2011/20110136.asp#P345_73003">le même Lionnel Luca déposa le 9 mars
      dernier</a>, en deuxième lecture, le même amendement qu’en octobre dernier. Jusqu’à là rien d’étonnant. Ce qui l’est plus c’est la réaction du rapporteur Claude Goasguen et du ministre Guéant
      qui vont soutenir largement cet amendement en deuxième lecture alors qu’il était recalé en première.</span><br>
      <span style="font-size: 10pt;">Que s’est-il passé entre-temps pour justifier la remise en cause précipitée du droit du sol&nbsp;? La montée du Front national et la perspective des échéances
      électorales semblent les explications les plus rationnelles. Les mêmes raisons qui conduisirent le ministre de l’immigration à dire le 17 mars sur les ondes d’Europe 1&nbsp;: «&nbsp;<em>Les
      Français, à force d'immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux, ou bien ils ont le sentiment de voir des pratiques qui s'imposent à eux et qui ne correspondent
      pas aux règles de notre vie sociale</em> ».</span><br>
      <span style="font-size: 10pt;">Un tel revirement législatif interroge plus que jamais la raison d’être de la Mission sur la nationalité qui rendra sa copie quand tout sera joué ailleurs.
      L’audition qu’elle organisait le 17 mars fait d’ailleurs cruellement silence sur ce qui a été voté deux jours avant à l’Assemblée. Et son président M. Valls (qu’on a connu plus réactif) semble
      avoir avalé cette couleuvre, probable prix à payer pour ce qui n’était peut-être qu’un positionnement stratégique.</span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><strong>Un retour discret à la loi Pasqua</strong></span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 10pt;">Sur le fond avant de revenir sur le texte, rappelons le droit en œuvre depuis la loi Guigou de 1998. Lorsqu’un enfant nait en France de parents étrangers il peut,
      dès l'âge de 13 ans et sous conditions, faire une déclaration de nationalité au tribunal d’instance pour devenir français par anticipation. Ils seraient ainsi 27 000 à devenir français par
      cette démarche. Ceux qui n’ont pas entrepris deviennent français automatiquement à la majorité sauf s’ils décident de la répudier. L’article 21-7 du Code civil précise en effet que «&nbsp;tout
      enfant né en France de parents étrangers acquiert la nationalité française à sa majorité si, à cette date, il a en France sa résidence et s'il a eu sa résidence habituelle en France pendant une
      période continue ou discontinue d'au moins cinq ans, depuis l'âge de onze ans ». Ils seraient près de 3 000 à l’obtenir ainsi. C’est donc sur eux que portent l’amendement puisqu’ils ne
      pourraient devenir français qu’en rédigeant une lettre manuscrite manifestant leur volonté.</span><br>
      <span style="font-size: 10pt;">Pour minorer l’importance de cette modification deux arguments sont avancés lors du débat parlementaire&nbsp;: 1) ils ne sont donc que 3 000 jeunes concernés, 2)
      le droit leur reste acquis s’ils font cette simple démarche. Lions les deux arguments. Qui sont les 3 000 jeunes en question&nbsp;? Ce sont souvent les plus isolés des jeunes et les moins
      informés. S’ils sont déscolarisés, ils échappent ainsi aux informations sur ces démarches données à l’occasion tant de voyages scolaires que de stages. Eloignés du travail ou de l’apprentissage
      ils n’ont pas non plus été confrontés à l’exigence d’une pièce d’identité pour travailler. Une telle disposition va donc – est-ce l’objectif&nbsp;? – surtout restreindre les droits des jeunes
      les plus vulnérables.</span><br>
      <span style="font-size: 10pt;">Par ailleurs, le rapport à la nationalité d’un certain nombre de ces 3 000 jeunes est complexe. Certains se considèrent comme français dès la naissance et vivent
      comme une humiliation de plus le fait de devoir demander la nationalité. Ils attendent donc actuellement leurs 18 ans pour le devenir automatiquement. Ils devront demain manifester leur
      allégeance par une lettre ou alors devront rester étranger.</span><br>
      <span style="font-size: 10pt;">Ne nous méprenons pas&nbsp;: <strong><em>une telle disposition est une première étape vers la remise en cause du droit du sol</em></strong>. L’étape suivante
      consistera probablement à exiger un casier judiciaire vierge (comme le prévoyait la loi Pasqua et comme il l’est sous entendu dans le discours de Grenoble) ou à demander que cette lettre soit
      motivée et soumise à une appréciation préfectorale. En ouvrant cette brèche le gouvernement entretient l’idée qu’il y aurait des français moins français que d’autres. Rappelons à titre
      indicatif qu’un français installé à l’étranger donnera naissance à un français qui donnera lui-même naissance à un français quand bien même ni les uns ni les autres ne manifestent le moindre
      attachement à la France. Le sang est-il à ce point là supérieur au sol ?</span><br>
      <span style="font-size: 10pt;">Curieusement la proposition désormais avortée de la déchéance de la nationalité qui n’aurait concernée qu’un cas tous les dix ans (voir <a href=
      "http://www.laurent-mucchielli.org/post/2010/10/01/D%C3%A9ch%C3%A9ance-de-nationalit%C3%A9-%3A-au-fait%2C-combien-de-policiers-sont-r%C3%A9ellement-tu%C3%A9s-par-des-%C3%A9trangers">la
      démonstration de L. Mucchielli</a>) a suscité un déluge de commentaires. La remise en cause du droit à la nationalité de 3 000 jeunes par an n’aura, elle, donné lieu qu’à de rares entrefilets
      dans la presse.</span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><strong>Et maintenant le conseil constitutionnel ?</strong></span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 10pt;">Si cette disposition devait résister à la commission mixte paritaire (sénat/assemblée), elle a toutefois de fortes chances d’être déclarée inconstitutionnelle non
      pas sur le fond mais sur la procédure d’adoption. S’il est possible d'amender les articles du projet de loi en discussion, mais également les amendements qui s'y rapportent (ce sont alors des
      sous-amendements), un amendement est en principe irrecevable s’il introduit après la première lecture, une disposition additionnelle sans relation directe avec les dispositions restant en
      discussion.</span><br>
      <span style="font-size: 10pt;">Le Conseil constitutionnel a plusieurs fois ces dernières années censuré cette technique législative qui aboutirait à introduire en deuxième lecture une
      disposition non débattue par les deux chambres en première lecture (<a href="http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/root/bank_mm/pdf/Conseil/droitamd.pdf">voir ici</a>).
      Ainsi le Conseil a censuré le 16 mars 2006 quatre articles de la loi relative à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, tous issus d’amendements adoptés en deuxième lecture. Le 3
      mars 2007, il a censuré, d’office, pour le même motif, une disposition de la loi relative à la prévention de la délinquance. Mais une telle annulation procédurale ne serait qu’une partie remise
      tant la volonté politique semble claire ici, de l’Elysée au Palais Bourbon.</span>
    </p>
  </div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><small class="postmetadata">Par Christophe DAADOUCH - <a href="http://www.laurent-mucchielli.org/index.php?category/Discours-politiques">Discours politiques et
    législation</a></small></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><a href="http://www.laurent-mucchielli.org/index.php?post/2011/03/25/Nationalit%C3%A9-%3A-vers-la-fin-du-droit-du-sol">Source sur le blog de Laurent Mucchielli,
    avec son aimable autorisation.</a><br></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 25 Mar 2011 14:12:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">fa0cbf0ef32192a275547cadb141bceb</guid>
                <category>Libertés</category>        <comments>http://www.differences-larevue.org/article-lepenisation-des-esprits-vers-la-fin-du-droit-du-sol-laurent-mucchielli-70193466-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La police contre les citoyens ? (Laurent Mucchielli)]]></title>
        <link>http://www.differences-larevue.org/article-la-police-contre-les-citoyens-laurent-mucchielli-69894910.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <img src="http://idata.over-blog.com/3/39/87/56/Logos/mucchielli.jpg" class="noAlign" alt="mucchielli" width="782" height="165">
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><img src="http://www.laurent-mucchielli.org/public/Image_voiture_de_police_2.jpg" class="GcheTexte" alt=
    "http://www.laurent-mucchielli.org/public/Image_voiture_de_police_2.jpg" width="180" height="280">Qu’est-ce qu’être policier en France aujourd’hui&nbsp;? Comment expliquer les tensions entre les
    policiers et les jeunes, mais aussi les moins jeunes&nbsp;? Pourquoi ce malaise grandissant au sein de la police&nbsp;? Pourquoi cette dégradation continue des relations entre polices et
    population&nbsp;? Qu'est ce qui se joue réellement autour des chiffres de la délinquance&nbsp;? Quelles sont les conséquences de la politique du chiffre menée depuis 2002 sur les policiers comme
    sur les citoyens&nbsp;? Pourquoi ce refus obstiné de la police de proximité par le pouvoir actuel&nbsp;? Et d'ailleurs qu'est-ce exactement que la police de proximité ?</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">Un livre paraît cette semaine qui apporte des réponses fortes, précises et concrètes à ces questions fondamentales. Il est signé Christian MOUHANNA, chercheur au
    CNRS, grand spécialiste de la sociologie de la police. Fort de 15 années de recherches de terrain sur ces problèmes, dans les banlieues sensibles comme dans les quartiers aisés, il propose une
    synthèse de son travail et montre comment policiers, élus et citoyens sont entraînés aujourd'hui dans un véritable cercle vicieux qu'il serait urgent de mettre sur la table du débat
    démocratique.</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">La démonstration est sereine, elle ne s’inscrit pas dans une logique de dénonciation, mais dans une volonté de compréhension des uns et des autres, conduisant à des
    remises en question sévères mais fondées. Ajoutons pour finir qu'elle concerne tout autant la gendarmerie, dont le modèle de police de proximité (intégré dans la doctrine de la "surveillance
    générale") a fait depuis très longtemps ses preuves mais se trouve aujourd'hui progressivement détruit.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><a href="http://www.laurent-mucchielli.org/index.php?post/2011/03/21/La-police-contre-les-citoyens">Source le blog de Laurent Mucchielli</a><br></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 22 Mar 2011 06:00:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">a56d8d4ec4a418d55269119343a89227</guid>
                <category>Libertés</category>        <comments>http://www.differences-larevue.org/article-la-police-contre-les-citoyens-laurent-mucchielli-69894910-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Omerta dans la polis (Pierre Tevanian)]]></title>
        <link>http://www.differences-larevue.org/article-omerta-dans-la-polis-pierre-tevanian-69118022.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Nous publions une version complétée et enrichie par Pierre Tevanian de son <a href=
    "http://www.differences-larevue.org/article-omerta-dans-la-polis-pierre-tevanian-68080049.html">intervention à la Journée contre les violences policières</a> organisée par le Comité Vérité et
    Justice pour Hakim Ajimi à Nice, le 5 février 2011.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">Ce texte est également paru sur <a href="http://lmsi.net/Omerta-dans-la-polis">le site LMSI,</a> d'où proviennent aussi les photographies</span>.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <img src="http://lmsi.net/local/cache-vignettes/L500xH333/MANIF_GRASSE-2-c440f.jpg" class="noAlign" alt="http://lmsi.net/local/cache-vignettes/L500xH333/MANIF_GRASSE-2-c440f.jpg" width="500"
    height="333">
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <div class="cartouche">
    <h1 class="h1 crayon article-titre-1207">
      Omerta dans la polis<span style="font-size: 10pt;"><strong>&nbsp;</strong></span>
    </h1>
    <h3 class="h1 crayon article-titre-1207" style="text-align: justify;">
      <strong>Une Marche «&nbsp;Vérité et Justice&nbsp;» aura lieu le samedi 19 mars 2011 à 15H00, Place Saint-Augustin à Paris (Métro Saint Augustin) à l’appel de treize familles de victimes tombées
      sous les violences policières et de leurs comités de soutien&nbsp;[<a id="nh1" class="spip_note" title="Abdelhakim Ajimi, Mickaël Cohen, Lamine Dieng, Mahamadou Marega, Abou Bakari&nbsp;(...)"
