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Israël-Palestine

Vendredi 3 février 2012 5 03 /02 /Fév /2012 21:44

Deux documents confidentiels de l'Union européenne montrent qu'Israël freine plus que jamais toute possibilité d'un accord de paix

 

nouvelobs.png Après l'échec des cinq rencontres exploratoires tenues à Amman avec les émissaires israéliens, les dirigeants palestiniens ont répété dimanche qu’il n’y aura pas de reprise des négociations si Israël continue à refuser le gel de la colonisation et n’accepte pas la solution à deux Etats basée sur les frontières de 1967. Conditions que l'Etat juif est moins que jamais disposé à remplir, comme le confirment deux documents confidentiels de l’Union européenne récemment parvenus à Bruxelles.

Le premier est le rapport annuel des chefs de missions diplomatiques des vingt-sept Etats de l’Union en poste à Jerusalem et Ramallah. Dans ce document, dont le "Nouvel Observateur" a obtenu une copie, les diplomates estiment que "sans Jérusalem capitale des deux Etats, une paix durable entre Israël et les Palestiniens ne sera pas possible". Or, démontre ce texte de 20 pages très documenté, "Israël perpétue activement l’annexion de Jérusalem en affaiblissant systématiquement la présence palestinienne dans la ville", notamment par le développement des colonies et une planification urbaine discriminatoire.

 

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Jeudi 22 décembre 2011 4 22 /12 /Déc /2011 13:00

En 2006, la guerre du Liban avait une fois encore soulevé la réprobation.

Un texte intitulé "Brigades internationales", diffusé en plein conflit et recueillant de nombreuses signatures, tentait de réagir à chaud et proposait cette idée à faire fleurir : la République démocratique de Palestine. Elle appelait alors quelque développement et aujourd’hui une actualisation.

 Depuis 2006, l’agression contre Gaza dans l’hiver 2008/2009, tout aussi cruelle et dévastatrice, fut vite oubliée de même que l’arraisonnement meurtrier de la flottille pour Gaza, les exactions permanentes contre le peuple palestinien, ignorées. Aucune sanction jamais infligée, Israël bénéficiant ouvertement d’une immunité scandaleuse garantie par les « Occidentaux » s’érigeant eux-mêmes en « Communauté internationale ».

Les militants de la cause palestinienne poursuivent inlassablement les mêmes objectifs : la Paix, les négociations, le mur, les droits du peuple palestinien, l'État palestinien, les deux États…

Pourtant, objectivement, nous n’en sommes plus là.

 

Il faut considérer, en se libérant de la contrainte du politiquement correct si sensible en la matière –contrainte à laquelle on avait fini par se soumettre- qu'Israël ne peut subsister en tant qu'État sioniste, ce que la propagande politico-médiatique présente comme la recherche pure et simple de la «mort d’Israël ». Ignorons cet artifice fallacieux.

Et affirmons-le clairement : la solution de deux Etats sur le territoire palestinien n’est plus possible. Pour trois raisons au moins :

- le non sens dans notre siècle d'un État fondé sur l'exclusion de l'autre

- l'état de guerre nécessairement permanent qui en découle

- la non viabilité d'un État palestinien dans ce qui subsiste de la Palestine

 

1 – Est en cause, le caractère sioniste de l'État d'Israël et seulement cela. Qu'on ne nous fasse pas dire ce que nous ne disons pas et récusons par avance l'accusation si commode d'antisémitisme. L'État sioniste est expansionniste (l'objectif du Grand Israël jusqu'au Jourdain n'est pas abandonné, la colonisation se poursuit sans relâche), dominateur (ses voisins doivent se garder de viser trop haut et de lui faire de l'ombre économiquement, politiquement, militairement : cf. Irak, Liban, Syrie, Iran), raciste (seuls les juifs sont citoyens à part entière notamment par le biais du service militaire dont les Arabes israéliens sont "dispensés") et intouchable (Israël est le seul État au-dessus des lois même morales : aucune résolution de l'Onu respectée, impunité acquise, dommages de guerre à la charge de la communauté, etc…)

