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Vendredi 29 juillet 2011 5 29 /07 /Juil /2011 16:40

L'HELGOUALC'H Éric, Panique aux frontières : enquête sur cette Europe qui se ferme, postf. Pierre Henry, Max Milo, 2011, 317 p. 18,90 euro 

Présentation de l'éditeur :

lhelgoualch.jpgLe débarquement récent de milliers de migrants a ravivé en Europe la peur d'une invasion étrangère. En France et en Italie, les gouvernements réclament le renforcement des contrôles à l'intérieur et aux frontières de l'espace Schengen. L'Union européenne, espace de libre circulation des personnes et de promotion des droits de l'homme, semble peu à peu gagnée par une hostilité croissante à l'égard des étrangers. Quelle est la réalité des événements qui se déroulent aujourd'hui à nos frontières ? L'auteur a enquêté pendant un an sur le terrain, où il a rencontré responsables, migrants, dirigeants politiques et militants associatifs. Il nous livre un récit vif et éclairant, fruit d'une exploration sans détour de cette question complexe. Pour comprendre, par-delà les peurs. 

Éric L'Helgoualc'h, consultant en communication, diplômé en droit communautaire, a longtemps travaillé pour touteleurope.fr, l'un des principaux sites français d'information sur les questions européennes. Il a également publié des chroniques pour nonfiction.fr, liberation.fr, rue89.com. 

Pierre Henry, Directeur Général de France terre d'asile, est spécialiste des questions d'immigration, de développement et d'asile. 

Interview de l'auteur par Catherine Rolland, RFI, 23.07.11 :

http://www.rfi.fr/emission/20110723-panique-frontieres-enquete-cette-europe-ferme-eric-helgoualc-h-editions-max-milo 

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Vendredi 15 juillet 2011 5 15 /07 /Juil /2011 21:50

Éditorial de la Revue Cités (n° 46/2011). Sommaire et fiche technique en bas de page.

 

 

 

Éditorial

 

Dans quel monde voulons-nous vivre ?

 

Yves Charles Zarka


 

« Le terme 'immigration' a donc été inventé au début des années 1880 pour désigner un dramatique 'problème' de société, qu'il fallait résoudre de toute urgence pour sauver la France. Mais on constate que, dès cette époque, plus le nombre de ceux qui se sont dévoués à cette noble cause a grandi et plus 'le problème' s'est aggravé »

 

Gérard Noiriel1

 

revue-cites-46-b.jpgL'un des paradoxes du problème de l'immigration tient au fait qu'il est perçu à des périodes différentes, dont la nôtre, comme nouveau et d'une urgence encore inconnue, alors qu'il reproduit un schéma quasi-identique, jusqu'au vocabulaire employé, depuis les dernières décennies du XIXème siècle. Il y a, en quelque sorte, une structure identique du problème et des arguments récurrents. Ce qui changerait d'une époque à une autre, c'est le groupe social, ethnique, culturel stigmatisé. Le problème a resurgi à des périodes de crises sensibles : les dernières décennies du XIXème siècle qui débouchèrent sur l'Affaire Dreyfus, les années 1930 qui préparent bien des aspects de l'idéologie de Vichy, enfin la période que nous vivons depuis un certain temps déjà avec les crises énergétique, économique et financière, la montée et la persistance du chômage, tout cela redoublé par les effets de la mondialisation des marchés et l'ouverture de nouveaux espaces communicationnels. Sur quoi débouchera la résurgence actuelle du problème de l'immigration ? Nous ne le savons pas encore. Mais les issues antérieures devraient faire réfléchir tous ceux qui l'instrumentalisent à des fins électorales. La xénophobie développe chez les peuples des passions obscures et malsaines, contraires à la vertu civique et même au sentiment d'humanité, qui peuvent faire le lit de régimes politiques dangereux.

 

L'un des grands apports des travaux de Gérard Noiriel2 au problème de l'immigration est d'avoir montré comment ce “problème” s'est constitué dans les dernières décennies du XIXème siècle en même temps qu'apparaissait le vocable "immigration". Trois dimensions le définissent, dès sa naissance. Premièrement, l'idée que l'immigré est au moins potentiellement dangereux. Selon les cas, il est perçu comme une menace, un adversaire, voire un ennemi intérieur, surtout en cas de conflit extérieur. Quand il n'y a pas de conflit, on verra en lui une menace contre l'identité nationale. Deuxièmement, l'immigré est conçu comme constituant, sur le plan économique, une concurrence déloyale à l'égard des nationaux parce qu'il offre sa force de travail à un moindre prix, ce qui veut dire qu'il aurait un double effet négatif : il prend les emplois des nationaux et il dégrade les conditions sociales. Ces arguments ont été employés contre les Belges et les Italiens à la fin du XIXème siècle. Ils sont revenus il y a quelques années, au sein même de l'Union européenne, à propos du “plombier polonais”. Mais il va de soi que la figure de l'immigré aujourd'hui n'est pas assumée par l'Européen, mais le Maghrébin, plus généralement, le Musulman. Troisièmement, l'immigré est perçu comme ethniquement (culturellement, religieusement, moralement) inassimilable. On a beau lui donner la nationalité française, cela n'en fait pas un vrai Français, mais un Français d'origine étrangère, un corps extérieur, hétérogène à la nation, doté d'une citoyenneté de second rang (susceptible d'être révocable !).

