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Israël-Palestine

Jeudi 6 mai 2010 4 06 /05 /Mai /2010 18:00

tribunal russell France

Pour assurer le succès du Tribunal Russell sur la Palestine, votre soutien, moral et financier, est nécessaire.  Manifestez-le en participant à la soirée de soutien au Tribunal Russell qui aura lieu le 20 mai au Cabaret Sauvage, à Paris, à partir de 19 heures.

Entrée : Selon vos possibilités (à partir de 15 Euros)

Barcelone (Mars 2010)       Londres (Novembre 2010)

New York (Premier semestre 2011) Johannesburg (Deuxième semestre 2011)

En quatre actes, le Tribunal Russell sur la Palestine examine les complicités qui interdisent une solution juste au drame palestinien

La première session, tenue à Barcelone en mars 2010, a établi les responsabilités de l’Union Européenne et de certains de ses Etats membres en les désignant comme complices des violations du droit international commises par l’Etat d’Israël. Elle a connu un succès considérable et a suscité un écho médiatique très important, notamment en Espagne.

 

Les prochaines sessions examineront les responsabilités de multinationales, d’Etats, d’organisations internationales.

Stéphane Hessel (président d’honneur du jury à Barcelone) ainsi que des membres du jury, des experts… interviendront lors de cette soirée.

 Le Diwane de Béchar, les Wriggles, Rachid Taha (sous réserves),… animeront la partie artistique

Par Différences. La revue - Publié dans : Israël-Palestine
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Mercredi 5 mai 2010 3 05 /05 /Mai /2010 22:10

Une campagne de mels massive est indispensable très rapidement pour convaincre les pays européens qui respectent encore le droit international de ne pas laisser entrer dans le riche club occidental un Etat qui le bafoue quotidiennement.

 

ocde_janv_2010_liebermann_guria-2.jpg Un mauvais coup se trame dans notre dos. Le club des trente pays les plus riches, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), s’apprête ( en ce mois de mai) à accueillir en son sein Israël avec les territoires arabes qu’il occupe.


Cette décision, alors même que l’Etat israélien relance la colonisation tout en sabotant les efforts de paix, américains comme européens, est une provocation. Il faut tout faire pour l’empêcher.


Si la France est, comme toujours depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, favorable à ce resserrement des liens avec Israël, d’autres pays membres - notamment le Mexique, la Turquie, la Suède, la Belgique et la Suisse - hésitent à franchir ce pas. A nous de les convaincre, en les inondant de mels et de fax : un seul refus suffira à bloquer l’adhésion d’ Israël.


Vous trouverez ci-dessous la position de l’AFPS, un modèle de lettre en anglais et en français aux ambassadeurs des trente Etats membres de l’OCDE et une liste d’adresses mels.

Faites passer ce message le plus largement possible.


APPEL du Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens à faire barrage à l’entrée d’Israël à l’OCDE.

Le Collectif National, indigné par la perspective de l’intégration d’Israël à l’OCDE, tient à souligner qu’Israël est un Etat qui s’est mis hors la loi à de nombreux titres : l’occupation et la colonisation illégales de territoires palestiniens depuis 1967 ; des crimes de guerre, au Liban et à Gaza notamment, ainsi que l’indique le rapport Goldstone voté par l’Assemblée Générale des Nations Unies ; d’innombrables violations des droits humains, des accords et conventions signés par lui, dont l’accord d’association avec l’UE, les conventions de Genève sur les prisonniers ; l’édification d’un mur d’annexion, en grande partie à l’intérieur des territoires qu’il occupe, mur dont la Cour de Justice Internationale a dénoncé l’illégalité et demandé la démolition.


L’entrée d’Israël à l’OCDE reviendrait au blanchiment de toutes ces violations par les Etats membres de l’OCDE. Mais plus grave encore peut-être, l’OCDE, organisation de développement et de coopération économique, en définissant un « territoire économique israélien » qui inclut le Golan syrien occupé, les territoires palestiniens de Cisjordanie occupés, et Jérusalem Est illégalement annexée, prend l’extraordinaire responsabilité, hors de son champ de compétence, d’entériner les annexions pures et simples d’Israël, et de prédéterminer les frontières politiques d’Israël contre toutes les règles et les normes de la législation internationale. Ainsi l’OCDE franchirait une étape très dangereuse pour l’ensemble du monde en reconnaissant l’inacceptable état de fait créé par Israël sur le terrain par la violence, mais aussi en participant au démantèlement du droit international auquel nous sommes très attachés comme garant de la paix.


