Partager l'article ! Kosovo : Procès contre les trafiquants d’organes (Mrap pluriel): En décembre 2010, un rapport de Dick Marty, rapporteur spécial du Conseil d ...
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En décembre 2010, un rapport de Dick Marty, rapporteur spécial du Conseil de l’Europe, dénonçait un trafic d’organes perpétré par les combattants kosovars durant la guerre contre Belgrade à la fin des années 90. Ce rapport mettait en cause comme premier maillon de ce réseau criminel, Hashim Thaçi à l’époque chef de l’aile politique de l’UCK (Armée de Libération du Kosovo) et actuel premier ministre du Kosovo. Principales victimes, des prisonniers serbes dont les organes prélevés étaient ensuite écoulés à l’époque sur le marché international à partir de l’Albanie.
Le MRAP, dans un communiqué du 23 décembre 2010 http://www.mrap.fr/international/europe-russie-cei/kosovo-ne-pas-laisser-les-trafiquants-d2019organes-impunis demandait entre autres :
- la création d’une commission d’enquête internationale sur le rôle complice de l’OTAN pour n’avoir pas au mieux dénoncé ce trafic au pire l’avoir couvert.
- l’audition par les autorités compétentes de Bernard Kouchner en tant que responsable de l’administration du Kosovo..
Les trafics d’organes n’ont pas cessé avec la fin de la guerre et l’indépendance du Kosovo.
Dès lors, à défaut de prisonniers de guerre, les « donneurs » d’organes allaient être recrutés parmi les populations déshéritées d’Europe orientale et d’Asie centrale. –C’est d’ailleurs le malaise à l’aéroport de Pristina d’un « donneur » turc, à qui l’on venait de prélever un rein pour le transplanter sur un ressortissant israélien qui allait alerter les autorités du Kosovo.
Ainsi s’est ouvert à Pristina fin septembre le procès de sept personnes, la plupart médecins, accusées d’avoir participé à un trafic et à des transplantations illégales d’organes dans une clinique de Pristina, la clinique Médicus. Egalement poursuivi l’ancien secrétaire kosovar de la santé Ilir Rrecaj pour avoir fourni une licence à la clinique alors que la loi au Kosovo interdit les transplantations d’organes. Selon l’accusation, le « marché » s’établissait de la sorte : 15000 euros promis au « donneur » alors que le receveur devait débourser jusqu’à 100 000 euros.
En lien avec cette affaire, un tribunal d’Istanbul vient de requérir 171 ans de prison, contre le docteur turc Yusuf Erçin Sönmez pour trafic d’organes et association de malfaiteurs. Il lui est reproché onze ablations de reins, dans la clinique Médicus de Pristina, les organes ainsi prélevés étant destinés à des malades souffrant d’insuffisance rénale en Israël. Le tribunal d’Istanbul a également requis la même peine de 171 ans de prison pour l’intermédiaire israélien Moshe Harel. De son côté, Interpol a émis un mandat d’arrêt international contre les deux hommes.
Si le MRAP peut se féliciter des réelles avancées que représentent les procès de Pristina et d’Istanbul, il attend néanmoins de la justice de tous les pays dont les ressortissants sont concernés par ce trafic d'organes qu’ils ne mettent aucune entrave à l’exécution des procédures judiciaires internationales en cours et prennent l’initiative ou permettent des enquêtes internes sur les terribles errements dont se seraient rendus coupables certains de leurs ressortissants
Par ailleurs le manque de détermination et de volonté de faire la lumière sur le trafic d’organes qui a eu lieu durant la guerre du Kosovo et dénoncé par le rapport Dick Marty, l’absence de poursuites contre les responsables présumés de ces crimes et de ceux qui les ont couverts reste toujours un obstacle à une véritable réconciliation et à l’écriture d’une histoire commune.
Et pour les pays qui sont intervenus dans les Balkans, il est difficile d’admettre que l’intervention ait pu tolérer de pareils crimes même si Eulex (la Mission européenne de Justice au Kosovo) a annoncé fin août avoir nommé un procureur étatsunien pour mener l’enquête sur les accusations portées dans le rapport Marty.
L’affaire de la clinique Médicus n’est pas une affaire isolée : des prélèvements forcés auraient été opérés dans d’autres pays sur des condamnés de droit commun, des personnes faites prisonnières ou tuées lors de combats, etc..
La misère pousse aussi des gens à vendre le seul bien qu’ils possèdent : leurs organes, leur sang, etc..
Le MRAP demande donc que tous les États et les organisations internationales mettent en place des procédures, des organisations dotées de pouvoirs réels, pour mettre fin à de telles pratiques.
MRAP pluriel
Le 5 octobre 2011
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