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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 06:04

Henri :
Quand on regarde la liste  des victimes des violences policières, Abou, Lamine, Mohamed, Hakim, cela fait beaucoup de noms dont les origines ne sont pas forcément de notre hexagone et je ne peux pas ne pas rapprocher  ce sort qui est fait à des jeunes issus parfois de « minorités visibles », comme on dit, je ne peux pas m’empêcher de rapprocher cette liste honteuse des propos que les représentants de l’Etat tiennent trop souvent vis à vis des étrangers, des personnes qui souhaiteraient simplement vivre dans notre pays, nous voulons que les hommes politiques soient interpellés sur cette façon d’aborder le « problème des minorités visibles » et des étrangers dans ce pays.

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(Propos recueillis par Y.M. & A.V.)

Par Différences. La revue - Publié dans : Police Justice
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 06:00

Tarek  (Paris) :

  

grasse-forum-08-Tarek.jpgLes violences policières, c’est inadmissible et si on ne les dénonce pas, demain cela pourra arriver à n’importe qui, à toi, à lui, à un jeune, à un vieux comme à Argenteuil, où là c’est un vieux de 69 ans, Ali Ziri qui s’est fait contrôler. Il a jugé que c’était anormal qu’on le contrôle, il ne faisait rien de mal. Les policiers lui ont sauté dessus. Il est mort. Et malgré cela, les policiers sont toujours en service. Un policier même s’il a un uniforme, s’il se comporte comme un salaud, c’est un salaud. S’il commet un  délit, il doit payer pour cela, comme n’importe qui, sans plus.

Il faut qu’on réagisse, il ne faut pas qu’on se laisse faire, si on ne fait rien, personne ne le fera à notre place.
Faut pas que cela se reproduise. Et  si ça se reproduit,  nous, le voisin,  celui qui est à côté, il faut qu’on le fasse savoir et dire qu’on n’est  pas d’accord. Je sais que ce n’est pas facile mais il faut que je prenne mes responsabilités.


Il y en a qui disent que manifester ne sert à rien, mais alors comment se faire entendre ? Il est facile le soir de se cacher et d’aller brûler trois ou quatre voitures. Il n’y a rien de courageux là-dedans. On ne veut pas de ça, de pareilles méthodes, parce qu’on sait que, demain on devra aller voir le petit frère ou le voisin à la prison et lui apporter des oranges.


Notre but, c’est que nous soyons éduqués et responsables et aussi solidaires. Peu importe la victime à qui ça arrive, ce n’est pas une affaire, dans tous les cas, je vais la soutenir, on doit la soutenir. Que cela arrive à toi Mohamed ou à toi François, il est des choses inacceptables quelle que soit la faute commise, et souvent ce ne sont que des fautes pas bien graves. Il ne faut pas avoir peur d’intervenir à plusieurs, de demander des explications aux policiers, sans les agresser

 

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Il y a des façons de vivre que nous ne voulons plus. Les plus anciens comprennent ce que je dis parce qu’ils ont vécu cela et même pire que vous, les plus jeunes. Mais pour que cela cesse, le chemin est long et  si on ne réagit pas collectivement, même si on doit en subir les conséquences, si on ne se soutient pas, on n’y arrivera pas.
Même si certains parlent de territoires perdus de la République, de racaille, nous, on sait que l’on est honorables. On n’est pas des racailles, on est des «  hors classes ». On se respecte même si eux ne nous respectent pas.
Hakim était comme il était, avec ses hauts et ses bas, avec ses trucs bien et d’autres peut-être critiquables mais il ne méritait pas la mort pour autant. Ce n’est pas un accident : il y a des gens responsables, des juges et des policiers, et il faut qu’ils sachent que nous sommes déterminés.
(Propos recueillis par Y.M & A.V.)

