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Vendredi 3 février 2012 5 03 /02 /Fév /2012 21:44

Deux documents confidentiels de l'Union européenne montrent qu'Israël freine plus que jamais toute possibilité d'un accord de paix

 

nouvelobs.png Après l'échec des cinq rencontres exploratoires tenues à Amman avec les émissaires israéliens, les dirigeants palestiniens ont répété dimanche qu’il n’y aura pas de reprise des négociations si Israël continue à refuser le gel de la colonisation et n’accepte pas la solution à deux Etats basée sur les frontières de 1967. Conditions que l'Etat juif est moins que jamais disposé à remplir, comme le confirment deux documents confidentiels de l’Union européenne récemment parvenus à Bruxelles.

Le premier est le rapport annuel des chefs de missions diplomatiques des vingt-sept Etats de l’Union en poste à Jerusalem et Ramallah. Dans ce document, dont le "Nouvel Observateur" a obtenu une copie, les diplomates estiment que "sans Jérusalem capitale des deux Etats, une paix durable entre Israël et les Palestiniens ne sera pas possible". Or, démontre ce texte de 20 pages très documenté, "Israël perpétue activement l’annexion de Jérusalem en affaiblissant systématiquement la présence palestinienne dans la ville", notamment par le développement des colonies et une planification urbaine discriminatoire.

 

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Par Différences. La revue - Publié dans : Israël-Palestine
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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 20:25

Notice d'éditeur

 

laicite-falsifiee-bauberot.jpgClassiquement considérée comme un des principaux marqueurs de la gauche, la laïcité aurait-elle viréà droite, voire à l’extrême droite ? La question se pose depuis le « débat sur la laïcité» de l’UMP, les effets de manche de la droite populaire et les références répétées de Marine Le Pen à la séparation de la religion et de l’État. De nombreuses personnalités, de gauche et au-delà, dénoncent cette dérive sans véritablement réussir à la réfuter. Protester contre la « stigmatisation » des musulmans – qui est souvent le vrai motif de cette nouvelle posture « laïque »– est bien sûr nécessaire. Mais en rester là se révèle totalement insuffisant, car cette « nouvelle laïcité» de droite se pare de valeurs partagées comme la démocratie, l’égalité des sexes et la liberté d’expression. Il est donc urgent d’analyser, point par point, comment la laïcité peut être ainsi falsifiée et pourquoi on fait dire aussi facilement à la loi de Séparation de 1905 le contraire de ce qu’elle a réellement dit.
C’est ce que fait Jean Baubérot dans cet essai enlevé, où, en historien et sociologue, il démonte avec minutie et rigueur les mécanismes de la « nouvelle laïcité». Il montre que, pour promouvoir la laïcité, il faut oser mettre en cause les structures dominantes de la société elle-même. Et il propose enfin un « programme républicain pour refonder la laïcité» et une libération des cléricalismes d’aujourd’hui, grâceà la recherche d’un art de vivre : la « laïcité intérieure ».

 

 

Lire un extrait en ligne

 


Jean Baubérot est professeur émérite de la chaire histoire et sociologie de la laïcitéà l’École pratique des hautes études. Il a fondé le Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (CNRS-EPHE), dont il est toujours membre. Ses nombreux travaux sur la laïcité font autorité et ont été traduits en quatorze langues. En 2008, il avait déjà attiré l’attention sur un travestissement de la laïcité dans son ouvrage La Laïcité expliquée à M. Sarkozy et à ceux qui écrivent ses discours (Albin Michel, 2008).

 
   
Par Différences. La revue - Publié dans : Laïcité
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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 07:35

Hakim Ajimi

ajimi.jpg
Sur le long chemin pour la justice … La lutte continue

 Par Y.M. & A.V.

grasse-forum-19.jpgAprès les audiences du procès des responsables de la mort d’Hakim Ajimi qui se sont tenues du 16 au 20 janvier au Palais de Justice de Grasse, l’affaire de ce jeune grassois, qui a trouvé  la mort au cours d’une interpellation policière aussi brutale que disproportionnée, est entrée au bout de quatre ans d’efforts dans une phase judiciaire cruciale.


