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Israël-Palestine

Mardi 18 octobre 2011 2 18 /10 /Oct /2011 20:01

Alors que les négociations semblent devoir aboutir et qu’un espoir raisonnable se fait jour, comme une grande majorité de citoyens, nous ne pouvons que nous féliciter dès à présent de l’issue favorable que représentera pour les familles le retour parmi les leurs du soldat de l’armée israélienne Gilad Shalit et des prisonniers palestiniens incarcérés en Israël et toujours restés anonymes.

Si le soulagement ne peut être que la réaction première, il n’est pas inutile cependant d’insister sur le fait que les interventions militaires et les démonstrations de force auxquelles ont pu se livrer les forces israéliennes sont restées sans effet, quand bien même elles n’ont pas retardé une solution.  Seules les négociations –et sans aucun doute les concessions réciproques- ont eu raison d’une situation bloquée depuis cinq ans.

Il est sans aucun doute regrettable que l’entêtement dont certaines autorités ont pu faire preuve ait conduit à la prolongation de la détention du soldat Gilad Shalit et que le gouvernement israélien  ait mis autant de temps avant de se résoudre à prendre en considération les demandes de la partie adverse et qu’un règlement puisse être trouvé.

Plus largement, cette affaire douloureuse pour toutes les familles montre à quel point seuls la détermination et l’esprit de résistance peuvent conduire Israël à négocier même si on peut juger regrettable que ce soit le Hamas qui rappelle en Palestine mais aussi  partout ailleurs à tous ceux qui sont engagés dans des luttes difficiles dans les domaines syndicaux, politiques et des revendications essentielles qu’il ne peut y avoir de succès sans résistance opiniâtre et inscription de la lutte dans la durée.

Si le dernier mot doit rester à la négociation, la détermination du plus grand nombre et le soutien le plus large de la population restent les conditions premières du rapport des forces, en France, en Israël, en Palestine, comme ailleurs. C’est cette détermination qui fait cruellement défaut au gouvernement français pour obtenir la libération de Salah Hammouri, le jeune franco-palestinien toujours incarcéré en Israël mais plus généralement  pour obliger  Israël à respecter les droits fondamentaux du peuple palestinien.

 

MRAP pluriel

Par Différences. La revue - Publié dans : Israël-Palestine
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Lundi 10 octobre 2011 1 10 /10 /Oct /2011 19:45

Vous trouverez ci-dessous l'article de Dominique Vidal paru  sur Mediapart et les commentaires de  Charles Enderlin à ce sujet.
Défendons la liberté d'information ! Si Antenne  2 reçoit beaucoup  de lettres de défense de l' émission "Un oeil sur la planète" du lundi 3/10, cela fera contre poids à la tentative de censure des  sionistes.

Voici l'adresse du médiateur: mediateurinfo@france2.fr

 

Dominique Vidal :

 

Monsieur le censeur, bonsoir !

Lundi soir, sur France 2, « Un œil sur la planète » entendait répondre à la question « Un Etat palestinien est-il possible ? ». Comme la plupart des émissions consacrées à ce conflit, celle-ci a suscité des réactions contradictoires et souvent passionnées de téléspectateurs disant soit leur satisfaction, soit leur insatisfaction. Rien là que de normal et d’habituel.

Ce qui l’est moins, c’est que Richard Prasquier, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), lui consacre mardi matin son éditorial sur le site de ce dernier. Avec le sens aigu de la nuance qui le caractérise, il parle d’« écœurement » devant le « parti-pris violemment anti-israélien » de l’émission, de « procédés caricaturaux », de « pseudo-explications historiques » et d’« informations de seconde main » - ce qui, s’agissant de reportages sur le terrain relève pour le moins du paradoxe…

Ces épithètes surprennent d’autant plus que le signataire reconnaît n’avoir « pu voir que la dernière partie de l’émission ». Pour éviter une « réaction immédiate » dont il craint qu’elle ne soit « gravement contre-productive », il annonce donc que le CRIF va se « laisser le temps de visionner » le tout. Mais il ajoute aussitôt : « Nous serons intransigeants sur l'exigence de neutralité particulièrement nécessaire d'une chaîne de service public qui est payée par les contribuables que nous sommes. Notre travail s'inscrit dans une recherche de la vérité aujourd'hui trop souvent remplacée par le primat donné à la “bonne” idéologie, celle qui voit les Israéliens en noir et les Palestiniens en blanc. Nous l'avions déjà exprimé auprès de France 2 lors de l’“affaire Al Dura”. Nous allons continuer. »

Cette réaction pose deux questions :

- à quel titre une institution communautaire censée défendre les intérêts de la partie de la population française qu’elle représente prétend-elle juger d’une émission de télévision consacrée à un conflit international ? Si « Un œil sur la planète » avait traité des Juifs de France, le CRIF aurait eu toute légitimité pour la commenter. Mais c’est d’Israël et de la Palestine qu’il s’agit : Richard Prasquier se considérerait-il comme un ambassadeur bis d’Israël ?