Par Différences. La revue - Publié dans : Police Justice
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 19:54

Forum du 20 janvier 2012 à Grasse

Intervention de Dorsaf, membre du Comité de soutien à Hakim Ajimi

(Propos recueillis par Y.M. & A.V.)


 

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Ce lundi s’est ouvert ce qu’il convient d’appeler le procès des agents de police mis en cause dans la mort d’Hakim, et j’insiste sur ce point parce que ce n’est pas le procès d’Hakim Ajimi comme il est souvent faussement dit. Lundi, à notre arrivée au tribunal, on a eu l’impression de nous trouver au commissariat de police tant le dispositif policier était important, et je ne parle pas là des agents de police venus soutenir leurs collègues.

Dès le début, en préambule, lundi, le président Franck Robail, s’adressant aux policiers, s’est laissé aller à déclarer : « Nous ne faisons pas le même métier, mais pas loin ». Le ton était donné. En dehors de ces remarques, ce qui était intéressant lundi, c’est que l’on a entendu, à la demande de la défense, le formateur des formateurs en Ecole de police. Il est venu nous expliquer ce qui était enseigné en Ecole de police, mais aussi ce qu’était une clé d’étranglement, mais aussi nous présenter les conditions dans lesquelles elle pouvait être pratiquée. A l’écoute de son exposé qui ne comportait aucune approximation, on peut très vite se rendre compte que les agents de police de la BAC ont commis une erreur, une faute grave. Ils ont mal appliqué cette technique de la clé d’étranglement.

Et de plus, ils se sont acharnés. En effet, le formateur nous explique que la pression se compte en secondes (entre deux et cinq secondes), or les agents de police eux-mêmes ont compté en minutes, comme ils le reconnaissent eux-mêmes, procès-verbal à l’appui.

Dorsaf  


  Il nous a été expliqué également que la clé d’étranglement se pratique en état d’urgence, quand la situation est grave. Or, là, ce n’était pas le cas. La clé d’étranglement sert également à maîtriser un individu. Or Hakim était menotté aux mains et aux pieds. Il n’y avait donc plus de raison de maintenir cette clé d’étranglement. Et s’il est nous a été dit que c’est une technique dangereuse tout comme la compression thoracique, alors, les deux en même temps ! ! C’est pourtant le traitement qu’ au à subir Hakim. Sa mort était fatale, il n’y avait pas d’autre issue possible. Pour le formateur la faute ne revient pas à l’Ecole de police, Le formateur a été très clair là-dessus, elle a été commise par des hommes, par des gardiens de la paix qui se sont acharnés sur une personne, un être humain qui était maîtrisé. Si les forces de l’ordre ont le droit de répondre à la force par la force, cela doit se faire de façon proportionnée et dans le cas d’Hakim, ce principe n’a pas été respecté.

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Tout au long de cette semaine, nous avons entendu des témoignages effarants : « Nous avons vu le visage d’Hakim Ajimi, il était bleu », bleu pour certains, violet même pour d’autres. Onze personnes ont témoigné en ce sens et pourtant un agent de la police municipale monsieur Jim Manach, a raconté que lorsqu’il avait, avec un collègue, transporté Hakim, il était lourd, mou, inerte cependant il dit n’avoir pas vu son visage. Il en est de même des agents de police qui ont transporté le corps et qui prétendent qu’ils n’ont pas vu le visage d’Hakim et qu’ils ne pouvaient donc pas confirmer si son visage était bleu. Pour ces policiers, Hakim serait-il « l’homme sans visage » ?

Ceci est incroyable, des personnes, des badauds qui ont assisté à la scène disent pourtant qu’ils ont vu Hakim qui demandait de l’air, qui suppliait de pouvoir respirer. Seule réponse des accusés « Il se débattait. On était obligés de maintenir la clé d’étranglement ».

En vérité, Hakim ne se débattait pas, il cherchait simplement son souffle.

Hakim Ajimi n’était pas quelqu’un de violent, les agents de police d’ailleurs reconnaissent qu’il se débattait plus dans l’esprit d’échapper à leur étreinte que pour donner des coups. Mais eux par contre, des coups, ils en donnent !