Alors même que les nombreux témoignages, la déposition du formateur des formateurs de la police, ou le rapport de l’ancienne Commission nationale de la Déontologie de la Sécurité (CNDS)  qui utilisait  les termes « d’inhumanité » et « d’usage de la force sans justification » étaient autant d’éléments à charge contre les policiers, les réquisitions du procureur ont suscité une légitime  incompréhension – d’autant qu’il avait lui-même fait état durant les débats de « fuites effarantes de responsabilité » et d’« actes d’une extrême gravité ». Les peines requises,  toutes assorties d’un sursis simple, ont conduit  la famille et le Comité de soutien à quitter la salle d’audiences.et provoqué les réactions indignées de nombre d’associations.


A Grasse, une question taraude bien des esprits : les réquisitions auraient-elles été si minimes si la victime n’avait pas été un jeune Tunisien des quartiers populaires mais le fils d’un notable grassois ? Une question qui montre bien que pour nombre d’habitants de cette ville, il n’est pas infondé de parler d’une justice de classe.


Si le jugement ne sera prononcé que le 24 février, la mobilisation pour que justice soit rendue à Hakim ne faiblit pas et une nouvelle manifestation, suivie d’un forum citoyen, s’est tenue sur la place du Cours à Grasse, le 20 janvier.

Le combat de tous

Touchés par la mort de Hakim, nombre de Grassois, dès le début, dans un même élan d’indignation, se sont mobilisés, conscients que le meurtre de Hakim est une atteinte intolérable à la vie humaine, un état de fait  extrêmement préoccupant pour la démocratie, les libertés et le fonctionnement des institutions républicaines : la police et la justice particulièrement.  Tous partagent l’évidence que si aujourd’hui Hakim est la victime, demain cela pourra être n’importe lequel des Grassois, d’autant plus s’il appartient à une classe défavorisée. Et comme l’a dit un des intervenants  du forum du 20 janvier «  Aujourd’hui, je me mobilise pour la mort de Hakim, demain si c’est François qui est la victime, je serai  tout autant mobilisé ».


Cette solidarité dans le drame que constitue la mort d’un jeune de 22 ans rend encore plus inacceptable l’absence flagrante de tous ceux qui ne cessent d’invoquer un prétendu communautarisme mais qui ne sont cependant pas présents dans les mobilisations citoyennes lorsqu’il s’agit de condamner les faits les plus graves et les plus répréhensibles qui concernent pourtant l’ensemble de la société.

Des absences injustifiables

Ainsi, à l’exception du syndicat CGT qui a apporté son concours dans la prise en charge matérielle (comme la mise à disposition de ses locaux), les autres syndicats ont fait preuve d’une discrétion plus que  remarquable ! Il en est de même des partis politiques. Exceptés ceux communément classés à la gauche de la gauche, l’absence des partis ne peut simplement s’expliquer par la proximité des échéances électorales. Même si comme ils le prétendent, ce combat n’est pas payant électoralement, leur désertion n’est-elle pas le signe manifeste à la fois d’un désintérêt pour des classes populaires stigmatisées et d’une cécité politique qui laisse perplexe quant à une réelle volonté de changement, permettant l’épanouissement d’un véritable vivre ensemble.


Si les interpellations en direction de l’actuel gouvernement sont restées sans réponse, et ce constat est partagé par tous les acteurs des quartiers populaires, le sentiment se développe qu’il n’y a rien à attendre des politiques en général.

Lutter contre l’oubli

Dans le long parcours pour que la vérité soit établie et que justice soit rendue, défendre la mémoire des victimes, c’est éviter l’oubli qui est à l’œuvre et qui profite toujours aux coupables. Sortir la victime de l’anonymat est impératif. A ce sujet, on se souvient de la mort de Mamadou Marega qui longtemps avait été dépouillé même de son nom, jusqu'à n’être plus désigné que sous le vocable du « Malien ».


Donner un visage à Hakim, faire vivre sa mémoire, inscrire la mobilisation dans la durée a  toujours été une préoccupation qui ne s’est jamais démentie, un élément dont on ne mesure pas toujours l’importance. Hakim reste  ainsi, par-delà sa mort, un homme à qui l’on a ôté la vie, un être humain avec, comme tout un chacun, ses qualités et ses défauts et dont les policiers ont finalement à répondre de la mort.