      rel="footnote" name="nh1" href="http://lmsi.net/Omerta-dans-la-polis#nb1">1</a>]. En soutien à cette initiative, nous publions la retranscription d’une intervention orale, prononcée lors de la
      <a class="spip_out" href="http://lmsi.net/Police-Justice-Citoyen">Journée contre les violences policières</a> organisée à Nice, le 5 février 2011, par le <a class="spip_out" href=
      "http://lmsi.net/Verite-et-justice-pour-Hakim">Comité Vérité et Justice pour Hakim Ajimi</a>]&nbsp;&nbsp;[<a id="nh2" class="spip_note" title=
      "Propos recueillis et retranscrits par Yves Marchi et Alexandrine Vocaturo&nbsp;(...)" rel="footnote" name="nh2" href="http://lmsi.net/Omerta-dans-la-polis#nb2">2</a>]. D’autres interventions,
      notamment de la policière Sihem Souid et du sociologue Mathieu Rigouste, sont retranscrites en ligne sur le site de la revue <a class="spip_out" rel="external" href=
      "http://www.differences-larevue.org/"><em>Différences</em></a>.</strong>
    </h3>
  </div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span class="spip_document_1405 spip_documents spip_documents_center"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Le point de départ de mon intervention sera le titre du livre de Sihem Souid, <em>Omerta dans la police</em>, mais écrit autrement&nbsp;: Omerta dans la
    <em>polis.</em> En effet, <em>polis</em>, en grec ancien, signifie la cité, la communauté politique, or s’il y a une omerta dans la police, celle dont parle Sihem Souid, elle est indissociable
    d’une autre omerta qui fonctionne dans un espace beaucoup plus large que celui de l’institution policière&nbsp;: l’omerta dans la <em>police</em> ne tient que parce qu’il y a une omerta dans la
    <em>polis</em>, c’est à dire dans la cité, dans l’ensemble de la collectivité politique, dans le monde politique. Il y a donc une double question&nbsp;: <a class="spip_out" href=
    "http://lmsi.net/Cinq-ans-d-impunite-policiere">la question des abus, des crimes policiers et de leur impunité</a>, dont parle le livre de <a class="spip_out" rel="external" href=
    "http://www.differences-larevue.org/article-violences-policieres-temoignage-de-l-interieur-sihem-souid-68079436.html">Sihem Souid</a>, et dont parle <a class="spip_out" rel="external" href=
    "http://www.differences-larevue.org/article-violences-policieres-et-designation-de-l-ennemi-interieur-mathieu-rigouste-68077411.html">Mathieu Rigouste</a> d’une autre manière, une question qui
    concerne la police et la justice, mais aussi une question qui concerne plus largement la classe politique, le monde médiatique, bref&nbsp;: tout ce qui constitue un espace public, un lieu de
    débat et de délibération dans lequel certaines questions n’ont <em>pas droit de cité.</em></span>
  </p>
  <h3 style="text-align: justify;">
    <strong>Que veut dire Omerta&nbsp;?</strong>
  </h3>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Le mot omerta a d’abord cet avantage&nbsp;: il permet de penser des actes, des agissements qui peuvent être <em>minoritaires</em> si l’on s’en tient à un point de
    vue strictement numérique (Sihem Souid parle de 30% de policiers racistes et/ou violents, ce qui fait d’ailleurs une <em>grosse minorité</em>) mais <em>dominants</em> au sens où ils sont très peu
    dénoncés, combattus, et donc <em>empêchés</em>, et où par conséquent ils «&nbsp;donnent le la&nbsp;» – ou en tout cas ils font partie de «&nbsp;l’ordinaire&nbsp;» de l’univers policier. J’ai
    envie de dire&nbsp;: si une minorité de 30%, ou même de 10% des agents de police passe à l’acte, profère des propos racistes ou commet des abus de pouvoir, des violences illégitimes, mais si les
    autres ne s’y opposent pas, cela signifie que dès qu’il y a trois flics, ou cinq, ou dix, on est à peu près sûr de tomber sur un raciste ou un violent qui passe à l’acte, avec les trois autres
    qui se taisent…</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Cela signifie en gros que, même si c’est minoritaire d’un point de vue numérique, ces abus arrivent régulièrement dans tous les commissariats. De la même manière
    qu’il y a une omerta dans l’éducation nationale, où je travaille, qui fait que, même si on laisse de côté la violence systémique de l’institution, du déterminisme social (ce que Bourdieu a appelé
    la «&nbsp;violence symbolique&nbsp;»&nbsp;[<a id="nh3" class="spip_note" title="Pierre Bourdieu, Jean-Claude Passeron, La reproduction, Editions de Minuit,&nbsp;(...)" rel="footnote" name="nh3"
    href="http://lmsi.net/Omerta-dans-la-polis#nb3">3</a>]), et si on pose qu’il y a une minorité d’un prof sur dix qui est vraiment méchant, violent, qui abuse de son statut et «&nbsp;casse&nbsp;»
    des élèves, chaque élève ayant chaque année une dizaine de professeurs, on arrive à la conclusion que tout élève est exposé à ces abus et <a class="spip_out" rel="external" href=
    "http://horsdesmurs.com/images/stories/entre_les_murs/violences_scolaires/2005_09_22-leleve_humile_interview_de_pierre_merle.odt.pdf">humiliations</a>&nbsp;&nbsp;[<a id="nh4" class="spip_note"
    title="Cf. Pierre Merle, L’élève humilié. L’École : un espace de non-droit ?, Presses&nbsp;(...)" rel="footnote" name="nh4" href="http://lmsi.net/Omerta-dans-la-polis#nb4">4</a>].</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">C’est la même structure dans les deux cas&nbsp;: une violence systémique, dominante, inquestionnée, qui peut très bien être en même temps minoritaire et dominante,
    justement parce qu’elle est inquestionnée. La différence entre l’École et la Police, c’est que le professeur peut casser, blesser moralement, éventuellement «&nbsp;tuer&nbsp;» scolairement des
    élèves (en les excluant, pour un foulard ou pour autre chose), mais qu’il n’a pas d’arme à feu, de <em>flashball</em>, de <em>taser</em>… Ni de <a class="spip_out" rel="external" href=
    "http://policepersonnebouge.free.fr/appel.htm">technique d’étranglement</a>. Le professeur peut condamner un jeune à une mort scolaire et sociale, ou le blesser mortellement sur un plan
    psychologique, avec des mots, des notes, des sanctions&nbsp;; pour le policier c’est plus radical, il a le pouvoir de tuer tout court, physiquement, irréparablement.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Je prends donc comme constat de départ qu’il y a une omerta dans la police, chez les flics, mais aussi dans la <em>polis</em>, dans la cité, dans les espaces les
    plus officiels et les plus dominants de la «&nbsp;vie démocratique&nbsp;», dans les partis, les organisations, les associations, les grands médias, qui sont censés être nos espaces de débat. Il
    existe évidemment des nuances, quelques associations, quelques élus de gauche courageux, quelques journalistes consciencieux, mais on peut quand même dire globalement qu’il existe un mur du
    silence concernant les violences policières. Un mur que les collectifs Vérité et Justice arrivent régulièrement à fissurer mais qui, à peine fissuré, est sans cesse re-colmaté – c’est une espèce
    de combat sans fin. Pour preuve, voici ce que Farida Belghoul écrivait il y a plus de vingt-cinq ans, à l’issue de la deuxième marche pour l’égalité&nbsp;:</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><em>«&nbsp;Il est aisé de s’élever contre ce qu’il est convenu d’appeler un crime raciste propre. Ce type de crime, considéré comme tel (ce qui est déjà une chose
    rare) met en scène dans la bonne conscience antiraciste un beauf dément sans garantie de représentation et une victime qui s’est comportée en bon citoyen sa vie durant. Dès lors qu’un commerçant
    ou qu’un flic surtout est l’auteur d’un assassinat sur la personne d’un petit délinquant, on assiste à une dispersion totale. Les condamnations véhémentes et morales font place à un silence qui
    transforme l’appareil d’État et judiciaire, les groupes politiques et l’opinion publique, comme dirait Brecht, en complices.&nbsp;»</em> &nbsp;[<a id="nh5" class="spip_note" title=
    "Farida Belghoul, « Lettre ouverte aux gens convaincus », dans Convergence 84&nbsp;(...)" rel="footnote" name="nh5" href="http://lmsi.net/Omerta-dans-la-polis#nb5">5</a>]</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Ma question est justement de comprendre comment ce mur de silence continue à tenir, en dépit de tout ce qui a été fait depuis vingt-cinq ans pour le fissurer. Quels
    sont les obstacles auxquels on se confronte quand on veut faire émerger cette question de la violence policière, qui est à l’évidence une question politique majeure – mais justement une question
    qui n’est pas évidente pour grand monde, qui n’est pas majeure pour tout le monde, qui n’est pas politique pour tout le monde, et qui n’est même pas <em>une question</em> pour tout le monde. Et
    on pourrait justement reformuler le problème comme ça&nbsp;: qu’est-ce qui fait que certaines évidences n’en sont pas, qu’elles n’apparaissent pas comme telles&nbsp;?</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Qu’est-ce qui fait que les consciences morales et les intelligences sont à ce point endormies qu’on ne voie pas, qu’on ne sente pas, à quel point le fait qu’un
