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Israël-Palestine

Lundi 10 janvier 2000 1 10 /01 /Jan /2000 16:35

LA CONFISCATION DES TERRES

Jamal Talab

Directeur du Centre de recherche sur la terre

Article paru dans Différences n° 214 de janvier 2000.

 

4 méthodes ont été employées pour confisquer des propriétés privées palestiniennes. La première, fondée sur une ordonnance du mandat britannique de 1943, a consisté à confisquer la terre dans « l'intérêt public », ce qui s'est traduit par la construction de résidences privées et de routes au profit exclusif des juifs. C'est ainsi que 24 km² de propriétés privées ont été confisquées à Jérusalem-Est, et les populations chrétiennes et musulmanes ont été non seulement dépossédées et remplacées par des juifs, mais littéralement ruinées. La confiscation pour usage « public », aux fins de construction routière est particulièrement utilisée pour empêcher toute extension résidentielle palestinienne. En effet, les Israéliens peuvent légalement confisquer 40 % de tout terrain privé pour la réalisation de routes. De plus, il est interdit de construire à l'intérieur d'une bande de 75 m de large de chaque côté des axes de communication. La route n°1 illustre de façon exemplaire cette politique. Ouverte entre deux nationales existantes et séparées par 500 m seulement, elle a rendu légalement impossible toute extension urbaine palestinienne sur les 380 dunums (38 ha) de terres restant dans la zone de Shufat au nord de Jérusalem . A celas' est même ajouté la démolition de 17 maisons palestiniennes habitées (1).

La deuxième méthode se fonde, pour les Israéliens, sur des impératifs de sécurité. De grands espaces confisqués particulièrement dans les confins orientaux de la Cisjordanie sont utilisés comme terrains d'entraînement militaire. Suite à l'interdiction faite aux Palestiniens d'utiliser leurs terres jouxtant ces camps, ou même d'y pénétrer, ces zones ont peu à peu été absorbées par les Israéliens pour un usage civil. D'autres terres ont été confisquées pour établir une série de colonies civiles à vocation stratégique devant participer à la défense et à la sécurité d'Israël. Mais en 79, lors d'un procès célèbre concernant la confiscation de terres pour l'établissement d'Elon Moreh, près de Naplouse, la Cour suprême israélienne a ordonné le démantèlement de cette colonie faisant valoir que l'argument sécuritaire invoqué était sans fondement, la petite colonie en question se situant aux abords d'un grand camp militaire.

A la suite de cette décision judiciaire, les Israéliens ont inauguré une troisième méthode de confiscation. Ils ont ressuscité une ordonnance ottomane remontant à 1858, au temps de la domination turque, qui stipulait que toute parcelle de terrain non cultivée pendant plus de dix ans ou cultivée à moins de 50 % devait retourner à l'État. De cette façon, les Israéliens sont devenus les nouveaux « sultans » de la Cisjordanie occupée. Or 95 % des terres saisies pour la colonisation juive étaient des propriétés privées palestiniennes et 5 % seulement auraient pu être classées comme domaine d'État.

Le classement de terres en « réserves naturelles et parcs nationaux », qui très souvent, au bout d'un certain temps deviennent des colonies israéliennes, constitue la quatrième méthode de confiscation. Par exemple, en 1970, 10 000 dunums (10 km²) dans la zone de Shufat ont été confisqués et en 92 les bulldozers israéliens ont commencé à déraciner les arbres et à préparer le terrain pour la construction de la colonie de Rikhes Shufat où plus de 2 200 unités d'habitation ont été financées par le Fonds national juif. En 1997, une colonie a été construite au sud-est de Jérusalem sur le mont Abu Ghunaim, confisqué après la guerre de 67 et classé alors comme réserve naturelle.

Aujourd'hui, la superficie des terres confisquées représente 73 % de la superficie totale de la Cisjordanie.

