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Politique française

Lundi 21 février 2011 1 21 /02 /Fév /2011 06:00

Etrange politique étrangère.

  

Le Caire, place Tahrir, que les Egyptiens occupent depuis plusieurs jours pour demander le départ de Moubarak, au milieu des slogans brandis par la foule, une pancarte à l’adresse de celui qui était encore le président égyptien retient toute l’attention des médias «  Casse-toi, pauvre con » en référence à l’invective lancée par Nicolas Sarkozy à l’adresse d’un manifestant qui l’avait apostrophé. Comme quoi la formule employée par notre président connaît une postérité certaine au-delà de nos frontières hexagonales.

  

Brandie par un coopérant français enseignant au lycée du Caire, ce dernier sera sine die rapatrié en France.

  

Tunis, après les déclarations pour le moins provocantes de Michèle Alliot-Marie, ministre français des Affaires étrangères qui proposait à Ben Ali encore en place  « le savoir faire français à la police tunisienne », les propos tenus par le nouvel ambassadeur de France nommé pour inaugurer  d’autres relations avec la Tunisie et faire oublier les déclarations intempestives, malencontreuses et irresponsables  de MAM se trouve dès sa prise de fonction dans une tourmente qu’il a lui-même provoquée. Perdant son sang-froid et abandonnant tout langage et usage diplomatiques qui seyent  à un ambassadeur, il qualifie les questions des journalistes tunisiens   de trucs débiles dans lesquels il se refuse à tomber, propos hautains, blessants pour les Tunisiens qui ne lui ont valu pas même un  rappel à l’ordre de  son ministre de tutelle. En l’absence de déclaration  forte des autorités françaises rectifiant les propos de l’ambassadeur, les excuses présentées plus tard par Boris Boillon ne peuvent que partiellement dissiper le malaise provoqué. 

 

La juxtaposition de ces deux faits et les conséquences pour leurs auteurs posent question.

  

Dans le premier cas, celui du coopérant en Egypte, la « faute » - manquement à un devoir de réserve, sans doute ou « immixtion » dans les affaires d’un pays étranger –ne peut mettre directement en cause la position officielle du gouvernement français. Prise de position individuelle, elle n’engage pas la France ni ne nuit à ses intérêts. Tout au contraire, dans le contexte particulier où ce geste  a eu lieu, elle correspond à l’image que la France se plaît à donner d’elle-même opposée à la tyrannie, solidaire des peuples en lutte, patrie des droits de l’homme. Le rapatriement en France, semble-t-il décidé en urgence – un rappel à l’ordre aurait sans doute suffi- montre à l’évidence que pour le gouvernement français et les responsables du ministère des Affaires étrangères, il est plus grave d’apporter un soutien individuel à un peuple en lutte que de s’adresser de façon méprisante en tant que représentant officiel de la France à des  journalistes d’un pays qui osent  demander  des explications sur un épisode politique qui a terni de façon évidente une image de la France et celle de son ministre des Affaires étrangères – En France, déjà 54% des citoyens se disent favorables au départ de MAM. Qu’en serait-il alors en Tunisie …

  

Le gouvernement français a du mal à prendre la mesure des changements qui s’opèrent dans les pays arabes,  comme elle a du mal à prendre conscience que l’on est peut-être entrés dans une nouvelle ère de décolonisation où les rapports de condescendance ou de mépris ne sont plus acceptés par les populations vivant de l’autre côté de la Méditerranée.  Cela illustre chez nos gouvernants une sorte de naufrage de la raison incapable de tirer les enseignements d’une Histoire qui se fait. N’a-t-on pas à faire, plus qu’à une révolution,  à un processus proche de phénomènes d’autodétermination des peuples  qui veulent prendre en mains leurs destinées  et qui refusent les rapports de domination qui leur sont imposés par des gouvernants qui, en maîtres incontestés de la confiscation n’agissent guère différemment  des anciennes puissances coloniales.

Y.M.

 

 

Par Différences. La revue - Publié dans : Politique française
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Samedi 11 décembre 2010 6 11 /12 /Déc /2010 06:00

 

Berlusconi et Sarkozy : tentatives de réflexion

Gianluca Paciucci

Professeur de lettres au Lycée "A. Issel" de Finale Ligure (Savona) et rédacteur du bimensuel "Guerre&Pace" (Milano)

« O guignon! je crois que me suis embrené! » Qu'avait-il fait?

Je l'ignore : mais je sais bien qu'il a fait ainsi sur toute chose.