 

2 – La survie de cet État le conduit forcément à entretenir une armée et des services secrets que rien n'arrête. Il peut se le permettre grâce à la complicité et une aide considérable des USA, et plus récemment l’appui militaire, indirect pour le moment sauf si la situation en Syrie vient à l’exiger, des puissances impérialistes européennes et moyen-orientales, voire de forces occultes révélées benoîtement par M. Bernard-Henry Lévy à propos de son engagement en Libye, qu'il a déclaré avoir pris  "en tant que juif" et "défenseur d’Israël". Il faut au sionisme montrer en permanence sa force et tendre à réduire toute résistance.

Aucune issue n'est envisageable, la voie de la négociation, jamais respectée, est épuisée. La démonstration est amplement faite qu’Israël ne dévie pas du principe énoncé par son fondateur, Ben Gourion : « Ne recherchons pas la paix, il faudrait en payer le prix ». Comme dans toute situation de type colonial, l'oppresseur n'accepte que les compromis qui lui sont favorables et l'Histoire nous enseigne que l'opprimé ne s'y résout jamais définitivement.


archipel palestine23 – Il y a quelques années encore, la solution de deux États vivant côte à côte paraissait possible et la seule acceptable. Malgré l'immense sacrifice des Palestiniens abandonnant 80% de leurs territoires, Israël, par idéologie sioniste, n'en a pas saisi l'opportunité. Il ne la saisirait pas plus si l’abandon allait jusqu’à 85 ou 90%. Le sionisme exige 100 %.

Aujourd'hui, il faut voir la réalité en face : la bande de Gaza, surpeuplée, est invivable ; la Cisjordanie truffée de colonies, enserrée par un mur honteux et illégal, est si déchiquetée et défigurée qu'elle ne peut plus être le territoire principal d'un État souverain ; Jérusalem a été volontairement judaïsée et encerclée pour créer l'irréversible. La continuité territoriale, au surplus, est impraticable. Cessons donc d’agiter le leurre d’un impossible Etat.

 

On doit par conséquent accepter l'idée de repenser le Proche-Orient. Les frontières et les États ne sont pas gravés dans le marbre. On l'a parfois déploré mais en l'occurrence on ne voit pas d'autre issue.

Bien entendu, les rapports de force n'y sont pas favorables dans l'immédiat. Mais ils ne sont pas non plus éternels. L'hégémonie des E.U. est en perte de vitesse et la pérennité d'Israël, État satellite, en dépend. D'autres ensembles se dessinent pour une donne internationale nouvelle à moyen ou plus long terme.

Peut donc naître, dans l'avenir, une République démocratique de Palestine sur l'ensemble du territoire, qui n'exclurait aucun citoyen, n'inscrirait nulle discrimination dans sa constitution, serait fondée sur la laïcité et aurait ainsi vocation à vivre en paix avec ses voisins.

Les dernières évolutions du monde arabe viendront-elles compliquer la situation et retarder son dénouement ? C’est probable mais cette issue paraît cependant inéluctable : Israël sioniste ne peut et ne doit pas survivre au Moyen-Orient.

Ce n’est plus une utopie, c’est la solution.

 

                                                                        Gaston PELLET – 4 et 29 septembre 2006

 

* texte revu et actualisé en novembre 2011

 

L'illustration a été ajoutée par le webmestre.

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Lundi 28 novembre 2011 1 28 /11 /Nov /2011 21:01

ONU - PALESTINE… 

 Je suis comme un âne qui doute !

