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Lundi 6 septembre 2010 1 06 /09 /Sep /2010 06:00

Glissant Édouard, 10 mai : mémoires de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions, Galaade/Institut du Tout-monde, 2010, 42 p. 10 euro

glissant.jpg Le 10 mai n'est pas une date anniversaire : les abolitions des esclavages se sont succédé sur plus d'un demi-siècle. C'est une date commémorative de ces abolitions : mai 1848, anciennes colonies françaises des Antilles. De l' esclavage transatlantique, de l'Afrique aux terres d'Amérique, à l'esclavage transsaharien, de cette même Afrique noire vers les pays et les États arabes, ou encore aux formes modernes d'esclavages qui perdurent dans le monde, ce livre, inventé par Édouard Glissant, fait retentir les voix de ceux qui se sont battus pour la liberté : textes d'analyse ou d'action, textes de l'iniquité ou de la libération, proclamations ou ordonnances, confidences ou lamentations, « ce gouffre de la servitude et des libérations est inépuisable ».

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Dimanche 5 septembre 2010 7 05 /09 /Sep /2010 21:26

Le Cour Grandmaison Olivier, De l'indigénat. Anatomie d'un "monstre" juridique : le droit colonial en Algérie et dans l'Empire français, Zones, 2010, 197 p. 16 euro

indigenat.jpgInternement administratif pour une durée indéterminée, responsabilité collective appliquée à des tribus et des villages entiers, séquestre des propriétés « indigènes » et transfert de celles-ci aux colons, Code de l' indigénat enfin, adopté en 1875 puis régulièrement reconduit par la IIIe République : telles sont les principales dispositions répressives appliquées dans l'Algérie coloniale, jusqu'en 1945. Citant largement les textes, dont le fameux « code de l'Indigénat » - enfin publié dans son intégralité - et les commentaires dont ils firent l'objet, Olivier Le Cour Grandmaison les analyse et met en évidence l'existence d'un racisme d'État longtemps théorisé et pratiqué par la République.

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Mardi 31 août 2010 2 31 /08 /Août /2010 06:52

 

Lorient le 28 août 2010

 

 

Lettre ouverte à Bernard Poignant, Maire de Quimper et Pascal Mailhos, Préfet du Finistère

 

Messieurs,

 

Le 18 mai 2010, vous avez inauguré une stèle en hommage aux prisonniers de guerre français, allemands, coloniaux et nord-africains, qui ont transité dans le camp de Lanniron à Quimper. Concernant les prisonniers de guerre coloniaux et nord-africains, vous avez apposé un chiffre dont vous saviez pertinemment qu'il ne correspondait pas à la réalité d'autant que vous avez travesti un document historique (rapport de la Croix-Rouge internationale) et vous donnez à lire, de ce fait, des indications erronées. Vous avez fait inscrire -malgré mes nombreuses recommandations : « En ce lieu, durant la seconde guerre mondiale, les autorités militaires allemandes ont détenu comme prisonniers de guerre plus de 2 000 soldats métropolitains et 7 746 soldats issus des colonies françaises d’Afrique et d’Asie [...] » alors que :


- ce chiffre de 7746 datant de mai 1941 englobe les prisonniers blancs (vraisemblablement des métropolitains) au nombre de 803 et une centaine de civils internés à tort dans ce camp ; les Nord-Africains étaient de loin les plus nombreux et je ne suis pas certaine qu'ils se retrouvent dans cette appellation « colonies françaises d'Afrique et d'Asie » ;

 

- il est impossible de chiffrer précisément le nombre de ces prisonniers ayant transité dans ce camp compte-tenu des nombreux transferts entre frontstalags. Ainsi à Rennes, on estime leur nombre à 12000 alors qu'il en restait 5939 en mai 1941 (Rapport Croix-Rouge internationale). Si le Maire de Rennes et le Préfet d'Ille et Vilaine veulent également rendre hommage à ces prisonniers, trouveriez-vous correct que soit apposé ce chiffre de 5939 sur une stèle ? J'imagine que non et c'est pourtant ce que vous avez fait. On peut penser que ces prisonniers venus de l'Empire étaient au moins 8000 à être rattachés au frontstalag de Quimper et peut-être beaucoup plus au début de ce temps de captivité.

