Syndication

  • Flux RSS des articles

Présentation

Extrême-droite

Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 20:32

http://www.contretemps.eu/sites/default/files/images/cimetiere.large.jpg

 

Le racisme et la xénophobie ne sont pas les résidus d’un « passé qui ne veut pas passer », des archaïsmes qui survivent à la disparition des conditions qui les ont engendrés. Les cataclysmes du xxe siècle ne nous ont pas vacciné contre la tentation de stigmatiser, l’habitude d’exclure et parfois le plaisir de haïr la diversité. De ce point de vue, la xénophobie contemporaine est profondément liée à l’histoire du racisme, substrat d’une modernité qui modifie sa morphologie mais pas sa fonction. Historiciser la fabrique raciste de l’altérité est donc nécessaire pour comprendre comment elle se perpétue aujourd’hui. Trop souvent le racisme est considéré comme une sorte de pathologie plutôt que comme une norme de la modernité. Nous devons savoir que, pour le combattre, il faut remettre en cause un ordre social et un modèle de civilisation, pas une de ses déformations ou distorsions. Il faudrait ensuite partir du constat que le succès du racisme et de la xénophobie ne tient pas à leur véridicité ou à leur capacité de décrire objectivement le réel (auquel ils apporteraient éventuellement des réponses fausses ou inacceptables d’un point de vue éthique, selon un vieux lieu commun) mais à leur efficacité, à leur caractère opératoire. Le racisme et la xénophobie sont un processus de construction symbolique de l’ennemi - inventé en tant que figure négative - visant à satisfaire une quête identitaire, un désir d’appartenance, un besoin de sécurité et de protection. Dévoiler leurs mécanismes et dénoncer leurs mensonges est certes nécessaire mais insuffisant (et souvent inutile), car leur influence ne se fonde ni sur des vertus cognitives ni sur des arguments rationnels - même lorsqu’ils se présentent comme un discours « objectif » - mais sur un dispositif compensatoire, sur la recherche d’un bouc émissaire.

Né vers la fin du xviiie siècle, puis entré en symbiose avec le colonialisme et le nationalisme modernes, le racisme a atteint son apogée au siècle dernier, lorsque la rencontre entre le fascisme et l’antisémitisme a connu dans l’Allemagne nazie un épilogue exterminateur. Selon une intuition formulée jadis par Pierre-André Taguieff - aujourd’hui passé avec armes et bagages à la droite néo-conservatrice -, le discours raciste contemporain a connu une véritable métamorphose, en abandonnant son orientation hiérarchique et « racialiste » (selon le vieux modèle de Gobineau, Chamberlain, Vacher de Lapouge ou Lombroso) pour devenir différentialiste et culturaliste. Autrement dit, il a glissé de la « science des races » à l’ethnocentrisme [1]. Ces mutations, cependant, ne modifient pas l’ancien mécanisme de rejet social et d’exclusion morale qu’Erving Goffman avait résumé par le concept de stigmate [2]. Pendant les années 1990, le racisme est réapparu avec force en Europe, nullement gêné par la diffusion des liturgies officielles qui conduisaient rituellement les autorités politiques et religieuses à communier autour du « devoir de mémoire », et envoyaient les adolescents de nos lycées visiter les sites des camps d’extermination nazis. Si le racisme est revenu au devant de la scène ce n’est pas « à cause de l’immigration », selon un cliché bien connu, mais parce qu’il appartient, comme l’écrit Alberto Burgio, au « code génétique de la modernité européenne [3] ».

Mais le racisme se perpétue en faisant peau neuve et en ajoutant de nouveaux casiers à son « archive » inépuisable de l’exclusion et de la haine. L’enchevêtrement de racisme et fascisme, nationalisme et antisémitisme qui s’est produit en Europe pendant la première moitié du xxe siècle, n’existe plus aujourd’hui. Le nationalisme et l’antisémitisme prolifèrent encore parmi les nouveaux pays membres de l’Union Européenne, où ils peuvent renouer avec une histoire interrompue en 1945 et se nourrir des ressentiments cumulés pendant quatre décennies de « socialisme réel ». Dans cette partie du continent, ils revendiquent une filiation à l’égard des dictatures des années 1930, comme Jobbik en Hongrie, qui reprend l’héritage des Croix fléchées et cultive la mémoire du maréchal Horthy, ou exhument une ancienne mythologie revancharde et expansionniste, comme le Parti de la Grande Roumanie ou le Parti Croate des Droits (HSP), continuateur du mouvement oustachi d’Ante Pavelic. En Europe occidentale, cependant, le fascisme est pratiquement inexistant, en tant que force politique organisée, dans les pays qui en ont été le berceau historique. En Allemagne, l’influence sur l’opinion des mouvements néonazis est quasiment nulle. En Espagne, où le legs du franquisme a été recueilli par le Parti populaire, national-catholique et conservateur, les phalangistes sont une espèce en voie d’extinction. En Italie, nous avons assisté à un phénomène paradoxal : la réhabilitation du fascisme dans le discours public et même dans la conscience historique d’un segment significatif de la population - l’antifascisme était le code génétique de la « Première République », pas de l’Italie de Berlusconi -  a coïncidé avec une métamorphose profonde des héritiers de Mussolini. Futur et Liberté, le parti que vient de lancer leur leader, Gianfranco Fini, se présente comme une droite libérale, réformiste et « progressiste » qui s’attaque au conservatisme politique de Berlusconi et à l’obscurantisme culturel de la Ligue Nord. Tout en se situant plus à droite dans l’échiquier politique français, le Front National essaie, sous l’impulsion de Marine Le Pen, de s’affranchir de l’image traditionnelle d’une extrême droite faite de partisans de la Révolution Nationale, d’intégristes catholiques et de nostalgiques de l’Algérie française. Si une composante fascisante demeure en son sein, aujourd’hui elle n’est pas hégémonique. Lors de son dernier congrès, le Front National s’est livré à un exercice inédit de renouvellement de son langage, en adoptant une rhétorique républicaine qui n’appartient pas à sa tradition. Si la succession de Marine Le Pen à son père montre une volonté de continuité, en prenant les traits d’une passation dynastique, elle témoigne aussi d’une indiscutable volonté de rénovation : aucun mouvement fasciste classique n’a jamais confié son leadership à une femme.