Le Collectif National appelle les citoyens à adresser en nombre la lettre ci-annexée aux représentants des pays membres auprès de l’OCDE dont les adresses électroniques jointes, ainsi qu’au Ministère des Affaires Etrangères.


Modèle de lettre aux ambassadeurs :

Mister Ambassador,


This very month, the Organization for Economic Co-operation and Development (OECD) is expected to decide on Israeli membership. Now, Israel’s lack of respect of human rights and international law and its tendency to obstruct any realistic peace process is met with widespread international criticism. Despite the criticism, this state has repeatedly shown that it has no intention to modify its policy. On the contrary, Israel continues its unlawful policies without having to face any real, concrete consequences. In contrast to the statements and condemnations by words of mouth, Israel is given « special treatment » in international politics and co-operations, special treatment lacking any justification. A granted membership to the OECD would be another example of this special treatment, and a way to encourage Israël to keep on its denial of the rule of law and of peace.


We believe that there are many reasons to deny Israel membership in the OECD, including :

The production in the occupied territories is in conflict with international law, and the European Court of Justice clarified as recently as February that products from the West Bank cannot be classified as Israeli. In the figures forming the basis for the decision on membership, no distinction has been made with regards to place of production. Instead of being punished for crimes under international law, the figures benefit Israel. To welcome Israël in such conditions, would be a de facto recognition of the « Eretz Israël » concept. This is unthinkable for anyone who wants to reach peace by the rule of law.


According to the OECD convention the member countries must share a commitment to the rule of law and the respect of human rights. Several of the current member countries have claimed repeatedly that this commitment is not shared by the Israeli authorities.


In the text of the convention one can read that co-operation makes a vital contribution to peaceful and harmonious relations among the peoples of the world. The member countries have on several occasions expressed criticism that Israel’s actions are counterproductive to the development of such relations. As recently as March, the US, EU, Russia and the UN issued a joint condemnation of Israel’s policies in Jerusalem, claiming that these policies undermine the peace process. The Israeli ignore the criticism with complete impunity.


We therefore urge you to act in order to reverse the expected positive response to the Israeli membership application, which would be received as an encouragement to Isarêl to keep on acting against peace. Each country has a right to veto available. We urge you to make use of it, in accordance with other country representatives if possible.


We look forward to receiving your reply, which we expect to be a positive one, and of which we will keep our activist members informed.


Yours faithfully.

Signature :

 

 


en français :


Monsieur l’Ambassadeur,


Ce mois-ci, l’Organisation de Coopération et de Développement Économique doit se prononcer sur la candidature d’Israël. Or le manque total de respect de l’Etat israélien pour les droits humains et le droit international ainsi que son obstruction à tout processus de paix ont fait l’objet de nombreuses critiques internationales. Cependant, cet Etat a montré de façon répétée qu’il n’a en rien modifié pour autant sa politique malgré ces critiques. Tout au contraire il poursuit sa politique illégale sans avoir à affronter aucune conséquence réelle qui soit concrète. Par contraste avec les résolutions et les condamnations verbales dont il fait l’objet, Israël reçoit donc un « traitement spécial » sur le plan de la politique, un traitement que rien ne justifie. Lui offrir de devenir membre de l’OCDE serait un exemple de plus de ce traitement spécial, et une façon de l’encourager dans son déni du droit et de la paix.


A ces raisons majeures nous pensons qu’il en existe de nombreuses autres pour refuser l’adhésion d’Israël à l’OCDE, parmi lesquelles :


La prise en compte de la production dans les territoires occupés viole le droit international, et pas plus tard qu’en février dernier, la Cour de Justice des Communautés Européennes a rappelé clairement que les produits des colonies ne peuvent en aucun cas être considérés comme des produits israéliens. Dans les chiffres qui servent de fondement à la demande d’adhésion, il n’y a aucune distinction en fonction de la zone de production : ces paramètres économiques incluent les territoires palestiniens occupés de Cisjordanie et du plateau du Golan syrien. Accepter cette adhésion, dans ces conditions, ce serait accepter de fait l’idée du « Grand Israël ». Ce n’est pas concevable pour quiconque veut la paix par le droit.


