Lundi 4 avril 2011
1
04
/04
/Avr
/2011
06:00
GOODY Jack, Le vol de l'histoire : comment l'Europe a imposéle récit de son passé au reste du monde, trad. de
l'anglais Fabienne Durand-Bogaert, Gallimard, coll. Nrf essais, 2010, 487 p. 30 euro.
À partir d'événements qui se sont produits à son échelle provinciale, l'Europe a conceptualisé et fabriqué une représentation du passé toute à sa gloire et qu'elle a
ensuite imposée au cours des autres civilisations. Le continent européen revendique l'invention de la démocratie, du féodalisme, du capitalisme de marché, de la liberté, de
l'individualisme, voire de l'amour, courtois notamment, qui serait le fruit de sa modernisation urbaine. Jack Goody met aujourd'hui en doute nombre d'"inventions" auxquelles
les Européens prétendent, sous les plumes de Fernand Braudel, Joseph Needham ou Norbert Elias notamment, alors que ces mêmes éléments se retrouvent dans bien d'autres sociétés, du moins
à l'état embryonnaire. Économiquement et intellectuellement parlant, seul un écart relativement récent et temporaire sépare l'Occident de l'Orient ou de l'Afrique. Des différences
existent. Mais c'est d'une comparaison plus rapprochée que nous avons besoin, et non d'une opposition tranchée entre le monde et l'Occident, au seul profit de ce
dernier.
Par Différences. La revue
-
Publié dans : Amitié entre les peuples
0
Vendredi 12 mars 2010
5
12
/03
/Mars
/2010
21:01
GALLISSOT René, Henri Curiel : le mythe mesuré à l'histoire, Riveneuve, 2009, 256 p. 25 euros.
Suspecté d'être l'" homme de Moscou " coordonnant les
groupes combattants dans le Tiers-monde, Henri Curiel est abattu le 4 mai 1978, à Paris. Son nom est d'abord célèbre par le réseau de soutien en France, à la lutte d'indépendance
algérienne, qui a pris la relève du réseau Jeanson. On entre ici dans ce réseau, en faisant connaissance des proches de Curiel, femmes et hommes en action. Henri Curiel a-t-il été
victime d'une opération relevant du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE), qui a mené campagne contre le KGB et réglé des comptes de la
guerre coloniale d'Algérie? Le crime n'a plus guère de mystère si on le rapporte à la lourde suite des assassinats exécutés dans les années 1970. Pour le parti communiste français
Henri Curiel est un communiste juif égyptien " douteux ", cité à charge en 1952 dans l'affaire Marty-Tillon. Expulsé d'Egypte en 1950, il a pris position pour le soulèvement des
Officiers libres en 1952. Parallèlement à la Tricontinentale, impulsée par Mehdi Ben Barka, Henri Curiel élargit ensuite dans l'organisation Solidarité, le soutien aux mouvements
de libération. Il est aussi le pionnier de rencontres israélo-palestiniennes. Loin des légendes et de toute idolâtrie, son cheminement est mesuré à l'histoire des Juifs d'Egypte voués à
l'exil par le nationalisme arabo-musulman, et à celle du communisme international et, tout autant, de l'anticommunisme. Communiste et gaulliste depuis l'Egypte, apatride en exil,
Henri Curiel inscrivit son itinéraire dans la haute période des mouvements anticolonialistes et de solidarité avec les luttes de libération.
Par Différences. La revue
-
Publié dans : Amitié entre les peuples
0
Mercredi 3 mars 2010
3
03
/03
/Mars
/2010
22:29
TODOROV Tzvetan, La peur des barbares : au-delà du choc des civilisations, Le Livre de poche, coll. Biblio
essais, 2009, 346 p. 6,95 euros.
Le choc des civilisations, ce serait : les
démocraties occidentales d'un côté, l'Islam de l'autre. Deux mondes, figés dans leurs différences historiques, culturelles, religieuses, et de ce fait voués au conflit. Face à la
menace, plus de place pour le dialogue ou pour le mélange. Et pas d'autre alternative que la "fermeté". Voire la guerre. Par tous les moyens. Peut-on vraiment s'assurer, lorsque l'on
raisonne ainsi, que la barbarie et la civilisation continueront de se trouver du côté que l'on croit ? S'il est impératif de défendre la démocratie, il est aussi crucial de ne pas
se laisser dominer par la peur et entraîner dans des réactions abusives. Car l'Histoire nous l'enseigne : le remède peut être pire que le mal." Dans une réflexion qui nous fait
traverser des siècles d'histoire européenne, Tzvetan Todorov éclaire les notions de barbarie et de civilisation, de culture et d'identité collective, pour interpréter les conflits qui
opposent aujourd'hui les pays occidentaux et le reste du monde. Une magistrale leçon d'histoire et de politique - et une véritable "boîte à outils" pour décrypter les enjeux de
notre temps.
(notice d'éditeur)
Par Différences. La revue
-
Publié dans : Amitié entre les peuples
0
Derniers Commentaires