Le déclin de la tradition fasciste laisse toutefois la place à l’essor d’une extrême droite de type nouveau, dont l’idéologie intègre les mutations du xxie siècle. Le politologue Jean-Yves Camus a été un des premiers à en saisir les traits inédits : l’abandon du culte de l’État au profit d’une vision du monde néolibérale axée sur la critique de l’État Providence, la révolte fiscale, la dérégulation économique et la valorisation des libertés individuelles, opposées à toute interférence étatique [4]. Le refus de la démocratie - ou son interprétation dans un sens plébiscitaire et autoritaire - ne s’accompagne pas toujours du nationalisme qui, dans certains cas, est troqué pour des formes d’ethnocentrisme remettant en cause le modèle de l’État-nation, comme le montrent la Ligue Nord italienne ou l’extrême droite flamande. Ailleurs, le nationalisme prend la forme d’une défense de l’Occident menacé par la mondialisation et le choc des civilisations. Le cocktail singulier de xénophobie, d’individualisme, de défense des droits des femmes et d’homosexualité assumée que Pim Fortuyn avait concocté aux Pays-Bas en 2002, a été la clef d’une percée électorale durable. Des traits similaires caractérisent d’autres mouvements politiques en Europe du Nord tel le Vlaams Belang en Belgique, le Parti populaire danois et l’extrême droite suédoise, qui vient de faire son entrée au Parlement de Stockholm. Mais nous les retrouvons aussi - bien que mélangés à des stéréotypes plus traditionalistes - chez le Parti Libéral Autrichien (dont le leader charismatique fut Jörg Haider) qui s’est imposé, lors des élections d’octobre dernier, comme la deuxième force politique à Vienne (27 % des voix).

L’élément fédérateur de cette nouvelle extrême droite réside dans la xénophobie, déclinée comme un rejet violent des immigrés. Le migrant de nos jours est l’héritier des « classes dangereuses » du xixe siècle, peintes par les sciences sociales positivistes de l’époque comme un réceptacle de toutes les pathologies sociales, de l’alcoolisme à la criminalité et à la prostitution, jusqu’aux épidémies comme le cholera [5]. Ces stéréotypes -  souvent condensés en une représentation de l’étranger aux traits psychiques et physiques bien marqués - découlent d’un imaginaire orientaliste et colonial qui a toujours permis de définir, négativement, des identités incertaines et fragiles, fondées sur la crainte de l’« autre », toujours perçu comme l’« envahisseur » et l’« ennemi ». Dans l’Europe de nos jours, le migrant prend essentiellement les traits du musulman. L’islamophobie joue aujourd’hui pour le nouveau racisme le rôle qui fut jadis celui de l’antisémitisme pour les nationalismes et les fascismes d’avant la Seconde Guerre mondiale. La mémoire de la Shoah - une perception historique de l’antisémitisme au prisme de son aboutissement génocidaire - tend à obscurcir ces analogies pourtant évidentes. Le portrait de l’Arabo-musulman brossé par la xénophobie contemporaine ne diffère pas beaucoup de celui du Juif construit par l’antisémitisme au début du xxe siècle. Les barbes, tephillim et caftans des  Juifs immigrés d’Europe centrale et orientale d’autrefois correspondent aux barbes et voiles des musulmans de nos jours. Dans les deux cas, les pratiques religieuses, culturelles, vestimentaires et alimentaires d’une minorité ont été mobilisées afin de construire le stéréotype négatif d’un corps étranger et inassimilable à la communauté nationale. Judaïsme et islam fonctionnent ainsi comme des métaphores négatives de l’altérité : il y a un siècle, le Juif peint par l’iconographie populaire avait forcément un nez crochu et des oreilles décollées, de même qu’aujourd’hui l’islam est identifié à la burqa, même si 99,99% des femmes musulmanes vivant en Europe ne portent pas le voile intégral. Sur le plan politique, le spectre du terrorisme islamiste a remplacé celui du judéo-bolchevisme. Aujourd’hui, l’antisémitisme demeure un trait distinctif des nationalismes d’Europe centrale, où l’islam est quasi inexistant, et le tournant de 1989 a revitalisé les vieux démons (toujours présents, même là où il n’y a plus de juifs), mais il a presque disparu du discours de l’extrême droite occidentale (qui parfois affiche ses sympathies à l’égard d’Israël). Aux Pays-Bas, Geert Wilders a fait de la lutte contre l’« islamo-fascisme » son fonds de commerce. Consultés par référendum, 57% des Suisses se sont prononcés le 28 novembre pour l’interdiction des minarets. Jusqu’à présent, seules quatre mosquées sur 150 en possédaient un dans la confédération helvétique : ce seuil restera infranchissable. En Italie comme en France, plusieurs voix se sont levées pour proposer des mesures analogues, en montrant que, loin d’être une lubie de la droite xénophobe et populiste suisse, la volonté de stigmatiser l’islam concerne l’Europe dans son ensemble. Shlomo Sand a raison de souligner que l’islamophobie constitue aujourd’hui un ciment de l’Europe - dont on ne manque jamais de rappeler la matrice « judéo-chrétienne » - de même que l’antisémitisme a joué un rôle fondamental, au xixe siècle, dans le processus de construction des États nationaux [6].

Cette nouvelle extrême droite « défascisée » prend alors la forme du populisme. Le concept, comme chacun sait, est vague, élastique, ambigu, voire détestable lorsqu’il est utilisé pour affirmer le mépris aristocratique vis-à-vis du peuple. Reste que les percées électorales fréquentes de cette nouvelle extrême droite prouvent sa capacité à trouver un consensus auprès des classes laborieuses et des couches les plus démunies. Le populisme de droite — Ernesto Laclau l’a bien souligné [7] — s’alimente du désarroi d’un peuple qui a été abandonné par la gauche, dont la tâche devrait être celle de l’organiser et le représenter. Le populisme, enfin, est une catégorie transversale qui indique une frontière poreuse entre la droite et l’extrême droite. Si quelqu’un avait des doutes à ce sujet, Sarkozy s’est chargé de les dissiper depuis son élection, d’abord en créant un ministère de l’Immigration et de l’identité nationale, puis en lançant une campagne contre les Tziganes, raflés et expulsés sur la base d’un recensement ethnico-racial, en suscitant l’approbation enthousiaste de nombreux représentants des droites européennes, in primis la droite italienne. Au fond, la lutte pour l’égalité des droits - en évitant les conflits stériles entre le nationalisme républicain et le multiculturalisme communautariste - revient à l’ordre du jour, en ce début du xxie siècle, comme elle le fut au xixe siècle, lorsque la bourgeoisie libérale ascendante s’opposait à la démocratie en restreignant le suffrage par de fortes barrières de classe, de genre et de race. Aujourd’hui, malgré les lois promulguées dans plusieurs pays, les femmes sont toujours sous-représentées au sein de nos institutions ; les classes populaires désertent de plus en plus les urnes, indifférentes à l’égard d’un système politique qu’elles perçoivent comme étranger, voire hostile ; les populations migrantes, enfin, restent exclues de tout droit. Voilà les traits marquants de notre « mondialisation heureuse ».

