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Colonialisme

Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 19:46
Par Différences. La revue - Publié dans : Colonialisme
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Samedi 15 octobre 2011 6 15 /10 /Oct /2011 18:30

17Octobre.gif Il y a cinquante ans, le 17 octobre 1961, à l’appel du Front de Libération Nationale algérien (FLN), 20 000 à 30 000 Algériens de Paris manifestent contre la terreur d'Etat et le couvre-feu qui leur est imposé, contre les violences policières qu’ils subissent quotidiennement et pour affirmer la revendication d’indépendance nationale de l’Algérie, à cette époque acquise de manière certaine. Disposant d’un permis de tuer, la police se déchaîne sur les manifestants, les arrête, les tabasse, les tue, jette leurs corps dans la Seine. Aucun chiffre précis ne peut être avancé à ce jour, du fait de l’opacité et des négations de l’État français, mais il est admis par les études les plus sérieuses que, en septembre et octobre 1961, plusieurs centaines d’Algériens ont été tués par la police parisienne.

 

Si les finalités n’étaient pas les mêmes, comment ne pas établir un parallèle entre les techniques de police utilisées par Vichy et celles utilisées pour traquer les militants algériens de Paris dans les années 1950 et au début des années 1960 ? Les deux systèmes ont en effet plusieurs points communs. Soumis à une législation d’exception, traqués, raflés, transportés dans des véhicules mis à disposition de la police par la RATP, les Algériens étaient conduits dans des camps et des « centres de tri ». Ils y étaient parfois détenus de longues semaines, recensés, questionnés, passés à tabac, torturés, quand ils n’étaient pas tués à la sauvette, le tout sous la direction de Maurice Papon, passé de la traque des Juifs et des résistants en France à celle des anticolonialistes dès 1945 en Algérie et au Maroc. Papon a dirigé, à partir de mars 1958, une Préfecture de Police de Paris rapidement transformée en machine de guerre contre le FLN et l'ensemble des Algériens.

 

Comment ne pas voir que ce qui se joue dans le souvenir d’octobre 1961 a des résonances profondes aujourd’hui ?

En Palestine, soumise au joug colonialiste, l'armée israélienne recycle et perfectionne les méthodes répressives « contre-insurrectionnelles » inventées par les militaires français après leur cinglante défaite à Diên Biên Phu, mises en oeuvre  en Algérie et transposées à Paris à la fin des années 1950.

En France, si les conditions ne sont pas les mêmes, la police semble souvent continuer à jouir d’une impunité lorsqu’elle cause la mort de jeunes hommes, le plus souvent basanés, le plus souvent habitants des quartiers populaires, au nom du prétendu combat de l'Etat contre « l'ennemi intérieur » .

 

 À l’heure où l'Etat organise la réhabilitation du colonialisme, l’UJFP - qui compte dans ses rangs de nombreux camarades qui ont lutté dans ou avec le mouvement de libération algérien – soutient toutes les manifestations organisées en France à l’occasion du cinquantième anniversaire du 17 octobre 1961. Que ce soit pour l'histoire de la destruction des Juifs en Europe ou celle de la guerre d'Algérie, nous préférons la vérité des faits et la compréhension des engrenages qui ont conduit à ces crimes, aux reconnaissances étatiques derrière lesquelles se cachent des instrumentalisations malhonnêtes de nos histoires. 

Octobre 1961 est la date d’un massacre d’Etat faisant suite à un long cycle de violences et d'assassinats qui s'est étendu sur plusieurs semaines. Mais le 17 octobre 1961 est aussi la date d’un combat: celui de femmes et d’hommes dressés dans les rues contre le racisme, contre les violences policières et contre le colonialisme.

À nous de continuer dignement leur combat.

 

Le BN de l’UJFP le 10 octobre 2011

Par Différences. La revue - Publié dans : Colonialisme
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Vendredi 14 octobre 2011 5 14 /10 /Oct /2011 18:27

17 octobre 1961, un crime oublié.