 

Ces trois dimensions constituent la matrice idéologique des arguments qui stigmatisent l'immigration, mais aussi des fantasmes et des passions qui leur sont associés. Or cette matrice idéologique ne concerne pas exclusivement l'extrême droite, qui en fait bien entendu l'une des ressources principales de son discours, mais aussi certains courants politiques républicains. Le fait qu'aujourd'hui des arguments, habituellement utilisés par l'extrême droite, soient repris par certains partis de la droite républicaine n'est pas une grande surprise lorsqu'on se rappelle des conditions de la naissance du problème de l'immigration sous la Troisième République.

 

On voit donc comment, dès le départ, les termes du problème de l'immigration relèvent d'une construction idéologique, nullement de la constatation d'un état de fait, qui accrédite la mise en place de mesures à la fois législatives et politico-policières. Prendre la construction idéologique pour la réalité, c'est faire passer l'aveuglement pour de la clairvoyance et donner licence à tous les fantasmes et à toutes les peurs. La peur de l'immigré est parfois d'autant plus forte qu'il y en a moins, voire qu'il n'y en a pas du tout. On connaît bien ce phénomène qui opère également dans le cas de l'antisémitisme qui n'est d'ailleurs pas sans rapport avec celui de l'immigration.

 

Dans quelle société voulons-nous vivre ? Je le disais antérieurement, la peur, la xénophobie, l'hostilité à l'égard de celui qui est différent engendrent des sentiments et des passions qui corrompent profondément une société en lui faisant perdre le sens de la vertu civique et même celui d'humanité. Il est contraire aux faits et à la raison de penser que le rejet de l'immigré est compatible avec l'amitié entre les citoyens. Quand la peur se déclenche, quand elle s'étend, on ne sait jusqu'où elle peut aller. Le groupe social dangereux n'est pas immuable, il varie en fonction des circonstances et peut bien tomber sur un autre groupe social également fragile ou sans moyens de se défendre. Avant les immigrés, c.était la classe laborieuse, sans droits et surexploitée, qui était considérée comme dangereuse. Il est illusoire que l'on puisse composer l'amitié et l'hostilité. L'hostilité envahira tout l'espace social par extensions successives.

 

Je ne dis pas cela pour réclamer l'ouverture des frontières, l'accueil sans limite de "toute la misère du monde". Je le dis pour empêcher que des fantasmes ne viennent masquer la réalité des faits et pour permettre la recherche de solutions véritables qui tiennent compte des drames que vivent certaines populations. Je posais la question à l'instant de savoir dans quelle société nous voulons vivre, mais cette question ne peut être séparée d'une autre : dans quel monde voulons-nous vivre ?

 

Commençons par les fantasmes qui masquent la réalité, nous les avons vu opérer dans le fameux débat gouvernemental sur l'identité nationale, dans les mesures d'exclusion des Roms, dans les nouvelles initiatives de contrôle aux frontières de la France pour empêcher l'arrivée de Tunisiens débarqués sur les plages de Lampedusa. Dans le premier cas, on a réifié l'identité nationale, loin de la tenir pour ce qu'elle est, à savoir la conscience de soi qu'une collectivité nationale a d'elle-même, laquelle ne saurait être univoque et unilatérale, mais intègre une grande diversité de modes d'adhésion, d'histoires collectives et de traditions. On a voulu en faire un portrait robot, une image fixe et par définition exclusive de tout ce qui n'y correspond pas. L'identité nationale, comme l'identité personnelle, ne saurait être interprétée en termes de permanence. Une nation change, comme une personne change selon les âges de la vie, et pourtant l'une et l'autre conservent une identité, leur identité dans le changement même. C'est parce qu'une nation est vivante qu'elle change, comme une langue change par des apports extérieurs ou des modifications internes. Ne plus changer, c'est être mort. Dans le second cas, on a pris prétexte d'un fait divers, qui aurait dû être l'objet d'une procédure normale de maintien de l'ordre, pour en faire le signal d'une stigmatisation générale et d'une exclusion d'un groupe humain particulièrement fragile en Europe, les Roms, précisément parce qu.il se déplace et mène donc un type de vie différent. Il s'agissait d'une instrumentalisation visant bien entendu à faire croire à la population que le gouvernement veille sur tout et qu.il prend les mesures adéquates pour assurer la sécurité des Français. Il s'agit là moins de résoudre un problème de sécurité que de rassurer des peurs imaginaires que l'on a d'ailleurs contribué à susciter. Enfin, dans le troisième cas, à propos des Tunisiens, nous sommes également en plein fantasme : celui de l'arrivée d'immenses hordes d'individus affamés sur les côtes européennes. Mais les Tunisiens débarqués à Lampedusa ne sont pas des barbares affamés. Ce sont pour bon nombre d'entre eux des individus qui ont été élevés dans la culture française. Ils parlent le français et ont toujours considéré la France comme un pôle de référence, dans tous les domaines de la vie. Si l'on parle peu de la Tunisie en France, on parle en revanche constamment de la France en Tunisie. J'en sais quelque chose, pour y être né et y avoir vécu jusqu'à l'âge de douze ans. Il faut donc arrêter de fantasmer et revenir au réel. Le réel en l'occurrence est la complaisance incroyable des gouvernements successifs de la France à l'égard du régime de Ben-Ali. Il n'est sans doute pas nécessaire que je revienne ici sur l'indécente conduite de la diplomatie française au commencement de la révolution tunisienne.