Une grande maturité

grasse-forum-18.jpgPlus profondément, si le mouvement a pu s’inscrire dans la durée, on le doit en premier lieu au comportement des parents de Hakim, d’une grande dignité. Quatre ans après la mort d’Hakim, les messages de sympathie et de soutien reçus par la famille, avant, pendant et après le procès témoignent de son attitude exemplaire, -une attitude qui a certainement contribué de façon déterminante à l’image positive des mobilisations et au soutien sans faille que tous les participants  continuent à apporter à la lutte.


Cette image positive, on la doit également au calme qui a toujours prévalu lors des diverses manifestations mais qui n’exclut aucunement ni la détermination ni l’opiniâtreté. Un calme qui n’est jamais résignation mais l’assurance de mener, malgré les difficultés et les obstacles, un combat juste, qui, dans les conditions de fonctionnement des institutions ne peut s’inscrire que dans la durée sachant que le pouvoir est invariablement du côté de ses serviteurs les forces de l’ordre….qui défendent l’ordre établi !


Un calme et un sang-froid qui participent à la déconstruction de l’image véhiculée par les médias sur les quartiers populaires et qui est accolée invariablement aux jeunes des quartiers dits « sensibles »,  image négative que bien des « responsables » politiques reprennent à leur compte par  démagogie, raisons électoralistes ou préjugés aux relents  de colonisation.


Quatre années de luttes sans que la mobilisation faiblisse,  c’est le signe évident d’une grande maturité du mouvement, porté par une exigence claire et tenace de justice et de réparation, sans la moindre ombre de vengeance. Un mouvement qui a toujours eu la conscience aiguë que tout dérapage, tout faux pas pouvait être exploité et se retourner contre les objectifs de la lutte.

La volonté de comprendre

Parallèlement aux mobilisations qui se sont succédé, la tenue d’un Colloque Police-Justice-Citoyen, le 5 février 2011, a sans aucun doute permis de dépasser le caractère émotionnel fort que représente la mort inadmissible d’un jeune homme.


 La réflexion engagée sur l’idéologie sécuritaire, le rôle de la police, l’analyse critique des institutions a permis à tous d’élargir le champ d’analyse et de comprendre, à partir des interventions de Mathieu Rigouste, Sihem Souid et Pierre Tevanian, les raisons profondes, idéologiques, systémiques qui conduisent à la multiplication des violences entraînant la mort. En somme, prendre conscience qu’au-delà du comportement individuel des policiers et de la violence  à l’état brut de certains agents des forces de l’ordre, on a affaire à une véritable violence d’Etat prise en charge et  exercée par l’institution même.


Comment aussi ne pas faire le lien entre les déclarations de responsables au plus haut niveau de l’Etat, l’impunité totale ou la clémence dont bénéficient les forces de l’ordre et le développement  des violences meurtrières commises par des policiers ? Une impunité qui s’apparente à un véritable permis de tuer.  Et ce ne sont pas les réquisitions prononcées à Grasse qui vont infléchir ou inverser cette tendance…

Vers la constitution d’une structure nationale

Après l’intervention du porte-parole du comité de soutien, les appels qui se sont succédé lors du forum, ceux de la famille, des proches, du Comité de soutien comme ceux des représentants des autres Comités Vérité et Justice ont tous mis en avant une nouvelle fois la nécessaire solidarité à tisser entre les divers comités.