D’après la convention de l’OCDE, les Etats membres doivent partager un même engagement à respecter le droit international et le respect des droits de l’homme. Plusieurs des membres actuels de l’OCDE ont exprimé de façon répétée que cet engagement n’est pas partagé par les dirigeants israéliens.


Dans le texte de la convention on peut lire que la coopération est une contribution majeure aux relations pacifiques et harmonieuses entre les peuples du monde. Les Etats membres ont, à plusieurs reprises, critiqué les actions d’Israël au motif qu’elles sont contre-productives vis-à-vis du développement de telles relations. Pas plus tard qu’en mars, les Etats-Unis, l’Union Européenne, la Russie et les Nations Unies ont publié une condamnation commune de la politique israélienne à Jérusalem. Les dirigeants de ce pays ignorent ces déclarations en toute impunité.


Nous vous prions donc instamment d’agir de façon à inverser la réponse positive attendue à la demande d’adhésion d’Israël qui serait comprise comme un encouragement à ses entreprises qui tournent le dos à la paix. Chaque pays membre de l’OCDE dispose en la matière d’un droit de veto concernant ce type de décision. Nous vous demandons de l’utiliser, si possible avec d’autres Etats membres.


Dans l’attente de votre réponse, que nous espérons positive, et dont nous tiendrons nos militants informés, nous vous prions de croire en nos salutations distinguées.


signature



Adressez vos courriers à :

France Représentant auprès de l’OCDE

dfra.ocde-paris@diplomatie.gouv.fr

Telephone : +33 (0)1 43 17 57 50

Fax : +33 (0)1 43 17 58 02 MAE

Belgique

parisocde@diplobel.fed.be

Telephone : + 33 (0)1 56 75 34 50

Fax : +33 (0)1 56 75 34 70

Grèce

Telephone : +33 (0)1 45 02 24 10

Fax : +33 (0)1 45 00 71 55

13
Fax : +33 (0)1 44 17 67 70

Mexique

mexico.contact@oecd.org

Tel : (5255) 91 38 62 33

Fax : (5255) 52 80 04 80

Norvège

oecd.paris@mfa.no

Telephone : +33 (0)1 45 24 97 84

Fax : +33 (0)1 45 20 08 82

Suède

oecd-del.paris@foreign.ministry.se

Telephone : +33 (0)1 45 24 98 60

Fax : +33 (0)1 45 24 18 34

Suisse

vertretung@pao.rep.admin.ch

Telephone : +33 (0)1 49 55 74 50

Fax : +33 (0)1 45 51 01 49

Turkey

turkdel.oecd@mfa.gov.tr

Telephone : +33 (0)1 42 88 50 02

Fax : +33 (0)1 45 27 28 24

 

photo de focus : Liebermann, ministre israélien des Affaires étrangères et Guria, secrétaire-général de l’OCDE , signant déjà en janvier dernier des accords privilégiés entre Israël et l’Ocde.


Par Différences. La revue - Publié dans : Israël-Palestine
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Mercredi 5 mai 2010 3 05 /05 /Mai /2010 06:00

tribunal russell France

 

40 rue de Malte, 75011 Paris  cna_france@yahoo.fr  http://www.tribunalrussell-france.org

 

 Cher-e-s ami-e-s,


Comme beaucoup d’entre vous le savent déjà, le Tribunal Russell sur la Palestine (TRP) a tenu à Barcelone sa première session les 1er, 2 et 3 mars derniers, accueilli par le Comité national d’appui et la mairie de Barcelone, sous la présidence d’honneur de Stéphane Hessel. Plusieurs associations de la plateforme y avaient délégué un ou une repréentant-e.


Comme vous le savez probablement aussi, le TRP est un Tribunal de conscience internationale purement citoyen qui répond à des demandes de la société civile et s’inscrit, avec le même esprit et selon les mêmes règles de rigueur, dans la lignée du Tribunal sur le Vietnam (1966-1967)mis sur pied par l’éminent savant et philosophe Bertrand Russell et du tribunal Russell II sur l’Amérique latine (1974-1976) organisé par la fondation internationale Lelio Basso pour le droit et la libération des peuples. Son système de référence juridique est celui du droit international public. Son comité international de parrainage rassemble des personnalités de près de quarante pays.