 

photo-affiche-nuit-noire-17-octobre-1961Cela fait désormais un demi-siècle que l’on occulte; un massacre en plein Paris. Ce jour-là des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants manifestaient pacifiquement contre un couvre feu raciste. Une répression sanglante d’une violence et d’une sauvagerie inouïe se déclencha et se poursuivra jusqu’au 20 octobre. Arrestation massives, noyades, tortures et déportation frapperont aveuglement les algériens de Paris et de sa banlieue.   

Pendant 3 jours, rafles, matraquages et sévices furent la règle. Partout à la porte de paris aux bouches de métro la police traque l’arabe avec une férocité sans nom. Papon déclara à l’époque : « la police française a fait ce qu’elle devait faire ».

L’assassinat de policiers pourrait expliquer la tension qui régnait mais surement pas l’abjection de la torture et de l’assassinat. 50 ans après rien n’explique, la coupable amnésie, et le refoulement de la responsabilité de l’Etat sur ce qui reste un véritable crime d’état. Etrange duplicité.

Pourquoi ce refus de faire amende honorable ? Point de repentance nous dit-on ! Quelle erreur, quel mépris pour ces pauvres hères battus, humiliés, dont les corps de certains seront retrouvés plusieurs jours plus tard dans les écluses. Depuis quand l’aveu des fautes est-elle préjudiciable à un pays ? Le déshonneur n’est-il pas plutôt dans ce manquement aux responsabilités ? La reconnaissance par le président Chirac de la faute commise par la France lors des rafles du Vel d’hiv, a non seulement pansé définitivement une plaie mais a en plus grandi celui qui l’a fait. Il y a 10 ans pour le quarantième anniversaire on apposait une plaque commémorative, aujourd’hui après cinquante ans n’est-il pas temps de vider l’abcès. Ou alors veut-on attendre que les derniers témoins disparaissent ? Cela tordrait le cou à cette habitude que l’on a pris de faire un éternel aggiornamento sur l’histoire de la guerre d’Algérie, et qui sait, on aurait peut être là un prélude à une indispensable réflexion historique sur cette période. Il est plus que temps, car comment espérer construire une relation sereine avec l’Algérie sans mettre à plat les contentieux qu’il faudra de toute manière régler un jour, combien de temps continuera t-on à mettre la poussière sous le tapis ? Il ne suffira pas d’une commission Kaspi pour enterrer le problème, ou d’un oukase pour décider que le débat est clos. Au contraire, que l’on ouvre les archives et laissons travailler les historiens, après viendra le temps des politiques, qu’ils soient de droite ou de gauche. A l’aube de la commémoration du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie, tirons profit de l’année en cours, pour amorcer un processus de réconciliation avec l’Histoire. Pourquoi maintenir cette chape de plombs sur cette journée de disparus !

 En cette période où nous allons désigner le futur chef de l’Etat, il serait bienvenu que les candidats républicains s’engagent à faire toute la vérité sur le 17 octobre 1961 pour tourner cette page tragique il faut d’abord l’écrire c’est pour qui il est impératif qu’il est un libre accès des chercheurs aux archives de la guerre d’Algérie et que cette date soit inscrite  dans les manuels scolaires.

Ce que nous attendons c’est que ce crime d’état, raciste et colonialiste organisé par des fonctionnaires de l’état français soit reconnu officiellement.

Nous nous ne voulons pas culpabiliser l’ensemble du peuple français mais nous voulons empêcher l’oubli et construire une mémoire solidaire qui puisse fonder aujourd’hui une convivialité entre le peuple français et le peuple algérien.

Cette commémoration n’est pas pour nous un vague récit d’un passe douloureux, mais un acte de mémoire au présent, indispensable pour construire le vivre ensemble, car l’oubli structure les logique de revanche et participe a la production et reproduction de discriminations.

 

  Nous sommes certains que cette mesure aurait un écho dans la France d’aujourd’hui et favoriserait le vivre ensemble. On sait combien il reste de ressorts inconscients qui structurent les comportements et nourrissent aussi les ressentiments et l’impression qu’ont certains d’être regardés encore comme des ennemis intérieurs, comme si cette période noire n’était pas finie.