(Sénèque, Apokolokyntose IV, 2)

dsc01303.JPGL’historien Antonio Gibelli 1 a raison de dire que Berlusconi réussira à apparaître comme le fondateur d’une ère politique, celle qui fut inaugurée en 1994 avec la « descente dans l’arène » de l’entrepreneur lombard, ère qui n’est pas encore achevée. Au plus fort de l’implosion des partis de la première République (démocrates-chrétiens et socialistes sous la pression des magistrats de « mani pulite ») et à peine accomplile suicide des communistes (le PCI fut dissous par une décision de ses dirigeants, imposée ensuite à la base), Berlusconi fonda Forza Italia sauvant ainsi la droite du mauvais pas dans lequel elle se trouvait. Le nouveau parti (bien que décrit « de plastique » et « liquide », il allait s’avérer en réalité solidement ancré de par ses rapportsavec les intérêts et la mentalité d’une classe moyenne égarée et pleine de rancœur) eut le succès immédiat d’un nouveau produit lancé sur le marché et fut accueilli très favorablement par les consommateurs-clients électeurs-dociles. Berlusconi a depuis lors marqué de son sceau les choix économiques de l’Italie et l’imaginaire de parties importantes de la population, s’insinuant partout autant grâce à un formidable appareil de propagande qu’à l’inconsistance de ses prétendus rivaux, fanatiquement antiberlusconiens dans le discours mais en réalité pétris de berlusconisme, presque envoûtés par le conducator*. Et en tout cas inertes, incapables de réaction. A cette inertie, Berlusconi a opposé une hyperactivité, infligeant à l’Italie un stress quotidien, à travers les attaques répétées contre la Constitution, contre les magistrats, les travailleurs et les journalistes –semblable dans ce dernier cas à un caudillo sud-américain, à un Chavez, fut-ce avec des buts bien différents2, - se montrant à la foiscapable de renforcer son propre camp (constitué aussi de victimes sociales de ses choix) et de briser le camp adverse.

Je ne sais pas, au contraire, si Sarkozy réussira à apparaître comme le fondateur d’une ère politique, et ce pour deux raisons fondamentales  /…/:

 

Lire la suite dans Différences n° 276 d’octobre-novembre-décembre 2010 à commander au MRAP

 

1 Antonio Gibelli, Berlusconi passato alla storia, Roma, Donzelli, 2010, pp.121

2 La catégorie gramscienne de « césarisme progressif » et de « césarisme régressif » pourrait être utile.

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Vendredi 10 décembre 2010 5 10 /12 /Déc /2010 06:00

 

Le populisme autoritaire de Nicolas Sarkozy

Kolja Lindner  (*)

Doctorant au Centre Marc Bloch de Berlin.

 

Nicolas Sarkozy populiste ? Bien que la réponse affirmative à cette question fait l’objet d’une relative unanimité, les concepts mobilisés pour saisir le phénomène que représente l’actuel président français sont divers : « Starkozysme » (Olivier Duhamel/Michel Field), « Téléprésident » (François Jost/Denis Muzet), « L’hyperprésident » (Éric Maigret), « Sarkoberlusconisme » (Pierre Musso) etc. Toutes ces analyses constatent une importante capacité de Nicolas Sarkozy à capter l’attention, à mobiliser de l’identification, à séduire son public et à ‘encapsuler du sens’ dans des séquences linguistiques ou allégoriques (‘travailler plus pour gagner plus’, ‘Kärcher’…).

Font en revanche défaut des analyses qui articulent cette technique de communication politique avec les rapports de domination, qu’il s’agisse de ceux de classe, de ‘race’ ou de genre. Le seul constat d’une certaine forme de communication politique ne suffit en effet pas pour saisir le phénomène du sarkozysme. Au contraire, il faut placer celui-ci dans le contexte d’une crise d’hégémonie à plusieurs niveaux /…/.

 

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Jeudi 9 décembre 2010 4 09 /12 /Déc /2010 06:00

Vincent Geisser

Politologue

Président du CIEMI

 

geisser.jpgOn retient souvent de l’action et du discours du Chef de l’Etat une tendance récurrente à instrumentaliser le couple immigration/insécurité et à jouer sur la peur de l’Autre (l’expulsion massive des Roms au cours de l’été 2010 en est une illustration dramatique) pour asseoir son pouvoir personnel et regagner à moindre frais une popularité déclinante. C’est oublier que Nicolas Sarkozy a aussi une autre tentation qui n’est pas simplement contextuelle mais qui constitue le fil d’Ariane de son projet sociétal : gouverner en s’appuyant sur des formes de représentations corporatistes et communautaires, lui donnant ainsi l’impression de mieux contrôler la société française. En effet, chez Nicolas Sarkozy ordre sécuritaire semble rimer avec ordre communautaire. /…/

 

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Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /Août /2010 18:00

leclercqdroitesconservatricesLeclercq Jacques, Droites conservatrices, nationales et ultras : dictionnaire 2005-2010, L'Harmattan, 2010, 228 p. 23 euro 

Voici la suite du Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale de 1945 à nos jours. Ce document analyse le camp politique allant des souverainistes aux néo-nazis, il recense de nombreux nouveaux groupes, la période étant des plus prolifiques, consécutivement au déclin du Front national et à la guerre de succession autour du départ de Jean-Marie Le Pen. Du mouvement pour la France au Parti de la France, en passant par le Mouvement national-socialiste français, le lecteur voyage dans toutes les organisations, disposant de révélations sur leurs dirigeants, leurs militants, leur localisation et idéologie.

Notice d'éditeur

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