Le TRP tient pour acquis ce que nous savons tou-te-s : la politique d’Israël vis-à-vis du peuple palestinien, sous occupation illégale comme dans l’exil forcé, singulièrement la colonisation, les destructions de maisons, les violations des droits économiques et politiques palestiniens, les assassinats… ont été qualifiés de violations du droit international par diverses instances internationales dont parfois par le Conseil de sécurité des Nations unies. Le 9 juillet 2004, la Cour internationale de Justice a reconnu illégale la construction du réseau de murs israéliens en Palestine occupée dans un avis consultatif entériné par l’Assemblée générale des Nations unies. Récemment encore, le rapport du juge Goldstone a qualifié de crimes de guerre et de possibles crimes contre l’Humanité les bombardements israéliens qui ont fait plus de 1400 morts et des milliers de blessés dans la bande de Gaza ravagée, l’hiver 2008-2009, et toujours sous blocus, ainsi que, dans une moindre mesure, les tirs de roquette de certains groupes armés palestiniens ; dans une moindre mesure, parce que le droit international s’impose à tous de la même manière, mais l’occupant et l’occupé, l’agresseur et l’agressé, l’assiégeant et l’assiégé, ne sauraient être mis sur le même pied. Pourtant, la France pour ne citer qu’elle a refusé de participer au vote à ce sujet au conseil des droits de l’Homme des Nations unies et s’est abstenue à l’Assemblée générale.


C’est bien cela qui nous préoccupe tou-te-s et qui anime notre mouvement de solidarité dans toute sa diversité : l’impunité d’Israël, qui empêche toute solution de paix fondée sur le droit international d’aboutir.


C’est précisément cette impunité, et singulièrement celle de l’Europe, qui a fait l’objet principal de cette session de Barcelone et de ses recommandations.

 

Le Tribunal Russell, son succès, son impact, dépendent de notre investissement à tou-te-s.

 

NOUS VOUS PROPOSONS DE PARTICIPER NOMBREUX-SES AU PREMIER DEBAT PUBLIC

faisant suite, en France, aux conclusions de cette première session du Tribunal Russell sur la Palestine


LE 11 MAI 2010 DE 20 HEURES A 23 HEURES

AU FIAP

30 rue Cabanis

75014 Paris

Amphithéâtre Bruxelles



Nous aurons le plaisir d’accueillir, pour participer au débat :


- Hocine Ouazraf, chercheur aux facultés universitaires St-Louis, Bruxelles, à qui nous devons la synthèse introductive à la session de Barcelone sur les violations du droit international par Israël


- Francis Wurtz, ancien eurodéputé (GUE) et l’un des témoins officiels de cette session de Barcelone


- Monique Cerisier-Ben Guiga, sénatrice, membre du comité de parrainage français d’appui au TRP


Nous serons ainsi informés de ce qu’a été cette session et pourrons, ensemble, en débattre. Tous les adhérents et militants sont les bienvenus. Réservez votre soirée !



Pour l’AFPS et pour le comité français d’appui au Tribunal Russell sur la Palestine


Jean-Claude Lefort et Françoise Feugas

 

 

 

Contact

Comité français d’appui au TRP

40 rue de Malte

75011 Paris

cna_france@yahoo.fr

http://www.tribunalrussell-france.org

 

Par Différences. La revue - Publié dans : Israël-Palestine
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Lundi 3 mai 2010 1 03 /05 /Mai /2010 10:29

Ma rencontre avec Salah Hamouri

Gilboa, le 14 avril 2010

 

«  Un cimetière à numéros »…

 

prisonniers-palestiniens.jpg Il fait beau ce mercredi matin 14 avril où je vais rencontrer, pour la troisième fois, Salah Hamouri dans sa prison de Gilboa. Le rendez-vous est fixé à 11 heures, grâce au Consul de France à Haïfa, Monsieur Jean-Christian Coppin. Nous partons ensemble en voiture depuis les hauteurs de Haïfa, une ville lumière que lèche une mer d’un bleu profond.


Le Consul a pris avec lui trois livres pour les donner à Salah ainsi que deux lettres. Nous roulons dans un environnement fait de champs qui semblent très fertiles et puis, toujours cette désagréable impression, la prison grise surgit d’un seul coup. Contrairement aux fois précédentes, il n’y a personne sur le parking : les familles de prisonniers ont en effet décidé de faire grève, avec les prisonniers eux-mêmes, pour protester contre le fait que les détenus issus de la bande de Gaza n’ont droit à aucune visite depuis très longtemps. La grève est suivie à 100%.


