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Colonialisme

Jeudi 13 mai 2010 4 13 /05 /Mai /2010 07:19

"Pillé-e-s là-bas, chassé-e-s ici !"

par Jean-Paul Duparc, directeur du Patriote Côte d’Azur

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Les 31 mai et 1er juin prochain c'est à Nice que se déroulera le 25ème sommet des chefs d'Etat de France et d'Afrique. Un « contre-sommet » sera organisé autour de nombreuses initiatives.

 

 

Ces sommets sont traditionnellement des moments de réaffirmation de la "politique africaine de la France", domaine à la fois opaque et marqué de néo-colonialisme, en complicité avec des dirigeants africains trop souvent eux mêmes bien peu démocratiques.

Comme à Cannes en 2007, des associations, syndicats et partis politiques organisent des initiatives d'un "contre-sommet", qui accueillera également une marche de travailleurs sans-papiers, partie de Paris ce 1er mai.

 

Les sommets France-Afrique

Depuis l'indépendance des anciennes colonies africaines, intervenue pour la plupart en 1960, la "politique africaine de la France" est étroitement contrôlée par les présidents de la République successifs. "Cellule africaine" de l'Elysée, conseillers plus ou moins occultes, réseaux et officines les plus divers, intérêts militaires et intérêts économiques mêlés, ont fait les heures les plus sombres de cette politique. Celle-ci s'est bien sûr accommodée, et même principalement appuyée, sur des dirigeants africains "souvent criminels et corrompus" (1) oppresseurs et exploiteurs de leurs peuples.

Lors de sa campagne électorale, Nicolas Sarkozy avait promis de se "débarrasser des réseaux d'un autre temps" et des "circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé". Comme l'indique dans un bilan critique l'association Survie ces "réseaux" et "circuits officieux" sont hélas "plus que jamais d'actualité" (2) . Et de citer à l'appui de son analyse, la décoration par Sarkozy de l'avocat Robert Bourgui qui déclara en 2009 à propos de l'élection présidentielle gabonaise "Au Gabon, la France n'a pas de candidat, mais le candidat de Robert Bourgui c'est Ali Bongo, or je suis un ami très écouté de Nicolas Sarkozy". L'éviction de Jean Marie Bockel, un temps secrétaire d'Etat à la Coopération qui avait cru pouvoir "signer l'acte de décès de la Francafrique", en fut une autre démonstration.

Les sommets France-Afrique "ont pour objectif de renforcer les liens politiques, économiques et militaires entre la France et ses anciennes colonies africaines ainsi qu'avec les pays extérieurs à son traditionnel pré carré" souligne à juste titre la déclaration commune des organisations qui soutiennent la tenue d'un contre-sommet.

 

Des évolutions notables

L'Afrique connait des évolutions géostratégiques et économiques, et elle "intéresse" de nouvelles puissances, Inde, Japon, Chine (y compris par l'achat de vastes terres agricoles), qui souvent bousculent les situations acquises de la Francafrique. "Nous avons raté le tournant d'un continent qui ne nous attend plus" écrit ainsi Jean Michel Severino directeur général de l'Agence française de développement (Le Monde 16/04/2010)

Les grandes firmes jouent un rôle de plus en plus prépondérant dans les relations France-Afrique, imposant de plus en plus leurs logiques et leurs intérêts aux Etats. Total, Areva, Bolloré sont les nouveaux maîtres de la "coopération française", en rivalité avec d'autres multinationales.

L'Union Européenne, après avoir été principalement centrée sur l'absorption de l'Est de Europe durant la décennie 1990-2000, joue, en son nom propre, un plus grand rôle dans les relations avec l'Afrique. Le sommet UE-Afrique tenu à Lisbonne en 2007 en a témoigné, donnant un nouveau contexte aux modalités de coopération France-Afrique. Les dirigeants français repositionne l'action de la France comme visant à être un acteur prépondérant de ces relations UE-Afrique.

Ces évolutions expliquent aussi la tonalité très "business" du prochain sommet à Nice, avec près de 230 entreprises françaises et africaines présentent, dont tout le gratin du CAC40.

