Colonialisme

Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /2010 22:57

 

DAUM Pierre, Immigrés de force : les travailleurs indochinois en France (1939-1952), essai, préf. Gilles Manceron, Solin, coll. Archives du colonialisme, 2009, 277 p. 23 euros

 

pierredaum.jpgAprès soixante-dix années de silence, voici enfin mise en lumière une page enfouie de l'histoire coloniale française : le recours, pour travailler dans l'Hexagone, à une main- d'oeuvre immigrée de force. Déjà, en 2006, le film Indigènes, de Rachid Bouchareb, avait révélé un aspect peu connu de l'utilisation des peuples colonisés lors de la Seconde Guerre mondiale. Or, à cette époque, la France n'avait pas seulement besoin de soldats, mais aussi d'ouvriers, afin de remplacer les Français mobilisés. Pour les travaux les plus pénibles, comme ceux du maniement des poudres dans les usines d'armement, la France fit venir en 1939 vingt mille Indochinois de sa lointaine colonie d'Extrême-Orient. Recrutés pour la plupart de force, débarqués à la prison des Baumettes à Marseille, ces hommes furent répartis à travers la France dans les entreprises relevant de la Défense nationale. Bloqués en Métropole pendant toute la durée de l'occupation allemande, logés dans des camps à la discipline très sévère, ils furent loués, pendant plusieurs années, par l'Etat français à des sociétés publiques ou privées - on leur doit le riz de Camargue -, sans qu'aucun réel salaire ne leur soit versé. Ce scandale se prolongea bien après la Libération. Renvoyés vers le Viêtnam au compte-gouttes à partir de 1946, ce n'est qu'en 1952 que les derniers de ces hommes purent enfin revoir leur patrie. Un millier fit le choix de rester en France. Après trois ans de recherches en archives et d'enquête, menée dans les banlieues de Paris et de Marseille, et jusqu'à Hanoi et aux villages les plus reculés du Viêtnam, Pierre Daum a réussi à retrouver vingt-cinq des derniers acteurs encore vivants de cet épisode si peu "positif" de l'histoire coloniale française. C'est leurs récits qu'il nous restitue dans ce livre.

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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /2010 22:44

 

BETI Mongo, Main basse sur le Cameroun : autopsie d'une décolonisation, nouv. éd., préf. inédite d'Odile Tobner, La Découverte, coll. La Découverte/poche, 2010, 252 p. 11,50 euros.

 

cameroun.jpgMongo Beti (1932-2001), écrivain camerounais, est connu pour ses romans, qui ont joué un rôle important dans la prise de conscience du colonialisme et dans la lutte contre celui-ci.  Publié en 1972 par les Éditions François Maspero, Main basse sur le Cameroun était un réquisitoire contre les crimes du président Ahidjo, dictateur du Cameroun par la grâce du néocolonialisme français. Son but fut largement atteint, semble-t-il, puisque le livre fut interdit, saisi, l' éditeur poursuivi, et l'auteur l'objet de multiples pressions et menaces.  Sa réédition, en 1977, dans une version revue, était encore d'une actualité brûlante à l'heure de l'intervention française au Zaïre. Mongo Beti montre en effet que les anciennes colonies d'Afrique occidentale française et d'Afrique équatoriale française, formellement indépendantes depuis les années 1960, n'en sont pas moins restées étroitement contrôlées par la France.  Trente ans plus tard, ce livre reste un document historique majeur, indispensable pour comprendre les évolutions ultérieures de la « Françafrique ». Une préface inédite, d'Odile Tobner, présidente de Survie, retrace l'histoire mouvementée de ses différentes éditions

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Dimanche 28 février 2010 7 28 /02 /2010 12:34

 

Mabon Armelle, Prisonniers de guerre "indigènes" : visages oubliés de la France occupée, La Découverte, 2010, 300 p. 23 euros.