    jeune de vingt ans comme <a class="spip_out" href="http://lmsi.net/Verite-et-justice-pour-Hakim">Hakim</a> soit tué est un scandale absolu&nbsp;?</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Qu’est-ce qui explique que cela ne fasse pas la une du 20 heures, mais seulement quatre lignes en page «&nbsp;Faits divers&nbsp;»&nbsp;?</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Qu’est-ce qui explique que cela ne fait même pas réagir&nbsp;?</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Et qu’est-ce qui fait aussi que ne soit pas perçu comme un scandale absolu le fait que ce soit un gardien de la paix qui le tue – en clair&nbsp;: que celui qui est
    censé sauver des vies prenne des vies&nbsp;?</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <img src="http://lmsi.net/local/cache-vignettes/L500xH284/GRASS_22_3-2-95f5a.jpg" class="noAlign" alt="http://lmsi.net/local/cache-vignettes/L500xH284/GRASS_22_3-2-95f5a.jpg" width="500" height=
    "284">
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <h3 style="text-align: justify;">
    <strong>Qui parle, de quoi, et comment&nbsp;?</strong>
  </h3>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">C’est à partir de ces interrogations-là que je développerai mon propos, de cet étonnement-là, de cette naïveté-là que j’assume. Et justement le mot omerta apporte
    un début de réponse, car il a aussi l’intérêt de poser la question en termes de parole et de silence. Or c’est justement autour de la parole que tourne ma réflexion&nbsp;: c’est autour de la
    circulation de la parole, du discours qui se tient ou ne se tient pas sur la question de la violence policière, que se joue à mon avis quelque chose d’essentiel. C’est avec des mots que, pour
    reprendre une formule de l’écrivain George Orwell, on arrive à <em>«&nbsp;justifier l’injustifiable&nbsp;»</em>&nbsp;[<a id="nh6" class="spip_note" title=
    "George Orwell, « La politique et la langue anglaise », dans Tels étaient nos&nbsp;(...)" rel="footnote" name="nh6" href="http://lmsi.net/Omerta-dans-la-polis#nb6">6</a>]. Plus précisément, c’est
    par <em>une certaine économie de la parole</em>&nbsp;: c’est par <em>des paroles et des silences</em> qu’on endort les consciences et les intelligences, en parlant d’une certaine manière, en
    parlant de certaines choses et en se taisant sur d’autres, en laissant parler certains et pas d’autres.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Cela m’amène à préciser d’où, moi-même, je parle. Je suis professeur de philosophie, et j’enseigne à des élèves qui ont l’âge et l’origine de ceux qui se font tuer
    généralement par des policiers – ce qui, Dieu merci, n’est pas arrivé jusqu’à présent à un de mes élèves. Je côtoie donc ces élèves, dans une interaction qui n’est pas exempte de rapports de
    pouvoir, loin de là, mais qui me permet malgré tout de prendre conscience de cette évidence-là, qui n’en est pas une pour tout le monde&nbsp;: on a affaire à des êtres humains singuliers, qui
    méritent absolument de vivre absolument, et ce n’est que par un processus de déshumanisation, un véritable travail sur les esprits, qu’on en arrive à l’espèce d’indifférence qui suit des
    événements comme des homicides policiers.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Je n’ai donc pas d’«&nbsp;expertise&nbsp;» de la question des abus et des homicides policiers comme peuvent en avoir des acteurs sociaux qui vivent la question
    «&nbsp;de l’intérieur&nbsp;» (les victimes et leurs proches d’un côté, les policiers de l’autre), ou bien des chercheurs qui ont enquêté de près sur la question. J’interviens plutôt comme
    citoyen, militant, engagé depuis une quinzaine d’années contre les violences, les crimes et l’impunité policière, notamment par le biais d’un média alternatif que je co-anime avec Sylvie Tissot,
    le site «&nbsp;Les mots sont importants&nbsp;», consacré à la question de la parole, du débat public – une question qui me préoccupe parce qu’il s’agit de lieux de pouvoir, de production et de
    diffusion d’idéologie, et parce que c’est donc là aussi qu’on doit agir si on veut casser cette espèce de mur d’indifférence et d’insensibilité sur les crimes policiers. Par la publication de
    livres ou de textes sur ce site, on essaye de produire de la contre-information, de la contre-culture, de la réflexion critique, de manière à élargir au maximum les brèches dont je parlais tout à
    l’heure, en relayant le travail des collectifs Vérité Justice, et en posant la question du débat public, de son organisation, et celle de l’emploi des mots.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <img src="http://lmsi.net/local/cache-vignettes/L500xH310/ALI_ZIRI-ccb0c.jpg" class="noAlign" alt="http://lmsi.net/local/cache-vignettes/L500xH310/ALI_ZIRI-ccb0c.jpg" width="500" height="310">
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Bref&nbsp;: les mots sont importants, d’une manière générale mais particulièrement sur la violence policière, ce qui signifie plusieurs choses&nbsp;: non seulement
    que le choix des mots est important, mais qu’il y a aussi, en plus de la question de savoir <em>comment</em> on parle, la question de savoir <em>de quoi</em> on parle, et <em>qui</em>
    parle.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">La question «&nbsp;qui parle&nbsp;?&nbsp;» pose d’emblée une autre question&nbsp;: «&nbsp;qui ne parle pas&nbsp;?&nbsp;». C’est le premier problème à
    soulever&nbsp;: la distinction qui est établie entre ceux qui ont droit à la parole, ceux qu’on écoute, qui ont du crédit, et ceux qui n’ont pas la parole – par exemple&nbsp;: les policiers d’un
    côté, et de l’autre leurs victimes. Ensuite, avant même de savoir si on parle bien ou mal de tel problème, de tel événement, de telle affaire, en l’occurrence de tel crime policier, encore
    faudrait-il qu’on en parle – d’où ma seconde question&nbsp;: «&nbsp;de quoi on parle&nbsp;?&nbsp;», qui a elle aussi son envers&nbsp;: «&nbsp;de quoi on ne parle pas&nbsp;?&nbsp;». Et puis enfin,
    une fois qu’on parle de quelque chose, se pose la question de savoir comment on en parle&nbsp;: quels sont les mots qu’on utilise, et là aussi le choix suppose une élimination. On emploie un mot
    <em>et pas un autre</em> – et de fait, il y a des termes extrêmement pervers qui viennent polluer la réflexion, qui endorment les consciences et qui empêchent de penser la réalité et la gravité
    de ces événements.</span>
  </p>
  <h3 style="text-align: justify;">
    <strong>Des paroles et des silences</strong>
  </h3>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Comme je le disais à l’instant, la question «&nbsp;de quoi on parle&nbsp;?&nbsp;» implique automatiquement une exclusion&nbsp;: on ne peut pas parler de tout à la
    fois, et par conséquent choisir de parler d’une chose, c’est aussi exclure tout le reste, tout ce dont on ne va pas parler. Quand on choisit un «&nbsp;sujet de discussion&nbsp;», quand on pose
    une «&nbsp;question&nbsp;», avant même d’avoir énoncé une réponse, on affirme déjà quelque chose qui ne va pas nécessairement de soi&nbsp;: on affirme qu’il s’agit d’une question importante,
    sérieuse, grave, «&nbsp;préoccupante&nbsp;» comme disent les journalistes. C’est vrai pour les politiques – c’est la question de ce qu’ils appellent leurs «&nbsp;priorités&nbsp;» – et c’est vrai
    pour les médias – c’est la question des «&nbsp;choix éditoriaux&nbsp;», de la «&nbsp;mise en perspective&nbsp;», qui implique une «&nbsp;hiérarchisation de l’information&nbsp;»&nbsp;: qu’est-ce
    qui fait la une du 20 heures, qu’est-ce qui est relégué en fin de journal, dans la rubrique «&nbsp;Brèves&nbsp;» ou «&nbsp;Faits divers&nbsp;», et qu’est-ce qui est purement et simplement écarté,
    éliminé&nbsp;?</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Je pourrais reprendre ici la formule d’un philosophe, Gilles Deleuze, qui définissait le consensus justement de manière négative&nbsp;: le consensus, c’est un
    accord au sein d’un groupe, mais pas forcément un accord absolu sur tout ce qui se discute – plutôt un accord sur ce qu’on ne discute pas, un accord tacite au sein du groupe <em>pour que
    certaines questions ne soient pas posées</em>&nbsp;[<a id="nh7" class="spip_note" title="Gilles Deleuze, « Q comme Question », dans L’abécédaire, Éditions Montparnasse,&nbsp;(...)" rel="footnote"
    name="nh7" href="http://lmsi.net/Omerta-dans-la-polis#nb7">7</a>]. Il me semble que cette formule correspond particulièrement bien à ce qui nous réunit aujourd’hui – et que résume bien, encore
    une fois, le mot omerta. Sur la violence et l’impunité policières, ce qui n’est pas dit, pas posé, pas interrogé, bref&nbsp;: ce consensus ou cette omerta, est partagé par le monde politique et
    par le monde médiatique, qui sont assez étroitement imbriqués, en tout cas au sommet. S’il y a des brèches, des gens qui travaillent à les élargir (et c’est évidemment nécessaire, ça ne sert pas