Sur la base des témoignages, la scène peut être reconstituée : Hakim est à terre, menotté, les jambes entravées également. Comment peut-il fuir dans ces conditions ? Et comment expliquer l’usage prolongé de la clé d’étranglement et l’écrasement de la cage thoracique ? Que pouvaient craindre les policiers ? Que pouvaient-ils redouter dès lors qu’Hakim ne représentait plus aucun danger ? Impossible de fuir, alors se faire mal à lui-même comme il a pu être prétendu ? Comme l’a dit maître De Vita aux policiers : « Vous l’avez protégé pour l’éternité. »

En somme, on voudrait nous faire croire qu’Hakim Ajimi a tué Hakim Ajimi, comme si c’était lui qui s’était tué tout seul. Jeudi, en début de plaidoirie, un avocat des policiers est même allé jusqu’à dire qu’Hakim ne serait pas mort s’il s’était laissé faire.

Quant au procès proprement dit, de l’avis de nous tous, les policiers ont eu droit à une complaisance incroyable de la part de monsieur Franck Robail, le président du tribunal, un traitement auquel n’a pas eu droit le père de la victime, monsieur Boubakeur Ajimi, lorsqu’il parlait de son fils, de la douleur de sa perte, lui s’est fait malmener par ce même président. Dans ces conditions, il était évident qu’il serait difficile d’avoir un procès équitable. Jeudi matin, au cours des plaidoiries des avocats de la défense, nous nous sommes fait carrément insulter. Nous avons alors pris la décision de quitter le tribunal, ce que l’on a fait sur les pas de monsieur Ajimi. Pour les laisser entre eux continuer, sans nous, à établir cette justice à double vitesse. On ne pouvait rester assis, silencieux, à cautionner par notre présence de tels propos qui sont tout à la fois insultants pour la famille, insultants pour les citoyens, et insultants même pour la France qui se veut le pays des Droits de l’Homme. Aujourd’hui, on devrait être fier de l’Etat français et on a honte de cette justice. Pour notre part, il était hors de question de continuer à participer à cette mascarade.

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De pareilles situations, ce n’est pas normal. Il faut que cela cesse et ce n’est pas en restant les bras croisés ou en restant assis à commenter les événements dans les salons que l’on fera bouger les choses. Aujourd’hui, le combat n’est pas fini, même si hier pendant la manifestation improvisée qui a fait le tour de Grasse le commandant de la police exprimait son incompréhension à notre égard en disant « Ils ont eu droit à un procès, et ils continuent à manifester ».

Et bien non, pour nous ce n’est pas fini. On n’est pas dupes. Dès le départ, on savait que le procès n’allait être qu’une étape. On était sans trop d’illusions pourtant je vais vous l’avouer : au moment où le procureur a fait remarquer aux policiers qu’ils étaient allés un peu trop loin, qu’il a pointé leur responsabilité et qu’il a prouvé par A + B qu’ils étaient coupables, on a pu avoir quelque espoir… Et puis, il y a eu ses réquisitions qui sont en contradiction complète avec tout ce qu’il avait pu reprocher aux prévenus. Il nous a littéralement coupés en dix. Sursis simple pour les policiers, on est restés abasourdis.

Dans un journal qui relate les réquisitions, on a pu lire dans un article sur la même page en bas « Un voleur condamné à trois ans ferme » ! Réfléchissez ….

Par Différences. La revue - Publié dans : Police Justice
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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 19:49

Procès des responsables de la mort d'Hakim AJIMI à Grasse : police et justice de classe !