26 Novembre 2011

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La décision de créer un Etat juif en Palestine a été prise au 7ème congrès sioniste de Bâle, en 1905. « La Palestine était  une terre sans peuple pouvant naturellement accueillir un peuple sans terre » : le peuple juif ; telle était la justification fallacieuse de cette décision ! C’est le premier jalon qui trace la voie qui allait mener à la colonisation de la Palestine. Il y en aura beaucoup d’autres, certains ont été cruciaux comme :

-     - la déclaration Balfour, en 1917, par laquelle la Grande-Bretagne marque son soutien au projet sioniste qui s’intègre parfaitement aux intérêts stratégiques et économiques de sa politique impériale ;

-        - la résolution 181, adoptée par l’Assemblée générale (AG) de l’ONU le 29 novembre 1947, en violation de sa charte, qui recommande la partition de la Palestine entre Juifs et Arabes ;

-      - et surtout l’auto proclamation de l’Etat d’Israël, le 14 mai 1948, par les sionistes eux-mêmes, notamment le premier d’entre eux : Ben Gourion.


On connaît la suite : révolte du peuple palestinien, entrée en action des armées et milices sionistes avec un bilan catastrophique côté palestinien : plusieurs milliers de morts, autant de blessés, 400 à 500 villages détruits, 14 villes rasées, 800 000 personnes en fuite ou expulsées dont femmes, enfants et vieillards, etc… Dès 1949, 80% du territoire de la Palestine était confisqué puis colonisé par les sionistes .

cartepalestine19462005.jpg

En 46 : la terre de Palestine (les points blancs indiquent la présence des premiers colons juifs).


Dans les 20 % restants, notamment en Cisjordanie, la colonisation s’est poursuivie inexorablement (voir carte II). Ce territoire est aujourd’hui criblé d’implantations israéliennes, solidement ancrées, abritant plus de 450 000 colons. Elles fragmentent la terre palestinienne en îlots isolés (voir carte II), paralysant ainsi la vie de ses habitants, selon une stratégie coloniale dont les conséquences se veulent irréversibles. Dans la bande de Gaza, la survie même des habitants dont 80% sont des réfugiés, est menacée par des raids aériens fréquents et par un blocus meurtrier. Bref, les effets les plus dévastateurs de la colonisation, notamment « sociocides », ont fait et font toujours leur œuvre.

 

archipel palestine2

Carte II. Colonisation de la Cisjordanie : toute les zones aux mains d’Israël ont été transformées en mer.

Source : http://miltondassier.over-blog.com/article-29717631.html  - 2009


La conquête coloniale de la Palestine par les armées et milices sionistes n’aurait jamais été possible sans le soutien politique, économique, scientifique, financier et militaire de l’impérialisme occidental, notamment celui de la Grande-Bretagne et de la Françe d’abord, puis des Etats-Unis et de l’UE ensuite. Ce soutien a été d’importance variable dans le temps mais il a été continu. Il est massif aujourd’hui. Ce qui explique pourquoi, en dépit de sa modeste superficie (20 000 km2, soit environ celle de 3 départements français) et de ses 6 millions d’habitants seulement (l’équivalent de la population d’une métropole européenne moyenne), Israël est devenu la 4ème puissance militaire du monde. C’est grâce notamment à ses centaines de têtes nucléaires, à ses puissantes bases aériennes et navales, à un équipement militaire et un système de renseignement ultramoderne , et à un réseau médiatique et de propagande vaste et sophistiqué. Ce surarmement par rapport à ses capacités réelles et l’hyperpuissance militaire qui en résulte, Israël le doit donc aux largesses des politiques impériales de l’occident et, quoique à un moindre degré, à son système de lobbying efficace et à une diaspora solidairement indéfectible. Bref, Israël n’est, en somme, pas autre chose qu’une colonie majeure de l’impérialisme occidental, son bras armé qui, en alerte permanente et constamment menaçant, aide à l’extension puis au maintien de son hégémonie sur tout le Proche et le Moyen-Orient, principales réserves mondiales d’énergies fossiles et régions géostratégiques de première importance.