 

Les peuples perdants

Tant dans le néo-colonialisme étatique d'hier que dans le réagencement actuel des relations "France-Europe-Afrique", du libre échange de l'OMC à la "concurrence libre et non faussée" de l'Union Européenne, ce sont les peuples qui sont à la fois exploités et mis en concurrence par les firmes :

- Les populations africaines exploitées, dont les pays sont pillés, aussi bien dans leurs ressources naturelles que dans leurs productions, et rançonnées par les mécanismes de la dette.

- En France, les travailleurs sans papiers maintenus dans une situation de dépendance totale vis à vis de l'arbitraire des employeurs par l'absence de régularisation, et les salariés français, envers qui les entreprises multiplient les chantages à la délocalisation par exemple.

Mais, ces données nouvelles tracent aussi les bases d'une nouvelle convergences entre travailleurs de tous les pays et des deux continents, pour des échanges et des coopérations émancipées aussi bien des tutelles impérialistes et des négations de la démocratie politique, que des dominations économiques, sociales ou patriarcales.

 

 

Vers un contre-sommet

Réunies dans une grande diversité d'organisations, des forces démocratiques et citoyennes construisent des initiatives visant à faire entendre "en amont et pendant le sommet officiel" d'autres voix sur ce que pourrait être la politique de la France en Afrique, en rupture avec "le pillage des ressources naturelles et humaines". Ceci alors les autorités françaises "dans une Europe forteresse, dénoncent hypocritement l'afflux de réfugiés économiques et climatiques qu'elle contribue à créer plutôt que d'agir directement sur les causes". Alors même que "pour des millions de personnes la seule possibilité est l'exode vers l'Europe où elles enrichissent pays d'accueil et entreprises par leur travail, leurs cotisations, leurs impôts, même si souvent sans papiers, elles sont privées de leurs droits légitimes".

D'ors et déjà un rassemblement, suivi d'une manifestation, est prévu à Nice durant le sommet, le lundi 30 mai. Et d'autres initiatives auront également lieu, le Patriote qui en tant qu'hebdomadaire est partie prenante du collectif aura l'occasion de revenir sur toutes ces informations.

Jean Paul Duparc

 

(1) projet de déclaration du collectif initiant le contre-sommet

(2) Association Survie : http://survie.org/ et texte "La politique africaine de la France, un « domaine réservé » opaque et anti-démocratique"

 

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Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /Mai /2010 20:15

INVITATION


Dans le cadre de l'édition 2010 du "Pari(s) du Vivre-Ensemble"

 

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Les traces postcoloniales en France. Négation coloniale, trous de mémoire ou trop de mémoire ?

Deux journées de débats organisées par Esther Benbassa
en collaboration avec Sébastien Ledoux,


les 28 et 29 mai 2010, CNAM, 41 rue Gay-Lussac, 75005 Paris.

Entrée libre


Programme complet et informations pratiques sur www.parisduvivreensemble.org


Pour télécharger le programme au format PDF, cliquer ici

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Vendredi 23 avril 2010 5 23 /04 /Avr /2010 06:00

Article paru dans "Différences" n° 194 d'avril 1997.

 

 

INSURRECTION ET RÉPRESSION A MADAGASCAR

IL Y A CINQUANTE ANS, débutait le 29 mars 1947 le soulèvement des paysans et des ouvriers malgaches contre l'occupation française. Elle devait durer vingt mois et rester dans l'Histoire comme « l'Insurrection de l'Île Rouge ». La conquête coloniale dès ses débuts, en 1883, a rencontré une vive opposition. Les populations se sont opposées à l'invasion française. Les combats se sont succédés jusqu'à la prise de possession de l'île promulguée le 6 août 1896. Les résistances et les révoltes se sont soldées par des échecs dus à l'insuffisance de l'armement et au manque de coordination et d'organisation des populations.

