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Israël-Palestine

Mercredi 23 juin 2010 3 23 /06 /Juin /2010 06:00

sanbar.jpgSanbar Elias, Dictionnaire amoureux de la Palestine, dessins Alain Boulduyre, Plon, 2010, 481 p. 24,50 euro. 

Comment traiter d'un pays qui n'aurait jamais existé ou d'un État qui n' existe pas encore ? Telle pourrait être l'équation en apparence impossible posée par ce Dictionnaire amoureux de la Palestine. En apparence seulement. Ce pays existe mais « comme en négatif », comme le territoire d'un problème insoluble, le détenteur depuis des décennies des titres peu enviables de « nœud de la crise du Proche-Orient » et de « cour du conflit israélo-palestinien ». Aussi la tentation aurait-elle été grande d'aborder cet ouvrage sous cet angle, d'ajouter encore un essai, encore une histoire à la multitude des autres, de tirer parti de la seule expérience politique d' un auteur, acteur engagé depuis de longues années, témoin aussi des grands moments de ce que fut la lente reconquête de leur nom par les Palestiniens. Mais tel n'est pas le projet de ce dictionnaire qui, sans faire l'impasse sur les grandes interrogations liées à ce conflit emblématique, véritable « caisse de résonance » des passions et des délires du monde, entend ramener le pays et son peuple à leur réalité, leur banalité presque, à l'ambition profonde d'être enfin un pays comme les autres. C'est ainsi que fort de son vécu, l'auteur, sans renoncer à l'analyse, fait le choix ici d'aborder une autre Palestine, plus réelle, une Palestine intime, subjective, née de la profonde relation entre une terre natale et un enfant réfugié en 1948 qui, malgré ou grâce à l'exil, découvrira le monde et se transformera sans jamais se renier.

(notice d'éditeur)

Par Différences. La revue - Publié dans : Israël-Palestine
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Dimanche 20 juin 2010 7 20 /06 /Juin /2010 06:00

La campagne actuelle pour le boycott des produits en provenance d'Israël provoque non seulement des réactions politiques violentes mais également des tentatives de répression.


Les réactions politiques ne sont pas surprenantes de la part des habituels soutiens des autorités d'Israël, quels qu'en soient les méfaits. Par contre on ne peut trouver de justification juridique à la condamnation du boycott qu'au prix d'une inversion totale des principes les plus fondamentaux du droit.


L'appel au boycott ne peut en aucune manière être qualifié de discrimination à l'encontre de quiconque en raison d'un des critères légaux qui l'interdise,que ce soit en raison de considération de race, de nation, ou de religion.


Pas plus acceptable n'est la référence au sacro-saint principe du libéralisme économique, de la liberté du commerce et de l'industrie. S'il y a une liberté du producteur de répandre sur les marchés l'offre de ses produits, il relève de la liberté du consommateur de les choisir et d'en exclure, d'en vanter les qualités ou d'en dénoncer les défauts.


Cela est quotidien en matière d'écologie ou de santé alimentaire. Ici, la justification du boycott repose sur les principes les plus fondamentaux du droit international, qui en font non seulement un droit mais un devoir.


L'illégalité et même la criminalité du comportement de l'État d'Israël au regard du droit international ne sont plus à démontrer


Il y a d'abord, bien évidemment, l'article 2.4 de la Charte qui interdit le recours à la force dans les relations internationales et dont la violation par Israël a constitué l'agression par laquelle il a occupé les territoires effectivement qualifiés tels, cette agression se perpétuant du fait même de l'absence de toute couverture légale de l'occupation.


Il y a le mépris continu de la 4è convention de Genève définissant les obligations d'une puissance occupante.


Il y a plus encore le crime contre Gaza, aussi officiellement caractérisé que possible par le rapport Goldstone,


Ce comportement n'est possible que grâce aux moyens financiers que lui assurent les acteurs de son économie.


Le Conseil de Sécurité devrait en conséquence prendre à son égard les sanctions économiques dont le Chapitre VII de la Charte lui donne le pouvoir, comme ce fut le cas pour l'Afrique du Sud de l'Apartheid.


Dans la mesure où il ne le fait pas, il incombe à chaque peuple, dans l'exercice de sa souveraineté telle qu'elle lui est également attribuée par la Charte, de prendre ses propres responsabilités, car en ne le faisant pas il se rendrait lui-même complice du crime qui se pérennise.


La seule discrimination vise un État criminel, discrimination qui non seulement n'est pas interdite mais est même recommandée par la légalité internationale qui s'impose à toutes les législations nationales, et si ses citoyens veulent ne pas en être victimes, il leur appartient dans l'exercice de leur propre souveraineté, de mettre fin aux comportements qui le légitiment..