- de quelle compétence le président du CRIF dispose-t-il pour dire la « vérité » sur ce conflit ? A ma connaissance, il est cardiologue, et non historien, géopolitologue ou journaliste spécialisé. Ne serait-il pas plus raisonnable de laisser des tels professionnels, bien sûr de sensibilités diverses, apprécier le sérieux et l’honnêteté d’une émission de télévision ? En l’occurrence, il suffit, selon moi, de regarder cet « Œil sur la planète » pour s’en convaincre – et j’invite chacun à le faire en consultant le site http://oeil-sur-la-planete.france2.fr/?page=emissions&id_rubrique=89

Mais cet éditorial, dans son outrance même, attire à nouveau l’attention sur une dérive grave de Richard Prasquier et, avec lui, de l’institution qu’il préside. Déjà, il avait prétendu, depuis des années, faire sanctionner mon excellent confrère Charles Enderlin, harcelé par des diffamateurs que la justice a d’ailleurs condamnés il y a peu. Puis il s’est vanté d’avoir fait interdire, en janvier dernier, une conférence à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm avec Stéphane Hessel, objet d’attaques aussi répétées qu’indignes sur le site du CRIF. Exigera-t-il, demain, la tête de l’équipe d’« Un œil sur la planète » ?

Que Richard Prasquier ait entraîné le CRIF dans une dérive à droite, en termes de positionnement en France comme de soutien inconditionnel à la politique de Benyamin Netanyahou choque déjà la majorité de nos compatriotes juifs qu’il ne représente plus. Mais s’il s’en prenait au droit d’expression et d’opinion, il romprait avec la tradition même du judaïsme français, qui a toujours consisté à s’engager du côté des libertés. C’est pourquoi, paraphrasant la fameuse sortie de feu Maurice Clavel, je suis tenté de lui dire : « Monsieur le censeur, bonsoir ! »

Dominique Vidal *

* Historien et journaliste, auteur avec Alain Gresh et Emmanuelle Pauly des 100 Clés du Proche-Orient (Fayard, Paris, 2011

 

Charles Enderlin :

Je n’ai participé ni à la préparation, ni à la réalisation d’Un œil sur la planète. Ma seule contribution a été l’interview  deNabil Shaath, responsable des affaires internationales du Fatah. A l’exception de Martine Laroche Joubert, je ne connais pas les journalistes, auteurs des reportages. Je me sens donc libre de publier mon point de vue.

D’abord, je n’ai relevé dans les divers sujets aucune fausse information. La Cisjordanie se développe dans la non-violence comme l’a montré Martine Laroche Joubert avec »Un Etat en marche » . J’ajouterai que l’armée et les services de sécurité israéliens se félicitent de leur coordination avec la nouvelle police palestinienne. A Gaza, le Hamas – le pire ennemi d’Israël – a mis en place un régime totalitaire, et la majeure partie de la population n’en peut plus. Oui, dans ce territoire se développe Al Qaida. C’est un scoop du sujet « Les mille visages de Gaza ».

Le problème des colonies montré dans le reportage « Les frontières de la discorde » est exact. Les agriculteurs palestiniens ont le plus grand mal à aller cultiver leurs terres de l’autre côté de la barrière de séparation. Effectivement, dans la vallée du Jourdain les Palestiniens et les bédouins n’ont pas le même accès à l’eau qui va en priorité aux colonies.

Pour plus de détails, consultez : http://www.btselem.org/jordan_valley/water.

On comprend la raison pour laquelle les organisations pro-israéliennes ne veulent pas qu’une chaine publique montre cette situation scandaleuse. A regretter l’absence dans ce tournage des attaques commises par des colons extrémistes contre des Palestiniens. Incendie de mosquées, destruction de champs d’oliviers, attaques d’unités de l’armée israélienne.. J’ai bien écrit : attaques d’unités de l’armée israélienne. Bien sur, il y a aussi des actions violentes de la part de palestiniens. Lorsque leurs auteurs sont capturés ils passent devant des tribunaux israéliens. De quand date un seul procès de colon ayant incendié une mosquée ? Cherchez … En l’occurrence, les auteurs d’Un œil sur la planète n’ont pas voulu entrer dans une comptabilité macabre.

« Un droit au retour », tourné au Liban, apporte plutôt de l’eau au moulin de la droite israélienne. Sa conclusion : au pays des Cèdres, les Palestiniens ne veulent pas d’état, seulement revenir en Israël..