 

1 Entre 95 et 97, 22 km² des terres arabes ont été saisis pour construire des routes de contournement

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Lundi 10 janvier 2000 1 10 /01 /Jan /2000 16:32

LE CAS DE JÉRUSALEM


Sous contrôle de la Jordanie, Jérusalem s'étendait sur 6,5 km'. La superficie totale des parties annexées après 1967 représente 70,5 km2, et ce qui est appelé « le Grand Jérusalem », s'étend sur 600 km2 environ, soit 10,8 % de la Cisjordanie, ce qui est énorme. Le cas de Jérusalem est exemplaire dans le cadre de la stratégie israélienne de colonisation (1).


Après 67, sur les 70,5 km' annexés, environ 24 km2 (34 %) ont été confisqués. Les Israéliens ont construit quinze colonies, les unités d'habitation passant de zéro à 45 000, et la population israélienne de Jérusalem-Est de zéro en 67 à 180 000 habitants aujourd'hui... La zone palestinienne de Jérusalem s'est retrouvée dès 73 entourée d'un mur de bâtiments. Après 1973, ils ont construit un cercle à l'extérieur des limites de Jérusalem, constitué d'énormes colonies, Male Adumim (2) à l'est, Givat Zeev au nord-ouest... Aujourd'hui, quand on parle de Jérusalem, les Israéliens développent deux conceptions : il s'agit soit de la municipalité de Jérusalem, soit du Grand Jérusalem.


Il faut ajouter qu'une proportion de 40% de Jérusalem-Est a été classée zone verte, c'est-à-dire verte aujourd'hui, mais qu'en sera-t-il demain ? D'autres Har Homa sont prévisibles (3).


Le développement à Jérusalem-Est de colonies à l'intérieur même de zones palestiniennes habitées – comme c'est le cas pour la colonie de Ras el Amoud (4) – participe à la mise en place d'une politique lourde de conséquences. Par ce biais, les Palestiniens deviendraient des Palestiniens vivant au sein d'Israël et non de Jérusalem-Est. Lors des négociations, quand nous discuterons du statut d'un quartier, les Israéliens, grâce à cette stratégie, pourront dire que la zone en question étant habitée par des juifs, il ne s'agit pas d'un quartier palestinien à 100 %, mais d'habitations construites à l'intérieur d'Israël.


Malgré cela des discussions exploratoires se déroulent, des contacts sont établis sur Jérusalem, il y a des signes, une ébauche de projet. Parmi les différents scénarios envisageables, le meilleur serait une Jérusalem unie, une Jérusalem ville ouverte, avec deux municipalités qui pourraient être « coiffées » par une instance commune.

Propos de Khalil Tufakji

 

1 Entre 93 et 98, sur les 177 km' de terres confisquées, 73 km' se trouvaient dans le district de Jérusalem. Seuls 14 % des terres de Jérusalem-Est restent aux Palestiniens

2 Pour moins de 30 000 personnes, sa superficie est déjà de 35 km' (un tiers de celle de Paris)

3 En mars 97, l'Assemblée générale de l'ONU (à l'exception d'Israël et des Etats-Unis) déclare illégale Har Homa, colonie de 25 000 ha qui achève l'encerclement de Jérusalem-Est, pourtant sa construction s'est poursuivie

4 Le 15 septembre 97, implantation sauvage de colons à Ras el Amoud (Jérusalem-Est). Violents incidents entre Palestiniens et police israélienne

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Lundi 10 janvier 2000 1 10 /01 /Jan /2000 15:56

LES COLONIES


Khalil Tufakji

Directeur du département des cartes, maison de l'Orient


Article paru dans Différences n° 214 de janvier 2000.


Lorsque l'on parle de « colonies », il faut d'abord définir à quoi on fait référence : colonies urbaines, agricoles, industrielles, militaires ou idéologiques (religieuses), même si on ne peut pas toujours les distinguer. Ensuite, savoir exactement ce que l'on prend en compte : si on parle de superficie par exemple, pour la colonie de Male Adumim, près de Jérusalem, la zone construite est de 7 km², alors que le schéma directeur s'étend pour l'instant sur 35 km².

Quatre facteurs principaux ont présidé à leur création :

– Un facteur national religieux : la Palestine étant considérée comme la terre promise, des colonies « idéologiques » telles que Shilo ou Kiriat Arba à Hébron sont établies suivant la Bible.

– Un facteur de sécurité : pour former des lignes de défense et de sécurité.