En 1947, l'occupation coloniale française à Madagascar, outre le pillage des ressources et des richesses du pays, s'accompagne des réquisitions de villageois pour le transport des marchandises à dos d'homme, du travail forcé, de levées d'impôts, du vol des terres. Pendant les périodes de travail forcé, rien n'est prévu quant à la nourriture des paysans qui doivent pourvoir eux-mêmes à leur nourriture. Les familles les accompagnent pour faire la cuisine avec ce qu'elles ont pu emmener ou trouver sur place. Ils mouraient souvent de faim.

La répression à l'encontre des populations devait servir d'exemple. Ainsi, des villages entiers ont été détruits à la moindre tentative de résistance. Les villageois étaient arrêtés, certains jetés des avions au milieu des villages. Dans les villes, il était interdit d'apprendre l'histoire malgache. La presse est censurée et la publication de journaux en langue nationale interdite.

L'éveil du nationalisme

Très tôt, des groupes d'intellectuels réclament l'indépendance. Le premier mouvement nationaliste au début du XXe siècle, la Vy Vato Sakelika, recrute dans l'intelligentsia des villes. La revendication reprise par Ralaimongo porte sur l'égalité des droits. Puis le mouvement s'élargit aux ouvriers et aux paysans. Le Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache, le MDRM, est créé en 1945. Il devient vite un parti politique important qui s'appuie sur diverses couches sociales. Il revendique l'application de la Charte de San Francisco proclamant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Le MDRM remporte 54% des suffrages aux élections du 18 novembre 1945 et les 3 sièges prévus par la Constitution aux élections législatives de novembre 1946. Il est largement majoritaire dans les assemblées provinciales. Le Parti des Déshérités, Padesm, encouragé par l'administration coloniale, est minoritaire.

Parallèlement, il existe des sociétés secrètes, le Panama et la Jina, dont des membres sont entrés au MDRM, sans déclarer leur autre appartenance. Cette précision a son importance, puisque la direction du MDRM engagé dans un processus électoral est opposée à toute insurrection, alors que les sociétés secrètes veulent libérer le pays par un soulèvement général.

L'insurrection

Le 21 mars 1947, le MDRM dépose sur le bureau de l'assemblée constituante une proposition de loi demandant l'abrogation de la loi du 6 août 1896 et la proclamation de Madagascar comme « Etat libre ayant son gouvernement, son parlement, son armée, ses finances, au sein de l'Union française ». Cette proposition reprend la convention préliminaire du 6 mars signée par Ho Chi Minh avec le gouvernement français. Vincent Auriol refuse jusqu'à l'impression de la proposition des députés malgaches. Il est vrai que la première crise du gouvernement français vient de surgir à propos du Vietnam avec le refus par les députés communistes de voter les crédits militaires pour la guerre.

Dans toute l'île, les rumeurs annonçant un soulèvement circulent fin mars. A Fianarantsoa dans le Sud et à Diégo-Suarez dans le Nord, les autorités militaires sont prévenues qu'une insurrection doit avoir lieu le soir du samedi 29 mars. Là l'insurrection avorte en quelques heures. Elle est également abandonnée à Tananarive. Mais l'action se déroule comme prévu autour des deux voies de chemin de fer, la première qui va de Tamatave à Tananarive au Nord, et la seconde de Manakara à Fianarantsoa au Sud.

Au Nord du pays, 2 000 insurgés arrivent à Moramanga, exécutent les officiers français et se précipitent sur le camp militaire occupé par un bataillon de tirailleurs sénégalais. Ils se retirent au petit matin entraînant avec eux la population rurale. Les tirailleurs envahissent le bourg et massacrent toute la population malgache qu'ils rencontrent. Dans la région, les insurgés attaquent les plantations européennes. Les combats durent jusqu'en avril aux abords de Tamatave et de Tananarive.