Il n’empêche, Patrick Boitet et Etienne Leenhardt ont reçu des centaines de mails d’insulte et de menace. Richard Prasquier, le président du Crif a demandé un rendez vous à Rémy Pfimlin, le Président de France Télévisions, affirmant que l’équipe qui a réalisé l’émission : « a présenté, d’un conflit complexe, une image caricaturale et unilatérale », « en distordant les causalités, en ridiculisant l’adversaire, sans éviter les insinuations à la limite des théories conspirationnistes antisémites » Maniant, à son habitude, l’insulte, Philippe Karsenty, l’ami de Mr.Prasquier en profite par ailleurs, pour me traiter de « délinquant multi récidiviste » Etc. Etc. Sur ce personnage, voir mon livre « Un enfant est mort. Netzarim 30 septembre 2000 »

La réponse à ces réactions violentes se trouve dans le sujet sur « Le lobby pro-israélien » aux Etats-Unis. M.J. Rozenberg, un ancien d’AIPAC raconte comment des organisations comme « Camera » traquent les journalistes déviants. « Le lobby, dit-il, rend la vie difficile aux journalistes qui ne sont pas perçus comme pro-israéliens. Ils auront du mal à trouver un job ou s’ils en ont un à garder un poste. Lorsque je travaillai à AIPAC, il y avait des listes, des dossiers sur chaque reporter. »

L’attaque généralisée contre « Un œil sur la planète » entre visiblement dans ce cadre. Il ne faut rien montrer qui soit défavorable à la politique israélienne d’occupation. Cela s’appelle de la censure et c’est une atteinte intolérable au droit d’informer.


Par Différences. La revue - Publié dans : Israël-Palestine
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Lundi 3 octobre 2011 1 03 /10 /Oct /2011 21:42

 

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Tenu devant l’Assemblée générale de l’ONU, le discours de Nicolas Sarkozy du 21 septembre sur la Palestine se veut constructif, plus ouvert que celui du président Obama, plus équilibré. En réalité, malgré tout ce qu’on peut en lire, il confirme l’ambiguïté de la politique française, pour ne pas dire son alignement sur Israël.

Analyse rapide (mes commentaires sont en gras)

Monsieur le Secrétaire général,

Lorsque nous nous sommes retrouvés, ici même en septembre de l’année dernière, lequel d’entre nous pouvait imaginer qu’en un an à peine, le monde, déjà bouleversé par une crise économique sans précédent, allait à ce point changer ?

En quelques mois, les « printemps arabes » ont fait se lever une immense espérance.

Depuis trop longtemps des peuples arabes soumis à l’oppression ont pu relever la tête [sic] et ont réclamé le droit d’être enfin libres. Avec leurs mains nues, ils se sont opposés à la violence et à la brutalité.

A ceux qui proclamaient que le monde arabo-musulman était par nature hostile à la démocratie et aux droits de l’Homme, les jeunes arabes ont apporté le plus beau démenti.

Mesdames et Messieurs, mes chers collègues, nous n’avons pas le droit de décevoir l’espérance des peuples arabes.

Nous n’avons pas le droit de briser leur rêve.

Car si l’espérance de ces peuples était brisée, cela donnerait raison aux fanatiques qui n’ont pas renoncé à dresser l’Islam contre l’Occident en attisant partout la haine et la violence.

C’est un appel à la justice qui a ébranlé le monde, et le monde ne peut pas répondre à cet appel à la justice par la perpétuation d’une injustice.

Ce miraculeux printemps des peuples arabes nous impose une obligation morale, une obligation politique de résoudre enfin le conflit du Moyen-Orient.

Nous ne pouvons plus attendre !
La méthode utilisée jusqu’à présent, je pèse mes mots, a échoué. Il faut donc changer de méthode [est-ce vraiment une simple question de méthode ?] !

Il faut arrêter de croire qu’un seul pays, fut-il le plus grand, ou qu’un petit groupe de pays peuvent résoudre un problème d’une telle complexité. Trop d’acteurs majeurs sont laissés de côté pour pouvoir aboutir [c’est une pierre dans le jardin des Etats-Unis, mais il ne dit pas en quoi le fait d’associer d’autres acteurs facilitera la résolution du problème].

Je voudrais dire que personne ne peut imaginer que le processus de paix ne puisse se passer de l’Europe, que personne ne peut imaginer que le processus de paix puisse se passer de tous les membres permanents du Conseil de Sécurité, que personne ne peut imaginer que l’on puisse se passer des États arabes qui ont déjà fait le choix de la paix.
Une approche collective est devenue indispensable pour créer la confiance et apporter des garanties à chacune des parties [encore une fois, il ne dit pas en quoi la participation de l’Union européenne ou du Brésil changera la donne ; la conférence d’Annapolis de 2007 avait vu une large participation internationale, sans aucun résultat].