– Des facteurs politiques : en construisant un réseau de colonies, Israël renforce son autorité sur la terre. En outre, leur existence constitue une carte importante dans les négociations et dans la définition des frontières permanentes d'Israël (1).

– Des facteurs économiques : Kibboutzim, Moshav ovdim (coopératives agricoles de petits paysans représentant le tiers de la production agricole) et zones industrielles contribuent à l'économie israélienne, d'autant qu'ils profitent d'une main d'œuvre bon marché en Cisjordanie et à Gaza (2).

Si, par exemple, l'essentiel des colonies de la vallée du Jourdain et quelques colonies autour de Jérusalem sont agricoles, dans l'arrière-pays de Tel-Aviv la plupart des colonies constituent de véritables villes à l'intérieur de la Cisjordanie. Quand un logement à Tel Aviv coûte 500 000 dollars, il n'en coûte que 150 000 en Cisjordanie, près de la ligne verte, à 15 mn de votre travail en Israël. Si 30 % des gens habitent les colonies par idéal religieux, 70 % le font pour des raisons économiques.

Connaître la superficie exacte des terres confisquées présente aussi des difficultés. Et même si elles sont classées en cinq catégories, entre les terres d'État, les terres des « absents » (3), les terrains pour manœuvres militaires, les réserves naturelles, zones vertes ou parcs, et finalement ce qui est appelé zones non reconnues, qui ne rentrent pas dans les catégories précédentes (mais que les Israéliens contrôlent), il existe des chevauchements qui rendent difficiles une estimation précise. Dans une même zone, il peut y avoir par exemple une réserve naturelle et des biens des « absents ».

coloniesLa plus grande partie de la terre qui a été confisquée l'a été sous les différents gouvernements travaillistes, et ils ont également établi la plupart des implantations en Cisjordanie (4). Aujourd'hui, il n'y a pas de différence entre les gouvernements Barak et Nétanyahou. Le Likoud annonçait franchement, nous voulons prendre ces terres, et construire des milliers de logements. Le Labour, lui, dit d'accord, nous voulons la paix, mais quand vous allez sur le terrain, vous découvrez de nouveaux chantiers, de nouvelles implantations (5). Et là, je ne parle pas en politique, je parle en technicien, de faits, de choses que l'on peut constater quotidiennement. Les travaillistes se refusent même à démanteler une implantation « ouverte » au nord-est de Ramallah durant la période transitoire de 45 jours entre les gouvernements Nétanyahou et Barak, au prétexte qu'elle a été construite sous le Likoud.

Carte Le Monde diplomatique


 


Des solutions.

Concernant les implantations, les Israéliens veulent annexer (selon certains scénarios) 11% de terre, ce que nous refusons. Nous, nous voulons retourner aux frontières de 67. Nous avons des propositions –qui s'appuient sur les résolutions des Nations unies concernant les colonies établies sur les terres occupées – qui offriraient des garanties aux colons. Ils pourraient vivre sous l'Autorité palestinienne, et cependant voter à la Knesset, ou bien ils deviendraient des juifs palestiniens vivant en Palestine, comme en France il y a des juifs français. Des arrangements sont possibles, les Palestiniens ont encore de nombreux biens, des terres, des maisons à l'intérieur d'Israël, cela peut faire l'objet de négociations, d'échanges, etc.

D'autres solutions, prenant en compte les investissements réalisés par les Israéliens dans les colonies, sont envisageables, on pourrait alors imaginer par exemple, une période de location de 25 ans, et ensuite les biens reviendraient aux Palestiniens. D'ailleurs, selon la loi jordanienne, qui s'appliquait à la Cisjordanie avant 67, une maison construite sur de la terre palestinienne revient au propriétaire de la terre.