 

ajimi1.pngIl n'y a pas, en effet, à se faire d'illusion sur l'issue du procès de l'affaire Hakim AJIMI, ce jeune homme de 22 ans mort asphyxié à Grasse lors de son interpellation musclée par la police en mai 2008. Alors que les faits sont accablants pour les 7 policiers "prévenus", quelques menus sursis seront sans doute prononcés contre eux, conformément à la demande du procureur lors de son réquisitoire. Inacceptable mais pas une surprise. Soyons réalistes : la bourgeoisie financière qui a la haute main sur la direction du pays et qui spolie le peuple et l'écrase aujourd'hui ne peut que soutenir bec et ongle ses policiers qui ont pour mission de lui assurer protection et continuité dans l'exercice du pouvoir et la conduite des affaires juteuses en excluant, terrorisant voire éliminant les composantes fragilisées de la société, c'est à dire les sans argent, les sans carnet d'adresses, les sans protection, bref tous les "SANS" (le "faciès" peut-être un facteur aggravant mais pas suffisant). D'ailleurs, on peut lire dans les textes récents diffusés par le sociologue Laurent Mucchielli que la poursuite en justice des cols blancs pour délinquance, criminalité et autres faits majeurs notamment financiers sont en régression continue alors que de façon concomitante la poursuite des "SANS" pour délits mineurs s'amplifie rapidement et fortement comme en témoigne l'explosion du nombre de pauvres hères mis en prison depuis une dizaine d'années.

 

Les policiers sont des individus recrutés parmi les couches populaires de la société. Aux ordres pour survivre ou mieux vivre, ils répriment sans ménagement les "SANS" en révolte jusqu'à, occasionnellement, entraîner la mort des plus insoumis d'entre eux. Lorsque des bavures trop évidentes en résultent et que les réactions de rue se font insistantes, ceux qui les ont commises sont jugés par l'institution judiciaire, elle-même bon gré mal gré au service des dominants. Verdicts ? Des non-lieux souvent, des sursis parfois ; exceptionnellement de la prison ferme pour un ou deux d'entre eux sacrifiés pour calmer les surchauffes populaires. Bref, on fait se battre et s'éliminer les pauvres entre eux !!!. Et rien ne changera significativement (la mort récente de Wissam à Clermont-Ferrand et les peines fictives requises lors du procès des responsables de la mort d’Hakim en sont des témoignages supplémentaires) si on ne renverse pas les oligarchies qui accaparent le pouvoir et les institutions à leurs seuls profits et si les "SANS" qui forment la masse de la population, ne parviennent pas à conquérir ce pouvoir et à se doter d'une constitution populaire en béton. Ce n'est pas pour demain, certes, mais les conditions pour une telle réalisation deviennent de plus en plus crédibles dans une Europe dont tous les peuples, sans exception, sont aujourd'hui vampirisés.

 

Notre combat central doit être celui-là. Doivent s'y agréger toutes les luttes, y compris celles pour la mémoire et l'honneur d'Hakim et de tous ceux qui ont vécu une tragédie analogue, contre l'humiliation et la souffrance de leurs familles et de leurs ami(e)s et pour la protection de celles et ceux qui, demain, pourraient être les prochaines victimes de ce système politique et social inique.

 

Les journées de mobilisation qui se sont succédé à Grasse, et toutes celles qui sans aucun doute suivront, doivent s'inscrire dans cette logique qui seule peut conduire au succès des valeurs universelles que nous partageons.

 

 

 

Paul Monmaur

 

Le 19/01/2012

Par Différences. La revue - Publié dans : Police Justice
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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 12:57

gresh

 

Source

 

On le savait depuis longtemps, le Parti socialiste a rompu avec le marxisme sur le terrain économique et ne réclame plus, au mieux, qu’une gestion un peu moins brutale du capitalisme. En pleine crise économique, la plus grave que l’on ait connue depuis 1929, les recettes du candidat François Hollande sont bien timorées et, sur le fond, proches de celles de la droite (n’est-il pas partisan de la « règle d’or » qui interdirait tout déficit budgétaire ?).