Dans le Sud, les insurgés attaquent le terminus de la voie ferrée. Là aussi, les paysans suivent l'insurrection. Le 1er avril, les insurgés s'emparent du bourg de Vohipeno. Les membres du Padesm qui ont contribué aux nombreuses arrestations de militants MDRM sont pourchassés et exécutés. Dans toute cette zone, l'insurrection rassemble près d'un million de personnes. Encouragée par le modèle vietnamien et par la faiblesse des forces militaires (6 000 militaires sur l'île), l'insurrection semble triompher. Mais la puissance de l'armement des militaires est sans commune mesure avec celle des insurgés armés de sagaies et de machettes. Dans les villes, les forces de police et des brigades spéciales composées de Comoriens et de « Sénégalais » maintiennent l'ordre. Avec le plein appui de Paris, l'administration coloniale arme les colons. Ils répondent aux insurgés par les exécutions et les massacres, fusillent les prisonniers.

La répression

184madagascar.jpgLes premiers renforts français en provenance de Djibouti débarquent les 16 et 23 avril. Les forces françaises sont alors portées à 18 000 hommes. La Légion étrangère dégage les abords de Tananarive et les mines de graphite, et commence la reconquête du pays. Jusqu'en septembre, les forces coloniales réoccupent plusieurs lieux de résistance. Les opérations s'accompagnent d'incendies de villages, d'exécutions et de viols. Avec le retour de la saison sèche, l'armée française se lance dans une véritable chasse à l'homme, abat les deux principaux dirigeants de l'insurrection, qui est vaincue à la fin de l'année 1948. L'Etat-major annonce 550 morts du côté des colons et des militaires, 89 000 du côté des insurgés. En 1950, le chiffre officiel sera de 11 342 morts parmi les Malgaches.

Arrestations massives, déportations dans des camps, tribunaux d'exception et condamnations à mort succèdent aux massacres. Les conseillers de la République MDRM et deux députés malgaches, qui n'ont pas quitté Tananarive, qui ont désavoué l'insurrection à laquelle ils n'ont pas participé, sont arrêtés malgré leur immunité parlementaire. Ils sont inculpés pour « flagrant délit continu », notion de droit qui n'existe qu'à Madagascar ! Le juge Vergoz lance un mandat d'arrêt contre le député Raseta resté à Paris.

Une campagne de désinformation est lancée dans la presse parisienne. Moutet, ministre de la France d'Outremer, et Ramadier, président du Conseil, s'y déchaînent. Seuls Franc Tireur, L'Humanité et Combat exposent les faits et s'indignent. Les débats sur Madagascar se succèdent à l'Assemblée

 

A Tananarive, les deux avocats parisiens venus défendre les inculpés MDRM, Pierre Stibbe et Henri Douzon, sont victimes de tentatives d'assassinat. Moutet s'oppose à la commission d'enquête parlementaire proposée par Jacques Duclos. Un procès a lieu en septembre — octobre 1948. Trois jours avant son ouverture, le coaccusé et principal témoin, Rakotondnibé prétendu « généralissime » de l'insurrection, est exécuté. La Cour de Cassation confirme la condamnation à mort de Ravoahangy et de Raseta. Il sont graciés par Auriol et resteront en prison jusqu'en 1956.

La répression à Madagascar a servi d'avertissement aux Africains qui auraient été tentés de suivre l'exemple Viêt-minh. Mais malgré cela, le gouvernement français est obligé d'octroyer à Madagascar la loi-cadre de 1956 instaurant le suffrage universel. En 1958, Madagascar devient un Etat libre au sein de l'Union française. Elle acquiert son indépendance en 1960.

Le 29 mars 1947 est commémoré à Madagascar comme une journée d'hommage au sacrifice des patriotes malgaches.

L'insurrection de 1947 fait partie de notre Histoire. Nous partageons cette mémoire avec le peuple malgache.


Marie-Catherine Andréani

Sources : Massacres coloniaux, Yves Benot, La Découverte, 1994.

« Madagascar, la révolution tranquille », in Aujourd'hui l'Afrique n° 11-12, 1978.

Plaidoyer pour Madagascar

« Les colonialistes ( ..) voient dans l'indigène une bête de somme à exploiter : un haut fonctionnaire de l'île ne me disait-il pas que les paysans de la brousse "n'étaient pas plus évolués que leurs boeufs" ? ( ..) Les deux avocats envoyés de la métropole lors de l'instruction ont été l'objet d'attentats dont un rapport officiel ne cache pas que des "éléments administratifs et policiers" y ont pris part. Les noms ont circulé dans l'île, les responsables restent impunis ».