Roland WEYL

Premier Vice-Président de l'Association Internationale des Juristes Démocrates

Par Différences. La revue - Publié dans : Israël-Palestine
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Vendredi 18 juin 2010 5 18 /06 /Juin /2010 06:00

Said Edward W., La question de Palestine, trad. de l'anglais (États-Unis) Jean-Claude Pons, Sindbad, La Bibliothèque arabe, 2010, 382 p. 25 euro. 

edwardsaid.jpgParu en anglais en 1979, cet ouvrage a joué un rôle capital dans la sensibilisation du public américain à la question palestinienne. Les débats et les polémiques qu'il a suscités étaient à la mesure de la renommée de l' auteur, grande figure de la scène intellectuelle américaine. Edward W. Said nous offre une analyse documentée et subtile de l'affrontement, à la fin du XIXe siècle et durant la première moitié du XXe siècle, entre la société palestinienne, occultée par l'idéologie dominante en Europe, et le mouvement sioniste, considéré comme une partie intégrante de l'entreprise coloniale européenne. Il dresse ensuite un tableau de la Palestine et des Palestiniens avant et après la guerre de 1967, et souligne la cristallisation, face à la discrimination, à l'occupation et à la dispersion, d'une forte conscience nationale incarnée par l'OLP. La dernière partie du livre est consacrée à une étude attentive des accords de Camp David, conclus sous l'égide des Etats-Unis entre Israël et l'Egypte, et de leurs conséquences au Proche-Orient. L'édition augmentée de 1992 traduite ici prend en outre en considération les principaux événements survenus jusqu'alors : l'invasion du Liban en 1982, la première intifada en 1987, la guerre du Golfe en 1991 et le déclenchement du "processus de paix" avec la Conférence de Madrid. A la fois étude historique, essai politique et critique idéologique, cet ouvrage va bien au-delà de l'actualité pour constituer en quelque sorte, avec "L' orientalisme" et "L'islam dans les médias", un triptyque ayant pour objet la critique du regard porté par les pays occidentaux sur l'Orient, et plus précisément sur le Moyen-Orient.

(Notice d'éditeur)

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Mercredi 2 juin 2010 3 02 /06 /Juin /2010 06:00

26 octobre 2004 : Adoption par la Knesset du plan de retrait de Gaza occupée par près de 8 000 colons israéliens répartis sur 21 implantations.

23 août : fin de l’évacuation des colons.

12 septembre : départ des derniers soldats israéliens mettant fin à 38 ans d’occupation et de colonisation.

25 novembre : ouverture du passage de Rafah entre Gaza et l’Egypte permettant une libre circulation.

 

Présenté comme une preuve de bonne volonté israélienne, ce retrait est loin de constituer un désengagement total

  • outre la dépendance économique dans laquelle est maintenue la bande de Gaza, Israël garde le contrôle du périmètre extérieur de Gaza (frontières, passages, espace aérien, eaux côtières) se réservant le droit de mener des actions militaires à l’intérieur du territoire

  • le retrait se double d’un accord avec l’Egypte qui prévoit le déploiement de soldats égyptiens le long de sa frontière avec Gaza pour empêcher l’infiltration de « terroristes » et le passage d’armes et qui permet indirectement à Israël de conserver le contrôle de la frontière entre l’Egypte et Gaza.

  • enfin parce qu’il s’est opéré sans consultation de l’Autorité palestinienne laissée en marge, ce retrait unilatéral n’a fait que saper un peu plus la crédibilité de l’Autorité palestinienne et attiser le conflit entre le Hamas et le Fatah accusé de faiblesse.

De la victoire du Hamas aux législatives au blocus

Cette victoire du Hamas en janvier 2006 provoquera les réactions hostiles des gouvernements occidentaux et d’Israël. Le gouvernement Hamas de mars 2006 sera immédiatement boycotté par les Etats-Unis et les ingérences et les pressions occidentales vont se multiplier.

Le 29 juin 2006, Israël jettera en prison quatre ministres de ce gouvernement dont le vice premier ministre ainsi que des parlementaires du Hamas sans susciter de réaction des Occidentaux tandis que dans le même temps des mesures de bouclage de la bande de Gaza se multipliaient.

Après le limogeage en juin 2007 par Mahmoud Abbas d’Ismaïl Haniyeh , premier ministre du gouvernement d’union nationale mis en place la même année, les affrontements interpalestiniens vont se développer jusqu’à la prise du pouvoir par le Hamas à Gaza.

Le 19 septembre 2007, Israël déclarera Gaza « entité hostile » et les mesures de blocus ne feront qu’empirer.

Des brèches dans le mur

En 2008, en représailles aux tirs de roquettes, Israël instaure le 18 janvier le blocus total de Gaza dont sont victimes les 1,5 million de Palestiniens qui y vivent. L’ Egypte participe à cette punition collective en fermant sa frontière d’autant qu’elle craint l’influence du Hamas considéré comme proche des Frères musulmans. Le 23 janvier, le Hamas qui avait demandé à l’Egypte l’ouverture de points de passage ouvre le mur à coups de bulldozers et d’explosifs. Par les brèches des dizaines de milliers de Palestiniens se ruent en Egypte pour se ravitailler tandis que l’Egypte vide les magasins pour mettre fin à l’entrée des Palestiniens…

Cette action, tranchant avec la passivité de l’Autorité palestinienne, a sans aucun doute renforcé la popularité du Hamas.