Les métamorphoses du racisme et de la xénophobie ne peuvent pas rester sans conséquences politiques. Si l’antifascisme est un combat d’une évidente actualité dans les nouveaux pays de l’Union Européenne, où nous assistons aujourd’hui à la montée d’une extrême droite nationaliste, antisémite et fascisante, la situation est bien différente à l’Ouest. Certes, dans un continent qui a connu Mussolini, Hitler et Franco, l’antifascisme devrait s’inscrire dans le code génétique de la démocratie comme un élément constitutif de notre conscience historique. Lutter contre les nouvelles formes de racisme et de xénophobie au nom de l’antifascisme risque cependant de se révéler un combat d’arrière-garde. L’antifascisme a rempli son rôle - en tant que mouvement politique organisé - dans les années 1980 et 1990, lorsque, notamment en France, il était confronté à l’émergence d’une extrême droite de matrice fasciste (même si le contexte général n’était plus celui des années 1930). Mais il ne s’agit pas, aujourd’hui, de défendre une démocratie menacée. Le racisme et la xénophobie présentent deux visages, somme toute complémentaires : d’une part, celui de nouvelles extrêmes droites « républicaines » (protectrices de « droits » délimités sur des bases ethniques, nationales ou religieuses) ; d’autre part, celui des politiques gouvernementales (camps de rétention pour sans-papiers, expulsions planifiées, lois visant à stigmatiser et discriminer des minorités ethniques ou religieuses). Ce nouveau racisme s’accommode de la démocratie représentative, en la remodelant de l’intérieur. C’est donc la démocratie elle-même qu’il faudrait repenser, ainsi que les notions d’égalité des droits et de citoyenneté, pour redonner un souffle à l’antiracisme.


 Enzo Traverso


 cet article est paru dans la revue Contretemps n° 9

 Contretemps ne vit que de la vente de ses numéros. Pour nous soutenir, vous pouvez vous abonner à la revue pour un an en envoyant un chèque de 40€ à l'ordre de "La discordance des temps", 88 rue de Bagnolet, 75020 Paris. Vous pouvez aussi vous abonner en ligne ici




[1] Pierre-André Taguieff, La Force du préjugé, La Découverte, Paris, 1988.

[2] Erving Goffman, Stigmate. Les usages sociaux des handicaps, Éditions de Minuit, 1975.

[3] Alberto Burgio, Nonostante Auschwitz. Il « ritorno » del razzismo in Europa, Derive Approdi, Rome, 2010.

[4] Jean-Yves Camus, « Du fascisme au national-populisme. Métamorphoses de l’extrême droite en Europe », Le Monde diplomatique, mai 2002.

[5] Louis Chevalier, Classes laborieuses et classes dangereuses, Perrin, Paris, 2007 (éd. or. 1958).

[6] Shlomo Sand, « From Judeophobia to Islamophobia. Nation-building and the construction of Europe », Jewish Quarterly, 2010, n. 215.

[7] Ernesto Laclau, La Raison populiste, Éditions du Seuil, Paris, 2008.


 
Par Différences. La revue - Publié dans : Extrême-droite
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 25 octobre 2011 2 25 /10 /Oct /2011 12:54

Texte complet (pdf)

 

Cette page est destinée à accueillir les commentaires. Les commentaires sont modérés a priori et ne seront visibles qu'après validation.

Par Différences. La revue - Publié dans : Extrême-droite
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 22:24

I           Le cadre général.

Régulièrement, des essayistes, des hommes de médias, se posent et posent au public la question de la « compatibilité de l'islam avec la République. » Certes, il y a de rares voix pour expliquer que certaines versions des autres religions monothéistes sont tout aussi peu compatibles, et que d'une manière générale, les religions connaissent de multiples formes et que la seule chose qui compte, ce sont les comportements individuels, mais on les entend assez peu.

Gilles Kepel (La Revanche de Dieu, Le Seuil, Paris, 1991) et d'autres à sa suite ont montré les points communs entre les « intégrismes (1) » des différentes religions monothéistes. Les autres religions et traditions ont moins intéressé les analystes.

Par exemple, il y eut peu d'ouvrages pour expliquer que le bouddhisme ne se résume pas au sympathique et non-violent dalaï-lama, mais que les pagodes sri-lankaises ont poussé à la radicalisation de la lutte contre les revendications tamoules, ou que les pagodes japonaises ont soutenu le militarisme impérial de la première moitié du vingtième siècle (2).

On peut également s'intéresser aux polythéismes, et notamment à certaines résurgences des « religions traditionnelles européennes ».

Certains objecteront que la liberté religieuse, c'est aussi la liberté de vouloir faire renaître les cultes druidiques et que cueillir le gui n'est pas plus stupide ou scandaleux qu'aller à l'église, à la synagogue ou à la mosquée.

Cela est vrai, mais par exemple la mouvance néo-druidique regroupe aussi bien des obédiences qui ont clairement condamné le racisme que d'autres qui ne l'ont pas fait (euphémisme).

Et comme ont trouve tout sur Internet, on peut élargir le débat sur le rôle des religions et leurs liens éventuels avec le racisme en faisant un focus sur le néo-paganisme.

A            Néo-païens « indo-européens » contre monothéistes « sémites. »

L'extrême-droite raciste a souvent eu un problème avec le christianisme. Il se résume à deux points : Jésus et ses apôtres étaient juifs, et des textes religieux qui expliquent peu ou prou que tous les hommes sont frères lui posent problème.

Les racistes ont donc souvent cherché à contourner le problème. La première solution consistait à déjudaïser le christianisme, ce qui était relativement facile, certaines interprétations du christianisme ayant déjà déblayé le chemin (3). D'autres sont allés plus loin, en cherchant à démonter que Jésus n'était pas juif, ou à la rigueur que son inspiration était plus grecque que juive. Par exemple, l'idéologue nazi Alfred Rosenberg opposait un « christianisme positif » au « christianisme négatif » enseigné par les Églises catholique et protestantes. Rosenberg et les nazis iront plus loin, en faisant la promotion des anciens cultes païens, le monothéisme ayant à leurs yeux le défaut congénital d'avoir été diffusé par des Juifs et des Arabes, bref des « sémites ».