 

Une fois les fantasmes dénoncés, la question revient : que faire ?

 

D'abord l'idée d'une fermeture complète des frontières n'est ni possible, ni souhaitable. Comment imaginer qu'un enfermement sur soi-même autour d'une identité fantasmée pourrait protéger la France contre les dangers qui viendraient de l'extérieur et pourrait lui permettre de retrouver sa grandeur dans le monde ? Le résultat serait exactement contraire. Qu'on se souvienne de l'histoire de l'Espagne au sortir de son Siècle d'Or. Celle-ci s'était refermée sur elle-même pour protéger sa grandeur. Le résultat fut un déclin de quatre siècles qui la fit passer du statut de première puissance du monde à celui de pays sous-développé à la mort de Franco. Est-ce cela que l'on veut ? Le déclin serait même aujourd'hui plus rapide à l'âge de la mondialisation.

 

Mais dire cela, ce n'est pas plaider pour l'abolition des frontières, pour une ouverture à l'infini et sans limite. Soutenir une abolition des frontières serait tomber dans une illusion symétrique de la précédente. Un monde sans frontières serait un désert peuplé d'individus interchangeables33. Un cauchemar. Mais les frontières ne sont pas des murs qui doivent nous séparer et nous enfermer, mais des lieux à la fois d'identification (linguistique, juridique, politique, etc.) mais aussi de passage et de rencontre.

 

Il faut donc changer notre vision du monde et concevoir que le destin d'un peuple ou d'une nation ne peut se concevoir isolément, comme séparé de ce qui l'environne. Comment pourrions-nous être heureux au milieu de populations qui vivent dans la souffrance et la désespérance ? La citoyenneté politique, liée à un territoire national, c'est-à-dire à des frontières historiques déterminées ne doit pas oublier la citoyenneté cosmopolitique, la seule citoyenneté qui soit naturelle et par laquelle nos destins individuels ou nationaux s'inscrivent dans le destin commun de l'humanité. Ce souci de l'inscription de notre destin dans celui de l'humanité, de notre pays dans celui de la terre, n'est pas une grande illusion, une vision utopiste du monde. C'est au contraire le réalisme le plus radical qui l'appelle. Plus rien de ce qui nous concerne ne peut être directement ou indirectement isolé de ce qui se passe dans le monde. Considéré ainsi, ce qu'on a appelé le « problème » de l'immigration peut prendre une tout autre signification.

 

1« L'immigration : naissance d'un 'problème' (1881-1883)”, in “L'invention de l'immigration”, Agone n° 40, Marseille, 2008.

2Le creuset français. Histoire de l’immigration, XIXe-XXe siècle, Paris, Seuil, 1988 ; État, nation et immigration. Vers une histoire du pouvoir, Paris, Belin, 2001 ; Immigration, antisémitisme et racisme en France (XIXe-XXe siècle), Paris, Fayard, 2007.

3Cf. mon texte sur “Murs sans frontières et frontières sans murs”, in Cités 31 consacré tout entier au thème “Murs et frontières”, Paris, PUF, 2008.

 

 

Page 3 à 7
Éditorial
Yves Charles Zarka   Dans quel monde voulons-nous vivre ?

 

Dossier : Immigration, fantasmes et réalités

Page 9 à 16

Jean-Pierre Cléro   Présentation

 

Page 17 à 32
Michèle Tribalat   Immigration et démographie

 

Page 33 à 46
Jérôme Martinez   Politiques d'immigration : bilan d'un échec

 

Page 47 à 68

 

Page 69 à 85
Éric Fassin   « Immigration et délinquance » : la construction d'un problème entre politique, journalisme et sociologie

 

Page 87 à 97
Guillaume Le Blanc   Politiques de l'hospitalité

 

Page 99 à 111
Didier Lassalle   Quelles leçons tirer de l'exemple européen ?