Les Palestiniens n’ont jamais cessé de résister à la colonisation sioniste. En témoignent les rebellions violentes de 1920-22 et de 1936-39, les grandes révoltes de 1947 et 1948, les soulèvements (intifada) de 1987 et 2000, sans compter les milliers de morts et de blessés, les centaines de milliers de réfugiés et pas moins de 10 000 Palestiniens enfermés dans les geôles israéliennes. Pour autant, en terre palestinienne, la vie et les espoirs ne sont pas les mêmes selon que l’on est bourgeois à Ramallah ou réfugié ou descendant de réfugiés vivant dans des camps disséminés à Gaza, au Liban, en Syrie ou encore en Jordanie… A Ramallah, la bourgeoisie souhaite la reprise des affaires et se rapproche de l’autorité palestinienne qui, résignée, tente de sauver ce qui peut encore l’être, au moins le croît-elle, de la Palestine, quitte à collaborer avec le gouvernement sioniste et l’impérialisme qui le soutient. Dans les camps de réfugiés, au contraire, la misère est immense et la désespérance est totale ; les jeunes habitants qui ont tout perdu pensent que la force est le seul moyen de retrouver leurs droits, notamment le droit au retour dans les foyers d’origine : un désir et une volonté rendus irrépressibles par la dépossession et l’accumulation des frustrations, des humiliations et des souffrances endurées pendant des décennies. Cette division socio-économique et idéologique de la population palestinienne se concrétise, sur le terrain, par l’affrontement armé, épisodique mais meurtrier, entre factions d’un même peuple, embryon de guerre civile qui peut dégénérer et, ce faisant, pourrait détruire la société palestinienne, au moins ce qu’il en reste.


Récemment, Mahmoud Abbas, le Président de l’autorité palestinienne a déposé, devant l’ONU, une demande d'adhésion d'un Etat de Palestine à cette organisation. Si elle était acceptée, elle aurait valeur, aux yeux de beaucoup, d’une reconnaissance d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967, c’est à dire sur un territoire fragmenté (Gaza et Cisjordanie) et s’étendant sur moins de 15% de la Palestine historique si l’on prend en compte les implantations sionistes ancrées en Cisjordanie et qui, de plus, accaparent toutes les ressources en eau de la région. Cette démarche du président Abbas vers une organisation aux ordres des puissances dominantes soulève plusieurs questions laissées sans réponses. Quel Etat, avec quelle économie, quelle défense, quelle souveraineté ? Pour quelle population ? Quel sort sera réservé aux 4,5 millions de réfugiés, en particulier ceux des camps, dont le droit au retour est numériquement incompatible avec le sionisme et l’existence de l’entité sioniste ? Quel avenir pour les Palestiniens israéliens (20% de la population totale), au sein d’un « Etat juif » à forte idéologie sioniste qui, aujourd’hui, ne fait pas mystère de sa nature élitiste, théocratique, communautariste, xénophobe et raciste ? Enfin, quelle est la légitimité de l’autorité palestinienne et du conseil national palestinien dont les mandats, largement expirés, n’ont pas été re-soumis au vote populaire ?


Bien sûr, les Palestiniens, y compris et surtout les réfugiés qui constituent la substance même de la cause palestinienne, doivent répondre, démocratiquement, c’est à dire sur la base d’un débat public suivi d’une consultation populaire, à ces questions fondamentales qui engagent, avec un fort risque de non retour, leur avenir.



Dans ce contexte complexe et incertain, une réponse positive de l’ONU, peu probable aujourd’hui pour des considérations électorales étatsuniennes mais vraisemblable dans un proche avenir, risque d’accroître la confusion et l’inquiétude au sein même de la société palestinienne déjà traumatisée par 60 années de tragédie. Le nouvel Etat palestinien, croupion et sans réelle souveraineté, pourrait se trouver dans l’obligation de gérer les problèmes intra-palestiniens qui sont insolubles dans un cadre politique aussi contraignant et un cadre territorial aussi exigu et fragmenté, sauf à sacrifier les intérêts des composantes les plus fragiles et démunis de la population palestinienne. De plus, les Palestiniens ne seraient pas rétablis dans tous leurs droits dits inaliénables, notamment celui au retour sur leurs terres et celui à l’autodétermination. Ce qui pourrait créer, au sein même de la société palestinienne, des frustrations irréductibles aux conséquences délétères, voire explosives. A l’inverse, les sionistes seraient « de facto » absouts de tous leurs crimes et Israël serait irréversiblement validé et consolidé sans faire de concessions politiques, idéologiques et territoriales significatives. Ce serait là non pas une victoire du peuple palestinien et de ses soutiens mais une démission face à la politique impériale occidentale, un renoncement aux droits fondamentaux, l’acceptation d’une injustice inacceptable et un oui au statu quo de l’occupation coloniale israélienne.