Pourquoi parler de ces idées ? Tout simplement parce que malheureusement elles n'ont pas disparu avec la pendaison d'Alfred Rosenberg.

Régulièrement, ce sont les monothéismes qui sont accusés d'avoir introduit l'intolérance religieuse, nié les droits de la femme, etc.. Pour certains, il s'agit d'une ignorance encyclopédique et une erreur de raisonnement : comme ils ne connaissent de religions que celles qui sont présentes en Europe occidentale et aux environs, les autres ont le charme de l'étrangeté et de l'inconnu. Comme les seules religions connues de ces personnes (et ressenties comme « mauvaises ») sont des monothéismes, les religions autres bénéficient d'un préjugé favorable. Il y a pourtant une multitude d'exemples pouvant démonter le contraire, mais ce n'est pas le propos ici.

Avant d'aller plus loin dans l'analyse, il faut rappeler que « sémites » et « indo-européens » désignent des groupes linguistiques, et c'est tout. Il n'y a pas plus de « race indo-européenne » que de grammaire dolichocéphale. Enfin, beaucoup de peuples parlant des langues sémitiques ont été des polythéistes fervents. Associer monothéismes et sémitisme est donc au mieux une stupidité, au pire le prétexte à des thèses peu ragoutantes.

En effet, on voit régulièrement réapparaître ici ou là cette collusion entre cultes païens remis au goût du jour et thèses racistes.

Dans un article paru dans « Le Monde » du 3 juillet 1993, le journaliste et politologue René Monzat  expliquait comment des militants faisaient revivre les cérémonies de cultes solaires païens pratiqués par les SS.

Plus récemment, on trouve sur le site « Terre et Peuple », animé par Pierre Vial, ou sur ses déclinaisons locales, des articles et chants à la gloire du paganisme : « Des hommes à l'âme vile portant le sceptre et la croix ont imposés dans nos villes le reniement de la loi », des invitations à des fêtes du solstice, des évocations des anciens rituels païens, etc.. Après tout, c'est la liberté religieuse..

Mais on y trouve aussi des appels à la solidarité avec Vincent Reynouard, condamné pour négationnisme, des hommages aux victimes des bombardements alliées sur Dresde en 1945, et à elles seules, et enfin ce genre d'explications sur la nouvelle alliance entre les identitaires et les nationaux-laïques :

« lors de la laborieuse allocution de Fabrice Robert aux « Assises contre l’islamisation », figurait à ses côtés un homme que certains militants niçois dépeignent comme étant son « bras droit » ou, à tout le moins, un très proche collaborateur. Il s’agit d’un métis d’origine africaine [...] Cet homme, qui ne cache pas son goût pour les femmes de souche européenne, semble incarner aux dires d’un nombre grandissant de militants identitaires une dérive qu’ils imputent à la direction actuelle dont Fabrice Robert serait, selon eux, le symbole[4] ».

Le logo de « Terre et peuple » est l’edelweiss. Pierre Vial explique que c'est la combinaison de deux mots allemands : noble et blanc. Tout est dit.

B             Hyperboréens et Thuléens.

L'autre problème de cette extrême-droite, ce sont les conclusions des scientifiques, historiens,  préhistoriens, paléontologues : l'homme serait apparu en Afrique orientale, par évolution d'un rameau de primates, et les premières sociétés structurées et numériquement importantes connues sont situées dans des plaines alluviales : vallées du Nil, de l'Indus, du Yangzi Jiang, Mésopotamie. Cela ne colle pas, mais alors pas du tout, avec les mythes de la supériorité d'une hypothétique « race aryenne ».

Alors, il faut trouver un substitut, en mélangeant légendes nordiques et mythes divers : il y aurait eu une contrée plus ou moins magiques, dénommée Hyperborée ou Thulé, d'où viendraient des hommes blonds aux yeux clairs, à l'origine de « la » civilisation.

Cela peut paraître folklorique et inoffensif, mais la société Thulé « Thule Gesellschaft » développa en Allemagne au début du XXème siècle des thèmes identiques à ceux du nazisme. Comme on le verra plus loin, le mythe de Thulé existe toujours, et souvent pour le pire.

La symbolique retenue actuellement par Thule-seminar.org évoque cette période.

Thuleseminar1.jpg  Thuleseminar2.jpg


 

 

[1] Le terme « intégrisme » s'est d'abord appliqué au catholicisme (« catholicisme intégral »), alors qu'on parlait plutôt de fondamentalisme pour les mouvements protestants. Il est employé ici par simplification. 

[2  ]http://assr.revues.org/16183  

[3 ] La déclaration du pape Pie XI en 1937 « spirituellement nous sommes des sémites », faite pour contrer l'idéologie nazie, constituait une sorte de révolution culturelle.

 

 

I            L'exemple d'un site web : Le chemin sous les buis

Ce titre bucolique, avec le sous-titre « carnets païens » est celui d'un site néo-païen, et les rencontres qu'on y fait chemin faisant sont souvent cauchemardesques.

A            Vers le chemin.

On y arrive notamment à partir de ces sites[1] :

cgauloise.com : Communauté gauloise : officiellement, il s'agit d'études diverses sur les anciennes civilisations celtes, mais pas n'importe comment :« Nous aimons et respectons la diversité humaine et espérons contribuer à la promotion de la conscience communautaire des Français, ces éternels "Gaulois". ».

A noter : ce site propose de nombreux liens vers des sites identitaires.

http://chezxyr.blogspot.com/ Ce blog a été supprimé. Il avait été signalé comme nazi dans le dernier rapport du MRAP.

Declinisme. L'auteur publiait avant un blog « ethnocide ». Pas celui des Amérindiens par les Yankees, celui des européens « de souche » par les immigrés amenés par les partisans du métissage général (sic). Il développe et reproduit également les thèses « scientifiques » de la supériorité génétique de certaines  « races » sur les autres.

Deux sites d'extrême-droite : Europemaxima et French carcan (pas cancan !).

Des sites identitaires : hoplite, lamainrouge, unfan et « Terre et Peuple », déjà évoqué.

Des sites plus difficiles à classer : aegiale, atelierdetigalion, surprisegoodfellow

Des sites païens : eirebrandubh (anodin à première vue) et pagantroop. Celui-ci offre les rubriques principales suivantes ; Bhagavad-Gîtâ, théosophie, mythologie, nordique, druidisme, indo-germain et.. eugénisme.