Alors bien sûr, la paix sera faite par les Israéliens et par les Palestiniens.
Par personne d’autre.
Et nul ne peut prétendre la leur imposer [en gros, Israéliens et Palestiniens négocient d’égal à égal, comme si un occupant pouvait être mis sur le même plan qu’un occupé].
Mais nous devons les aider.

La méthode ne fonctionne plus.

Reconnaissons ensemble que fixer des préalables à la négociation, c’était se condamner à l’échec [une critique des déclarations d’Obama qui avait proposé le gel de la colonisation comme préalable ; négocions donc comme on le fait depuis 20 ans, tout en laissant les colonies prospérer].
Les préalables, c’est le contraire de la négociation. Si l’on veut entrer dans la négociation, qui est le seul chemin possible pour la paix, il ne faut pas de préalables [sur quelles bases négocie-t-on ? il faut négocier sur la base des résolutions de l’ONU, du droit international].
Changeons de méthode !

Tous les éléments d’une solution sont connus : la Conférence de Madrid de 1991, le discours du président Obama du 19 mai dernier, la feuille de route, l’initiative arabe de la paix et les paramètres agréés par l’Union européenne. Alors cessons de débattre à l’infini des paramètres et que les négociations commencent [c’est un raisonnement absurde qui cache l’essentiel : le gouvernement israélien n’est pas du tout prêt à accepter ces éléments de solution]. Adoptons un calendrier précis et ambitieux.

60 ans sans que cela avance d’un centimètre. Est-ce que cela ne nous impose pas de changer de méthode et de calendrier ?

— Un mois pour reprendre les discussions ;
— Six mois pour se mettre d’accord sur les frontières et sur la sécurité ;
— Un an pour parvenir à un accord définitif.

(En quoi l’adoption d’un calendrier change quelque chose ? Que ce passe-t-il si ce calendrier n’est pas respecté ? Le gouvernement français prendra-t-il des sanctions contre les responsables de l’échec qui sont déjà connus ?)

Et la France propose d’accueillir, dès cet automne, une Conférence des donateurs afin que les Palestiniens puissent parachever la construction de leur futur État. La France veut vous dire qu’il ne faut pas chercher d’emblée la solution parfaite, parce que de solution parfaite, il n’y en a pas !

Choisissons la voie du compromis, qui n’est pas un renoncement, qui n’est pas un reniement, mais qui permettra d’avancer, étape par étape [Quel compromis ? L’acceptation par la direction palestinienne de 22 % de la Palestine historique n’est-elle pas un compromis suffisant ?].

Voilà donc 60 ans que les Palestiniens attendent leur État. Est-ce qu’il n’est pas venu le moment de leur donner de l’espérance ?
Voilà 60 ans qu’Israël souffre de ne pas pouvoir vivre en paix.
Voici 60 ans que la question de la coexistence pacifique des deux peuples palestinien et israélien demeure lancinante.

Nous ne pouvons plus attendre pour prendre le chemin de la paix !

Mettons-nous à la place des Palestiniens.
N’est-il pas légitime qu’ils réclament leur Etat ?
Bien sûr que si ! Et qui ne voit que la création d’un Etat palestinien démocratique, viable et pacifique serait, pour Israël, la meilleure garantie de sa sécurité ?

Mettons-nous à la place des Israéliens.
N’est-il pas légitime qu’après 60 ans de guerres et d’attentats, ils demandent des garanties pour cette paix si longtemps attendue ?
Bien sûr que si ! Et je le dis avec force : si quiconque à travers le monde menaçait l’existence d’Israël, la France serait immédiatement et totalement aux côtés d’Israël. Les menaces à l’endroit d’un Etat membre des Nations Unies sont inacceptables et ne seront pas acceptées [Mais qui menace sérieusement la sécurité d’Israël ? Et comment définit-on la sécurité ? Pour l’establishment israélien, la sécurité d’un Israélien vaut la vie de dix Palestiniens].

Nous sommes aujourd’hui devant un choix très difficile. Chacun sait bien – et arrêtons avec les hypocrisies ou la diplomatie d’un jour – chacun sait bien qu’une reconnaissance pleine et entière du statut d’Etat membre de l’ONU ne peut être obtenue dans l’immédiat. La raison première en est le manque de confiance entre les principaux acteurs [entre l’occupant et l’occupé, peut-il y avoir une confiance réelle ?]. Mais disons-nous la vérité : qui peut douter qu’un veto au Conseil de sécurité n’engendrera pas un cycle de violence au Proche-Orient ? Qui peut en douter ?