Cette situation ne saurait constituer une garantie d’une paix juste et durable dans cette région du monde devenue, sous les coups de boutoirs impérialistes et pour des motifs multiples, notamment géoéconomiques et géostratégiques, une poudrière comme le prouvent la mise à sac de l’Irak et le chaos politique, économique et social qui en résulte, la guerre d’Afghanistan ou encore la menace de plus en plus précise d’une attaque militaire contre l’Iran qui s’oppose fermement à l’exploitation impériale du proche et du Moyen-Orient.


Dans pareille conjoncture, pour l’essentiel générée par un impérialisme de plus en plus agressif et son appareil onusien, comment ne pas être comme un âne qui doute au sujet de l’opportunité de la démarche de l’autorité palestinienne vers l’ONU ?


Il y a un point, en revanche, dont on ne saurait douter : ceux qui, à travers le monde, notamment occidental, combattent pour la justice, la solidarité, le respect des droits et l’amitié entre les peuples doivent s’impliquer dans la recherche d’une solution « juste et pérenne » au problème du Proche-Orient, en général, et à la tragédie des Palestiniens, en particulier. L’objectif doit être clairement défini et l’investissement militant massif et déterminé : comme cela a déjà été dit par d’autres,  « il ne s’agit pas d’arbitrer entre deux peuples en lutte pour la même terre mais de remettre en cause un Etat pivot de l’impérialisme au Proche et au Moyen-Orient et de combattre pour l’émancipation de tous, Israéliens compris». L’enjeu est considérable. Qui peut agir pour atteindre cet objectif mieux que les peuples américains et les peuples européens, au moins leurs composantes  désireuses de construire une société démocratique et humaniste ? Les leviers sont nombreux ; les boycotts en font parti mais il faudra plus. Des mouvements populaires forts, capables d’imposer de changements majeurs d’orientation politique à la tête des Etats, sont nécessaires. A cet égard, l’activité d’organisations israéliennes progressistes, les contestations populaires qui se développent face à une régression sociale sans précédent, sous diverses formes, un peu partout en occident et les révoltes contre les dictatures qui ont déstabilisé certains pays arabes sont des signes encourageants. L’extension et la coordination de ces divers mouvements sont de nature à ouvrir la voie à une dynamique de luttes efficientes contre le capitalisme et les politiques impériales qui sont à l’origine de la tragédie palestinienne et la cause de son maintien. Nul doute que le combat sera long et difficile. Mais il est juste et il peut et doit être victorieux ! Cela afin de permettre l’émergence d’un Etat démocratique, laïque, solidaire et humaniste, s’étendant sur toute la Palestine historique, dans lequel cohabiteraient, loin des tentations ethniques, confessionnelles et impérialistes, et dans le respect des droits de chacun, Juifs, Arabes et d’autres encore qui le désireraient. Un Etat qui aurait valeur d’exemple et pour nom « la république démocratique de Palestine », tout naturellement


Paul Monmaur, universitaire, retraité. A participé à la Marche Internationale pour Gaza, en décembre 2009.

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Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 12:06

unesco.jpg « La conférence générale a voté l’adoption de la résolution et décide d’admettre la Palestine comme membre de l’Unesco » .

C’est en ces termes que Irina Bokova, la directrice générale de l’UNESCO a annoncé le résultat du vote sur la demande d’admission présentée par la Palestine, avant de poursuivre

« Je voudrais rappeler à tout le monde le rôle des membres de l’UNESCO qui est de s’engager à dépasser leurs divisions et leurs différences pour construire un avenir meilleur pour nos enfants, un avenir de paix et de prospérité ».


