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Débat : Les « Blancs », le racisme « anti-blanc » et les « Indigènes de la République ». |
Du mur d’acier de Jabotinsky au mur d’annexion en Cisjordanie :
La décision israélienne de construire le mur en Cisjordanie si elle correspond à des visées actuelles d’annexion des territoires sur lesquels sont implantées les colonies n’en a pas moins des fondements idéologiques anciens qui étaient déjà présents dans les débats des années 20 qui agitaient le mouvement sioniste, débats qui opposaient le courant d’extrême droite juive le plus réactionnaire fondé par Vladimir Jabotinsky aux autres courants sionistes dont il dénonçait les compromissions avec la Grande-Bretagne, la puissance mandataire en Palestine.
Durant les années 1921-22, alors que les heurts avec les populations arabes de Palestine se développent -les Palestiniens s’opposant à l’immigration de Juifs en Palestine autorisée par les Britanniques- dans un article paru le 4 novembre 1923 dans Rasswyet sous le titre « Le mur d’acier, nous et les Arabes », Jabotinsky dévoile sa stratégie : « la colonisation sioniste, même la plus limitée doit s’arrêter, soit s’accomplir au mépris de la volonté de la population indigène. C’est pourquoi cette colonisation ne peut se poursuivre et se développer que sous la protection d’une force indépendante de la population locale –un mur d’acier que la population indigène ne puisse percer ».
Poursuivant les mêmes buts mais s’opposant à la stratégie de David Ben Gourion et de Haïm Weizmann qui consistait à composer avec les Britanniques pour assurer l’expansion juive en Palestine et la conquête territoriale, il déclarera en 1924 concernant les frontières de l’Etat juif: « Le but du sionisme est de créer un Etat juif. Son territoire : les deux rives du Jourdain. Le système : la colonisation de masse. La solution du problème financier : un emprunt national. Ces quatre principes ne peuvent être appliqués sans une approbation internationale ».
Vision prémonitoire ?
Cette philosophie a marqué de nombreux dirigeants israéliens dans la définition de leur ligne politique internationale et plus particulièrement Benjamin Netanyahou dont le père fut dans les années 30 le secrétaire particulier de Jabotinsky.
Après qu’en avril 2001 a été édifiée à Jénine une énorme porte
d’acier pour séparer Jénine de la terre confisquée par Israël et de l’autre ville palestinienne de Qabatiya, le gouvernement israélien allait en juin 2002 reprendre l’idée métaphorique de
Jabotinsky du mur d’acier pour la traduire dans la réalité en entreprenant la construction d’un mur de béton de 8 mètres de haut protégé par des tranchées et des clôtures électrifiées, flanqué de
tours abritant des tireurs, surveillé par des caméras et des patrouilles militaires.
S’étendant sur 790 km, il annexe de fait les terres palestiniennes les plus fertiles mais également d’après les spécialistes près de 70% de l’ensemble de la zone de recharge du bassin aquifère ouest à Israël ainsi que 62 sources et 134 puits palestiniens.
A cette situation désastreuse pour les Palestiniens qui voit comme à Kaffin des villages coupés en deux ou des villages et leurs champs séparés par le mur s’ajoute l’isolement de 42 villes et villages coincés dans une zone fermée entre le mur et la Ligne Verte et qui comptent plus de 30 000 habitants.
Néanmoins, malgré tous les coups qui lui sont portés, malgré l’inaction voire la complicité de la « communauté internationale » avec Israël, le peuple palestinien continue à résister, ce qu’avait prévu Jabotinsky qui écrivait en parlant des Palestiniens : « Aussi longtemps qu’elle aura une lueur d’espoir de se débarrasser de nous, cette population ne monnayera pas cet espoir … Elle n’est pas une populace, mais une nation, peut-être quelque peu en lambeaux mais toujours vivante. Et un peuple vivant ne fait de tels compromis énormes sur des questions aussi inéluctables que s’il a perdu tout espoir… ».
A nous de faire en sorte que le peuple palestinien garde l’espoir, à nous d’organiser la solidarité avec le peuple palestinien ■
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