Quant aux Israéliens, ils rejetteront sur l’Egypte la responsabilité de la gestion de la situation mettant ce pays en demeure de bien laisser fermée sa frontière avec Gaza.

L’opération « Plomb durci »

Le 18 juin 2008, le Hamas décrètera une trêve unilatérale –arrêt des tirs de roquettes contre l’ouverture par Israël des points de passage- qui restera sans réponse. Six mois après, le 27 décembre 2008, Israël lancera l’opération « Plomb durci »

La question des tunnels et le nouveau mur égyptien

free-gaza.jpgAlors que le blocus de Gaza se poursuit, l’acheminement d’armes à destination de Gaza et donc la mise hors de fonction des tunnels entre l’Egypte et Gaza reste au centre des préoccupations et des exigences israéliennes . Ces tunnels dont l’existence a commencé avec l’occupation de la bande de Gaza en 1967, ont vu leur construction se multiplier , le contrôle total de l’espace imposé par Israël faisant que l’espace souterrain est devenu la seule possibilité de passage pour contourner le blocus. Sans ces tunnels qui alimentent indirectement l’activité de contrebande que contrôlent des « particuliers » de même que des organisations politiques, l’économie locale ne pourrait exister et satisfaire les besoins les plus élémentaires de la population. Transitent également par ces souterrains des armes légères dont on veut priver Gaza.

Le projet égyptien de mur d’acier souterrain

Tant les senseurs acoustiques disposés le long de la frontière que les tranchées pour faire obstacle à leur percement, pas plus que le passage d’engins ou le pilonnage aérien pour faire écrouler les galeries n’ont pu mettre un terme à l’usage de ces tunnels. (Un projet de creusement d’une tranchée de 20 mètres de profondeur, de 80 mètres de large parallèlement à la frontière égyptienne jusqu’à la mer qui l’aurait ainsi rempli avait même un temps été envisagé par les Israéliens.)



Pour tenter de rendre sa frontière avec Gaza totalement étanche, le gouvernement égyptien met à exécution, au mépris de son opinion publique, un projet inqualifiable, celui de construire un mur d’acier souterrain de près de 20 mètres de profondeur entravant les tunnels existants et rendant quasiment impossible tout nouveau percement. En cette occasion le gouvernement égyptien montre une nouvelle fois sa véritable nature et sa soumission aux Etats-Unis et à Israël ■

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Mardi 1 juin 2010 2 01 /06 /Juin /2010 06:00

Le 9 juillet 2004, la Cour internationale de Justice de La Haye –la plus haute juridiction internationale- qui avait été saisie en décembre par l’Assemblée générale de l’ONU des « conséquences juridiques » de l’édification du mur, s’est prononcée pour la cessation immédiate des travaux de construction du mur dans le territoire palestinien occupé estimant que les exigences de sécurité présentées par Israël ne justifiaient pas la construction de ce mur en cours depuis juin 2002.

mur1.jpg L’avis de la CIJ affirme que le mur est contraire au droit international et qu’Israël est dans l’obligation de le démanteler partout où il se trouve à l’intérieur des territoires palestiniens y compris à l’intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est et de dédommager les Palestiniens lésés suite à la destruction de leurs maisons, de leurs champs.

L’avis de la Cour a été adopté par les juges par 14 voix contre une celle du représentant des Etats-Unis.

Par ailleurs, l’avis affirme l’obligation de tous les Etats de ne pas reconnaître cette situation illégale et d’adopter des mesures efficaces afin d’amener Israël à respecter le droit international.

Le 20 juillet 2004, l’Assemblée générale de l’ONU a ratifié cet avis (résolution ES-10/15).

Cela n’a pourtant pas empêché le gouvernement israélien –qui avait rejeté par avance la décision d’une Cour dont il ne reconnaît pas la compétence sur cette question d’achever la construction du mur sans avoir fait l’objet d’aucune sanction, dans le même temps où des pressions très fortes s’exerçaient sur le gouvernement légitime palestinien, jusqu’à le priver de moyens financiers pourtant indispensable à la vie de la population.

En ce sens , les relations privilégiées que l’Union européenne entretient avec Israël bafouent un droit international dont l’application s’apparente à la politique du deux poids, deux mesures.

Pour plus d’infos voir communiqué de la CIJ du 10 juillet 2004

Voir également la déposition de M.François Dubuisson lors de la première session du Tribunal Russell sur la Palestine (Barcelone les 1er, 2 et 3 mars 2010).

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