    à rien, loin de là), le constat général reste celui d’un mur de silence.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">D’où la nécessité première de <em>faire du bruit</em>, avant même de viser des objectifs comme la justice, l’égalité de traitement, par définition difficiles à
    atteindre puisque qu’on est justement au cœur d’un système de domination, donc à armes inégales. La question du bruit et du silence, du silence médiatique et du bruit médiatique, est décisive,
    c’est ce que j’appelle la question quantitative (est-ce qu’on parle beaucoup, un peu ou pas du tout, assez ou pas assez de la question), par opposition à la question qualitative (est-ce qu’on en
    parle bien ou mal, avec des mots justes ou pas). Il y a d’ailleurs des gens dont le travail est de calculer le bruit médiatique, de compter le nombre de dépêches AFP, le nombre de coupures de
    presse, le temps de télévision et le temps de radio consacré à tel ou tel événement, tel ou tel problème, telle ou telle «&nbsp;question de société&nbsp;». Et quand on regarde ce travail, on se
    rend compte que ce bruit médiatique façonne les subjectivités, les consciences, parce qu’il détermine ce qu’on prend l’habitude de considérer comme problématique ou pas, digne d’intérêt ou pas,
    important ou pas, préoccupant ou pas, grave ou pas.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Pour le dire concrètement, on a par exemple, d’un côté, automatiquement ou en tout cas fréquemment, en ouverture du journal télévisé ou en une dans la presse, la
    photo du policier qui s’est fait tuer dans l’exercice de ses fonctions, avec de plus en plus systématiquement la visite sur place du président de la République, ce qui donne une
    «&nbsp;raison&nbsp;» de plus aux journalistes de faire du bruit sur «&nbsp;l’événement&nbsp;», et à l’opposé on a un silence ou un quasi-silence, et en tout cas l’absence de visite du président
    ou d’une quelconque personnalité politique, pour l’ouvrier mort dans un accident de travail et <em>a fortiori</em> pour le «&nbsp;jeune&nbsp;» tué par la police. L’événement, car c’en est un
    aussi, n’est pas traité comme tel&nbsp;: il est relégué en brève dans la rubrique «&nbsp;Fait divers&nbsp;», sans que soit publiée de photo, et même, souvent, sans que le nom ou le prénom de la
    victime soit mentionné.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Or, pour que l’événement – et au-delà de l’événement, la personne défunte – ait un commencement d’existence dans l’imaginaire collectif, dans la subjectivité du
    téléspectateur lambda, il faut pour commencer que la personne ait une identité, un nom et un visage. Cela arrive mais c’est l’exception et non la règle, et cela suppose justement que des médias
    alternatifs fassent le bruit que n’ont pas fait les médias officiels.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Ces médias alternatifs, ce sont des sites internet, des radios locales, des tracts, des manifestations, mais ce sont aussi, et peut-être en premier, qu’on le
    déplore ou pas, les émeutes. Ce n’est pas un éloge romantique de l’insurrection mais un constat&nbsp;: de qui se souvient-on vraiment&nbsp;? Qui a, pour la masse des citoyens français, un nom et
    un visage&nbsp;? <a class="spip_out" href="http://lmsi.net/Clichy-sous-Bois-zone-de-non">Zyed et Bouna</a>.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <img src="http://lmsi.net/local/cache-vignettes/L326xH217/zyedbouna-afde4.jpg" class="CtreTexte" alt="http://lmsi.net/local/cache-vignettes/L326xH217/zyedbouna-afde4.jpg" width="326" height=
    "217">
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Ce qui pose une autre question quantitative&nbsp;: combien faut-il brûler de voitures pour que des humains retrouvent un nom et un visage, c’est-à-dire pour qu’ils
    retrouvent, dans la collectivité nationale, l’humanité que leur dénie la «&nbsp;petite musique&nbsp;» des JT et des devantures de kiosque&nbsp;?</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Ce que je cherche à dire, c’est que ce traitement médiatique inégal façonne les subjectivités et nous pousse insensiblement, inconsciemment, de manière insidieuse,
    à considérer qu’il y a certaines vies qui valent moins que d’autres, et certaines vies qui valent plus que d’autres&nbsp;: on nous dit que vie d’un Hakim vaut moins qu’une vie ordinaire, et celle
    d’un policier plus qu’une vie ordinaire.</span>
  </p>
  <h3 style="text-align: justify;">
    <strong>Une vie = une vie</strong>
  </h3>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">La vie d’un jeune issu des classes populaires et – presque toujours – de l’immigration non-blanche est dévaluée par le silence médiatique, ou alors, quand le
    silence est perturbé par des émeutes ou par des collectifs Vérité Justice, par des paroles officielles qui viennent nous rappeler à l’ordre en légitimant l’homicide et en dénigrant la victime. Et
    parallèlement, il y a tout un travail idéologique qui nous habitue à penser que certaines vies, notamment policières, valent <em>plus</em> que d’autres&nbsp;: on nous dit par exemple que la vie
    d’un policier ne doit pas être gâchée par de la prison, y compris lorsqu’il a gravement fauté – alors que ces scrupules n’existent pas pour un simple cambrioleur. Je pense par exemple aux
    récentes déclarations de Brice Hortefeux sur la toute récente <a class="spip_out" href="http://lmsi.net/Disproportion-crime-emotion">affaire de Bobigny</a>&nbsp;: des policiers produisent
    collectivement un faux témoignage qui peut envoyer un innocent en prison pour trente ans, ils sont démasqués, jugés et condamnés à six à douze mois de prison, et le ministre de l’Intérieur sort
    de sa réserve pour dénoncer une peine «&nbsp;disproportionnée&nbsp;».</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Encore plus parlant&nbsp;: le traitement judiciaire des événements de Villiers-le-Bel. En juillet 2010, on a envoyé cinq jeunes en prison, pour des peines allant de
    5 à 15 ans, sans aucune preuve contre eux sinon des témoignages anonymes et rémunérés, avec d’énormes incohérences dans les différents «&nbsp;témoignages&nbsp;». Or, qu’est-ce qui a permis de
    rendre acceptable ce <a class="spip_out" href="http://lmsi.net/Chronique-d-un-lynchage-annonce">lynchage judiciaire</a>&nbsp;? Le fait que <em>des policiers</em> s’étaient fait tirer dessus lors
    des émeutes de Villiers-le Bel. Aucun policier n’a été tué, mais ces tirs ont suffi pour que le président Sarkozy décrète qu’il y avait eu «&nbsp;intention de tuer&nbsp;» et pour qu’il déclare
    immédiatement&nbsp;: <em>«&nbsp;Mettez les moyens que vous voulez, ça ne doit pas rester impuni&nbsp;»</em>. Et c’est ce qui s’est passé, au pied de la lettre&nbsp;: tous les moyens ont été bons,
    il fallait des coupables, peu importe lesquels. Je ne peux pas développer ici <a class="spip_out" href="http://lmsi.net/Les-mots-de-Pontoise">tout ce que le procès a eu de scandaleux</a>, mais le
    peu que j’ai dit laisse entrevoir que, lorsqu’on tire sur des policiers, tout est bon pour que pour n’importe qui, ou plutôt n’importe quel jeune non-blanc du quartier, écope de très lourdes
    peines de prison.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Un dernier exemple&nbsp;: les offensives répétées d’élus de droite pour rétablir la peine de mort, qui sont toujours formulées comme devant concerner les crimes les
    plus graves, parmi lesquels sont systématiquement mentionnés les meurtres d’enfants <em>et les meurtres de policiers</em>. Je laisse de côté la question enfants / adultes, mais parmi les adultes,
    ce lieu commun de la droite ultra nous dit clairement qu’une vie de policier est plus précieuse qu’une vie de boulanger, de garagiste, d’instituteur ou de chômeur. Et cette hiérarchisation a été
    reprise à son compte par le président lui-même ces derniers mois, lorsqu’il a exprimé sa volonté de déchoir de leur nationalité certains Français naturalisés. Plusieurs voix ont dénoncé à juste
    titre le fond raciste de cette <a class="spip_out" rel="external" href="http://anachorete.hautetfort.com/archive/2010/08/03/decheance-de-nationalite-a-la-francaise.html">discrimination entre
    Français de naissance et Français «&nbsp;d’origine étrangère&nbsp;»</a>, mais on a moins prêté attention au fait que, là encore, les faits d’une gravité exceptionnelle qui étaient censés
    justifier ce traitement d’exception étaient, à nouveau, les meurtres de policiers – considérés implicitement comme plus graves qu’un autre meurtre.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Un autre exemple&nbsp;: <a class="spip_out" href="http://lmsi.net/Pour-le-Malien">la mort de Mahamadou Maréga</a>, tué par la police le 30 octobre 2010. Dans les
    quelques dépêches<img src="http://lmsi.net/local/cache-vignettes/L236xH242/mahamadou_marega-deaf8-8cd28.jpg" class="DrteTexte" alt=
    "http://lmsi.net/local/cache-vignettes/L236xH242/mahamadou_marega-deaf8-8cd28.jpg" width="236" height="242"> qui ont «&nbsp;couvert&nbsp;» l’événement, Mahamadou Maréga n’a pas eu d’identité, il
