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Mardi 22 février 2011 2 22 /02 /Fév /2011 20:48

Revue Lignes n°34

COUVLIGNES34HDpress.jpgL’histoire des Roms est exemplaire de l’histoire européenne elle-même, le plus souvent pour leur malheur. De même qu’est hélas exemplaire l’actuelle politique du gouvernement français qui ne s’en prend pas à eux sans en rappeler les pires moments. S’indigner, protester, soit  ! Mais penser aussi pour agir.

Depuis l’été 2010, en France, à la faveur d’un fait divers aussitôt érigé en symptôme d’une situation générale, les Roms font l’objet d’une politique de stigmatisation qui semble ne pas pouvoir connaître de limites. Ils en forment en quelque sorte une figure malheureusement exemplaire. Désignations, dénonciations, expulsions  : une parole honteuse s’est libérée au plus haut sommet de l’État, marquant une acception nouvelle de la politique de segmentation des populations dites indésirables. Nouvelle et inédite : qu’il y a lieu de rapporter à la rupture dans le droit que constitue la récente disposition relative à la déchéance de la nationalité. D’un côté, l’ethnicisation imposée comme mode de catégorisation politique prend sa source dans une certaine fabrique essentialiste de l’histoire de populations aux multiples noms, aux multiples expériences, dont l’ancrage européen, incontestable, est sans cesse remis en cause. Déjà à l’œuvre en Italie, cette instrumentalisation politique pose la question du rôle de la construction des savoirs culturalistes et de leur appropriation par le pouvoir.

De l’autre, ce nouveau mode de gouvernement s’accommode parfaitement d’une optique libérale où la compétition pour les places, aussi diverse que soit l’acception de ce dernier terme (espace où survivre autant que place sociale ou institutionnelle), se transforme peu à peu en lutte pour la vie. Il convient dès lors de se poser la question des conditions de cette situation tout autant que des effets qu’elle produit sur le rapport de l’État aux citoyens ; de s’interroger sur la gravité de cette fracture et les moyens de la penser. Ce numéro de Lignes, ouvert à des penseurs impliqués de manières très diverses dans cette réflexion par le biais de la philosophie, de l’anthropologie, de la politique, de la littérature, de la géographie, de la sociologue ou de la linguistique, ou encore impliqués par l’expérience sur le terrain, ouvre le débat.

Une partie des textes ici réunis proviennent du rassemblement contre le racisme d’État organisé, sous l’intitulé « Les Roms, et qui d’autre ? » par Cécile Canut, le 11 mars 2010 à la Maison de l’arbre (La Parole Errante), à Montreuil-sous-bois.

Faute de place, certains des textes prévus pour ce numéro ont dû être reportés au numéro suivant, le n° 35, à paraître au printemps.

Sommaire de Lignes n°34
L’EXEMPLE DES ROMS / LES ROMS, POUR L’EXEMPLE

Par Différences. La revue - Publié dans : Roms, tsiganes et gens du voyage
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