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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 16:24

Jeudi 19 janvier 2012

Mascarade au tribunal de Grasse

A Grasse, tout au long de l’audience, le juge Robail  a affiché ouvertement sa connivence avec la police.

Les faits sont pourtant avérés : Abdelhakim AJIMI est mort d’un acharnement des policiers sur sa personne et d’un refus de lui porter secours.

Tous les témoignages sont édifiants. Les expertises accablent les policiers inculpés. Les procès verbaux de ces derniers sont contradictoires, de même que leurs propos à la barre.

Malgré tout, les policiers bénéficient de la complaisance du tribunal.

Le Procureur de la République, a pourtant insisté sur la « responsabilité évidente des policiers dans la mort d’Hakim » et a repris la qualification d’« inhumanité » mise en avant par la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité.

Malgré cela, il requiert des peines minimes, sans commune mesure avec la gravité des faits qu’il avait auparavant lui-même exposés.

Ces maigres peines sont :

-         J.-M. Moinier : 1 an à 18 mois avec sursis simple

-         W. Lebeaupin : 18 mois à 2 ans avec sursis simple

-         J. Manach : 6 à 8 mois avec sursis simple

-         B. Julien : 1 an avec sursis simple

-         A. Bekhira : 6 mois avec sursis simple.

Pire, de simples peines de principe ont été requises pour les policiers stagiaires M. Authier-Rey et P. Locatelli.

Ainsi fonctionne l’institution judiciaire française lorsqu’elle doit juger des crimes policiers.

 

NOUS QUITTONS LE TRIBUNAL,

NOUS VOUS LAISSONS ENTRE VOUS.

Comité Vérité et Justice pour Abdelhakim AJIMI

Contact : comite_hakim_ajimi at riseup.net

Par Différences. La revue - Publié dans : Police Justice
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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 06:00

Tract diffusé le 7 janvier 2012 lors du Forum pour  Hakim Ajimi : 

 

tract-ajimi.jpgIl y a 4 ans déjà, le 9 mai 2008 à Grasse, en plein jour, en plein centre-ville, Abdelhakim AJIMI est mort, suite à son interpellation par la police. Apostrophé dans la rue, Hakim AJIMI n'est ni armé, ni dangereux, ni même menaçant. Sous les yeux de nombreux témoins, il est immobilisé par 2 agents de la Brigade Anti Criminalité (BAC), rejoints par des officiers de la police municipale et nationale. Pieds et mains menottés, ventre contre terre, Hakim AJIMI subit durant 15 à 20 minutes une clé d'étranglement (dont l'usage est condamné par la Cours Européenne des Droits de l'Homme) associée à une importante compression thoracique et à de violents coups de poings et de pieds. Voyant l'état critique du jeune homme, des passants tentent d'intervenir. En vain. Hakim AJIMI est mort. Il avait 22 ans.
Au terme de leurs premiers interrogatoires par le juge d'instruction, les agents de la BAC sont tous 2 placés sous le statut de témoin assisté. S'en suit une décision de non-lieu rendue par les juges grassois. Ces 2 agents sont maintenus à leur poste.

Famille-Hakim.jpg
 Famille de Hakim Ajimi


La famille AJIMI, qui croise tous les jours ceux qui ont conduit à la mort un de leur fils, doit déménager dans une autre ville pour éviter cette souffrance. En septembre 2010, elle obtient la mise en examen de ces 2 agents par la Cour d'appel d'Aix-en-Provence, pour homicide involontaire et non assistance à personne en péril. Après 4 années de combat juridique et associatif pour que justice soit rendue à Hakim et à la famille AJIMI, les 2 agents de la BAC, ayant épuisé tous leurs recours, doivent comparaître


du 16 au 20 janvier 2012 au Tribunal correctionnel de Grasse.