Avec le Consul nous allons vers une porte « réservée » mais blindée où l’on nous attend. Ouverture et fermeture des portes métalliques. Bruit sourd. On donne nos pièces d’identité et nos portables téléphoniques au surveillant. On passe sous un détecteur puis nous voilà dans une petite cour. Le Consul donne les trois livres et les lettres au gardien qui nous accompagne. Ils devront d’abord être lus avant d’être donnés, peut être, à Salah. Le Consul précise que ce ne sont pas des livres politiques. Le tout disparaît de notre vue et l’on nous dirige vers une pièce dans laquelle se trouvent des sièges en bois avec des rabats pour écrire. Salah apparaît sourire aux lèvres. Je l’embrasse fortement…


Il s’assied et pose un petit bloc de papier où toute une page est écrite. Il me dit d’emblée qu’il a préparé ce rendez-vous avec ses compagnons d’infortune. Il veut me dire des choses précises mais aussi me demander des informations.


Il veut soulever 6 points. Je l’écoute et je prends des notes. Son premier point, ce sont les conditions de détention dans la prison. Il repose la question des livres qu’on refuse absolument aux prisonniers depuis plusieurs mois. L’administration pénitentiaire a même trouvé une nouvelle « astuce » devant les protestations d’avoir droit à des livres et de lire. Elle a proposé aux prisonniers une liste de livres non-politiques parmi lesquels ils pourraient choisir. Un libraire israélien les fournirait leur a-t-on dit. Ils l’ont fait. Ils ont choisi.

Salah a choisi quant à lui un roman de Tahar Ben Jelloun. Il ne l’a toujours pas. Aucune explication. Aucun prisonnier n’a reçu le moindre livre commandé à partir d’une liste pourtant préparée par l’administration pénitentiaire. Salah revient avec insistance sur ce point. C’est un vrai lavage de cerveau, dit-il. « A notre souffrance générale ils ajoutent une souffrance collective particulière. Ils veulent nous couper du monde », assène-t-il. Et cela est vrai dans toutes les prisons. « Il faudrait faire campagne contre cela » dit-il.


Puis il enchaîne sur les « droits de visite ». Il dit qu’il est contraire à la 4ème Convention de Genève de transférer des populations. Je l’arrête, étonné, pour lui demander d’où il tient ses sources concernant les Conventions de Genève. « Nous avons cela dans la bibliothèque », me répond-il. Et il insiste sur les prisonniers issus de Gaza. « Il y a environ 8.000 prisonniers palestiniens aujourd’hui, dont 1.000 de Gaza. Ils ne peuvent recevoir aucune visite. On nous dit que c’est à cause de la capture de Gilad Shalit, détenu dans un lieu inconnu. Mais c’est faux car cela était vrai avant qu’il soit capturé. Ils n’avaient pas droit aux visites bien avant. Alors ? Pour les prisonniers de Cisjordanie, poursuit-il, ils n’ont droit de voir qu’une personne. Pas deux. Si bien que des enfants en bas âge sont obligés de venir seuls pour voir leur père ou leur mère. Parmi les prisonniers il y a aussi ceux de Jérusalem. Ils sont 300. Et il y a aussi 200 « arabes israéliens ».


C’est contre cette situation qu’ils sont en grève et les familles solidairement. Et ils entendent continuer, sous d’autres formes encore, malgré toutes les menaces qui pèsent sur eux. Une grève de la faim est envisagée.


Il parle des « malades et des enfants emprisonnés ». Il y a environ 300 à 350 enfants emprisonnés. Ils sont traités comme des adultes. Rien de particulier pour eux dans ce « monde » spécial. Ils sont perdus. Ils ne comprennent rien. L’un d’entre eux vient d’être libéré. « Il avait 12 ans et il était en prison depuis l’âge de 9 ans. Comment est-ce possible ? » Il demande : « Est-ce qu’au moins l’UNICEF est informée de cette situation et fait quelque chose ? » Je ne sais que répondre…


Il enchaîne sur les malades. « Tous les soirs, raconte-t-il, un docteur passe dans les cellules pour demander aux prisonniers si tout va bien. Quelque soit le mal ou le symptôme dont vous vous plaignez, on vous donne de l’aspirine. C’est tout. Toujours de l’aspirine. C’est ainsi que 18 prisonniers ont le cancer et n’ont pas été soignés autrement qu’avec de l’aspirine. On refuse de les libérer même dans ce cas alors qu’ils sont en fin de vie. On les estime trop dangereux car ils n’ont plus rien à perdre… Dans ma cellule il y a un aveugle. Il a 25 ans. Il est traité comme les autres. » Ils demandent que des médecins palestiniens puissent venir les consulter. Seuls les dentistes sont des Palestiniens.


