Partager l'article ! Identités et frontières intérieures (Jean Robelin): Identités et frontières intérieures Jean Robelin, professeur ...
|
|
Différences. La revue
Ce site est celui de militants du MRAP,
Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples.
Il a pour ambition d'être un espace de discussions
et de débats sur les thèmes d'action du MRAP.
Les points de vue qui y sont exprimés
le sont en toute liberté
et n'engagent pas le MRAP
|
|
|
Textes à débattre : |
1962-2012 Dossier spécial: "Algérie" pour les 50 ans des accords d'Évian |
1961-2011
|
|
Débat : Les « Blancs », le racisme « anti-blanc » et les « Indigènes de la République ». |
Identités et frontières intérieures
Jean Robelin, professeur émérite- Université de Nice
« Les étrangers qui ne sont pas disposés à concéder quelque chose en échange de ce qu’ils obtiennent, qui se proposent de rester étranger à la communauté dans
laquelle ils entrent jusqu’à en contester au moins en partie les principes même, sont des étrangers qui suscitent inévitablement des réactions de rejet, de peur et d’hostilité…Une citoyenneté
gratuite, concédée en échange de rien, peut-elle, doit-elle exister ? A mon avis, non. Le citoyen contre, le contre-citoyen est inacceptable »1. Sous couleur de réciprocité, donc de justice, ces propos dressent les barrières internes aux sociétés
européennes. Les démocraties ont toujours toléré des contre-citoyens : des antidémocrates. La troisième République n’a pas dissout l’Action française. Supprimer la démocratie pour la
défendre ne vise à rien moins qu’à un conformisme éthico-politique anti-démocratique.
Qui sont donc ces contre-citoyens réputés a priori inassimilables parce qu’inassimilés ? « L’occidental ne voit pas le musulman comme un infidèle, mais pour le musulman, l’occidental l’est, excusez du peu »2. Donc celui qui déroge à la réciprocité, c’est clair, c’est le musulman. Qu’importe qu’il respecte les lois du pays où il vit, il est a priori suspect. Les intégristes chrétiens, les sectes protestantes qui défilent parfois dans Paris aux cris d’ « Accepte Jésus ou crève » ne sont jamais nommés. L’autre, lui est clairement désigné. A aucun moment Sartori ne se demande comment façonner un sol commun, comment la démocratie politique et juridiquement fondée sur les principes de tolérance et de respect des droits de l’individu pourrait essayer d’avoir prise sur ses négateurs. A aucun moment il ne s’interroge sur la diversité des pratiques et des interprétations dans le monde arabo-mulsulman. Pour tracer une frontière intérieure, il forge un adversaire fictif en le donnant comme un bloc univoque. Il est de bon ton d’expliquer les tensions actuelles avec le monde musulman par des peurs d’un islam conquérant et guerrier nées du 11 septembre. Le texte de Sartori invalide cette chronologie, il a été publié en 2000. Ce qu’il montre c’est que les éléments idéologiques des événements sordides qui se sont déroulés il y a peu en Europe étaient en place avant le 11 septembre, que la peur a été créée.
Les questions du débat sur l’identité nationale voulu par l’actuel gouvernement français, obéissent à la même logique :
/…/ lire la suite dans Différences numéro 274 d’avril-mai-juin à commander au MRAP
1 Giovanni Sartori, Pluralismo, multiculturalismo, e estranei,BUR, Milan 3° édition, 2007, p. 50
2 p. 47
| Juin 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | |||||
|
||||||||||
Derniers Commentaires