    n’a pas eu de visage et il n’a pas eu de nom&nbsp;: c’était «&nbsp;un Malien&nbsp;», «&nbsp;un sans papiers&nbsp;», «&nbsp;le sans papier malien&nbsp;»... Dans d’autres cas on dit «&nbsp;la mort
    d’un jeune&nbsp;»... Ce processus de déshumanisation, il a fallu un certain nombre de jours pour l’enrayer. C’est ce genre de contre-travail qu’on essaie de faire sur le site «&nbsp;Les mots sont
    importants&nbsp;»&nbsp;: accorder tout de suite de la place à un tel événement, qui est traité comme un non-événement par les médias dominants, et lui donner un sens politique alors que les
    quelques forces politiques qui protestent le traitent seulement comme un simple accident, minimisent donc sa portée politique, ou n’en font qu’une question purement technique sur l’usage du
    <em>taser</em>, alors qu’il pose bien d’autres questions de fond – j’y reviendrai en conclusion.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Et puis, donc, on doit redonner à la victime son identité, un nom, un visage. Pour Mahamadou Maréga, c’est dans la presse malienne qu’on a fini par trouver
    l’information, qui s’est diffusée ensuite sur les sites militants. Les collectifs Vérité Justice sont évidemment les premiers à faire ce travail de visibiliser un nom, une photo, une existence,
    de rappeler que c’est une vie humaine qui a été supprimée. Mais il se trouve que vingt jours après, de nouveau, il y a eu quelques brèves dans <em>Libération</em>, dans <em>le Monde,</em> sur
    l’AFP, parce qu’une instruction était ouverte, mais qu’on parlait toujours du «&nbsp;Malien&nbsp;»&nbsp;: la victime n’avait toujours pas de nom, alors qu’il suffisait de surfer cinq minutes sur
    internet pour le trouver – ou de contacter le Collectif Vérité Justice qui</span> s’était constitué entre-temps.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Cette question du visage et du nom me paraît cruciale, car derrière il y a la question fondamentale de ce que vaut une vie. On a résumé ça, sur le site «&nbsp;Les
    mots sont importants&nbsp;», en disant qu’<em>une vie égale une vie</em>. C’est aussi simple que ça&nbsp;: c’est une évidence là encore, mais là encore une fausse évidence, une évidence qui n’en
    est pas une parce que l’ordre symbolique qu’on nous construit, les représentations qu’on nous impose, avec cette hiérarchisation de l’information, nous habituent à penser qu’une vie ne vaut pas
    une vie. Mogniss Abdallah a réalisé un film il y a dix ans sur la mort de <a class="spip_out" href="http://lmsi.net/Parlons-laxisme">Youssef Khaïf</a>, tué d’une balle dans le dos par un policier
    qui a finalement été acquitté, en retraçant toute la lutte qui a eu lieu autour de ce double scandale&nbsp;: le meurtre et l’acquittement. Le film s’intitule <em>Que vaut la vie de
    Youssef&nbsp;?</em>, en référence à une banderole du MIB (Mouvement de l’immigration et des banlieues)&nbsp;: c’est toujours la même question, et pour résumer, les représentations qui s’imposent
    dans une société, le prix qu’une classe dirigeante accorde à une vie, cela peut se mesurer de deux manières&nbsp;: à la peine infligée à celui qui a pris cette vie, mais aussi à la place que lui
    consacrent les médias.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><img src="http://lmsi.net/local/cache-vignettes/L325xH184/proces-policier-youssef-289913_1902-e0853.jpg" class="CtreTexte" alt=
    "http://lmsi.net/local/cache-vignettes/L325xH184/proces-policier-youssef-289913_1902-e0853.jpg" width="325" height="184"></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Pour résumer&nbsp;: la victime est niée, déshumanisée, et de ce fait la première action qui s’impose, aussi bien pour les proches de la victime que pour les
    militants qui prennent au sérieux l’égalité, le principe <em>une vie = une vie</em>, c’est de redonner cette dignité, cette existence qui est triplement niée – une première fois parce que la
    personne a été tuée, une deuxième fois parce qu’elle est tuée socialement, symboliquement, par le non-lieu ou en tout cas la complaisance de la justice, et une troisième fois par cette espèce
    d’indifférence et de silence médiatique.</span>
  </p>
  <h3 style="text-align: justify;">
    <strong>La dimension politique</strong>
  </h3>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Ce qui est nié, aussi, c’est la question politique qui est posée par cette mise à mort. Je citerai Bourdieu, qui dit que le discours a le pouvoir de faire exister,
    au moins dans les esprits, ce dont il parle&nbsp;: plus on parle de quelque chose, plus cette chose existe, et moins on en parle, moins elle existe&nbsp;[<a id="nh8" class="spip_note" title=
    "Pierre Bourdieu, Sur la télévision, Éditions Raisons d’agir, 1996" rel="footnote" name="nh8" href="http://lmsi.net/Omerta-dans-la-polis#nb8">8</a>]. Par exemple, à force d’entendre parler d’un
    «&nbsp;problème de l’immigration&nbsp;», on finit par admettre comme une évidence que l’immigration en elle-même constitue un problème – c’est-à-dire que ce ne sont pas les immigrés qui sont
    confrontés à des problèmes, comme tout le monde, voire plus que tout le monde, mais au contraire ce sont les immigrés qui font des problèmes aux autres. Bref&nbsp;: à force de matraquer une série
    de discours, on finit par faire exister dans les esprits un «&nbsp;problème de l’immigration&nbsp;», un «&nbsp;problème de l’insécurité&nbsp;», un «&nbsp;problème du voile&nbsp;» ou un
    «&nbsp;problème musulman&nbsp;», comme il y avait eu dans les années 1930-1940 un «&nbsp;problème juif&nbsp;». C’est ainsi <a class="spip_out" href=
    "http://lmsi.net/Pour-100-des-musulmans-les">des non-problèmes peuvent devenir des problèmes</a> à force de le dire, <em>à force d’en parler</em>, et que réciproquement de vrais problèmes comme
    la violence policière peuvent devenir des non-problèmes <em>à force de n’en pas parler.</em></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Une enquête que je cite souvent illustre bien ce phénomène&nbsp;: en 2002, dans un sondage publié par <em>L’Humanité</em>, on demandait aux sondés de hiérarchiser
    ce qui leur semblait les problèmes les plus préoccupants du moment. Parmi dix autres propositions, dont la santé, les retraites, l’éducation, il y avait l’insécurité dans les banlieues, et bien
    évidemment, sans grande surprise, après tout le matraquage intensif qu’on avait subi pendant des mois, le problème cité comme problème numéro un était ce problème de l’insécurité dans les
    banlieues. Mais ce qui est intéressant, c’est que la même enquête reposait ensuite les mêmes questions non pas d’un point de vue général mais en interpellant les gens sur leur propre vécu&nbsp;:
    «&nbsp;vous, dans votre vie, quels sont les problèmes que vous rencontrez&nbsp;?&nbsp;», et là les résultats s’inversaient&nbsp;: «&nbsp;l’insécurité dans ma ville et dans mon quartier&nbsp;»
    devenait le dernier des soucis des sondés, avec seulement 20&nbsp;% de gens non-satisfaits et 80% de satisfaits. Et de la même manière, <a class="spip_out" href=
    "http://lmsi.net/Sondage-a-l-appui">dans un sondage plus récent</a>, 66% des 15-25 ans déclaraient que les parents n’avaient pas assez d’autorité sur leurs enfants, et dans le même temps, quand
    on les interrogeait sur leurs propres parents, 89% estimaient qu’ils avaient suffisamment d’autorité sur eux, ni trop ni pas assez.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Cette imposition d’une hiérarchie entre ce qui est problématique ou pas, et entre ce qui est politique (par exemple «&nbsp;l’insécurité&nbsp;», «&nbsp;le manque
    d’autorité parentale&nbsp;» ou même la dernière petite phrase de Ségolène Royal ou Jean-François Copé, du fils Sarkozy ou de la femme de Strauss-Kahn) et ce qui n’est pas politique (par exemple
    l’action de la police, sa violence, ses crimes et leur impunité), nous met face à une autre tâche, aussi bien les collectifs Vérité Justice que leurs soutiens et leurs relais politiques ou
    médiatiques&nbsp;: de même qu’il faut réhumaniser des humains déshumanisés, il faut repolitiser une question politique dépolitisée –&nbsp;là encore j’y reviendrai en conclusion.</span>
  </p>
  <h3 style="text-align: justify;">
    <strong>L’euphémisation du crime</strong>
  </h3>
  <h3 style="text-align: justify;"></h3>
  <p style="text-align: justify;">
    <span class="spip_document_1441 spip_documents spip_documents_right" style="float: right; width: 182px;"><img src="http://lmsi.net/local/cache-vignettes/L182xH279/karim_boudouda-fc43d.jpg" style=
    "height: 279px; width: 182px;" width="182" height="279"></span><span style="font-size: 10pt;">Il me reste peu de temps pour évoquer les deux autres questions&nbsp;: «&nbsp;comment on
    parle&nbsp;», et «&nbsp;qui parle&nbsp;». La question «&nbsp;comment on parle&nbsp;» nous amène d’abord, au collectif Les mots sont importants, à dénoncer certains propos publics particulièrement