Durant ces 4 années, la famille et ses proches, ainsi que le Comité Vérité et Justice pour Hakim AJIMI et les nombreux organismes apportant leur soutien n'ont jamais cessé leur mobilisation pour obtenir justice. Manifestations et marches non violentes ont été organisées, réunissant plusieurs milliers de personnes, ainsi qu'un forum public contre les violences policières, rassemblant familles de victimes et associations de défense.
Amnesty international est intervenu pour condamner les violences policières, notamment à l'encontre d'Hakim AJIMI.
La Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité (CNDS) a émis un rapport accablant, dénonçant l'utilisation d'une telle violence par les 2 agents de la BAC et le maintien de la clé d'étranglement alors qu'Hakim AJIMI était menotté aux mains et aux pieds, donc maîtrisé. La CNDS dénonce également la non assistance à personne en péril par les agents venus en renfort et un des agents de la BAC, vu l'état préoccupant d'Hakim AJIMI. La CNDS considère enfin que ces actes s'assimilent à de la « barbarie » et que les agents ont fait preuve d'« inhumanité ».
Les membres de la famille AJIMI souhaitent qu'à l'issue de ce procès les coupables soient punis. Que le statut de victime soit reconnu à leur fils et frère. Qu'à l'avenir, aucune autre personne ne subisse le même sort que celui ayant causé la mort d'Abdelhakim. A ce titre, la famille AJIMI se bat pour l'interdiction de l'usage de la clé d'étranglement lors d'interpellations policières, cette méthode ayant déjà causé de trop nombreux décès.
Les deux avocats de la famille sont Me Franck De Vita et Me Henry Leclerc, ancien Président de la Ligue des Droits de l'Homme.
Les membres de la famille Ajimi adressent leurs chaleureux remerciements et toute leur reconnaissance à l'ensemble des personnes et des organismes qui partagent leur douleur, combattent à leurs côtés, et contribuent à exiger que justice leur soit rendue.

 

 Diaporama du forum du 7 janvier 2012

 

Manifestations précédentes:

 

Grasse 2011 : pour Hakim Ajimi

 

Grasse 2010 : pour Hakim Ajimi

 

et aussi :

 

Nice : Police Justice Citoyen 5 février 2011

 

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Police Justice

Par Différences. La revue - Publié dans : Police Justice
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Mercredi 11 janvier 2012 3 11 /01 /Jan /2012 14:06

mucchielli2

 

http://www.laurent-mucchielli.org/public/.Photo_gueant_lemonde.fr_2_s.jpgInterviewé le 10 janvier, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a déclaré qu'« il y a un taux de délinquance parmi la population étrangère qui est entre deux et trois fois supérieur à la moyenne ». Le ministre a précisé qu'il avait « fait faire des études par l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) », dont « les conclusions arrivent peu à peu » et qui montreraient que « il y a une augmentation ». Il s'agit donc à nouveau de petites phrases suggérant un lien important entre population étrangère et délinquance, sous couvert d'une apparente neutralité du fait des études d'un organisme dépendant en réalité directement du pouvoir politique, le tout dans une grande imprécision.
Le procédé est ancien, c'est même un classique politique en période électorale. Il s'agit au fond de conforter les électeurs plus ou moins ouvertement xénophobes qui verront dans ces affirmations et dans les statistiques - si imprécises soient-elles - la traduction directe d’une « évidence » dans la réalité. Mais les apparences sont parfois trompeuses et surtout le racisme est un genre de myopie qui empêche de voir précisément les choses. Les recherches disponibles révèlent et mesurent en effet les multiples discriminations qui, depuis les contrôles au faciès jusqu’à l’exécution des peines, expliquent en bonne partie la « surreprésentation » apparente des personnes de nationalité étrangère dans la délinquance enregistrée par les institutions pénales.

Source

Par Différences. La revue - Publié dans : Police Justice
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Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 06:00

Entretien avec l'auteur sur France-Culture

 

Présentation de l'éditeur :

 