En revanche, il y a un domaine dans lequel le PS se glorifie de son ancrage à gauche : celui de la laïcité. Et, le Sénat étant passé à gauche, il a décidé de s’en servir pour prouver ses convictions et pour s’attaquer une fois de plus au cléricalisme et à la calotte. Pas celle de l’Eglise catholique évidemment – jamais le PS n’a mis en cause, quand il était au gouvernement, le statut particulier de l’Alsace-Moselle et la place qu’y occupent les religions ; le PS ne parle plus non plus de s’attaquer à l’enseignement religieux financé par l’Etat –, mais celle de cette nouvelle Eglise, si puissante dans notre société, dont les membres ont infiltré tous les rouages de l’Etat, du Parlement, du Sénat (on ne compte plus le nombre de ses élus dans cette assemblée), des médias, etc. : celle de ces musulmans qui s’attaquent aux fondements mêmes de notre société.

Délaissant donc la crise, le chômage, le mal-logement et autres détails de la vie publique, la nouvelle majorité de gauche au Sénat, dans une de ses premières manifestations d’indépendance, a décidé d’examiner une « Proposition de loi visant à étendre l’obligation de neutralité aux structures privées en charge de la petite enfance et à assurer le respect du principe de laïcité ». Après avoir, en décembre, décrété la neutralité des crèches et des centres de loisirs et de vacances, elle s’attaquait, le 17 janvier, à celle des assistants maternels.

L’article adopté est ainsi rédigé : « Art. L. 423-23 A. — À défaut de stipulation contraire inscrite dans le contrat qui le lie au particulier employeur, l’assistant maternel est soumis à une obligation de neutralité en matière religieuse dans le cours de son activité d’accueil d’enfants. »

Il est ironique de noter que Mme Françoise Laborde, à l’initiative de ce texte, expliquait le 17 janvier qu’elle aurait « pu préciser qu’il s’agissait, dans cet article, de neutralité religieuse et politique ; cela m’aurait peut-être épargné les mauvais procès en islamophobie ». Mais pourquoi ne l’a-t-elle pas fait ? Pourquoi la mention de la neutralité politique n’est-elle pas précisée ? Faut-il rappeler que la commission Stasi avait proposé l’interdiction du port par les élèves de signes religieux ET politiques ? Si l’Assemblée nationale a réduit l’interdiction aux signes religieux, c’est bien par... islamophobie, quoi qu’en dise Mme Laborde.

Intervenant dans le débat, Mme Esther Benbassa, sénatrice Verts, demandait ce qu’était la neutralité au domicile d’un assistant maternel : « Une représentation de La Mecque ? Une reproduction d’une annonciation de Fra Angelico ou d’un “Judith et Holopherne” ? Une manière de préparer le repas ? » On pourrait ajouter : faudra-t-il qu’un policier reste en permanence au domicile de l’assistant maternel pour vérifier qu’il ne prie pas cinq fois par jour ? qu’il ne cuisine pas hallal ? qu’il ne lit pas le Coran ?

Et si le texte s’était étendu à la neutralité politique, comme prétend le souhaiter Mme Laborde, aurait-il fallu un policier pour vérifier les lectures subversives ? ou l’absence de portraits de Guevara ou de de Gaulle (il est peu probable que quelqu’un affiche un portrait de Hollande) ?

Le groupe socialiste s’indigne sans aucun doute quand la police religieuse iranienne vérifie que les femmes sont correctement voilées à Téhéran, mais exige que l’on aille vérifier, au domicile personnel, les convictions de chacun.

Il n’y a pas que dans le domaine économique que le PS a oublié ses racines marxistes. En 1874, Friedrich Engels épinglait ceux qui avaient « la prétention de transformer les gens en athées par ordre du mufti ». Et, l’année suivante, Karl Marx écrivait : « Chacun doit pouvoir satisfaire ses besoins religieux et corporels sans que la police y fourre son nez. »

Par Différences. La revue - Publié dans : Islamophobie
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