Le premier forum tenu à Grasse avait été l’occasion de nouer des contacts avec d’autres comités Vérité et Justice ou d’autres structures engagées dans les mêmes luttes  et qui, partout en France, se sont créés en riposte à des violences policières à l’encontre principalement de jeunes  issus de l’immigration. L’année suivante des familles de victimes avaient également témoigné au Colloque Police-Justice-Citoyen. Les autres forums tenus à Grasse depuis lors, outre qu’ils ont permis de libérer la parole, ont encore  permis de resserrer les liens.
Alors que l’impunité policière et les atteintes aux droits de l’homme semblent devenir la règle, nombreux étaient les militants venus de la France entière qui se sont retrouvés une nouvelle fois à Grasse à l’occasion du procès des responsables de la mort de Hakim Ajimi, conscients que ce qui se passe à Grasse avait une valeur emblématique nationale, conscients également que les luttes contre les violences policières doivent s’inscrire dans le cadre plus large d’une revendication d’égalité réelle et de justice sociale nécessitant une prise en charge collective et l’implication directe des intéressés eux-mêmes. Tous ces contacts rendent envisageable la mise en place d’une véritable structure organisée au niveau national  car,  ainsi que l’a indiqué un participant, on est là face à un problème national qui mérite aussi une réponse nationale.


La tenue à Paris le même jour d’un rassemblement à la Fontaine des Innocents en hommage à Hakim Ajimi et à toutes les victimes de violences policières est un signe encourageant dans cette voie.  Pour sa part, en signe de réciprocité et de solidarité, le comité de soutien à Hakim Ajimi entend se rendre à Clermont-Ferrand pour soutenir la famille de Wissam El-Yamni mort neuf jours après être tombé dans le coma pendant son interpellation par la police.


Pour que l’impunité ne devienne pas la règle en matière de violences policières, alors même qu’une inadmissible connivence entre la police et la justice a été pointée lors des réquisitions, une nouvelle mobilisation est prévue le 24 février, jour où le jugement sera rendu.

Par Différences. La revue - Publié dans : Police Justice
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 22:12

Hakim Ajimi : Forum du 20 janvier 2012 à Grasse
Dans le cadre du Forum du 20 janvier 2012 à Grasse, les participants étaient invités à s’exprimer

Prises de paroles d’intervenants :

Pour le comité de soutien :

Dorsaf

Walid

Autres intervenants

Amnesty international

Tarek

Henri

Annie

Choukri

Richard

Adil

Mohamed


Par Différences. La revue - Publié dans : Police Justice
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 22:04

 Intervention de Walid, membre du Comité de soutien à Hakim Ajimi
(Propos recueillis par Y.M. & A.V.)

 

grasse-forum-16-Walid-et-pere-Hakim.jpg

Walid et le père de Hakim

 

« Depuis le début, la vérité est manifeste, et pourtant depuis le début on veut nous cacher cette vérité. Depuis le début, on nous parle de procédure, de délais, d’attente administrative… Au bout de quatre ans,  l’affaire est enfin devant le tribunal, en correctionnelle. S’il peut arriver  que dans le cadre de l’exercice de leur fonction, les policiers aient à répondre d’un accident involontaire, là dans le cas de Hakim, il ne s’agit aucunement d’un accident, il s’agit  pour nous d’un véritable meurtre. Ainsi malgré la gravité des faits,  les policiers ne sont pas devant les Assises où pour des raisons analogues, un quelconque citoyen, l’un d’entre vous, se verrait sans aucun doute infliger la peine maximale.
La correctionnelle, dans le cas d’un homicide involontaire, c’est  quand, par exemple, on renverse quelqu’un avec sa voiture, accidentellement, et que suite à cela, la personne décède.
Dans le cas d’Hakim, la situation est toute différente. Les policiers, alors même qu’il est pieds et mains menottés, le maintiennent plaqué au sol  et l’empêchent de respirer. Malgré les protestations de témoins  -  il y en a même un qui a voulu intervenir, il finira au commissariat- l’agonie  d’Hakim continue jusqu’à sa mort par asphyxie, une mise à mort en quelque sorte.

Que les forces de l’ordre doivent assurer la sécurité, nous le savons, mais pour nous il reste totalement inadmissible que les policiers contrôlent quelqu’un vivant, en bonne santé et le restituent mort à sa famille et à ses proches.
Malheureusement,  des cas semblables  sont en train de se reproduire en France : le jeune, à Clermont-Ferrand par exemple, n’est pas sorti d’un braquage avec prise d’otages. Les policiers l’ont interpellé vivant, sur un banc, pour le laisser dans le coma. Maintenant il est six pieds sous terre. La police comme les autorités ne semblent guère s’en soucier, ni se soucier de sa famille qui souffre de sa disparition. Et sa mort est traitée comme un banal fait divers.