Certes, on n'est pas responsable de qui vous référence et de qui vous apprécie, mais comme autant de personnes ne peuvent se tromper à la fois, cela donne une première tendance.

Ce qui est indiscutable, c'est qu'on est responsable de ce qu'on y écrit et des liens qu'on y propose.

B             Chemin faisant.

Le 8 mars 2011, l'auteur y analyse et commente les programmes télévisés sous le titre « télé-poubelle ».

Après avoir fait un certains nombre de commentaires homophobes, il écrit :

Samedi 5 mars :

Direct 8, à 20 h.40, « La dame d’Izieu », film d’Alain Wermus : oh les vilains méchants nazis et les pauvres petits juifs[2].

Pour le solstice d'été 2010, on lit cette profession de foi :

« Nous n’allons pas chercher en Orient nos racines comme le font les chrétiens qui ainsi trahissent leurs ancêtres et leur sang. La Foi du Nord, c’est d’abord la fidélité à notre sang.

Nos ancêtres n’étaient pas des bergers sémites mais des guerriers indo-européens descendants eux-mêmes des grands chasseurs de la plus lointaine préhistoire de l’Europe.

Nous n’allons pas chercher « au-delà des étoiles » des raisons de croire et d’espérer; c’est sur ce monde que nous portons notre attention et notre dévotion. La Foi du Nord, c’est aussi la fidélité à la terre.

Nos dieux ont déserté le monde, car un dieu juif jaloux et exclusif les en a chassés. Mais le dieu juif est mort dans sa résidence d’arrière-monde. La rumeur de sa mort se répand et les Eglises des chrétiens se vident. Désormais, le retour de nos dieux est proche. En fait, ils sont déjà là, nous le pressentons, il ne suffit que de les nommer pour qu’ils viennent de nouveau, libres au milieu de nous !

La Foi du Nord, c’est donc la foi dans nos ancêtres, dans notre sang, dans l’immortalité que confère la continuité biologique des générations; c’est la foi en nous-mêmes, dans le dieu qui habite en nous, dans cette part de sacré que les Nornes – les puissances du destin – ont déposé en nous dès notre naissance: le megin que faisaient valoir les héros des sagas. »

Et le 12 mai 2010, cette citation de LF Céline :

« Propagée aux races viriles, aux races aryennes détestées, la religion de « Pierre et Paul » fit admirablement son œuvre, elle décatit en mendigots, en sous-hommes dès le berceau, les peuples soumis, les hordes enivrées de littérature christianique, lancées éperdues imbéciles, à la conquête du Saint Suaire, des hosties magiques, délaissant à jamais leurs Dieux, leurs religions exaltantes, leurs Dieux de sang, leurs Dieux de race.

Ce n’est pas tout. Crime des crimes, la religion catholique fut à travers toute notre histoire, la grande proxénète, la grande métisseuse de races nobles, la grande procureuse aux pourris (avec tous les saints sacrements), l’enragée contaminatrice.

La religion catholique fondée par douze juifs aura fièrement joué tout son rôle lorsque nous aurons disparu, sous les flots de l’énorme tourbe, du géant lupanar asiate qui se prépare à l’horizon.

Ainsi la triste vérité, l’aryen n’a jamais su aimer, aduler que le dieu des autres, jamais eu de religion propre, de religion blanche.

Ce qu’il adore, soin cœur, sa foi, lui furent fournis de toutes pièces par ses pires ennemis.

Il est bien normal qu’il en crève, le contraire serait le miracle. »

C            En sortant du chemin.

Un reproche récurrent avait été fait au rapport du MRAP : il faisait des listes (de proscription).

De fait, il lui suffisait de recopier celles qui existaient sur les sites analysés. Le « chemin sous les buis » propose des liens vers 120 sites, dont certains méritent une mention particulière. Les autres, plus culturels n'ont pas encore été analysés dans les détails, mais il n'est pas impossible qu'on y découvre des textes contestables.

1                   Les sites païens

Il y en a une quinzaine de caractérisés, plus d'autres consacrés aux questions de religion, sans orientations spécifiques, à ceci près que les monothéismes n'intéressent pas leurs auteurs.

2                   Les sites identitaires (un quart)

Ont été classés également dans cette rubrique les sites consacrés à Jean Mabire, Jean Raspail[3], Dominique Venner, des sites régionalistes (Breiz atao, Mouvement normand, Alsace d'abord de Robert Spieler, etc..).

Mentions particulières pour :

Club-acacia

3005clubacacia.jpg

Site qui se définit comme « national, social et radical », dénonce le métissage, avec références à Alain Daniélou, des images racoleuses et une confusion volontaire entre espèce (humaine) et « races », qui n'existent pourtant que chez les animaux, parce que l'homme les a créés.

Dessins de Chard.

Cette dame dessine pour le quotidien « Présent » et la page d'accueil du site donne l'orientation générale.

 

chard.jpg

Terre et peuple (Pierre Vial)

C'est un des plus anciens mouvements de cette mouvance en France. Pierre Vial est païen, s'intéresse aux indo-européens, défend une Europe identitaire[4].

3                   D'autres encore plus contestables :

Un site consacré à la pensée de Julius Evola.

Julius Evola (1898-1974) est un des théoriciens du fascisme italien. Son livre Synthèse pour une doctrine de la race (Sintesi di dottrina della razza, 1941), où il développe ses idées du « triple racisme : du corps, de l'âme et de l'esprit », lui vaut les félicitations personnelles de Mussolini, qui fait traduire en allemand son ouvrage en tant que document officiel du racisme fasciste[5]. Le site n'est plus mis à jour depuis novembre 2009. La page d'accueil traite des questions raciales et des origines de la « race nordico-aryenne. »

Florilège :

« La souche originelle de l’humanité — à laquelle les races supérieures, qu’elles soient antiques ou contemporaines, appartiennent — ne provient ni du singe, ni de l’homme-singe de l’ère glaciaire (l’homme moustérien ou de Néanderthal, et l’homme de Grimaldi), un fait que les spécialistes non racistes ont de plus en plus tendance à reconnaître à l’heure actuelle. »

« Un autre préjugé combattu par le racisme est celui qui est contenu dans la formule bien connue : Ex Oriente lux. Chez beaucoup persiste aujourd’hui encore l’idée selon laquelle les plus antiques civilisations seraient nées dans le bassin méditerranéen oriental ou en Asie occidentale : ce serait d’elles, puis de la religion hébraïque, que l’Occident aurait tiré sa lumière — Occident qui, jusqu’à une époque beaucoup plus tardive, surtout dans les régions septentrionales, serait resté à l’état sauvage et barbare. Avec le racisme, on a, ici aussi, un changement total de perspective. »

« La « lumière du Nord », le « mystère hyperboréen » : tel est donc le motif central de notre doctrine de la race — ce qui ne manquera pas d’apparaître à certains quelque peu paradoxal, pour ne pas dire suspect et quasiment diffamatoire vis-à-vis de nos traditions [Evola s’adresse ici à un public italien, NDR], considérées comme « méditerranéennes ». Quelques éclaircissements s’imposent donc[6]. » 

On retrouve le mythe de Thulé..