Faut-il pour autant exclure une étape intermédiaire ? Pourquoi ne pas envisager pour la Palestine le statut d’Etat observateur aux Nations Unies ? _ Ce serait un pas important, nous sortirions après 60 ans de l’immobilisme, l’immobilisme qui fait le lit des extrémistes. Nous redonnerions un espoir aux Palestiniens en marquant des progrès vers le statut final.

Pour marquer leur engagement déterminé en faveur d’une paix négociée, les dirigeants palestiniens devraient, dans le cadre de cette démarche, réaffirmer le droit à l’existence et à la sécurité d’Israël. Ils devraient s’engager à ne pas utiliser ce nouveau statut pour recourir à des actions incompatibles avec la poursuite des négociations [Ainsi, les Palestiniens renonceraient à la seule carte que leur donnerait le statut de membre observateur, la possibilité d’aller devant la Cour pénale internationale (CPI), et de poursuivre des individus pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité ; rappelons que les statuts de la CPI disent explicitement qu’installer des colons dans un territoire occupé est un crime de guerre].

Mes chers collègues, nous n’avons qu’une alternative : l’immobilisme et le blocage ou une solution intermédiaire qui permettrait de donner de l’espoir aux Palestiniens, avec un statut d’Etat observateur. Parallèlement, une même retenue devrait être observée par Israël, qui devrait s’abstenir de gestes qui préjugent du statut final [et l’arrêt de la colonisation ne serait pas un préalable à la négociation ?].

L’objectif ultime c’est bien la reconnaissance mutuelle de deux Etats nations pour deux peuples [il serait intéressant de nous préciser lesquels ? Cela pose le problème de l’Etat juif ; mais si Israël est l’Etat du « peuple juif », les juifs français membres de ce peuple, sont une minorité nationale ?], établis sur la base des lignes de 1967 avec des échanges de territoires agréés et équivalents.

Que cette Assemblée générale, qui en a le pouvoir, décide d’avancer, décide de sortir du piège mortel de la paralysie, décide de renvoyer les rendez-vous manqués et les relances sans lendemain !
Changeons de méthode !
Changeons d’état d’esprit !

Que chacun s’efforce de comprendre les raisons de l’autre, les souffrances de l’autre, les angoisses de l’autre.

Que chacun ouvre les yeux et soit prêt à faire des concessions.

Et en terminant, je veux le dire avec une profonde et sincère amitié pour le peuple palestinien, je veux dire aux Palestiniens : pensez aux mères israéliennes qui pleurent les membres de leur famille tués dans les attentats. Elles éprouvent la même douleur que les mères palestiniennes à qui l’on annonce la mort brutale d’un des leurs.

Je veux le dire avec une profonde et sincère amitié pour le peuple israélien : Ecoutez ce que criait la jeunesse des printemps arabes. Ils criaient : « Vive la liberté ! ». Ils ne criaient pas : « à bas Israël ». Vous ne pouvez pas rester immobiles alors que ce vent de liberté et de démocratie souffle dans votre région.

Je le dis avec une profonde et sincère amitié pour ces deux peuples qui ont tant souffert : le moment est venu de bâtir la paix pour les enfants de Palestine et pour les enfants d’Israël. Mais il serait trop accablant que l’Assemblée générale des Nations unies ne profite pas de l’opportunité du réveil des peuples arabes au service de la démocratie pour régler un problème qui fait le malheur de ces deux peuples qui, de toutes façons, sont condamnés à vivre à côté les uns des autres. Si nous prenons une solution de compromis, nous redonnerons de la confiance et nous redonnerons de l’espoir.

Je veux le dire avec gravité aux représentants de toutes les nations. Nous avons une responsabilité historique à assumer. C’est l’Assemblée générale des Nations unies qui porte ce rendez-vous avec l’Histoire.

Rassurons Israël et donnons un espoir au peuple palestinien. La solution est sur la table. Préférer la solution du compromis à celle du blocage, car le blocage satisfera peut-être tout le monde ici mais il créera des violences, des amertumes et des oppositions qui mettront en péril le réveil des peuples arabes. La France vous dit que la tragédie doit cesser pour une raison simple, c’est qu’elle n’a que trop duré.

Je vous remercie.

Quelques dernières remarques. Ce que Nicolas Sarkozy n’évoque pas du tout c’est ce qui se passera si les négociations n’aboutissent pas d’ici un an. Ce qu’il n’évoque pas, c’est que c’est le gouvernement d’extrême droite israélien qui est responsable du blocage. Ce dont il ne parle pas, c’est toutes les mesures soutenues par la France en faveur d’Israël (rehaussement des relations avec l’Union européenne, adhésion à l’OCDE, adhésion récente d’Israël au Centre d’études et de recherche nucléaire alors même que le programme nucléaire israélien est militaire, etc.). Qui peut croire que de telles mesures apparaîtront pour autre chose que ce qu’elles sont : un encouragement à la politique d’annexion d’Israël ?