Ainsi, malgré les pressions des Etats-Unis qui, dès le résultat du vote, ont mis à exécution leur menace de geler  leur participation financière à l’UNESCO –suspension du versement de 60 millions de dollars qu’ils devaient effectuer sur une contribution totale de 170 millions de dollars,- ce sont pourtant 107 Etats qui ont voté en faveur de l’admission de la Palestine, 14  ont voté contre (dont l’Allemagne et les Pays-Bas), 52 autres pays s’étant abstenus.

Le résultat de ce vote prouve à l’évidence :

-       la perte d’influence et de prestige des Etats-Unis, de plus en plus contestés et qui n’arrivent plus à imposer leur point de vue même à leurs alliés et qui, après le discours de Barack Obama en septembre à l’ONU, semblent vouloir éviter de s’impliquer, estimant que seule une négociation directe entre Palestiniens et Israël serait de nature à débloquer la situation.

-   Les divisions européennes, les dissensions et l’incapacité de l’Europe à jouer un rôle politique international à la mesure de son poids économique et non seulement celui de financeur des infrastructures palestiniennes dans le même temps où elle se refuse à mettre en cause l’accord d’association avec Israël, accord préférentiel qui représente pour Israël une aide  économique de premier plan … ! Madame Ashton,  haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité de l’Europe, qui avait fait campagne contre l’admission, se soumettant en la circonstance aux injonctions étasuniennes, a échoué à faire parler l’Europe d’une seule voix. Et son désaveu n’est que la marque de l’impuissance de l’Europe.

Au-delà de ces constations, ce résultat représente une victoire de grande importance pour les Palestiniens car, plus que d’une reconnaissance, il s’agit là d’une admission à une agence de l’ONU – les organisations internationales n’ont en effet pas la capacité à reconnaître les Etats mais simplement à les accueillir en leur sein. Seule l’auto-proclamation  de l’Etat lui  donne  sa véritable existence, une auto-proclamation qui nécessite ensuite la reconnaissance par le plus grand nombre d’Etats. A noter qu’actuellement la Palestine a 128 ambassades de par le monde et 28 missions diplomatiques…une représentation diplomatique supérieure à celle d’Israël qui n’est pas reconnu par les pays arabes excepté l’Egypte, la Jordanie et …l’Autorité palestinienne, (leur reconnaissance d’Israël restant conditionnée à la création d’un Etat palestinien comme le préconisait l’initiative de paix de la Ligue arabe de 2002).

Même si des esprits chagrins font remarquer que cette admission à l’UNESCO ne fait pas de la Palestine un Etat, si les mêmes souvent objectent que la chronologie est inversée – une reconnaissance comme Etat membre de l’ONU devant logiquement précéder une admission à l’UNESCO (mais comme le fait remarquer Elias Sanbar, ambassadeur de la Palestine auprès de l’UNESCO, l’Allemagne est devenue membre de l’ONU 24 ans après son admission à l’UNESCO), néanmoins malgré ces commentaires qui visent à minimiser la portée de cet événement, l’admission de la Palestine n’est pas seulement symbolique, sinon comment expliquer l’acharnement mis par les Etats-Unis et Israël pour faire échouer la demande palestinienne.

Quant à la réaction du gouvernement israélien qui a immédiatement décidé de lancer un programme de construction de 2000 logements majoritairement à Jérusalem-Est, la partie palestinienne de la ville, loin d’une réaction de mauvaise humeur ou  de dépit, elle n’est qu’un prétexte à poursuivre une colonisation qui n’a jamais cessé, tendance lourde de la politique israélienne qui n’a à aucun moment été remise en cause même durant les négociations, pendant et depuis Oslo.