    barbares. Par exemple, après la mort de <a class="spip_out" rel="external" href="http://contredit.blogspot.com/2010/07/la-villeneuve-de-grenoble-une-cite-sous.html">Karim Boudouda</a>, abattu par
    la police l’été dernier à Grenoble, la journaliste Elisabeth Lévy a déclaré&nbsp;: <em>«&nbsp;On est en guerre, et je vous le dis, s’il y en a un qui meurt, je ne verserai pas une
    larme&nbsp;»</em>.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a ensuite des mots moins extrêmes, moins exceptionnels, dont la violence passe davantage inaperçue parce qu’ils se sont imposés comme un vocabulaire
    «&nbsp;normal&nbsp;». Par exemple le mot «&nbsp;bavure&nbsp;», qui permet de <em>ne pas dire</em> qu’il s’agit d’un meurtre, d’un homicide, et qui tend à faire passer en contrebande une certaine
    interprétation de l’événement, qui est loin d’être indiscutable&nbsp;: l’idée que c’est la faute à «&nbsp;pas de chance&nbsp;», qu’il n’y a aucune rationalité politique, qu’on a affaire à de purs
    accidents. Or, même si ces mises à mort sont rarement préméditées par le policier, on peut dire en tout cas que, dans la plupart des cas, le policier a fait le choix de <em>mettre en danger</em>
    la vie de sa victime, et que du côté de l’institution, ces mises à mort bénéficient d’un <em>consentement,</em> dans le sens où une telle répétition de faits similaires ne peut se produire sans
    un consentement de l’institution, qui laisse à sa police une certaine marge, une certaine quantité de «&nbsp;bavures&nbsp;» autorisées, en lui assurant l’impunité.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">On réduit en somme le crime policier au statut d’événement malheureux, au sens littéral du mot&nbsp;: la mauvaise chance, le mauvais sort, la fatalité – et non pas
    un événement contingent, qui devrait ne pas avoir lieu, <em>qui pourrait ne pas avoir lieu,</em> et qui n’est rendu nécessaire que par <em>un certain ordre social et politique</em> qui n’a, lui,
    rien de nécessaire. Qualifier l’événement de bavure revient en somme à dire que nous pouvons le déplorer mais pas refuser, dénoncer, combattre – comme l’a souligné la philosophe Hannah
    Arendt&nbsp;:</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><em>«&nbsp;La fureur n’est en aucune façon une réaction automatique face à la misère et à la souffrance en tant que telle. Personne ne se met en fureur devant une
    maladie incurable ou un tremblement de terre, ni en face de conditions sociales qui paraissent impossibles à modifier. C’est seulement dans le cas où on a de bonnes raisons de croire que ces
    conditions pourraient être changées et qu’elles ne le sont pas, que la fureur éclate.&nbsp;»</em>&nbsp;[<a id="nh9" class="spip_note" title=
    "Hannah Arendt, Du mensonge à la violence , Éditions Calmann Lévy,&nbsp;(...)" rel="footnote" name="nh9" href="http://lmsi.net/Omerta-dans-la-polis#nb9">9</a>]</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Autre euphémisme&nbsp;: les coups et blessures, quand ils sont perpétrés par la police dans un lieu public, deviennent une «&nbsp;intervention musclée&nbsp;». On
    est ici au cœur de la même logique&nbsp;: dès lors qu’on commence à appeler «&nbsp;intervention musclée&nbsp;» un passage à tabac, il ne faut pas s’étonner qu’ensuite un homicide ne soit pas
    traité comme un homicide mais comme un accident regrettable.</span>
  </p>
  <h3 style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><strong>La diffamation des victimes</strong></span>
  </h3>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">En même temps que ces mots dissimulent, minimisent, euphémisent la violence policière, d’autres mots diabolisent la victime, et notamment son attitude au moment des
    faits, de façon à inscrire l’homicide dans une catégorie qui n’est pas la sienne&nbsp;: celle de la légitime défense. D’abord en utilisant sans discernement, sans parcimonie, de manière
    totalement abusive, les mots «&nbsp;légitime défense&nbsp;» eux-mêmes. Ensuite en soulignant, voire en exagérant, «&nbsp;la violence&nbsp;» de la situation, la «&nbsp;panique&nbsp;» du policier,
    l’ «&nbsp;agressivité&nbsp;» de la victime, rebaptisée parfois «&nbsp;forcené&nbsp;», ou encore son «&nbsp;gabarit&nbsp;» impressionnant (on retrouvait par exemple ces deux mots
    «&nbsp;forcené&nbsp;» et «&nbsp;gabarit&nbsp;» dans les dépêches sur Mahamadou Maréga).</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Je me souviens qu’en 2001, au cours du Procès Hiblot, on avait même inventé un concept pour cela&nbsp;: je ne sais plus si c’était la défense ou carrément l’avocat
    général, mais on avait invoqué en faveur du policier la «&nbsp;légitime défense dans l’esprit&nbsp;». Tous les témoignages et toutes les expertises (autopsie, balistique) confirmaient que le
    policier avait tiré sur une voiture en fuite, à une distance de plus de vingt mètres, et qu’il avait atteint Youssef Khaïf dans la nuque, bref&nbsp;: on ne pouvait pas invoquer la légitime
    défense. Du coup, on a sorti cette «&nbsp;légitime défense dans l’esprit&nbsp;». Et le plus grave, c’est que cette énormité conceptuelle a eu une efficacité politique et même juridique&nbsp;: le
    policier a été acquitté.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><img src="http://lmsi.net/local/cache-vignettes/L283xH219/yk-b42fb.jpg" class="CtreTexte" alt="http://lmsi.net/local/cache-vignettes/L283xH219/yk-b42fb.jpg" width=
    "283" height="219"></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Cette formule peut se comprendre de deux manières&nbsp;: il y a légitime défense d’abord <em>dans l’esprit du policier</em>, qui se «&nbsp;sentait menacé&nbsp;»
    même si objectivement il ne l’était pas, et ensuite <em>pour toute la société</em>, dont l’esprit est «&nbsp;étatisé&nbsp;», travaillé par une propagande qui lui fait comprendre que certaines
    populations sont en elles-mêmes <em>menaçantes</em>, indépendamment de leurs faits et gestes réels – même lorsqu’elles sont en fuite et nous tournent le dos. C’est ici que la question de la
    violence policière et de son impunité s’avère indissociable de celle du racisme&nbsp;: une population décrétée <em>menaçante par nature</em>, c’est une des définitions possibles du
    racisme.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Et puis, en plus de la réécriture des faits, il y a une stratégie de disqualification plus générale et nébuleuse, qui consiste à dénigrer la personne de la victime,
    notamment à l’aide de l’inévitable «&nbsp;bien connu des services de police&nbsp;». Il y a là une violence inouïe pour les proches de la victime&nbsp;: on n’a même pas le temps de réaliser la
    mort d’un être cher qu’on doit commencer à défendre sa mémoire. Et pendant qu’on est occupé à défendre sa mémoire, on ne peut pas s’occuper de poser la question de fond qui est celle des missions
    de la police, de ce qu’on attend d’elle, de ce qu’elle a le droit de faire et de ce qu’elle n’a pas le droit de faire. La victime devient coupable, et ses proches sont obligés de devenir son
    avocat.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">C’est ce qui s’est passé par exemple pour Zyed et Bouna, morts à Clichy-sous-Bois dans un transformateur électrique où ils s’étaient réfugiés à cause d’une
    poursuite policière. Le ministre de l’intérieur Sarkozy s’était empressé de déclarer qu’ils «&nbsp;s’apprêtaient à commettre un cambriolage&nbsp;». L’accusation s’est révélée fausse par la suite,
    et c’est souvent le cas. Mais le pire, ce n’est pas le mensonge, ni même le fait qu’on salisse la victime&nbsp;: c’est qu’en plus on tende à justifier implicitement des coups de feu mortels, un
    étranglement ou toute autre forme d’atteinte à la vie d’un jeune par le fait qu’il ait pu avoir «&nbsp;quelque chose à se reprocher&nbsp;». C’est un véritable piège&nbsp;: on est obligé de
    s’insurger en premier contre la diffamation, pour défendre la mémoire des disparus, mais du coup on laisse passer une idée barbare&nbsp;: l’idée qu’un délit de fuite, un cambriolage ou quelque
    délit que ce soit, quand bien même il serait avéré, puisse justifier <em>une mise à mort hors-légitime défense.</em></span>
  </p>
  <h3 style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><strong>La question de la légitime défense</strong></span>
  </h3>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Youssef Khaïf, quand il a été abattu par le policier Hiblot, était, lui, vraiment dans une voiture volée – ce que nombre de politiques et de journalistes ne se sont
    pas privés de rappeler, presque systématiquement. Du coup, sa mère a posé frontalement la question de fond&nbsp;: <em>«&nbsp;Oui, il avait volé une voiture, mais on ne doit pas mourir pour
    ça&nbsp;»</em>. À nouveau nous sommes face à une évidence qui n’en est pas une, parce que tout est fait pour que la question ne soit jamais posée en ces termes. Tout est fait pour nous habituer à
    justifier ou excuser le crime policier par le délit de la victime, et en tout cas pour nous habituer à ne pas <em>mettre en question</em> l’acte du policier&nbsp;: pourquoi, par exemple, un