 

 

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Mardi 27 septembre 2011 2 27 /09 /Sep /2011 20:45

http://www.renenaba.com/wp-content/uploads/2011/09/palestine-un.jpg

 

Article d'origine

 

Yasser Arafat, Mister Palestine for ever, part 2/2
René Naba | 23.09.2011 | Paris

Papier paru le 9 novembre 2009, réactualisé le 10 septembre 2011

III- Barack Obama dans l’histoire: Un président Bounty sans dessein, otage du lobby pro israélien, ou le premier président afro américain de la société post raciale américaine, porteur des valeurs universelles des Etats-Unis?

Les Palestiniens se sont résolus à se lancer, en septembre 2011, dans une campagne internationale pour l’adhésion de l’Etat de Palestine à l’ONU, particulièrement la reconnaissance de leur souveraineté sur les territoires dans les frontières de 1967, en vue de mettre tout un terme tout à la fois à l’expansionnisme rampant israélien et aux tergiversations occidentales, invoquant tantôt leur refus que la Palestine serve de «base soviétique» ou que Gaza ne serve de «base iranienne» feignant d’ignorer que le problème palestinien a pré existé à la création de l’Union soviétique, antérieur de soixante ans à l’accession de l’Iran au seuil nucléaire et que de revendications indépendantistes plus récentes ont déjà obtenu satisfaction telles le Kosovo ou le Sud Soudan, au mépris là du principe de l’intangibilité des frontières issues de la colonisation.

Depuis la 3me guerre israélo-arabe de juin 1967 et l’occupation des territoires arabes qui s’est ensuivie, 80 pour cent du territoire palestinien a été spolié et gangrené par des colonies israéliennes de peuplement, 80% des ressources aquifères de Cisjordanie ponctionnée au profit des Israéliens, de même que les ressources gazières au large de Gaza, au point que la Palestine est devenue la plus grande prison du monde de l’époque contemporaine avec ses dix mille prisonniers politiques palestiniens, quadrillé par 750 barrages militaires et un mur discriminatoire de séparation, alors que durant cette même période, 42% des hommes palestiniens ont été au moins une fois interpellés.

La chute du Mur de Berlin ne saurait occulter la nouvelle réalité issue de la mondialisation des flux. Aux murs anciens séquelles de la guerre froide (Corée, Chypre, Sahara occidental, Ceuta et Melilla, le filtre à l’immigration vers la riche Europe) se sont greffés de nouveaux murs notamment entre les Etats-Unis et le Mexique, le long du Rio Grande, pour protéger l’Amérique de l’invasion latino américaine, en Arabie saoudite, pour protéger la pétromonarchie tant de l’Irak que du Yémen que le Royaume a cherché à déstabiliser depuis un demi siècle; voire en Irak même, dans la zone verte de Bagdad, le périmètre aménagé dans l’ancien palais présidentiel irakien pour protéger les envahisseurs américains des coups de butoir de la guérilla irakienne. Mais de tous ces murs, seul le mur d’apartheid israélien a été édifié sur le territoire d’autrui. Un véritable «Mur de Jéricho moderne», qu’il importera d’abattre, dont la Cour internationale de Justice de La Haye a invité à son démantèlement partiel lorsqu’il rogne sur les territoires palestiniens occupés, estimant «illégal» cet édifice et «non conforme à plusieurs obligations légales internationales incombant à Israël». En ciment armé d’une hauteur de huit mètres, d’une longueur de 750 kilomètres, trois fois plus long que le Mur de Berlin et deux fois plus haut, ce «Mur d’Apartheid» enferme plus de trois millions de personnes dans des dizaines de villes et villages de Cisjordanie et de la région de Jérusalem.

En toute impunité, Israël a consacré en 44 ans, depuis 1967, plus de 17 milliards de dollars à la construction de colonies. Les accords d’Oslo, en 1993, prévoyait l’édification d’un état palestinien dans un délai de cinq ans. Mais en dépit de cet accord, le premier accord direct israélo-palestinien, le nombre des colons israéliens a triplé, passant de 200 000 à près de 600.000. La «feuille de route» adoptée par le Quartet, en 2003, appelait elle aussi au gel de la colonisation israélienne et au démantèlement des colonies de peuplement, mais Israël a refusé de s’y plier. Le peuple palestinien compte près de dix millions d’individus dans le monde.

Sans la moindre remontrance, entre 1947 et 1948, quelque 800 000 Palestiniens, soit 85% de la population palestinienne, ont été expulsés d’environ 500 villes et villages par les forces israéliennes puis par Israël. Du fait de l’essor démographique, plus de 4,8 millions de réfugiés palestiniens vivent de nos jours en Jordanie, au Liban, en Syrie et dans les territoires palestiniens occupés, la population de réfugiés la plus importante au monde.