Extrait d'un article du professeur Espiard, dirigeant du MRAP, témoin de la défense au procès de Tananarive paru dans Droit et Liberté, 15 décembre 1948, n° 18 – 86

 

 

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Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 22:57

 

DAUM Pierre, Immigrés de force : les travailleurs indochinois en France (1939-1952), essai, préf. Gilles Manceron, Solin, coll. Archives du colonialisme, 2009, 277 p. 23 euros

 

pierredaum.jpgAprès soixante-dix années de silence, voici enfin mise en lumière une page enfouie de l'histoire coloniale française : le recours, pour travailler dans l'Hexagone, à une main- d'oeuvre immigrée de force. Déjà, en 2006, le film Indigènes, de Rachid Bouchareb, avait révélé un aspect peu connu de l'utilisation des peuples colonisés lors de la Seconde Guerre mondiale. Or, à cette époque, la France n'avait pas seulement besoin de soldats, mais aussi d'ouvriers, afin de remplacer les Français mobilisés. Pour les travaux les plus pénibles, comme ceux du maniement des poudres dans les usines d'armement, la France fit venir en 1939 vingt mille Indochinois de sa lointaine colonie d'Extrême-Orient. Recrutés pour la plupart de force, débarqués à la prison des Baumettes à Marseille, ces hommes furent répartis à travers la France dans les entreprises relevant de la Défense nationale. Bloqués en Métropole pendant toute la durée de l'occupation allemande, logés dans des camps à la discipline très sévère, ils furent loués, pendant plusieurs années, par l'Etat français à des sociétés publiques ou privées - on leur doit le riz de Camargue -, sans qu'aucun réel salaire ne leur soit versé. Ce scandale se prolongea bien après la Libération. Renvoyés vers le Viêtnam au compte-gouttes à partir de 1946, ce n'est qu'en 1952 que les derniers de ces hommes purent enfin revoir leur patrie. Un millier fit le choix de rester en France. Après trois ans de recherches en archives et d'enquête, menée dans les banlieues de Paris et de Marseille, et jusqu'à Hanoi et aux villages les plus reculés du Viêtnam, Pierre Daum a réussi à retrouver vingt-cinq des derniers acteurs encore vivants de cet épisode si peu "positif" de l'histoire coloniale française. C'est leurs récits qu'il nous restitue dans ce livre.

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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /Mars /2010 22:44

 

BETI Mongo, Main basse sur le Cameroun : autopsie d'une décolonisation, nouv. éd., préf. inédite d'Odile Tobner, La Découverte, coll. La Découverte/poche, 2010, 252 p. 11,50 euros.

 

cameroun.jpgMongo Beti (1932-2001), écrivain camerounais, est connu pour ses romans, qui ont joué un rôle important dans la prise de conscience du colonialisme et dans la lutte contre celui-ci.  Publié en 1972 par les Éditions François Maspero, Main basse sur le Cameroun était un réquisitoire contre les crimes du président Ahidjo, dictateur du Cameroun par la grâce du néocolonialisme français. Son but fut largement atteint, semble-t-il, puisque le livre fut interdit, saisi, l' éditeur poursuivi, et l'auteur l'objet de multiples pressions et menaces.  Sa réédition, en 1977, dans une version revue, était encore d'une actualité brûlante à l'heure de l'intervention française au Zaïre. Mongo Beti montre en effet que les anciennes colonies d'Afrique occidentale française et d'Afrique équatoriale française, formellement indépendantes depuis les années 1960, n'en sont pas moins restées étroitement contrôlées par la France.  Trente ans plus tard, ce livre reste un document historique majeur, indispensable pour comprendre les évolutions ultérieures de la « Françafrique ». Une préface inédite, d'Odile Tobner, présidente de Survie, retrace l'histoire mouvementée de ses différentes éditions

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