Un peu de courage monsieur le Président, renouvelons l’historiographie à la lumière de la vérité!

 

Mouloud Aounit, président d’Honneur du MRAP

Madjid Si Hocine , médecin et animateur du collectif l’Egalité d’abord !

 

Tribune parue dans L'Humanité du 12 octobre 2011

 

humalogo

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Jeudi 13 octobre 2011 4 13 /10 /Oct /2011 18:18

Blog de Laurent Mucchielli

 

Sinistre souvenir : la police parisienne et les Algériens (1944-1962)

22 09 2011

police_parisienne_et_algeriens_mini-copie-1.jpgLe « problème nord-africain » : c’est ainsi que la police a pris pour habitude de qualifier après-guerre la question des Algériens installés en région parisienne. Théoriquement égaux en droit avec les autres citoyens français, ils étaient cantonnés à certains emplois et quartiers, en butte à une forte emprise policière et objets de nombreux fantasmes touchant à leurs pratiques sexuelles ou délinquantes.
De 1925 à 1945, les Algériens ont été « suivis » par une équipe spécialisée, la Brigade nord-africaine de la préfecture de police. Celle-ci dissoute, les « indigènes » devenus « Français musulmans d’Algérie » sont désormais l’affaire de tous les personnels de police. Au début des années 1950, l’émeute algérienne devient un sujet de préoccupation majeur, exacerbé par la répression féroce de la manifestation du 14 juillet 1953. Une nouvelle police spécialisée est alors reconstituée avec la Brigade des agressions et violences. Ses objectifs : pénétrer les « milieux nord-africains » et ficher les Algériens.
Entre 1958 et 1962, dans le contexte de la guerre ouverte en Algérie, le répertoire policier se radicalise : il faut désormais « éliminer les indésirables ». Rafles, camps d’internement et retours forcés se multiplient. Les brutalités policières deviennent fréquentes, jusqu’à la torture. Le préfet de police Maurice Papon reçoit un « chèque en blanc » pour combattre le FLN. Les massacres d’octobre 1961 incarnent le moment le plus tragique de cette période noire. Les mécanismes en sont éclairés par cette étude historique rigoureuse.

  • Commander ce livre d'Emmanuel Blanchard (Université de Versailles Saint-Quentin).

  • Lire un article de E. Blanchard sur « La répression policière et administrative des Algériens de métropole » (LDH de Toulon)

  • Découvrir aussi le livre de Guillaume D'Hoop Les Algériens sous le prisme des faits divers (1954-1962) (L'Harmattan, 2011).

Par Laurent MUCCHIELLI - Immigration, xénophobie, islam

 

 

 

Par Différences. La revue - Publié dans : Colonialisme
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Dimanche 18 septembre 2011 7 18 /09 /Sep /2011 00:14

Malek, Saïd, Karim et les autres...

Un film de Florence Corre et Aurel                               © La Fabrique 2011

 

Octobre Noir 4


17 octobre 1961 à Paris. Cinq jeunes algériens et trois jeunes français sont en route pour manifester pacifiquement contre le couvre-feu instauré par le Préfet de police Maurice Papon. Cette manifestation est l’occasion pour les algériens de montrer leur volonté de dignité. Pour Malek, le protagoniste, elle est signe d’espoir d’un avenir pour sa génération en France. Saïd, le copain de Malek, y trouve l’occasion d’exprimer sa frustration. Les trois français, eux, manifestent pour une France respectant sa devise républicaine. Tous se lancent, confiants, dans les rues de Paris, sûr de leurs droits d’Homme.

AUREL - Réalisation, Graphisme

Florence CORRE - Réalisation, Scénario & Dialogues

Ibrahim MAALOUF - Musique

Xavier JULLIOT - Producteur

Court-métrage de 12 minutes produit par LA FABRIQUE PRODUCTION  

Où voir le film ?  Bande annonce (à venir)  ~  Salles et festivals

Par Différences. La revue - Publié dans : Colonialisme
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