    journaliste juge-t-il nécessaire de préciser que le jeune tué avait fait quelque chose de répréhensible, et pourquoi ne juge-t-il pas plus nécessaire de préciser que le jeune était en fuite,
    qu’il tournait le dos au policier ou qu’en tout cas il ne le menaçait pas&nbsp;?</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Tout est fait en somme pour que la légitime défense ne soit pas réellement pensée par la population, encadrée par l’institution et enseignée aux policiers en
    formation comme une notion très spécifique et <em>circonscrite</em>&nbsp;: la légitime défense de soi ou d’autrui, qui est la seule violence légitime, est <em>le minimum de violence nécessaire
    pour sauver sa peau ou celle d’autrui,</em> pour désarmer une personne armée, arrêter le bras du mari qui cogne sa femme, etc. En dehors de ces situations de menace ou de violence effective, et
    au-delà du <em>minimum</em> de contre-violence nécessaire pour empêcher ou arrêter cette première violence, il n’y a ni «&nbsp;défense&nbsp;» ni «&nbsp;légitimité&nbsp;».</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">En somme, parmi les questions que tout le monde s’accorde à ne pas poser, il y a cette question, qui est une question politique&nbsp;: quand, dans les centres de
    formation, va-t-on clairement enseigner aux policiers, comme principe fondamental, qu’il faut <em>laisser fuir</em> celui qu’on a déjà réussi à <em>mettre en fuite</em>, donc à mettre en échec
    dans sa tentative de commettre un crime ou un délit, plutôt que de chercher à le «&nbsp;neutraliser&nbsp;» <em>à tout prix</em>, même au prix de sa vie&nbsp;? Que ce soit avec un <em>taser,</em>
    une arme à feu, un <em>flashball</em>, une «&nbsp;clé d’étranglement&nbsp;» ou quelque autre pratique qui met sa vie en danger, y compris la course-poursuite...</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Je pense par exemple à <a class="spip_out" rel="external" href="http://www.vacarme.org/article383.html">la mort de Mohammed Berrichi à Dammarie-les-Lys</a>, où on a
    atteint le summum de l’absurde.<img src="http://lmsi.net/local/cache-vignettes/L204xH230/562907657-00eb9.jpg" class="DrteTexte" alt=
    "http://lmsi.net/local/cache-vignettes/L204xH230/562907657-00eb9.jpg" width="204" height="230"> Mohammed Berrichi est mort en mai 2002 d’une chute de moto, sans casque, à l’issue d’une longue
    course-poursuite, et bien entendu les policiers n’ont pas été inquiétés. C’est pourtant la police qui l’a poussé à accélérer et à emprunter des sens interdits, en le poursuivant, au risque de sa
    vie mais aussi au risque de la vie des passants qu’il aurait pu renverser. Et pourquoi la police s’est-elle acharnée dans cette course-poursuite mortelle&nbsp;? Parce qu’il ne s’était pas arrêté
    alors qu’elle voulait l’interpeller. Et pourquoi fallait-il l’interpeller&nbsp;? Parce qu’il roulait sans casque. Et pourquoi le casque est-il obligatoire&nbsp;? Pour protéger la vie humaine en
    cas d’accident&nbsp;! On est ici au cœur de l’abjecte absurdité du système policier.</span>
  </p>
  <h3 style="text-align: justify;">
    <strong>La distribution de la parole</strong>
  </h3>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Je n’ai plus le temps de développer ma troisième question&nbsp;: qui parle&nbsp;? Mais c’est un autre versant important du problème&nbsp;: qui a la parole, qui ne
    l’a pas&nbsp;? Qui l’a d’office, qui doit se battre, s’organiser en comité, manifester, voire brûler des voitures, pour l’avoir&nbsp;? Qui est pris au sérieux, qui ne l’est pas&nbsp;? Qui
    bénéficie d’une confiance totale, a priori, qui est au contraire en butte à une profonde méfiance&nbsp;? Il faudrait parler notamment de <a class="spip_out" href=
    "http://lmsi.net/Une-bavure-mediatique">la sacro-sainte «&nbsp;source policière&nbsp;», que nombre de journalistes ont pris l’habitude de relayer comme une vérité révélée</a>. Il faudrait parler
    aussi de l’usage à géométrie variable des guillemets et du conditionnel dans les médias, suivant qu’on cite la parole policière ou celle des proches de la victime.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Le cas des homicides policiers pose une difficulté particulière&nbsp;: la victime est morte, donc elle ne peut plus parler. On ne peut donc pas faire ce qu’on fait,
    parce que c’est d’une importance cruciale, pour les autres victimes d’injustice&nbsp;: commencer par leur donner la parole à elles, en premier. C’est par exemple <a class="spip_out" href=
    "http://lmsi.net/Une-parole-etouffee">ce que nous avons beaucoup fait pour le cas des filles voilées</a>&nbsp;&nbsp;[<a id="nh10" class="spip_note" title=
    "Cf. notamment Mariame, « Marianne, ta tenue n’est pas laïque ! » ; Ismahane&nbsp;(...)" rel="footnote" name="nh10" href="http://lmsi.net/Omerta-dans-la-polis#nb10">10</a>]. Relayer leur parole
    était nécessaire, parce que la première injustice à leur encontre, celle qui permettait toutes les autres, comme toujours, c’était justement que tout le monde s’était arrogé le droit de parler
    d’elles, sans qu’on leur laisse l’opportunité de parler elles-mêmes, et d’être entendues. Et c’était possible de relayer cette parole parce que, malgré tout ce qui avait été fait pour
    «&nbsp;tuer&nbsp;» en elle toute dignité, toute estime de soi, toute force, toute capacité de parler, elles étaient nombreuses à résister, à avoir des choses à dire et à avoir envie, et même
    besoin, de les dire. On avait voulu les «&nbsp;tuer&nbsp;» mais elles restaient bien vivantes, et c’est justement cela qui n’est plus possible pour ceux qui sont morts pour de bon, ceux qui ont
    vraiment été tués.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">C’est donc une autre économie de la parole qui doit s’inventer, en partant d’abord de la famille, des proches, des <img src=
    "http://lmsi.net/local/cache-vignettes/L231xH323/lamine-186f8.jpg" class="DrteTexte" alt="http://lmsi.net/local/cache-vignettes/L231xH323/lamine-186f8.jpg" width="231" height="323">témoins des
    faits, et en élargissant ensuite, sans «&nbsp;s’y perdre&nbsp;», avec la parole des comités de soutien, des militants, des avocats, et encore au-delà, des journalistes, des sociologues ou des
    politiques qu’on espère «&nbsp;sensibiliser&nbsp;». Rien n’est simple, mais la grandeur des moments comme cette rencontre d’aujourd’hui, c’est qu’ils essayent de le faire, en plaçant les
    familles, leurs proches et leurs soutiens au centre du dispositif de parole, et qu’ils contribuent à faire émerger une autre parole&nbsp;: une parole difficile à faire entendre, une parole à
    contre-courant, mais une parole qui a pour elle la vérité et la justice.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Bref, en face de tous ces sales mots dont je viens de parler, les Collectifs Vérité et Justice pour <a class="spip_out" href=
    "http://lmsi.net/Verite-et-justice-pour-Hakim">Hakim Ajimi</a>, <a class="spip_out" href="http://lmsi.net/Marche-pour-Lamine-Dieng"><strong>Lamine Dieng</strong></a>, <a class="spip_out" rel=
    "external" href="http://www.politis.fr/Le-vieil-homme-et-la-mort,7441.html?7441.html">Ali Ziri</a>, <a class="spip_out" rel="external" href="http://collectif-vjp-mmarega.blogspot.com/">Mahamadou
    Maréga</a>, <a class="spip_out" rel="external" href="http://sonsenluttes.net/spip.php?article149">Umut Kiran</a>, <a class="spip_out" href="http://lmsi.net/Justice-pour-Hakim-Djelassi">Hakim
    Djelassi</a>, <a class="spip_out" rel="external" href="http://abtandia.free.fr/abou/dotclear/index.php">Abou Bakari Tandia</a>, <a class="spip_out" rel="external" href=
    "http://latelelibre.fr/reportages/reda-semoudi-une-marche-pour-la-justice-2/">Reda Semmoudi</a>, <a class="spip_out" rel="external" href="http://zied-bouna.skyrock.com/">Zyed Benna et Bouna
    Traoré</a>, <a class="spip_out" rel="external" href="http://mouhsin-laramy.skyrock.com/">Mouhsin et Larami Soumaré</a>, <a class="spip_out" rel="external" href=
    "http://www.raidh.org/Chunlan-Liu-John-Maina-Baba-Traore.html">Baba Traoré</a>, <a class="spip_out" rel="external" href="http://mickaelecro.fr/presse.htm">Mickaël Cohen</a>, <a class="spip_out"
    rel="external" href="http://resistons.lautre.net/spip.php?article285">Fethi Traoré</a>, <a class="spip_out" rel="external" href=
    "http://www.liberation.fr/societe/0101584642-yakou-sanogo-mort-dans-des-circonstances-troublantes">Yakou Sanogo</a>, <a class="spip_out" rel="external" href=
    "http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2027">Louis Mendy</a> et <a class="spip_out" rel="external" href="http://atouteslesvictimes.samizdat.net/?page_id=326">tous les autres</a>, opposent les
    mots qu’il faut, quatre mots qui à eux seuls disent l’essentiel&nbsp;: le mot <em>vérité</em>, le mot <em>justice</em>, l’importance du <em>collectif</em>, et enfin le <em>nom</em> du
    défunt.</span>
  </p>
  <h2 class="h2" style="text-align: justify;">
    P.-S.