Il m’interroge alors sur la campagne contre le mur et sur Bil’in. Je lui raconte ce qui se fait.


Il me demande pourquoi la résistance n’est pas généralisée. Il est très clair : « Devant la situation actuelle et l’échec des négociations politiques nous n’avons pas d’autre choix que celui de la résistance. Il faut élargir le mouvement et lutter avec l’aide de tous ceux qui dans le monde se mobilisent pour la Palestine. Les Etats étrangers doivent faire cesser cette occupation qui se moque des lois internationales. Celles-ci doit être appliquées, à commencer par la résolution 194 avec le droit sacré au retour des réfugiés. Aujourd’hui le peuple palestinien est confronté à un gouvernement d’extrême droite des plus racistes qui utilise tous les moyens pour détruire l’objectif d’un Etat palestinien. On le voit avec ce mur d’apartheid qui est un mur politique visant à tracer unilatéralement les frontières afin d’effacer l’idée d’un véritable Etat palestinien. Ils veulent renforcer leur slogan historique : « La Palestine est une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». La colonisation continue. Surtout à Jérusalem. Ils veulent vider notre capitale pour que Jérusalem devienne effectivement la capitale de l’Etat sioniste. Ce qui se passe à Jérusalem est un nettoyage ethnique. Et le gouvernement israélien vient de prendre la décision d’expulser les Palestiniens qui ne sont pas enregistrés par l’administration israélienne. Cela vise les habitants de Gaza mais aussi de Cisjordanie ainsi que les internationaux qui se mobilisent à nos côtés. Ils se livrent à un véritable génocide politique. » Je ne pourrai pas lui dire, et pour cause, que l’ONU vient de condamner cet ordre militaire israélien numéro 1650. Verbalement…


Salah a un discours charpenté. Il est moins « tendu » que les fois précédentes où je l’ai rencontré. Il fait des analyses politiques. Presque sereinement. En tout cas froidement.


Il parle maintenant du rapport Goldstone qui reste sans suite réelle et du siège de Gaza qui est illégal et dur. Encore une preuve pour lui de la différence de traitement dont bénéficie la politique israélienne qui n’encoure jamais d’actes fermes de la communauté internationale à son endroit pour que le droit international soit respecté.


Il reparle alors de la solidarité qui se manifeste vers lui et les prisonniers. Il me dit que sans cette solidarité « Notre sort et notre existence seraient inconnus. Les prisons israéliennes nous les appelons « des cimetières à numéros ». Vous ne pouvez pas imaginer tout ce que cette solidarité nous apporte et je n’aurai jamais des mots assez forts pour vous le dire. Grâce à vous ils sont obligés de parler de nous. On parle de nous. C’est considérable ! »


Il en vient à son cas personnel. Nous parlons déjà depuis plus d’une heure et demie… Il me dit « officiellement » qu’il se refuse, dans le cas d’une procédure de remise de peine, à présenter des « excuses. Ni directes ni indirectes ». Il parle d’excuses « indirectes » car l’idée avait existé que son avocat en présente à sa place en quelque sorte. Il refuse cela. « Ce n’est pas à moi de présenter des excuses mais aux autres, en face. Moi je n’ai rien à regretter. Je suis fier de mon peuple et de sa résistance contre l’occupation. » Je lui demande de préciser ce qu’il entend par « Je viendrai en France » afin de lever toute interprétation. Il me redit qu’une fois libéré il compte bien venir en France, en effet, mais pas pour y vivre durablement. » Aucune autre interprétation n’est possible sur ce point. Et il me dit en me regardant droit dans les yeux : « Je ne comprends pas pourquoi Nicolas Sarkozy ne fait rien pour moi qui suis pourtant aussi Français ». Je souris. Jaune…


Puis il reparle des autres mais plus de lui. Il a réfléchi, avec ses camarades, à des idées pour aider les prisonniers.