Hajjat.jpgComment un État-nation trace-t-il les frontières de ce qu’il perçoit comme son « identité» ? Pourquoi et comment, pour y parvenir, cherche-t-il constamment à définir son extériorité au travers d’un Autre jugé« inassimilable » ? En revenant sur les origines historiques de l’injonction à l’assimilation dans la procédure de naturalisation, ce livre cherche d’abord à montrer que ces « frontières » sont mouvantes. Celles-ci sont en effet le fruit de facteurs multiples, liés au contexte social et politique aussi bien qu’aux glissements des significations et des usages du concept même d’« assimilation » (des colonies vers la métropole, du discours politique vers le juridique…).
Mais, outre cette dimension historique, ce livre novateur analyse la manière dont l’administration mesure l’« assimilation » des candidats. Grâce à une enquête minutieuse en préfecture qui aura duré deux ans (2006-2007), l’auteur met ainsi en lumière l’invention des critères d’assimilation et les usages administratifs qui en sont faits, également déterminés par la concurrence de logiques administratives distinctes, les pratiques des agents subalternes et la « naturalisabilité» des candidats.
La « vérité objective » de la naturalisation est particulièrement bien révélée par les cas de refus de naturalisation pour « défaut d’assimilation », qui concernent aujourd’hui principalement des femmes et/ou des musulmans. Ces refus soulèvent ainsi les questions du hijab, de la polygamie et de l’« islamisme », qui constituent à l’heure actuelle autant de frontières à la prétendue « identité nationale ».

 

 

 
Collection : Sciences humaines
Parution : janvier 2012
  Prix : 25 €
ISBN : 9782707169365
Dimensions : 135 * mm
Nb de pages : 337

L'auteur.

 

Abdellali Hajjat est sociologue et politiste, maître de conférences à l’université Paris-Ouest Nanterre. Il a codirigéHistoire politique des immigrations (post)coloniales (avec Ahmed Boubeker, Amsterdam, 2008) et Engagements, rébellions et genre dans les quartiers populaires en Europe (1968-2005) (avec Sophie Béroud, Boris Gobille et Michelle Zancarini-Fournel, EAC, 2011).

 

Table des matières :

 

 

Introduction
Assimilation et naturalisation

La question de l’héritage colonial
Sociologie des coulisses de l’État
I / Naissance de la catégorie d'assimilation
1 . Socio-histoire du concept d'assimilation

Les premiers usages du concept d’assimilation
Quand « assimilation » devient synonyme d’égalité
La politique d’assimilation comme solution à la « guerre des races »
Le dispositif de guerre - Assimilation nationale : une guerre menée par d’autres moyens - « L’art d’assimiler » pour empêcher le retour de la guerre
Renversement de la logique révolutionnaire : l’assimilation impossible des colonisés

« Aristocratisation » du discours colonial bourgeois - Savoir militaire et brutalisation - La légitimation politique de l’impossible assimilation des colonisés
2 . L’assimilation saisie par le droit de la nationalité
Invention d’une condition de naturalisation dans le droit colonial

Pourquoi naturaliser des indigènes jugés inassimilables ? - Critères de civilisation
Le tournant de la loi de 1927

Un transfert colonial ? - Assimiler les « races sœurs » : la solution à la « guerre des races » - Suspicion, hantise démographique et racialisation - Domination coloniale, familialisme et régénération de la race française - Trier les assimilables et les inassimilables
La barrière de la langue

La race, un critère de sélection logiquement inopérant en métropole - Nécessité pratique et volonté de savoir - La langue française comme véhicule de l’idéologie républicaine
II / La mesure de l'assimilation
3. La mesure de l'assimilation en pratiques (1927-2007)
Un nouveau critère de naturalisation à l’épreuve de la routine administrative (1927-1939)

La volonté d’inculquer un ethos administratif : remise en ordre du bureau du Sceau et divergences d’appréciation - L’appropriation de la logique démographique
Nécessité démographique et déracialisation (1945-1966)

Besoins démographiques de l’après-guerre et assouplissement de la condition d’assimilation - La culture sans la race - Déracialisation, décolonisation et disqualification internationale du concept de race. Quant le haut fonctionnaire devient socio-démographe
Nouveaux candidats et nouvelles pratiques (1966-2007)
Création de la DPM : rationalisation et échelle d’assimilabilité - Invention d’une condition d’assimilation pour l’acquisition de la nationalité par mariage - Multiplication des décisions défavorables pour « défaut d’assimilation » - Premiers de cas de polygamie, de « voile » et d’« islamistes » - Défaut d’assimilation, un fait avant tout féminin
4 . Ethnographie d'un sens de la mesure
Un bureau à part

Des agents marginalisés au sein de la préfecture - Des normes bureaucratiques en tension
L’interaction asymétrique des agents et candidats

Le « double jeu » des agents - Confusion entre compétences administratives et compétences linguistiques - « Il faut être motivé pour avoir la nationalité française » - Chef de bureau en quête d’uniformisation des avis
Minimum vital linguistique

Quel étalon de mesure ? Langue légitime, sentiment national et racialisation - Effets de censure, anticipations et attentes
La question de la culture : assimilation ou intégration ?