Illustration symbolique du déracinement et de la volonté des Israéliens d’extirper les Palestiniens de leur terre ancestrale, Israël a adopté dès 1950 une «loi des absents» permettant à l’État israélien de s’approprier les biens vacants ou les biens devenus vacants par le départ forcé de leurs propriétaires palestiniens. Depuis cette date, plus de deux cents mosquées ont été profanées et détruites, remplacées par des bars et des boites de nuit. Le mouvement s’est amplifié en 2009 avec la décision israélienne de procéder à la désarabisation des noms de 2.500 (deux mille cinq cents) villes et localités arabes d’Israël, prohibant la commémoration de la Nakba, la perte de la Palestine, en 1948, gommant même ce terme des ouvrages scolaires, accélérant la colonisation de la Cisjordanie et du secteur arabe de Jérusalem, dans le souci de rendre irréversible la situation sur le plan cadastral. Rien qu’en 2006, les Israéliens ont déraciné 13.572 arbres, détruit 787 silos, 788 fermes avec leurs animaux (14.829 chèvres et moutons, 12151 vaches, 16.549 ruches d’abeilles), détruisant 425 puits, 207 maisons.

Dans un geste de défi, sans faire l’objet de la moindre injonction comminatoire, le gouvernement israélien, a donné jeudi 11 août 2011 son feu vert à la construction de 4.300 logements dans le périmètre du grand Jérusalem 1.600 à Ramat Shlomo, 2.000 à Givat Hamatos et 700 à Pisgat Zeev, trois quartiers de colonisation de Jérusalem-Est. Près de 200.000 Israéliens se sont installés dans une douzaine de quartiers de colonisation à Jérusalem-Est, où vivent quelque 270.000 Palestiniens.

Près de cent ans après sa fondation, le Foyer National Juif apparaît ainsi rétrospectivement comme la première opération de délocalisation de grande envergure opérée sur une base ethnico religieuse en vue de sous traiter au monde arabe l’antisémitisme récurent de la société occidentale. Le refuge des juifs, des rescapés des camps de la mort et des persécutés, le pays du Kibboutz socialiste et de la fertilisation du désert, des libres penseurs et des anticonformistes, est devenu aussi, au fil des ans, un bastion de la religiosité rigoriste, des illuminés et des faux prophètes, de Meir Kahanna (Ligue de la Défense Juive) à Baruch Goldstein (l’auteur de la tuerie d’Hébron, le 25 février 2004), des gangs mafieux et des repris de justice, des Samuel Flatto-Sharon, à Arcady Gaydamak, à Marc Rich (1). Un phénomène amplifié par la décomposition de l’esprit civique, gangrené par l’occupation et la corruption affairiste des cercles dirigeants, matérialisé par le naufrage du part travailliste (le «parti des pères fondateurs»), et la cascade de démission au plus haut niveau de l’état soit pour harcèlement sexuel, soit pour des faits en rapport avec l’argent illicite. Et la Palestine, dans ce contexte, est devenue un immense défouloir de toutes les frustrations recuites générées des bas fonds de Kiev (Ukraine) et de Tbilissi (Géorgie) au fin fond de Brooklyn (Etats-Unis), le plus grand camp de concentration à ciel ouvert pour les Palestiniens, les propriétaires originels du pays.

Un tel bilan ne s’est accompagné de la moindre menace d’intervention humanitaire en faveur des Palestiniens, ni de la moindre menace de sanctions à l’encontre d’Israël. Manifeste est le décalage entre le zèle humanitariste déployé dans la zone arabo africaine et l’impassibilité occidentale à l’égard d’Israël, au point que la question de Palestine apparait désormais comme la ligne de fracture majeure entre le Nord et le sud, au point que le dépassement du conflit ne saurait provenir que d’une initiative audacieuse proposant l’inscription de la Palestine au patrimoine de l’humanité.