De l’avis général cependant

-        l’entrée de la Palestine à l’UNESCO représente une réelle avancée qui dépasse largement le cadre des questions d’éducation ou de préservation du patrimoine culturel, elle est le prélude logique à son admission dans d’autres agences dépendant de l’ONU,

-   le changement de perception à l’égard de la Palestine est un fait majeur. Il s’agit en l’occurrence d’un véritable changement de statut. Si la Palestine n’est pas encore un Etat à part entière membre de l’ONU, elle n’est plus cependant un territoire. La Palestine est devenue un pays à part entière.

-       Même si son admission à l’ONU, comme Etat membre n’a que peu de chances d’aboutir étant donné le veto annoncé des Etats-Unis au Conseil de sécurité, l’admission de la Palestine à l’UNESCO représente une première étape, une indication précieuse sur le rapport de forces lors de l’Assemblée générale de l’ONU qui devrait conférer à la Palestine un statut d’Etat (pareil à celui du Vatican) lui permettant d’utiliser les ressources de la Cour Pénale Internationale afin de rendre illégale juridiquement l’occupation israélienne.

 

Sans aucun doute, l’admission de la Palestine à l’UNESCO aura donc des conséquences importantes. Néanmoins cette victoire diplomatique incontestable, certes nécessaire n’est cependant  pas suffisante pour changer la situation sur le terrain.

Dans le bras de fer engagé par Israël, avec les représailles annoncées par le gouvernement Netanyahou, (dont la construction de 2000 logements et l’accélération prévisible de la colonisation), la victoire diplomatique des Palestiniens ne peut trouver sa véritable dimension qu’avec, en complément, la volonté du gouvernement palestinien et du président Abbas de soutenir la mobilisation contre l’occupation mais également pour que soient respectés l’ensemble des droits des Palestiniens, y compris le droit au retour des réfugiés.

 

mission-8-juillet-2011hor.jpg Aujourd’hui, alors qu’une étape vient d’être franchie, la solidarité internationale doit se manifester de façon encore plus concrète, en particulier au travers d’actions comme la poursuite de missions de solidarité.

Si l’initiative « Un bateau français pour Gaza » a pu être bloquée comme l’a été également la mission  2011 « Bienvenue en Palestine », la mission internationale 2012 qui se propose de réunir 2000 personnes pour se rendre en Cisjordanie et à Jérusalem-Est occupées  a besoin  d’un large soutien comme toute initiative allant dans le sens de la solidarité avec le peuple palestinien.

 

Y.M. & A.V

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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 06:00

 

La Palestine à l’O.N.U. ?

 

LETTRE OUVERTE

 

à Monsieur Jean-Marie Le Guen

et Monsieur Serge Blisko

Députés du 13earrondissement

 

 

De nombreux habitants du 13earrondissement, dont vous êtes les députés, ont été choqués de vous voir participer à la réunion du 20 septembre au Théâtre du Gymnase, organisée par l’Union des Patrons et professionnels juifs de France pour protester contre la demande palestinienne d’adhésion à l’O.N.U. (www.youtube.com/watch?v=M3YmgD15Rg)

 

Vous, députés français, avez chanté l’hymne israélien avec des députés de droite, dont Eric Raoult qui, précédemment, avait affirmé : « Pour moi, Israël, c’est plus important que les retraites ». Vous avez signé avec 110 parlementaires, en large majorité de droite -Monsieur Le Guen en 11eposition, Monsieur Blisko en 16eposition- une pétition demandant au Président de la République de s’opposer à l’admission à l’ONU d’un Etat palestinien.

 

Monsieur Le Guen craint que la démarche de Mahmoud Abbas ne crée « une situation conflictuelle ». Cette crainte prétendue n’est-elle pas grotesque quand, depuis des années, les gouvernements israéliens multiplient les actes de violence pour briser la résistance palestinienne, particulièrement la résistance non violente. Assassinats d’opposants, arrestations de députés, détentions arbitraires de prisonniers politiques, étranglement de la bande Gaza et bombardement de sa population captive, destructions de maisons et de plantations en Cisjordanie occupée… qu’est-ce que tout cela, sinon « une situation conflictuelle » ?