 


Bib_PrisonniersDeGuerreIndigenes.jpgAprès la débâcle de juin 1940, les combattants de l'armée française sont faits prisonniers. Tandis que les métropolitains partent pour l'Allemagne, les prisonniers coloniaux et nord-africains prennent le chemin des frontstalags répartis dans la France occupée. En avril 1941, près de 70 000 hommes sont internés dans vingt-deux frontstalags. Ces prisonniers nouent des contacts singuliers tant avec l'occupant qu'avec la population locale qui les réconforte, voire les aide à gagner les maquis ou la zone Sud. Lorsqu'en janvier 1943 le gouvernement de Vichy accepte de remplacer les sentinelles allemandes par des cadres français, ils se sentent trahis. À la Libération, leur retour en terre natale, parfois très tardif, s'accompagne de nombreux incidents dont celui, particulièrement grave et meurtrier, survenu à Thiaroye, près de Dakar, en décembre 1944 ? l'armée française fait trente-cinq morts et autant de blessés parmi les « tirailleurs sénégalais », sous prétexte qu'ils se sont mutinés pour obtenir leurs droits d'anciens prisonniers de guerre. Il fallait révéler cette histoire occultée. Armelle Mabon a découvert le destin de ces hommes grâce aux archives d'une ancienne assistante sociale du service social colonial de Bordeaux. Une dizaine d'années durant, elle a étudié les archives publiques et privées, recueilli de nombreux témoignages inédits, faisant le choix d'évoquer la captivité de tous les ressortissants de l'empire. Cet ouvrage donne la mesure de l'injustice, du déni d'égalité et du mépris dont s'est rendu coupable l'État, durant l'Occupation, mais aussi par la suite. Un sujet d'une douloureuse actualité.

(notice d'éditeur)

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Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /2010 11:39

Rappel :

liauzu.jpgLiauzu Claude, Colonisations, migrations, racismes : histoires d'un passeur de civilisations, Syllepse, coll. Histoire : enjeux et débats, 2009, 541 p. 27 euro Cet recueil posthume d'écrits du grand historien engagé décédé en 2007 vient d'obtenir le 4e Prix du livre anticolonial, décerné par les librairies Envie de lire, Ishtar et Le Point du Jour.

 

 

 

Ce livre rassemble des textes, souvent introuvables ou inédits, qui témoignent de ses différents intérêts ou engagements, mais dont les traits d’union restent la Méditerranée et la découverte de l’Autre.

 

Au moment où la France dispose d’un ministère de l’identité nationale et où Nicolas Sarkozy réécrit l’histoire coloniale en des termes eux-mêmes coloniaux, des voix comme celles de Claude Liauzu sont indispensables. Il règle leurs comptes à des idées comme celles du « choc des civilisations » et à l’intrusion de la politique dans la fabrique de l’histoire. Ainsi, il a toujours voulu réconcilier « Clio, Marianne et l’Autre », c’est-à-dire le travail de l’historien, la République, les civilisations, les peuples et les cultures.

 

Articles de recherche et tribunes engagées se côtoient, traitant de thèmes aussi divers que la presse politique tunisienne au début du 20e siècle, les bagnes coloniaux de l’armée française (Biribis), le tiermondisme, les phénomènes migratoires et le métissage, les rapports des sciences sociales au racisme, l’enseignement de l’histoire de la colonisation.

 

Le livre comporte 50 articles, allant des années 1970 à 2007, et six parties : Les années tunisiennes ; Tiers-monde et tiersmondisme ; Islam et Occident ; Migrations et racisme ; Clio et Marianne ; Un historien engagé.

(notice d'éditeur)

 

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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 16:22

Jean-Luc EINAUDI

Scènes de la guerre d'Algérie en France

Automne 1961


Le Cherche midi, coll. Documents, 2009, 416 p.,19 € ttc

 


einaudialgerie-copie-1.jpgCet ouvrage est le troisième, après La Bataille de Paris (1991) et Octobre 1961, un massacre à Paris (2001), que Jean-Luc Einaudi consacre à la période allant de l'été à l'automne 1961 et singulièrement aux manifestations algériennes du 17 octobre dans la capitale, où la répression sanglante fut orchestrée par le préfet de police d'alors, Maurice Papon.


Jean-Luc Einaudi a recueilli de nouveaux témoignages d'une vérité crue et a eu accès à des archives inédites de l'ex-fédération de France du FLN. Ces documents éclairent particulièrement la guerre sans merci, dans le Nord et l'Est de la France, entre le FLN et le MNA, l'autre organisation nationaliste algérienne, dirigée par Messali Hadj.


Un ouvrage essentiel sur l'une des faces cachées de la guerre d'Algérie

 

(notice d'éditeur)

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