Il se demande comment mettre en place une aide spécifique et solidaire pour les enfants de prisonniers. Imaginer des actions avec les Centres culturels français ? On parle de cela. On imagine. On va voir… Il dit qu’il faut trouver les moyens pour que les prisonniers qui sortent soient pris en charge psychologiquement. De même il pense que des prisonniers qui sont libérés et qui possèdent des diplômes devraient pouvoir être aidés pour poursuivre leurs études, peut être à l’étranger ? Il me parle d’une idée : pourquoi ne pas filmer un enfant de prisonnier durant plusieurs semaines pour montrer sa vie. Quand il va et sort de l’école, sans la présence de son père à la maison ni devant l’école. Comment il doit se lever très tôt pour aller tout seul lui rendre visite en prison au milieu des adultes. « Ce serait bien de montrer comment vivent les enfants de prisonniers. » On parle de tout cela, dans les détails.


Deux heures se sont déjà écoulées depuis le début de notre entretien. Il va falloir que nous nous quittions. On se lève. Je l’embrasse encore très fort. On se salue par signes de la main tandis qu’il avance vers une porte derrière laquelle il rejoindra sa geôle. Il me lance une dernière phrase : « Il faut dire à ma mère que les visites reprendront le 2 mai ! ». Le message sera transmis le soir même mais finalement ce sera le 9 mai. La lourde porte se ferme derrière lui. Nous sortons de la prison. Le soleil est toujours là pour nous. Mais toujours pas pour lui…


Jean-Claude Lefort

Le 28 avril 2010

 

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Mardi 30 mars 2010 2 30 /03 /Mars /2010 06:00

MANQUEMENTS ET VIOLATIONS DU DROIT INTERNATIONAL PAR ISRAËL DANS LES TERRITOIRES PALESTINIENS OCCUPES

BARCELONE

1er, 2 et 3 MARS 2010

 

 HOCINE OUAZRAF

 

Depuis 1948, Israël viole de manière persistante toutes les normes impératives du droit international. L’attitude d’Israël a toujours consisté en un mépris ouvert de ses obligations internationales.

Le respect du principe du droit à l’autodétermination du peuple palestinien.

Droit acquis de haute lutte par les peuples colonisés, il constitue la pierre angulaire du droit international. Depuis 60 ans, Israël prive le peuple palestinien de l’exercice de son droit à l’autodétermination. Or, le principe du droit à l’autodétermination des peuples (aussi appelé « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ») est consacré par la Charte des NU qui dans son article 1er point 2 dispose qu’un des buts des Nations Unies est : « de développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes… ».

La résolution 1514 (XV) du 14 décembre 1960 de l’Assemblée générale des Nations unies (ci-après l’AG des NU) sur l’octroi de l’indépendance aux peuples et pays coloniaux vient rappeler cette obligation et l’interdiction de soumettre des peuples à une subjugation, à une domination et à une exploitation étrangères.

Par ailleurs, le principe inaliénable du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est réaffirmé dans la Déclaration relative aux principes du droit international touchant les relations amicales et la coopération entre Etats du 24 octobre 1970 (résolution 2625 (XXV) de l’AG des NU).

Dans sa résolution 2649 du 30 novembre 1970, l’AG des NU reconnaît l’application de la résolution 1514 (XV) au cas palestinien en soulignant que les Palestiniens sont un peuple soumis à une « domination coloniale et étrangère » et qu’il bénéficie à ce titre des principes énoncés dans la résolution 1514 (XV). Elle « condamne les gouvernements qui refusent le droit à l’autodétermination aux peuples auxquels on a reconnu ce droit, notamment les peuples d’Afrique australe et de Palestine. »

Plus récemment, la Cour internationale de Justice, dans l’affaire sur les Conséquences juridiques de l’édification d’un mur dans le territoire palestinien occupé, a affirmé qu’Israël viole le principe du droit à l’autodétermination du peuple palestinien. De surcroît, elle rajoute qu’aujourd’hui le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est devenu un droit opposable erga omnes.