 

Page 113 à 118

 

Entretien

Page 119 à 129
Sortir de l'ethnicité

 

Vie politique

Page 131 à 132
Jacques de Saint-Victor   Présentation

 

Page 133 à 139
Sébastien Caré   Racines théoriques du libertarianisme américain

 

Page 140 à 143
Christian Godin   Sur des accusations de racisme : à propos d'un déni

 

Page 144 à 152
Setâre Enayatzadeh   L'imamisme et son détournement politique contemporain

 

Page 153 à 158
Hans Vorländer   Pourquoi y a-t-il si peu de grèves en Allemagne ?

 

Vie intellectuelle

Page 159 à 159
Christian Godin   Présentation

 

Page 160 à 162
Leïla Adham   Projet Karski : Arthur Nauzyciel

 

Page 163 à 167
Isabelle Barbéris   L'acteur insurrectionnel

 

Page 168 à 174
Christian Godin   Le cadavre de Céline a 50 ans

 

Page 175 à 178
Serge Planton   Sur les phénomènes climatiques extrêmes

 

Page 179 à 182
Emmanuel Lincot   De l'opéra au temple. L'œuvre de Paul Andreu à Pékin

 

Recensions

Page 183 à 187
    Recensions


FICHE TECHNIQUE

Cités 2011/2 (n° 46). 188 pages.
ISSN : 1299-5495
ISSN en ligne : 1969-6876. ISBN : 9782130587040.
Lien : http://www.cairn.info/revue-cites-2011-2.htm

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Mercredi 13 avril 2011 3 13 /04 /Avr /2011 06:00

 

LEWIS Mary D., Les frontières de la République : immigration et limites de l'universalisme en France (1818-1940), trad. de l'anglais Françoise Jaouën, Agone, coll. Contre-feux, 2010, 125 p. 25 euro.   

lewis.jpg Ce livre étudie les tensions entre administrations et immigrés dans la France de l'entre-deux-guerres confrontée au défi de l'immigration de masse. Mon principal sujet étant les dynamiques d'inclusion et d'exclusion dans les démocraties, j'ai choisi de m'intéresser à la IIIe République. Les politiques migratoires de l'époque ont peut-être préparé le terrain aux lois discriminatoires de Vichy ; mais je mets l'accent sur les aléas historiques de leurs origines plutôt que sur leur caractère censément inévitable. Cette dimension imprévisible de l'histoire doit nous faire réfléchir. Il semble en effet plus important que jamais de prendre conscience de la fragilité des libertés. S'appuyant sur des sources délaissées, Mary D. Lewis retrace les origines de la politique française en matière d'immigration autant qu'elle donne une chronique de la vie des migrants. Les immigrés ne sont jamais totalement « intégrés », jamais totalement « exclus », et encore moins soumis au principe d'égalité. Dans les années 1930 comme aujourd'hui, leur place dans la société française ne repose pas sur la mise en application de textes où les individus seraient des abstractions. Ainsi interroge-t-elle avant tout la précarité de leurs droits et la diversité des cas, d'une personne à l'autre, d'une ville à l'autre.

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Lundi 11 avril 2011 1 11 /04 /Avr /2011 06:00

 

CIMADE, Chroniques de rétention 2008-2010, préf. Julie Chansel, Actes sud, 2010, 364 p. 24,50 euro.    

chroniques-de-retention.jpgChroniques de rétention, ouvrage collectif écrit par les intervenants de la Cimade, est le récit au quotidien du travail dans un centre de rétention. "Toute la misère du monde" y défile, toute l'absurdité aussi d'une législation de plus en plus répressive et son application de plus en plus arbitraire

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Vendredi 8 avril 2011 5 08 /04 /Avr /2011 06:04

 

LE BLANC Guillaume, Dedans, dehors : la condition d'étranger, Le Seuil, coll. La Couleur des idées, 2010, 218 p. 18 euro.    

leblanc604.jpgGuillaume Le Blanc aborde en philosophe une réalité sociale que l'actualité ne cesse d'illustrer : la stigmatisation de l'étranger. Qu'est-ce qu'être étranger dans une nation ? Qu'est-ce qu'une vie sans attaches, prise entre deux langues, en attente ? Que fait-on quand on désigne quelqu'un par le nom d'« étranger » ? Au fil de l'analyse, Guillaume Le Blanc dénoue tous les ressorts qui assignent les étrangers à une place intenable : dans la nation mais dehors, avec elle mais perçus contre elle. Ce faisant, l'auteur conduit le lecteur vers une question qui traverse l'histoire de la philosophie : peut-on se penser soi-même comme un autre ?   

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