Un site rouge-brun : Europe-identité

Sa première caractéristique est un discours anti-capitaliste. Comme beaucoup d'autres, il déclare refuser le racisme, mais transforme le « droit à la différence » en une « assignation à la différence ». Et ces différences sont aussi biologiques..

« Ethnodifférencialisme : Il faut donc appeler un chat un chat. Or, pour nous, l’identité a évidemment une base ethnoraciale (ou, si l’on préfère, - mais c’est la même chose – bioculturelle). C’est donc notre appartenance à la communauté ethnoraciale européenne qui fonde notre identité. 

Notre travail consiste à éveiller la conscience identitaire des membres de notre communauté, par le biais d’analyses critiques de l’actualité, la production et la diffusion d’argumentaires, la mise en avant d’un projet de société alternatif par rapport au Système en place. Le tout étant diffusé par les moyens de propagande les plus appropriés[7]. »

France licratisée, d'Anne Kling.

Derrière cette LICRA qui dominerait la France, Anne Kling vise un groupe de personne bien particulier. Par exemple, c'est elle qui a écrit que le rapport du MRAP sur « Internet et les enjeux de la lutte contre le racisme » avait été commandé par « l'élite juive ».  La LICRA avait attaqué en justice Anne Kling, pour des propos sur les immigrés, elle a été défendue par Me Goldnadel[8] !!

Les hyperboréens

Le 3 mars 2011, publie un article sur « les races aristocratiques », après avoir expliqué le 21 février que les SS étaient des « professeurs d'esthétique[9] » et juste après que les juifs[10] étaient « des monstres, des hybrides, des loupés[11] ».

No country for white men

Ce blog a plusieurs auteurs. « Pas de pays pour l'homme blanc. » La vision de l'histoire est résolument racialiste :

Ce n’est pas équitable, la lutte s’est faite de l’intérieur sous la forme d’une dissolution, une guerre entre blancs qui ne dit pas son nom. 1865 aux États-Unis, 1918 et 1945 en Europe, 1994 en Afrique du Sud[12].

Résistance blanche

Le titre est à lui seul un programme !! Le blog n'est plus mis à jour depuis mai 2010 et s'ouvre sur une citation de l'écrivain Jean Raspail :

«L'Occident n'a pas encore compris que les Blancs, dans un monde devenu trop petit pour ses habitants, sont maintenant une minorité et que la prolifération des autres races condamne ma race, notre race, irrémédiablement à l'extinction dans le siècle à venir.»

Le 20 avril, célèbre l'anniversaire de Hitler.

Shumule

Accueil : « Nous devons préserver l'existence de notre peuple et l'avenir des enfants blancs. »

Propose ce sondage :

« Idée de sondage :
Que sont les juifs pour vous ?
A) Une horrible race dégénérée de clochards métis du désert
B) Une horrible race de clochards métis dégénérés venue du désert
C) D'horrible clochards métis dégénérés formant une race venue du désert
Mais le choix est peut-être trop difficile
[13]. »

 Il y a même un horoscope, où il est notamment précisé : Jamais il n’a été plus nécessaire, ami Taureau, de vous manifester par ce que vous êtes réellement (un Aryen blanc wotaniste[14])

Et encore plus dangereux :

Frenchvolkisch[15]

6811frenchvolkisch2.jpg

Ouvertement nazi. La page d'accueil montre une blonde dans un uniforme SS trop grand pour elle. Capable d'écrire que le christianisme est un avatar du bolchevisme. Jésus disciple de Lénine, il fallait oser[16] !! Pardon, pas Jésus, qui n'était pas juif selon l'auteur et qui était opposé à la « juiverie », mais Paul de Tarse, qui a trahit et déformé son idéal. On retrouve là les thèses d'Alfred Rosenberg.

Offre deux listes de liens :

« L'actualité borderline » : avec l'incontournable « François Desouche », Alain Soral, des sites sionistes racistes, des sites antisémites, des sites islamophobes, dont « Riposte laïque ».

« les salauds » : catalogue de sites ennemis: Le CRIF, RESF, la CIMADE, le MRAP, et divers sites institutionnels. Même l'Office français de l'immigration et de l'intégration est classé dans cette rubrique !


Ideal de vie

Site consacré à la LVF et à la division SS Charlemagne.

Division Charlemagne (chez blogspot)

Idem

Léon Degrelle

1906-1994. Fondateur du mouvement d'extrême-droite belge « REX ». Pendant la seconde guerre mondiale, crée la division SS « Wallonie » qui combat sur le front russe.

http://www.leon-degrelle.org/index.php

4                   Une mention spéciale : Le GRECE

Le lien est proposé dans la rubrique « Combat », juste après Frenchvolkisch. Le site est actuellement inaccessible. Bref rappel :

« La Nouvelle droite , et notamment le GRECE, ont fortement influencé une partie de l’extrême droite française par ses thématiques élitiste et antiégalitariste et par la promotion d’un droit à la différence qui servait de paravent à l’exaltation de préjugés raciaux. Aujourd’hui encore, nombre de conseillers et de “plumes” de Marine Le Pen sont issus du GRECE[17]. »

D            Pour conclure.

Le nombre de sites identifiés de cette mouvance, les liens réciproques avec des sites identitaires, racistes, voire nazis, montrent que le néo-paganisme est souvent la porte d'entrée vers la négation de l'humanisme, des principes républicains, et que la République est certainement plus menacée par les adorateurs de Wotan que par les fidèles de la rue Myrha.

Il reste aussi à comprendre la passivité d'organisations qui croient trouver l'antisémitisme derrière chaque critique de la politique israélienne, mais ne le voient pas quand il crève l'écran.

Tarek Sandal


[1]Base de données de Différences et requête Sitedossier. 

[2]http://lecheminsouslesbuis.wordpress.com/2011/03/08/tele-poubelle/


[3]A publié il y a 40 ans « Le camp des saints », archétype de toutes les phobies racialistes et déclinistes.