Elle souligne par ailleurs qu’en vertu de l’article 1er paragraphe 3 commun au Pacte relatif au droits économiques, sociaux et culturels et au Pacte relatif aux droits civils et politiques, que les Etats parties à ces deux conventions ont l’obligation de faciliter l’exercice du droit à l’autodétermination. De la sorte, elle rappelle les obligations de l’Etat d’Israël lié par plusieurs conventions relatives aux droits de l’Homme bien que l’Etat d’Israël semble vouloir écarter leur application aux territoires palestiniens au motif que ces instruments internationaux ne protègent qu’en temps de paix et pas en temps de guerre. Argument balayé par la Cour qui conclut de manière claire à l’application des conventions relatives aux droits de l’homme et ce, de manière complémentaire au droit international humanitaire. L’Etat d’Israël est donc tenu de s’acquitter des obligations qui lui incombent en matière de droits de l’Homme dans les territoires palestiniens occupés en vertu des instruments conventionnels qu’il a ratifiés. Position qui sera reprise par le Comité des droits de l’Homme des Nations Unies qui rappelle que les dispositions des deux pactes s’appliquent aux habitants des territoires palestiniens.

L’un des corollaires direct du droit du peuple palestinien à l’autodétermination est l’interdiction de l’acquisition de territoires par la force. En effet, la privation du droit à l’autodétermination du peuple palestinien par l’Etat d’Israël contrevient également au principe d’interdiction d’acquisition de territoires par la force tel qu’énoncé avec vigueur à l’article 2 paragraphe 4 de la Charte des NU qui souligne :

« Les membres des Nations Unies s’abstiennent dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout Etat, soit de tout autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. »

En juin 1967, suite à la guerre des six jours, les forces armées israéliennes occupent l’ensemble des territoires qui constituaient la Palestine historique. A cette date, l’Etat d’Israël occupe désormais la Cisjordanie, la Bande de Gaza et la partie orientale de Jérusalem. Le 22 novembre 1967, le Conseil de sécurité des Nations unies (ci-après le CS des NU) adopte la résolution 242 qui rappelle le principe d’interdiction d’acquisition de territoires par la force, pose les principes d’une paix juste au Proche-Orient et appelle l’Etat d’Israël à un « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupées lors du récent conflit ». Israël est tenu d’appliquer les résolutions du Conseil de Sécurité en vertu de l’article 25 de la Charte des Nations unies qui contraint les Etats membres à « accepter et exécuter les décisions du Conseil de sécurité ». A ce jour Israël a violé et continué de violer plus de 30 résolutions du Conseil de sécurité.

La conjonction des deux principes (autodétermination et interdiction de l’acquisition de territoires par la force) apparaît clairement dans les résolutions de l’AG 31/20 de l’AG des NU du 24 novembre 1976 qui considère que l’évacuation des territoires occupés par Israël en 1967 est  une condition préalable à l’exercice du droit du peuple palestinien à l’autodétermination.

Par ailleurs, l’AG reconnaît aux peuples soumis à une domination coloniale « un droit à la résistance » en vue de recouvrir leurs droits légitimes. La reconnaissance explicite du « droit à la résistance » du peuple palestinien apparaît clairement dans la résolution 2649 du 30 novembre 1970 aux termes de laquelle l’AG :

« 1.Affirme la légitimité de la lutte que mènent les peuples assujettis à une domination coloniale et étrangère et auxquels on a reconnu le droit à disposer d’eux-mêmes pour recouvrer ce droit par tous les moyens dont ils disposent ;

2. Reconnaît le droit qu’ont les peuples assujettis à une domination coloniale et étrangère, dans l’exercice légitime de leur droit à l’autodétermination, de solliciter et de recevoir tous types d’assistance morale et matérielle, conformément aux résolutions de l’Organisation des Nations Unies et à l’esprit de la Charte des Nations Unies »

Rappelons par ailleurs comme nous venons de l’exposer que la résolution susmentionnée fait directement référence au cas palestinien.

La légitimité du droit à la résistance est repris à l’article 1er § 4 du Protocole additionnel aux Conventions de Genève du 12 août 1949 relatif à la protection des victimes des conflits armés internationaux (ci-après Protocole I) qui souligne que les conflits visés par la présente Convention :

« …sont compris les conflits armés dans lesquels les peuples luttent contre la domination coloniale et l'occupation étrangère et contre les régimes racistes dans l'exercice du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, consacré dans la Charte des Nations Unies et dans la Déclaration relative aux principes du droit international touchant les relations amicales et la coopération entre les Etats conformément à la Charte des Nations Unies. »

 

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Par Différences. La revue - Publié dans : Israël-Palestine
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