1 12,1 % des logements en colonies sont vides

2 5 000 colons vivent dans la bande de Gaza et occupent 40 % du territoire, plus d'un million de Palestiniens (dont près de 800 000 réfugiés) survivent dans les 60 % restants

Pour moins de 30 000 personnes, sa superficie est déjà de 35 km' (un tiers de celle de Paris)

3 Dès 48, les Israéliens déclarent « absents » les propriétaires palestiniens réfugiés dans les pays arabes voisins

4 Même après la signature des accords d'Oslo, entre septembre 93 et mai 96 (sous le gouvernement travailliste), le nombre de colons en Cisjordanie (mis à part Jérusalem) est passé de 100 000 à 145 000

5 Le démantèlement des colonies n'est toujours pas à l'ordre du jour, la construction de 13 000 logements se poursuit et durant les 3 premiers mois du gouvernement Barak, on a autorisé la réalisation de 2 600 logements en Cisjordanie, la plupart d'entre eux dans la région de Jérusalem.

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Lundi 10 janvier 2000 1 10 /01 /Jan /2000 15:41

L'INTIFADA, UN TOURNANT HISTORIQUE

Shaher Awawdeh

directeur politique

Département des relations internationales, maison de l'Orient

 

Article paru dans Différences n° 214 de janvier 2000.


Le tournant majeur dans la vie et la politique palestinienne, après 1967, a été le soulèvement de l'Intifada. Ce fut un acte de protestation contre l'occupation mais aussi un événement qui a changé l'image des Palestiniens aux yeux du monde, un tournant dans l'appréhension du conflit. Le monde a commencé à admettre que notre peuple avait besoin de soutien pour recouvrer une partie de ses droits.

Une nouvelle façon de penser.

Cette situation a eu des répercussions sur notre propre façon de penser, il a fallu envisager avec plus de réalisme notre lutte, nos droits, notre avenir. La direction palestinienne a pris acte de la nécessité de traiter le conflit en tenant compte de ce nouvel état d'esprit des Palestiniens. L'Intifada, son prix élevé payé par les habitants des territoires occupés (près de 2 000 morts), la sympathie nouvelle dont jouissait notre lutte, tout cela devait être investi et transformé en des résultats tangibles tant pour les Palestiniens des territoires occupés que pour ceux de la diaspora. Même si nous ne contrôlions pas la terre, la déclaration d'un État devenait « l'investissement naturel ».

Le Conseil National Palestinien (CNP) qui s'est tenu à Alger en novembre 1988, qui a vu la proclamation de l'État palestinien, a été comme la cristallisation de ce nouvel état d'esprit prenant en compte notre volonté de vivre en paix et l'idée diffuse du droit à l'existence d'Israël à travers l'acceptation du principe du partage de la Palestine. La guerre du Golfe a également contribué à ce changement. L'engagement militaire américain en faveur du Koweït – qui n'est pourtant pas aussi proche des États-Unis que ne l'est Israël – rendait irréaliste toute solution militaire dans le conflit avec Israël

Le processus d'Oslo.

Le processus de paix commencé avec la conférence de Madrid (octobre 1991) a matérialisé cette nouvelle façon de penser l'avenir. Malgré le refus d'Israël d'avoir affaire à l'OLP, nous avons réussi à persuader les Américains que l'OLP était le seul représentant palestinien avec qui traiter. Et même si nous faisions partie d'une délégation commune avec les Jordaniens, les Palestiniens ont parlé pour eux-mêmes, Faysal Husseini et Haydar Abdel Chafi étaient en contact direct avec Tunis et non pas avec le roi Hussein de Jordanie.

4215586277_297494977e.jpgAprès les élections en Israël remportées par le parti travailliste (1992) l'idée de la reconnaissance de l'OLP comme négociateur principal a mûri. Le canal secret d'Oslo allait aboutir à la déclaration de principe signée à la Maison Blanche, le 13 septembre 1993, qui mit fin à la fiction d'une délégation commune jordano-palestinienne et permit de discuter directement. Même si Rabin s'est révélé être un négociateur retors (1), les accords auxquels nous sommes arrivés construisaient une confiance mutuelle en dépit des violences de ceux qui, de chaque côté, étaient opposés au processus de paix. En n'appliquant pas les accords signés, en encourageant les constructions de colonies alors qu'elles devaient être gelées (2), Netanyahou a tout remis en question et a bloqué le processus , en refusant de faire la paix avec la Syrie et de se retirer du Liban, il a replongé toute la région dans un climat de guerre. Le seul accord auquel nous soyons arrivés, c'est le mémorandum de Wye River.

