Mercredi 26 mai 2010
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CAMPAGNE du MRAP : ABATTRE LES MURS
D’un mur à l’autre, le peuple palestinien en prison
Le mur israélien en Cisjordanie
Al’origine, opposée à l’idée émise par une partie de la
gauche de construire un mur pour opérer la « séparation physique » entre les deux peuples, parce qu ‘elle y voyait s’esquisser en creux les contours d’un Etat palestinien, la
droite sous l’impulsion d’Ariel Sharon et de son entourage allait se laisser convaincre par cette idée. En 2002, le gouvernement israélien décidait de construire selon les termes qu’il
emploie « une barrière de sécurité » qui encercle
totalement la Cisjordanie pour éviter la recrudescence d’« actes terroristes » commis par les « kamikazes » du Hamas.
Ces actes étaient tout à fait prévisibles, dans un contexte qui voit la poursuite de la colonisation, les
assassinats ciblés, les bouclages répétés des territoires, les représailles collectives souvent meurtrières.
Le blocage sciemment imposé par Israël de toute solution politique et le détricotage volontaire du processus de
paix n’ont fait qu’éloigner toujours plus la possibilité de création d’un Etat palestinien viable et rendre inévitable, en l’absence de toute perspective d’un règlement politique, le recours à la
violence et aux actes de désespoir.
Cependant ces raisons sécuritaires ne peuvent occulter les raisons profondes de la construction d’un mur qui
sera très vite qualifié par l’opinion publique internationale tantôt de mur d’annexion tantôt de mur de l’apartheid tant ce mur répond à deux fonctions principales :
-
celle d’annexer de façon irréversible des pans entiers du territoire palestinien principalement ceux au-delà
de la Ligne Verte (ligne de démarcation de 1949 à 1967) où sont implantées les colonies les plus importantes et d’empiéter toujours plus sur la partie arabe de Jérusalem. La simple
observation d’une carte et du tracé du mur suffit à s’en convaincre.
-
celle d’opérer une « séparation ethnique » entre Juifs et Arabes comme c’était le cas entre Blancs
et Noirs au moment de l’apartheid en Afrique du Sud -référence renforcée par la fragmentation du territoire palestinien en véritables bantoustans.
Déclarée illégale par la Cour internationale de Justice, la construction de ce mur n’a pas empêché l’Union
européenne de signer avec Israël des accords préférentiels l’encourageant de la sorte dans sa politique du fait accompli.
Acte d’hostilité et de mépris envers les Palestiniens, la construction du mur qui fixe unilatéralement (pour un
temps ?) les frontières d’Israël représente un obstacle de taille rendant impossible toute négociation sérieuse avec les Palestiniens.
Le mur égyptien à Gaza
A Gaza où l’opération « Plomb durci » menée par les Israéliens en décembre et janvier 2008-2009 a fait
plus de 1 500 morts et 5 000 blessés, les souffrances de la population palestinienne continuent avec la poursuite du blocus total imposé par Israël auquel participe le gouvernement
égyptien qui a fermé tous les points de passage avec Gaza.
L’utilisation de tunnels souterrains reliant la bande de Gaza à l’Egypte prend dès lors une importance capitale
pour l’approvisionnement des habitants de Gaza.
Parce que des armes à destination du Hamas transitent par certains de ces tunnels –(Israël l’autre partie en
conflit continue à en recevoir et autrement plus sophistiquées et meurtrières sans que leurs fournisseurs, Etats-Unis et pays occidentaux, ne s’en émeuvent …), le gouvernement égyptien a répondu
aux pressions des Etats-Unis et d’Israël et a entrepris la construction d’un mur métallique souterrain d’une vingtaine de mètres de profondeur pour bloquer les tunnels.
C’est se refuser à admettre que seule une solution politique dont Israël possède les clés peut mettre un terme
définitif aux actions armées.
Quant au gouvernement du Caire, sa complicité ne fait qu’accroître son impopularité auprès de sa population
augmentant les risques de déstabilisation au profit des Frères musulmans qu’il entend combattre.
Ainsi loin de contribuer à la paix et à la sécurité régionales, les murs représentent bien des facteurs
aggravants de la situation et à ce titre doivent être démantelés de toute urgence.
A défaut d’action de la « communauté internationale », en ce sens c’est à nous autres citoyens
à agir pour imposer ces solutions ■
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