«Feeling» et « ressenti » - Le port du hijab : un cas-limite problématique pour l’administration :
une difficile distinction entre bon « foulard » et mauvais « voile » ; seuil de sensibilité ; jeunes femmes rebelles et vieilles femmes sans problème ; la signification sociale de l’injonction au dévoilement

5 / Islam et défaut d'assimilation
Polygamie et nationalité
La polygamie condamnée : défense de la civilisation et sauvegarde de l’ordre public
Polygamie de droit versus polygamie effective : l’administration désavouée par le juge
« Droits et devoirs » et sexualité
La connaissance des « droits et devoirs » et des « principes et valeurs » comme condition de naturalisation - La définition de l’Autre absolu inassimilable - Vers une frontière « civilisationnelle » européenne ?
« Bons » et « mauvais » musulmans
L’« islamisme » est-il un « défaut d’assimilation » ? Confusion conceptuelle et opposition entre « radicaux » et « modérés » - Les « islamistes » devant le juge : la barrière des « valeurs essentielles » - Comment prouver sa « bonne assimilation » ? Loyauté, exemplarité et mérite
Conclusion
Sources

Par Différences. La revue - Publié dans : Identités, communautés, citoyenneté
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Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 14:45

 Paru aux PUF.

http://www.puf.com/img/couv/9782130594505.jpg

Présentation de l'éditeur

Sommaire

 

Pourquoi l’irruption d’un islam visible sur le sol de la République française a-t-il provoqué une réaction de rejet qui s’amplifie de jour en jour, et comment faire pour inverser la tendance ?

 

Caractéristiques

  • 208 pages
  • 14.00 €
  • ISBN : 978-2-13-059450-5
  • N° d'édition : 1
  • Date de parution : 25/01/2012

 

L'ouvrage

Depuis plus de vingt ans, les polémiques autour de la présence visible de l’islam en France n’ont cessé de s’amplifier : foulard à l’école, port de la « burqa », mise en cause de la laïcité… La société française nourrie d’universalisme républicain ne comprend pas pourquoi les enfants de l’immigration, au lieu de s’assimiler au sein d’une société sécularisée, y ont introduit une religion vigoureuse qui aspire désormais à prendre sa place.
Cet état de fait semble tellement incroyable que, pour beaucoup, il ne peut s’agir que d’un projet politique manipulé. Le rejet de l’islam, qui se manifeste en France comme partout en Europe, est le résultat de cette perception.
Et si on faisait l’hypothèse inverse ? Que ce « retour du religieux » surgit bien du cœur de notre société en mal de repères? Et qu’il n’est nullement incompatible avec la modernité démocratique?

Table des matières

Avant-propos, par Francis Martens

Introduction. — le chêne ou le roseau ?

Première partie. — Un combat pour la dignité

L’égalité contre elle-même
Migration d’une religion
Partager l’espace symbolique

Seconde partie. — Éclairages

Le foulard, par où le scandale arrive

Mixité : un abcès de fixation
Neutralité : l’alibi du refoulement
L’école, entre émancipation et formatage
L’affaire du voile intégral, une machine infernale
L’antiracisme pris au piège
Vous avez dit « accommodements raisonnables » ?

Conclusion intime

Glossaire
Bibliographie
Remerciements

A propos des auteurs

Henri Goldman a été coordinateur (2003-2009) du département Migrations au Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme (Bruxelles). Il est rédacteur en chef de la revue de débats Politique et de Migrations magazine. Il a publié Oublier Jérusalem ? Une approche d’Israël, du sionisme et de l’identité juive (Quartier libre, 2002) et Deux ou trois choses de Sonia et du monde (Territoires de la mémoire, 2010).

Les directeurs

Christophe Dejours, Francis Martens

Où se procurer cet ouvrage ?

 

Par Différences. La revue - Publié dans : Islamophobie
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