[4]Le site semble en cours de remaniement, beaucoup des liens internes sont inopérants.

Le rapport du MRAP de 2009 mentionnait des références et citations très contestables.

[5]Source : Article Evola de l'Encyclopedia Universalis.

[6]http://www.julius-evola.com/spip.php?article27

[7]http://www.europe-identite.com/index.php/Europe-Identite-quest-ce-que-cest.html

[8]http://www.lejdd.fr/Societe/Religion/Actualite/Virage-a-droite-chez-les-juifs-de-France-168658/


[9]Citation de Marc Augier/Saint-Loup

[10]http://hyperboreoi.wordpress.com/2011/02/26/les-juifs/

[11]Citation de LF Céline

[12]http://nocountryforwhitemen.wordpress.com/about/

[13]http://shumulewashere.blogspot.com/2011/03/smart-ass-comments_11.html

[14]Adorateur de Wotan, ancien dieu germanique, Odin dans les mythologies scandinaves.


[15]En allemand, volkisch est l'adjectif lié à Volk, le peuple. Mais « volkisch » désigne aussi un
mouvement intellectuel qui inspira l'idéologie nazie. Voir l'étude complète de George MOSSE « Les racines
intellectuelles du IIIème Reich ; réédition Points Histoire 2008 »

[16]http://frenchvolkisch.blogspot.com/2011/02/saint-paul-karl-marx-et-julien-lapostat.html

[17]http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2011/01/26/alain-de-benoist-en-soutien-critique-a-marine-le-pen/



 


 


Par Différences. La revue - Publié dans : Extrême-droite
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 12 décembre 2010 7 12 /12 /Déc /2010 09:10

 

Historiquement, le premier « rouge-brun » fut peut-être l'écrivain Jack London, l'auteur de "Croc-Blanc", adapté au cinéma pour un jeune public, mais aussi du « Talon de fer », où il décrit une dictature fasciste après l'écrasement d'une révolution ouvrière. « Il finit par identifier le révolutionnaire au surhomme et le socialisme à une doctrine visant à assurer la domination des « races supérieures » 1».

D'autres essais de synthèses entre la défense du prolétariat (blanc) et les théories racistes furent le fait de divers groupes se proclamant nationaux-bolcheviques, nationaux-révolutionnaires, etc..

Aujourd'hui, il existe deux tentatives de convergences en France :

La première autour d'Alain Soral, qui veut associer « la gauche du travail et la droite des valeurs ». Soral, ex-PCF, ex-FN, est aujourd'hui associé à Dieudonné. Elle semble aujourd'hui marginalisée.

Le seconde est beaucoup plus inquiétante : des personnes et mouvements issus de la gauche laïque et féministe travaillent maintenant avec des organisations identitaires et utilisent les « éléments de langage » forgés par les officines de propagande pro-israélienne.

Des « assises » à prétention internationale sur le thème de « l'islamisation (sic) de nos pays » sont prévues le samedi 18 décembre 2010, à l’Espace Charenton, à Paris 12e.

Elles sont organisées et annoncées aussi bien par Riposte laïque que par le Bloc Identitaire.

De fait, trois types d'organisations politiques, associations et médias sont présents :

  • les identitaires, promoteurs des « solidarités charnelles » et défenseurs d'identités européennes fantasmées.

  • les défenseurs inconditionnels des théories du choc des civilisations, du libéralisme économique et des pires aspects de la politique israélienne.

  • des laïques dévoyés, qui sous prétexte de lutter contre l'emprise des religions, se limitent à en critiquer une en particulier, et dénoncent tous les musulmans, pas les seuls militants islamistes, comme un danger pour la société.

Il y aussi Bernard Vanneste, député UMP connu pour ses propos homophobes et pour prôner l'alliance de la droite avec le FN.

De rares personnalités et organisations servent de caution respectable à cette opération politique qui vise à créer en France l'équivalent des organisations de la nouvelle extrême-droite européenne et à propager ses thèses.

Aux Pays-Bas, en Suisse et ailleurs, des organisations nouvelles se sont créées, qui ont renoncé à des degrés divers aux thèmes traditionnels : défense de l'ordre moral, anticommunisme, pour se polariser sur la dénonciation du « péril musulman ». L'extrême-droite d'aujourd'hui se dope à l'islamophobie comme son aînée d'avant-guerre se dopait à l'antisémitisme.

 

Qui sont les organisateurs ?

Résistance républicaine

Créé par Christine Tasin, ex MRC, puis ex « Debout la République » (Dupont-Aignan). Rédactrice à Riposte laïque.

Actions Sita

SITA : Stop à l'islamisation tous azimuts. Les actions SITA consistent essentiellement à s'opposer à la construction de mosquées en écrivant aux maires concernés.

Free World Academy

Think tank étatsunien représenté en France par Gérard Pince, qui dénonce « l'invasion ethnique. »

Institut Européen de Socialisation et d’Education

N'est actuellement connu que par la signature d'appels à des manifestations de ségrégation raciste type « apéro saucisson-pinard »

L’Elan Nouveau des Citoyens

ONG fondée par le Dr Philippe Rodet, également impliqué dans la lutte contre le stress.

Bloc identitaire

Issu de « Unité radicale », dont un sympathisant, Maxime Brunerie, avait tenté d'assassiner Jacques Chirac. L'animateur, Fabrice Robert, est un très bon tacticien de la présence sur Internet. A de nombreuses déclinaisons locales, dont « Projet Apache » à Paris qui explique :

« Il faut également, et c'est un objectif prioritaire de notre combat identitaire, faire prendre conscience à nos compatriotes que la sécurité est l'affaire de tous. Celle-ci ne saurait relever uniquement de la police
et des tribunaux dont l'inefficacité est criante. (…) Une responsabilité qui incombe à chacun. C'est donc à chacun d'entre nous d'apprendre à se défendre. Il devient obligatoire pour tout jeune blanc de moins de 30 ans d'apprendre à se défendre si il ne veut pas devenir une proie. L'autodéfense n'est pas innée, il faut l'acquérir et vite.2
 »

Comité Lépante

La bataille de Lépante opposa en 1571 la flotte ottomane, qui fut détruite, à une coalition d'États chrétiens. A noter que le roi de France envoya ensuite ses condoléances à son allié le sultan. Le « comité Lépante » a un blog à accès réservé. La seule page accessible se réfère à une déclaration de Claude Imbert.

Ligue du droit des femmes

S'intéresse essentiellement aux violations du droit des femmes dans les pays musulmans. Présidée par Anne Zélenski, rédactrice à Riposte laïque. Milite contre le port du voile islamique, quelle que soit sa taille.