 

Selon vous, la France devrait s’opposer à la proposition de Mahmoud Abbas parce qu’elle vise « à imposer de manière unilatérale la reconnaissance d’un Etat palestinien ». Etrange manière de présenter comme « unilatérale » une démarche s’adressant au Conseil de Sécurité de l’ONU, instance multilatérale par excellence. Quand les autorités israéliennes, en dépit de la condamnation par la Cour Internationale de Justice, poursuivent sur près de 800 kilomètres la construction d’un mur, dit « de sécurité », qui empiète sur les territoires concédés à l’administration palestinienne, mur qui sépare et enserre les bantoustans palestiniens, ne s’agit-il pas d’un acte unilatéral ? Quand, en autorisant sans cesse de nouvelles implantation juives, elles annexent peu à peu les quartiers de Jérusalem Est reconnus par les résolutions de l’ONU comme capitale du futur Etat de Palestine, ne s’agit-il pas d’une politique unilatérale du fait accompli ?

 

Vous jugez la démarche de Mahmoud Abbas dangereuse « parce qu’elle enterrera définitivement les espoirs des partisans palestiniens et israéliens de la paix, qui n’ont cessé d’œuvrer en faveur d’une solution négociée depuis l’inauguration du processus de paix à Madrid en 1991 ; elle les marginalisera au profit des extrémistes qui refusent toute concession et n’hésitent pas à recourir à la violence ». Curieuse réécriture de l’Histoire ! Depuis trente ans, Israël affiche, dans de multiples « conférences de la paix », sa prétendue « bonne volonté », mais il diffère sans cesse le traitement des dossiers centraux : tracé des frontières sur la base des lignes de partage d’avant 1967, soit 22 % de la Palestine historique, accès à l’eau, modalités de réalisation du droit au retour des expulsés… De rencontre en rencontre, l’échéance promise a toujours été repoussée, cependant qu’Israël mettait à profit le temps gagné pour étendre son emprise sur les territoires occupés en 1967. Les colonies sont toujours plus nombreuses et plus peuplées : 110 000 colons en Cisjordanie en 1993, 310 000 en 2010 ; et plus de 200 000 à Jérusalem-Est. Les ressources en eau sont de plus en plus accaparées au profit de l’agriculture et de l’industrie israéliennes, principalement dans la vallée du Jourdain, alors que des restrictions drastiques sont imposées aux paysans palestiniens.

 

Israël veut garder tout ce dont il s’est emparé, en particulier toutes les grandes colonies, ne proposant en échange que quelques kilomètres carrés, quasiment désertiques, dans le Néguev. Dans ces conditions, sommer les Palestiniens de retourner à la table des négociations, sans préalable, pas même le gel des colonies, feindre de considérer que l’occupé et l’occupant négocient d’égal à égal, c’est en réalité apporter son soutien à l’agression.

 

En signant cette pétition contre l’admission de la Palestine à l’ONU, admission jugée nécessaire et juste par une majorité de Français, vous vous opposez à la réalisation des droits du Peuple palestinien. Croyez que nous ferons largement connaître à nos concitoyens la position que vous avez prise.

 

Association France Palestine Solidarité Paris-Sud

Collectif Interuniversitaire pour la Coopération avec les Universités Palestiniennes - CICUP

Mouvement de la Paix Comité de Paris 12-13-14

Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples - M.R.A.P. 5e/13e

Nouveau Parti Anticapitaliste - N.P.A. 5e/13e

Parti Communiste Français - PCF 13e

Parti de Gauche - PG 13e

Mouvement Politique d’Education Populaire - M’PEP 13e

Réseau International Juif Anti-sioniste - IJAN 13e

Les Alternatifs 13e

 

Contact : Collectif Palestine 13es/c AFPS Paris-Sud - Maison des Associations - 13 rue Caillaux 75013 Paris

Adresse mail : Palestine.Collectif@gmail.com

 

Note de la rédaction : George  Pau-Langevin, députée (PS) de Paris, et ancienne présidente du MRAP, est également signataire de l'appel incriminé.

Par Différences. La revue - Publié dans : Israël-Palestine
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