  </h2>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Propos recueillis et retranscrits par Yves Marchi et Alexandrine Vocaturo pour <a class="spip_out" rel="external" href="http://www.differences-larevue.org/">la
    revue <em>Différences</em></a>.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 11 Mar 2011 21:22:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">d3fb906bbbe15c0ee741097dadd0c0f2</guid>
                <category>Libertés</category>        <comments>http://www.differences-larevue.org/article-omerta-dans-la-polis-pierre-tevanian-69118022-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le retour de la carte nationale d’identité biométrique/électronique ? (Laurent Mucchielli)]]></title>
        <link>http://www.differences-larevue.org/article-le-retour-de-la-carte-nationale-d-identite-biometrique-electronique-laurent-mucchielli-69065062.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-size: 14pt;"><a href=
    "http://laurent-mucchielli.org/index.php?post/2011/03/02/Le-retour-de-la-carte-nationale-d%E2%80%99identit%C3%A9-biom%C3%A9trique/%C3%A9lectronique">Source.</a></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 14pt;">Page d'accueil du blog : <a href="http://laurent-mucchielli.org/index.php?">http://laurent-mucchielli.org/index.php?</a><br></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <img src="http://idata.over-blog.com/3/39/87/56/Logos/mucchielli.jpg" class="noAlign" alt="mucchielli.jpg" width="782" height="165">
  </p>
  <p>
    <img src="http://laurent-mucchielli.org/public/Photo_par_xtof_sur_flickr.jpg" class="GcheTexte" alt="http://laurent-mucchielli.org/public/Photo_par_xtof_sur_flickr.jpg" width="100" height="100">
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Le 27 juillet 2010, les sénateurs UMP Jean-René Lecerf (Nord-Pas-de-Calais) et Michel Houel (Ile de France) ont déposé une <a href=
    "http://www.senat.fr/leg/ppl09-682.html">proposition de loi (n° 682)</a> relative à la «&nbsp;protection de l’identité&nbsp;» dans laquelle ils préconisent, afin de lutter contre les usurpations
    d’identité et la fraude documentaire, «&nbsp;d’équiper les cartes nationales d’identité de puces électroniques sécurisées qui non seulement contiendront des données biométriques sécurisées mais
    pourront également offrir à leurs titulaires de nouveaux services tel que l’authentification à distance et la signature électronique ». Le 19 janvier 2011, le Sénateur centriste François Pillet
    (Cher) a été nommé rapporteur de cette proposition de loi et il va très prochainement procéder à des auditions. Entre temps, lors d’un discours prononcé à Saint-Malo le 11 octobre 2010, le
    ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux avait annoncé son souhait de voir la carte nationale d’identité électronique être distribuée au cours de l’année 2011. Par ailleurs, le 24 janvier 2011, le
    préfet Raphaël Bartold, directeur de l’<a href="http://www.ants.interieur.gouv.fr/">Agence Nationale des Titres Sécurisés</a> a souligné que «&nbsp;techniquement tout est prêt&nbsp;» pour la mise
    en place de nouveau document <em>high tech</em>.</span>
  </p>
  <div class="post-content" style="text-align: justify;">
    <p>
      <span style="font-size: 10pt;">Rappelons qu’un projet similaire baptisé INES (Identité nationale électronique sécurisée) avait, le 20 juin 2005, provisoirement été suspendu par le ministre de
      l’Intérieur Nicolas Sarkozy non seulement en raison des nombreuses incohérences bureaucratiques ayant émaillé sa conduite (cf. le mémoire de Clément Lacouette-Fougère), mais aussi parce que son
      contenu avait fait naître de très nombreuses critiques. Ainsi, la CNIL, qui avait procédé à <a href=
      "http://www.cnil.fr/en-savoir-plus/fiches-pratiques/fiche/article/les-auditions-de-la-cnil-sur-la-carte-didentite">une série d’auditions en la matière</a>, s’était montrée <a href=
      "http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article661">extrêmement réservée</a>, tout comme d’ailleurs le Forum des droits sur l’Internet alors en charge de l’organisation d'un débat national sur la
      question (cf. son rapport en date du 16 juin 2005). Parallèlement, la constitution d’un <a href="http://conflits.revues.org/index2177.html">vaste mouvement d’opposition</a> avait directement
      contribué à précipiter la décision du ministère de l’Intérieur.</span><br>
      <span style="font-size: 10pt;">À l’heure où le récent dispositif d’identification relatif au passeport biométrique (décret du 30 avril 2008) fait toujours l’objet d’un <a href=
      "http://www.ines.sgdg.org/spip.php?article120">recours pour annulation</a> devant le Conseil d’État, nul doute que cette nouvelle initiative politique en faveur de la biométrisation d’une carte
      (ayant toujours suscité de vives controverses au cours de l’histoire) risque dans un proche avenir d’être à nouveau au cœur de vives polémiques. À suivre…</span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt;"><strong>Pour aller plus loin :</strong></span>
    </p>
    <ul>
      <li>
        <span style="font-size: 10pt;">Lire Pierre Piazza, <a href="http://ad.zanox.com/ppc/?17460495C2015230019T&amp;ULP=http://recherche.fnac.com/advanced/book.do?isbn=2738114067">Histoire de la
        carte nationale d'identité</a> (Odile Jacob, 2004).</span>
      </li>
      <li>
        <span style="font-size: 10pt;">Lire Clément Lacouette-Fougère, <a href="http://laurent-mucchielli.org/public/Memoire_Clement_Lacouette-Fougere_Vallegee.pdf">Les métamorphoses d’INES.
        Trajectoire d’un programme public innovant&nbsp;: la carte nationale d’identité électronique</a> (mémoire de l'IEP de Paris, 2008).</span>
      </li>
    </ul>
  </div>
  <p>
    <small class="postmetadata"><span style="font-size: 10pt;">Par Pierre PIAZZA - <a href="http://laurent-mucchielli.org/index.php?category/Vid%C3%A9osurveillance">Vidéosurveillance,
    fichage</a></span><br></small>
  </p>
  <ul class="post-tags">
    <li style="text-align: justify;">
      <small class="postmetadata"><span style="font-size: 10pt;">Tags :</span></small>
    </li>
    <li style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><a href="http://laurent-mucchielli.org/index.php?tag/Carte%20d%20identit%C3%A9%20biom%C3%A9trique">Carte d identité biométrique</a></span>
    </li>
    <li style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><a href="http://laurent-mucchielli.org/index.php?tag/CNIL">CNIL</a></span>
    </li>
    <li style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><a href="http://laurent-mucchielli.org/index.php?tag/Passeport%20biom%C3%A9trique">Passeport biométrique</a></span>
    </li>
    <li style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><a href="http://laurent-mucchielli.org/index.php?tag/Signature%20%C3%A9lectronique">Signature électronique</a></span>
    </li>
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        <pubDate>Fri, 11 Mar 2011 07:01:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">db9f39a6b82da1367af0e2e5680fe446</guid>
                <category>Libertés</category>        <comments>http://www.differences-larevue.org/article-le-retour-de-la-carte-nationale-d-identite-biometrique-electronique-laurent-mucchielli-69065062-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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