grasse-forum-17.jpg



Dans tous les cas, nous sommes pour que la justice soit rendue et que tous les auteurs de délits, policiers tout comme jeunes soient redevables de leurs actes et passibles de condamnations qui les incitent à réfléchir sur les actes de violence qu’ils ont commis. Qu’ils aillent en prison, car dans ce pays c’est le seul moyen que l’on ait trouvé pour faire réfléchir les auteurs de délits. Et dans le cas des policiers de Grasse pour réfléchir à leur indispensable reclassement professionnel car contrairement à Hakim, à leur victime, ils ont, eux, toujours la possibilité d’envisager leur avenir.

La police doit faire respecter les lois, on n’a jamais mis en question cette mission mais nous voulons des policiers qui soient exemplaires. Les policiers, s’ils veulent faire respecter les lois par les jeunes doivent d’abord apprendre à les respecter eux-mêmes et donner l’exemple. Un comportement en rupture avec les agissements des policiers de la BAC (Brigade Anti-Criminalité) qui, suivant des sociologues comme Mathieu Rigouste, représentent un bras armé pour maintenir l’ordre, l’ordre des possédants, et à qui on enseigne comment se comporter pour faire régner un climat de peur. Si on est libre dans ce pays, ces libertés, on commence à les perdre.
La justice également doit être exemplaire, et lorsqu’il est reconnu que les policiers ont outrepassé les lois ou les règlements, ont manqué lourdement à leurs devoirs ou à leurs missions, elle se doit de les condamner avec toute la rigueur qu’elle met à sanctionner les autres citoyens. N’importe quelle personne qui, en France, se rend coupable d’un manquement grave dans son travail se voit sanctionnée ou virée. Il serait incompréhensible que les policiers responsables de la mort d’Hakim se voient maintenus dans leurs fonctions.
Dans le cas présent, si les responsables de la mort d’Hakim se trouvent en correctionnelle - de notre côté, on a bien voulu admettre qu’il ait pu y avoir mort par imprudence, homicide involontaire-,  mais dans des cas pareils, la peine peut aller jusqu’à trois ans, sans compter l’amende à définir par le tribunal, les réquisitions en sont très loin.
Dans le cas de Hakim, on est face à des policiers qui n’ont pas porté assistance à une personne en danger, et  face de surcroît à un acharnement injustifié qui a provoqué la mort de Hakim. On se trouve donc face à deux chefs d’inculpation : homicide involontaire et /ou non-assistance à personne en danger.
Au cours du procès, on a entendu des témoignages accablants, l’expertise médicale a été sans équivoque,  et si le procureur a prononcé un réquisitoire incendiaire, traitant les policiers d’inhumains, leur reprochant d’avoir failli à leurs obligations, c’est en définitive pour ne demander que des peines allant de six à dix-huit mois avec sursis. Ce qui laisse entendre qu’un policier n’est pas justiciable comme tout  autre citoyen.
Pour nous, il est incompréhensible que la justice puisse protéger des personnes qui font honte à la police. Nous ne pouvons accepter que la justice grassoise, -française plus généralement parce que de tels agissements se passent partout en France- garantisse l’impunité et maintienne en place des agents qui dénaturent le rôle de la police. C’est irresponsable cela ne peut qu’entraîner une perte de confiance qui serait préjudiciable pour tous et pour la cohésion sociale à laquelle une  justice «  juste » doit contribuer.
Quant à nous, nous devons rester unis pour continuer à mener ce combat, et à réclamer la justice dignement comme la famille Ajimi, continuer le combat pour ne plus être les boucs émissaires, continuer le combat pour Hakim mais aussi pour tous les cas similaires, continuer le combat pour la justice que l’on porte tous au plus profond de nous, continuer  le combat  pour amener la justice à faire son travail et si elle rechigne à le faire,  la pousser à assumer ses responsabilités.
Dans ce pays où l’on vit dans un Etat de droit, on n’a qu’une seule revendication, que la justice applique le droit, un même droit pour tous.
Tant qu’il n’y aura pas de justice, il n’y aura pas de paix.

Par Différences. La revue
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