Aujourd'hui avec le nouveau gouvernement on espère que les choses vont changer, mais

M. Barak est un militaire, il pense avec une mentalité de militaire. S'il choisit de faire prioritairement la paix avec la Syrie et non pas avec les Palestiniens, c'est parce que, en militaire, il fait ses calculs : la Syrie représente tant d'avions, tant de soldats, c'est un front qu'il doit ménager alors que les Palestiniens sont le point faible de la chaîne. Pourtant si la question palestinienne n'est pas résolue, la paix ne peut pas être atteinte. Pour nous, l'application du mémorandum de Wye River sera une indication sur le comportement futur de M. Barak. S'il n'applique pas l'accord signé par Nétanyahou, il est certain qu'il n'en appliquera pas d'autres (3).

Il nous faudra pourtant trouver des accords pour pouvoir, dans un premier temps, vivre dans un véritable état souverain assurant le contrôle sur la terre, l'eau, les ressources minérales, ses frontières, son économie, ses relations internationales. Ce n'est qu'ensuite que l'on pourra réfléchir à une éventuelle confédération avec Israël ou la Jordanie, mais cela c'est pour le futur, et nous devons pouvoir le décider souverainement.

 

1 Rediscussion partielle des accords d'Oslo, non-respect des accords sur la libération des prisonniers, confiscation de terres, renforcement de la colonisation autour de Jérusalem

2 En juillet 96, Nétanyahou a rétabli les aides fiscales pour l'établissement des colons. Au sommet de Wye Plantation, aucune garantie n'est donnée sur l'arrêt de la colonisation

3 Si début septembre 99, M. Barak a enfin accepté l'accord, ce n'est qu'après rediscussion et prise en compte de ses exigences

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Lundi 10 janvier 2000 1 10 /01 /Jan /2000 07:06
Article paru dans Différences n° 214 de janvier 2000

LES SECTES MENACENT

Diana Safieh, responsable d'œuvres caritatives chrétiennes


Restées traditionnelles, nos communautés chrétiennes sont incapables, bien souvent, d'apporter des réponses aux jeunes confrontés à des difficultés, en particulier aux victimes de la drogue. Les témoins de Jéhovah, eux, les accueillent. Pour ces jeunes qui ressentent un sentiment d'enfermement, c'est très attirant et une fois qu'ils sont ainsi pris en main...! Les Mormons ont ouvert une université immense au Mont des Oliviers, après « arrangement » avec les Israéliens qui peuvent ainsi grignoter encore la partie arabe de Jérusalem. Souvent, les sectes travaillent en connivence avec les Israéliens, même si ces derniers sont officiellement contre le prosélytisme. Des faits récents laissent penser que certaines d'entre elles participent au projet de vider la vieille ville de la population chrétienne. Et puis, il y a aussi les Pentecôtistes, les Adventistes, les Sabbatéens, etc. Dans un pays où vivent des musulmans, des chrétiens, des juifs, il faut faire très attention à ne pas rompre l'équilibre. Les Israéliens, eux, essaient de semer la zizanie au sein de la population palestinienne, en tentant de diviser chrétiens et musulmans.


Le fanatisme musulman, un peu comme le phénomène Le Pen en France, vient du blocage de la situation politique : puisque la laïcité, la gauche, n'ont pas réussi à répondre à nos besoins, à nous redonner notre amour-propre, notre dignité, alors la religion apparaît comme la seule issue. Malgré tout, jusqu'à présent, nous n'avons pas eu de clash chez les Palestiniens, mais comment les choses vont-elles évoluer ? Nul ne le sait. J'espère que les pourparlers arriveront à un résultat. Si la situation ne change pas, la bouilloire va éclater, je crains un développement des fondamentalismes, qu'ils soient juif, chrétien ou musulman.. Cela serait dramatique, surtout dans la vieille ville de Jérusalem, où parfois des familles juives, chrétiennes et musulmanes se côtoient dans une même cour.


A moins que l'on ne sépare l'État de la religion, il y aura toujours des frictions. La religion doit demeurer une affaire personnelle.

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