En pleine tourmente contestataire arabe, l’Arabie Saoudite, jusque là relativement épargnée, se trouve sur la question palestinienne devant une redoutable épreuve. Principal bénéficiaire des coups de butoir d’Israël contre le noyau dur du monde arabe, l’Egypte, la Syrie, le Liban, l’Irak, les Palestiniens, le meilleur allié arabe de l’Amérique apparaît sinon le complice à tout le moins le «dindon de la farce» du duo israélo-américain, au point de se placer, de même que les Etats-Unis en porte à faux de l’opinion arabe et musulmane.
Le chef de file de l’Islam sunnite a porté le fer aux quatre coins de la planète pour le compte de son protecteur américain, mais le bailleur de fonds des équipées militaires américaines dans le tiers monde (de l’Afghanistan au Nicaragua) n’est jamais parvenu à libérer l’unique Haut Lieu Saint de l’Islam sous occupation étrangère: la Mosquée d’al Aqsa à Jérusalem, alors que son leadership est désormais concurrencé par le nouveau venu sur la scène diplomatique régionale, la Turquie et sa posture néo-ottomane, de même que l’Iran, puissance du seuil nucléaire. Le loyal serviteur de l’Amérique, auteur de deux plans de paix pour le Proche Orient, n’a jamais réussi à faire entériner par son protecteur américain et son partenaire israélien, les propositions visant à régler le conflit israélo-palestinien, ni à prévenir l’annexion rampante de Jérusalem, ni la judaïsation de la troisième ville sainte de l’Islam, pas plus qu’il n’a pu éviter le basculement des grandes capitales arabes hors de la sphère sunnite avec Jérusalem sous occupation israélienne, Damas sous contrôle alaouite et Bagdad, enfin, sous partage kurdo-chiite.

L’issue de cette bataille engagée à l’ONU déterminera dans une marge mesure la crédibilité américaine dans la sphère arabo musulmane, de même que la place de Barack Obama dans l’histoire, à savoir s’il laissera le piètre souvenir d’un «président Bounty sans dessein», otage du lobby pro israélien, ou s’il y prendra place comme le premier président afro américain gravant dans la mémoire des peuples le souvenir du premier président de la société post raciale américaine, porteur des valeurs universelles que les Etats-Unis se targuent d’incarner.

A un an des élections présidentielles américaines, en novembre 2012, Barack Obama pourrait être tenté de faire usage de son droit de veto afin de ne pas s’aliéner le vote du lobby pro israélien aux Etats-Unis qui lui assurerait une «victoire à la Phyrrus», en ce que sa reconduction à un nouveau mandat, au détriment du droit et de la justice, se ferait au détriment de sa postérité future, comme ce fut le cas pour de nombreux dirigeants américains pro israéliens, à commencer par George Bush jr, «le pire président de l’histoire américaine».

Face au groupe occidental fragilisé par les crises cycliques de son économie, les revers budgétivores des guerres d’Afghanistan, d’Irak et de Libye, la montée en puissance de la Chine, la dynamique du «printemps arabe» et l’élimination des principaux pivots de l’influence occidentale dans la sphère arabo musulmane (Commandant Massoud Shah -Afghanistan, Benazir Bhutto-Pakistan, Rafic Hariri-Liban, Hosni Moubarak-Egypte, Zine el Abidine Ben Ali-Tunisie), l’Etat palestinien qui se profile désormais inéluctablement à l’horizon, compensation au rabais des turpitudes occidentales à l’égard du peuple palestinien innocent, retentit aussi rétrospectivement comme le triomphe posthume de Yasser Arafat, un hommage rétroactif au combat du chef historique du mouvement national palestinien, un hommage au porteur du keffieh palestinien, le symbole de l’identité palestinienne, promu désormais au rang de symbole universel du combat contre l’oppression, au même titre que l’icône sud américaine Ernesto Che Guevara de la Sierna et du sud africain Nelson Mandela.

Référence
1 – Marc Rich, spéculateur financier sur les matières premières, a fait l’objet de poursuite pour fraudes fiscales et trafic avec l’Iran. Le milliardaire s’enfuira pendant 17 ans des Etats-Unis pour échapper à la justice de son pays. Philanthrope des musées israéliens, il sera gracié par le président Bill Clinton le jour de son départ de la Maison Blanche, en 2001, sur intervention du premier ministre israélien Ehud Barak du Maire de Jérusalem de l’époque Ehud Olmert.

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Par Différences. La revue - Publié dans : Israël-Palestine
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Lundi 11 juillet 2011 1 11 /07 /Juil /2011 06:00

quel etatAprès plus de soixante années d'occupation et de colonisation israéliennes, l'État palestinien a souvent été annoncé, mais jamais réalisé.
S'il y a bien présence d'un territoire, celui-ci est réduit et émietté; s'il y a un pouvoir politique, il est contesté et depuis 2007 divisé; s'il y a une vie socioéconomique, elle est dépendante et soumise. Seul demeure un peuple - sûr de son droit - dont plus de la moitié est réfugiée ou exilée, soit sur son propre territoire, soit à l'extérieur. Dans ce contexte, comment fonder cet État, sut quelles réalités socioéconomiques, sur quelles bases constitutionnelles et autour de quel ordre juridique et politique le construire? Ce sont toutes ces questions qu'envisage le présent ouvrage, fruit d'un colloque tenu à Dijon fin novembre 2009.

 

 

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