 

Vous demandez à ce qu'on respecte votre hommage que vous qualifiez d'unique en France mais, réclamer une rectification ne porte pas ombrage à cet hommage, bien au contraire. La correction de votre erreur s'impose pour :

 

- respecter tous les hommes qui ont transité par ce camp sans en oublier un seul ;

- respecter les personnes qui vont se recueillir sur cette stèle ;

- respecter la mémoire des prisonniers et des personnes qui les ont soutenus ;

- respecter le travail des historiens.

 

 

L'État s'est engagé en cosignant cette stèle mais une mémoire de pierre qui se veut immuable ne peut être galvaudée par autant de désinvolture.

 

Aussi, je demande à nouveau par cette lettre ouverte de modifier le libellé de la stèle – c'est possible techniquement -afin d'offrir à ces hommes injustement oubliés un hommage des plus digne.

 

Armelle Mabon

Historienne Auteur de

Prisonniers de guerre « indigènes » Visages oubliés de la France occupée

 

La Découverte 2010

 

 

Nota : le titre de l'article est du webmestre

 

 

 

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Mardi 22 juin 2010 2 22 /06 /Juin /2010 06:00

pierrebouvier.jpgBouvier Pierre, Aimé Césaire et Frantz Fanon : portraits de (dé)colonisés, Les Belles lettres, 2010, 288 p. 27 euro 

Ils sont tous deux Martiniquais. Ils ont tous deux lutté contre le colonialisme et l'héritage de la traite et de l'esclavage. L'un est célébré par la République française (Césaire), l'autre presque ignoré (Fanon). L'analyse croisée de leur biographie et de leurs écrits éclaire les débats les plus actuels sur la mémoire des femmes et des hommes d'origine africaine et les difficultés à se débarrasser de l'aliénation coloniale. Ces deux fils de la Martinique ont atteint une dimension universelle qui aujourd'hui particulièrement nous donne la mesure et l'intelligence des attentes et des enjeux de l'ère post-coloniale. 

(notice d'éditeur)

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Mardi 15 juin 2010 2 15 /06 /Juin /2010 06:00

 

Bancel Nicolas, Bernault Florence, Blanchard Pascal, Boubeker Ahmed, Mbembe Achille, Vergès Françoise (dir.), Ruptures postcoloniales : les nouveaux visages de la société française, La Découverte, coll. Cahiers libres, 540 p. 26 euro. 

rupturespostcoloniales.jpgComment penser la France d'aujourd'hui sans verser dans la nostalgie à l'égard de sa mythique grandeur passée, et comment construire un nouveau « vivre ensemble » ? De quelle manière sortir des pièges de l'identité nationale et des fantasmes sur les dangers de l'immigration ? Comment penser les relations de la France dans le monde postcolonial, alors que le continent africain fête les cinquante ans d'indépendance des anciennes colonies françaises, que les territoires des outre-mers réclament de nouveaux rôles dans la République et que de nouveaux centres et périphéries émergent ? Prolongeant le tableau dressé en 2005 dans La Fracture coloniale (également paru à La Découverte), les auteurs de ce livre apportent un éclairage original sur les courant encore mal connus en France des post-colonial et subaltern studies. Ils tentent de comprendre pourquoi ces courants engagent tant d'oppositions et de fantasmes et examinent la société française à l'épreuve des perspectives postcoloniales. Avec les contributions de spécialistes de tous horizons, internationalement reconnus, cet ouvrage constitue à la fois, une somme et une ouverture. Il analyse les mille facettes des effets contemporains de la période coloniale et incite à repenser la mondialisation, ainsi que la place des diasporas. Il s'attache à une critique des discriminations et des frontières politiques, interroge les enjeux culturels et les relations intercommunautaires, explique les conflits de mémoire, questionne les crises urbaines et explore les mouvements mobilisant les territoires des outre-mers.

Notice d'éditeur

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