Riposte Laïque

Créé en octobre 2007 par des dissidents de Respublica, à l'occasion du procès intenté par Mme Demiati à Mme Truchelut, propriétaire d'un gîte dans les Vosges qui lui avait refusé l'accès de son établissement sous prétexte qu'elle portait le voile. Mme Demiati avait reçu le soutien de la LDH, de la LICRA et du MRAP. Mme Truchelut a été condamnée pour discrimination en 1ère instance et en appel.

RL en arrive à dénoncer ceux qui dénoncent les supporters racistes du PSG.

Vérité, valeurs et démocratie

Site Internet spécialisé dans la dénonciation de l'islam (Coran, hadiths, etc..)

Novopress

L'agence de presse en ligne des identitaires.

L’Ordre républicain

La page d'accueil du site commémore le sacre de Napoléon Ier. Fondé par Charles Aslangui, contempteur des « Quick hallal. »

Liberty vox

Site spécialisé dans la dénonciation de l'islam.

Rebelles.info

Publie les chroniques de tout le gratin de l'islamophobie, de A à Z comme Zemmour.

Estime que « la démocratie est un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre »

Le Gaulois

« site patriote d'information et ce veille anti-islamique » Vient de rendre hommage à Roger Degueldre (militant OAS)

Puteaux-libre

Gérard Brazon, « Résistance républicaine », dénonciateur de « Eurabia », symbole de la « soumission de l'UE à l'islam ».

Union gaulliste

Souverainiste de droite.

Drzz.info

Soutien la politique israélienne, dénonce l'islam et .. « le mythe du réchauffement climatique »

SDF

« Solidarité des Français » (SDF). Cette dernière, partie intégrante de la mouvance identitaire, organise chaque hiver la tristement célèbre « Soupe au cochon » proposée à des personnes pauvres (forcément ni juives ni musulmanes) ; et ceci malgré plusieurs interdictions par les tribunaux, validées en juin 2009 par la Cour européenne des droits de l’homme3.

L’Observatoire de l’islamisation

De fait, dénonciation de « l'islamisation »

Parti de l’In-nocence

Créé par Renaud Camus, dont le « Journal 1994 » intitulé « Campagne de France » avait été retiré des libraires en avril 2000 parce qu’il comportait des propos antisémites4.

Ligue de Défense française

La page d'accueil du site contient un « avertissement aux musulmans » … qui prient dans la rue (précision donnée quand on clique sur le lien). Dénonce notamment « fatma Aubry ». Logo avec la croix.

 

 A suivre

 

 

D'après le blog de Michel Servet

 

1 Simone Chambon. Encyclopédia universalis.

Par Différences. La revue - Publié dans : Extrême-droite
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 07:38

harmattan.pngVoici donc la suite de l’impressionnant volume précédent, intitulé Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale de 1945 à nos jours, qui demeure un document incontournable et un utilitaire indispensable pour tout lecteur voulant s’informer de la réalité des organisations de cette nébuleuse. De nouveau, les structures les plus petites sont analysées au microscope, côtoyant des organisations plus importantes. Le camp politique allant des souverainistes aux néo-nazis est passé au peigne fin, avec la recension de nombreux nouveaux groupes, la période étant des plus prolifiques, consécutivement au déclin du Front national et à la guerre de succession autour du départ de Jean-Marie Le Pen.

Il n’est nullement question de pratiquer l’amalgame ou la polémique, l’éventail de ces courants étant présenté de façon scientifique, donc en restant neutre et objectif. On y voit les nouvelles tendances qui apparaissent, avec entre autres un renforcement des courants les plus activistes, l’émergence de nouvelles formes de structures composites réunissant des militants alors en forte opposition, sans compter l’amplification des « passerelles » entre droite extrême et classique, tandis que des nouvelles machines à recycler les extrémistes fonctionnent à plein régime. Ceci dans un contexte où l’on découvre une droite décomplexée s’afficher avec des formations bien plus ancrées à sa droite, ouvrant ainsi une nouvelle majorité dotée, sinon d’un programme commun, du moins d’un pacte de non agressileclercqdroitesconservatrices.jpgon, allant des souverainistes et ultralibéraux, jusqu’aux déçus du parti socialiste.

Un document unique, qui permet aussi de découvrir des individus organisés parfois en vue de passer à des actes de violence, des structures paramilitaires, des partisans du complot et de l’élimination physique de leurs opposants, des tendances ouvertement racistes et antisémites comme on n’en avait vu depuis fort longtemps dans notre pays.

Du Mouvement pour la France au Parti de la France, en passant par le Mouvement national-socialiste français, le lecteur voyagera dans toutes les organisations, disposant de véritables révélations sur leurs dirigeants, leurs militants, leur localisation et idéologie. Il y croisera des droitistes, souverainistes, royalistes de toutes les branches, nostalgiques du fascisme, de l’Algérie française, du maréchal Pétain ou des orphelins d’Adolf Hitler, des « centristes » ancrés à droite toute, des associatifs, des identitaires, clandestins ou ayant pignon sur rue, des catholiques traditionnalistes, des néo-païens, des solidaristes, des nationalistes révolutionnaires, des pro-life, des contribuables excédés, des libéraux aux tendances ultra, des négationnistes... et même des autonomes nationalistes ! En bref, tout un panorama et des pans entiers de la société politique.

 

Jacques Leclercq, 54 ans, est un spécialiste de l’étude des courants extrémistes en France. Il travaille dans le domaine de la formation professionnelle et sportive.

 

Droites conservatrices, nationales et ultras

Dictionnaire 2005-2010

Jacques Leclercq

23 € - 228 pages ISBN : 978-2-296-08264-9


Visitez le site internet de l'éditeur et commandez en ligne : http://www.editions-harmattan.fr

 

email : presse.harmattan5 at wanadoo.fr

 

Édition -Diffusion

 5-7, rue de l’École Polytechnique 75005 Paris

 Tél. 01 40 46 79 20 (comptoir et renseignement libraires)

Tél. 01 40 46 79 14 (manuscrits et fabrication)

Tél. 01 40 46 79 22 (service de presse)

Fax 01 43 25 82 03 (commercial)

Fax 01 43 29 86 20 (manuscrits et fabrication)

(notice d'éditeur)

 

Analyse de l'ouvrage précédent

Par Différences. La revue - Publié dans : Extrême-droite
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Recherche

Articles récents

Liste complète

Manifestations passées

Créer un Blog

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés