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Israël-Palestine

Jeudi 3 février 2011 4 03 /02 /Fév /2011 20:13

Le BDS est aujourd'hui un devoir moral. Une réponse à Bernard-Henri Lévy
Omar Barghouti*


Dans son attaque irritée contre le mouvement boycott, désinvestissements et sanctions (BDS) contre Israël, M. Bernard Henri Lévy (La Règle du Jeu, 25 janvier 2011) tente désespérément de salir le mouvement en présentant plusieurs prémices manifestement faux, régurgités et trompeurs, qui conduisent à des conclusions injustifiées, voire illogiques. Ce que M. Lévy cherche particulièrement à cacher ou à obscurcir, ce sont les objectifs réels du mouvement, qui est derrière lui, et les raisons de sa croissance spectaculaire dernièrement, particulièrement en France, aux Etats Unis et dans d'autres pays occidentaux.


Le fait est que l'appel BDS a été lancé par une grande majorité de la société civile palestinienne le 9 juillet 2005, ce qui constitue une nouvelle phase qualitative de la lutte globale pour la liberté, la justice et l'autodétermination palestiniennes. Plus de 170 partis politiques palestiniens, fédérations syndicales, organisations de femmes, groupes pour les droits des réfugiés, des O.N.G. et des organisations de terrain ont appelé à un boycott contre Israël jusqu'à ce qu'il se conforme à ses obligations selon le droit international.


Enracinée dans une histoire de résistance civile et non violente vieille d'un siècle contre le colonialisme de peuplement, l'occupation et les nettoyages ethniques, l’appel rappelle comment les gens de conscience dans la communauté internationale ont «historiquement  endossé la responsabilité morale de combattre l'injustice, comme illustré dans la lutte pour abolir l'Apartheid en Afrique du Sud», et appelle les associations de la société civile internationale et les gens de conscience à travers le monde à «imposer de larges boycotts et mettre en application des initiatives de retrait d'investissement contre Israël tels que     ceux appliqués à l'Afrique du Sud à l'époque de l'Apartheid. »


Depuis 2008, le mouvement BDS a été dirigé par la plus vaste coalition d'organisations de la société civile palestinienne dans la Palestine historique et en exil, le Comité National BDS (BNC). Ancré dans un profond respect du droit international et des droits humains universels, le mouvement s'est répandu dans le monde.

Partout, les militants BDS choisissent leur propre cible et établissent les tactiques les plus créatives et les plus
efficaces convenant le mieux à leur environnement politique et culturel. Le fait que le BDS rejette catégoriquement toute forme de racisme, dont l'antisémitisme, a suscité partout un intérêt accru dans les mouvements libéraux et progressistes.


Si plusieurs militants éminents du BDS soutiennent ouvertement la solution d'un État unitaire, la plupart des membres de la coalition qui mènent le mouvement souscrivent encore à la solution de deux Etats. Cependant, cette question est hors sujet, car le mouvement BDS, strictement basé sur les droits, a toujours évité de prendre une position quelconque sur le débat un Etat - deux Etats, et a plutôt mis l'accent sur les trois droits fondamentaux qui doivent être satisfaits pour une quelconque solution politique. Mettre fin à l'occupation israélienne de 1967 des territoires palestiniens et autres territoires arabes, mettre fin au système israélien de discriminations légalisées et institutionnalisées contre ses propres citoyens Palestiniens, et reconnaître les droits, ratifiés par l'ONU, des réfugiés Palestiniens à rentrer dans leurs foyers d'origine, voilà les trois principes stratégiques de base du mouvement. Tout le reste est tactique.


M. Levy déforme complètement ma position sur cette question. Citant un de mes articles de 2003, il affirme bizarrement que je soutiens une solution à « deux Palestines ». Voici mes mots exacts : «... on ne doit pas nier que le droit au retour des réfugiés Palestiniens contredit les exigences d’une solution négociée pour deux Etats. Israël ne l'acceptera simplement jamais, et fait de cette question le talon d'Achille de toute solution négociée pour deux Etats, comme les faits l'ont amplement montrés ». En réalité, une solution négociée pour deux Etats exclura de facto le droit aux deux tiers des Palestiniens, les réfugiés, à rentrer chez eux, ainsi que les y autorise le droit international, comme pour tous les réfugiés.


Pendant plus de 27 ans, j'ai ouvertement et invariablement préconisé un Etat séculier et démocratique dans la totalité de la Palestine historique, où tous bénéficieront de droits égaux, indépendamment de l'ethnicité, de la religion ou de tout attribut identitaire. C'est pour moi, la formule la plus cohérente d'un point de vue éthique, pouvant concilier le droit inaliénable des Palestiniens à l'autodétermination, incluant le retour des réfugiés, avec les droits de tous les habitants de cette terre à la justice, à la paix, à la dignité et aux droits démocratiques. Par ailleurs, même si ma position réelle sur cette question avait été celle présentée par M. Lévy, partir de cette position supposée mienne pour impliquer le mouvement BDS tout entier ne manque pas seulement d'honnêteté intellectuelle ; c’est l'équivalent logique de déclarer, par exemple, que le mouvement anti guerre en France comploterait de remplacer le système capitaliste par un ordre socialiste s’il comptait un communiste (ou présumé communiste) parmi ses dirigeants.


Comme toute large coalition démocratique construite sur des principes communs, mais épousant et respectant chèrement le pluralisme, le mouvement BDS, comme chacun peut le vérifier en examinant l'abondante collection de déclarations officielles et de documents publiés ces cinq dernières années, ne se range derrière aucune solution politique spécifique pour ce conflit colonial. Le dénominateur commun du mouvement est le soutien aux droits des Palestiniens en accord avec le droit international.


L'article de M. Lévy commet une autre sérieuse erreur en qualifiant commodément Israël de « démocratie ». L'Afrique du Sud était aussi la seule « démocratie » en Afrique pendant l'Apartheid. Les USA étaient aussi une « démocratie » quand les millions d'Afro-Américains du Sud vivaient sous la ségrégation et l'oppression raciale. Un Etat ethnocentrique, comme Israël, qui discrimine par la loi ceux qui ne sont pas Juifs, qui occupe, déplace par la force, colonise et commet ce que d'éminents experts de droit international et des organisations des droits humains décrivent comme des crimes de guerre ne peut pas, même de loin, être appelé une démocratie. Si la France adoptait des lois discriminant ses citoyens juifs et favorisant ses citoyens catholiques, l'appellerionsnous
une démocratie ?


L'ancien ministre du gouvernement d'Afrique du Sud Ronnie Kasrils et l'auteur britannique Victoria Brittain ont bien traité de cette question. Ils ont écrit: « Le désir d'une majorité ethnique ou religieuse d’Israéliens Juifs s'est infiltré depuis les territoires occupés pour imprégner le programme ‘national’ israélien…. Pendant des décennies, la minorité palestinienne d'Israël s'est vue refuser une égalité fondamentale dans les domaines de la santé, l'éducation, le logement et la possession de la terre, pour la seule raison qu'elle n'est pas juive. Le fait que cette minorité ait le droit de vote compense difficilement l'injustice rampante dans tous les autres droits humains fondamentaux. Ils sont exclus de la définition même de « l'État juif », et n’ont virtuellement aucune influence sur les lois ou sur les orientations politiques, sociales et économiques. Leur similitude avec les Sud-Africains noirs vient de là ».


De plus, au moment où une vague de soulèvement populaire balaie la région arabe, exigeant les libertés, la justice sociale et la démocratie, il est assez révélateur, quoique largement attendu, de voir Israël -et le gouvernement des Etats Unis - dans un tel état de panique et d'agitation, se placer du mauvais côté de l'Histoire, avec les despotes et les régimes autoritaires contre les peuples. Israël, agacé par la tempête de critiques, pourtant polies, de la dictature égyptienne par ses alliés européens d'hier et même par certaines voix de l'administration étatsunienne, a lancé une campagne diplomatique pour convaincre les capitales importantes de soutenir Hosni Moubarak par crainte d'une déstabilisation et que les autres despotes de la région amis d'Israël se sentent abandonnés.


En Tunisie, aussi, le système de surveillance électronique tant vanté de l'ancien dictateur Ben Ali fonctionnait en coopération étroite avec Israël, comme l'ont rapporté systématiquement les organisations de la société civile tunisienne. Le renversement des amis d'Israël dans la région, révèle de plus en plus clairement l'importance de l'investissement d'Israël et de ses partenaires occidentaux pour sauvegarder et étayer les régimes autocratiques non élus du monde arabe. En partie pour faire du mythe d'Israël, la «villa dans la jungle» souvent repris par les groupes de lobby pro-israélien, une prophétie auto réalisatrice.


Israël ait été pendant des décennies le meilleur ami de l'Afrique du Sud de l'Apartheid, l'aidant à développer un armement nucléaire, à écraser la résistance populaire de la majorité noire, et à contourner le vaste boycott contre elle. Ces faits ne plaident pas pour un Etat qui met en avant une image trompeuse de démocratie et de lumières.


Enfin, en ce qui concerne l’affirmation infondée et manifestement trompeuse selon laquelle un boycott des produits israéliens équivaut à boycotter les « produits juifs », on peut se demander si un boycott par exemple du Soudan ou de l'Arabie Saoudite serait considéré comme islamophobe. Le boycott contre l'Afrique du Sud était-il antichrétien ?


Pourquoi deux poids deux mesures s'agissant d'Israël ? Le mouvement BDS contre Israël se désintéresse complètement qu'il soit un Etat juif, musulman, catholique ou hindou ; la seule chose qui importe est qu'il s'agit d’un oppresseur colonial qui nie constamment au peuple palestinien ses droits fondamentaux. Est-ce si difficile à comprendre ?


Un boycott d'Israël aujourd'hui est un devoir moral pour tous ceux qui ont à coeur le règne du Droit et des droits universels pour tous les humains, sans distinction.


* Un membre fondateur du mouvement BDS, auteur de "Boycott, Désinvestissement, Sanctions: BDS contre l’apartheid et l’occupation de la Palestine.” (La Fabrique, 2010).
Traduction JPB- CCIPPP

Par Différences. La revue - Publié dans : Israël-Palestine
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Dimanche 30 janvier 2011 7 30 /01 /Jan /2011 19:12
"Certains de porter la défense des droits de l’Homme dans ce combat pour libérer Salah Hamouri, nous ne nous lasserons pas de vous demander la justice et sa liberté."

Paris, le 16 janvier 2011

Madame Michèle Alliot-Marie

Ministre d’Etat

Ministre des Affaires étrangères

37, quai d’Orsay

75007 Paris


Madame le Ministre,


Dans un courrier daté du 5 janvier, en réponse à ma lettre concernant la situation de notre compatriote Salah Hamouri, vous avez écrit cette phrase finale : « Les autorités françaises accordent une attention constante à la situation de Salah Hamouri et ne se satisfont pas de son maintien en détention. Il ne leur appartient pas, néanmoins, d’intervenir ou même de commenter les procédures judiciaires d’un Etat souverain. »


Cela appelle de ma part deux remarques principales :


1. Est-ce que l’Iran – indépendamment de ce que nous pouvons penser les uns et les autres de son régime actuel – est un Etat souverain ? Si oui, est-ce que la France est intervenue pour la libération de notre jeune compatriote Clotilde Reiss ? Oui ! L’affaire était clairement politique et Clotilde est désormais, et fort heureusement, libre. Est-ce que le Mexique est un Etat souverain ? Si oui, est-ce que la France est intervenue et continue de le faire pour une compatriote française, Florence Cassez, incarcérée pour des motifs d’une toute autre nature ? Oui ! Je pourrais ainsi multiplier les cas où nous sommes intervenus, inclus pour « L’Arche de Zoé », dans des procédures se déroulant dans des « Etats souverains ». Pourquoi cette fois, s’agissant d’Israël, même ne serait-ce que « commenter », c’est non ?


J’aimerais connaître ce qui peut justifier à vos yeux cet incroyable double standard dans le comportement de notre pays.


2. Mais le plus important, qui est de fond, réside en ceci : Israël est un « Etat souverain » qui occupe illégalement des territoires palestiniens, fait subir un blocus inhumain à la population de Gaza et colonise Jérusalem-Est – le tout en violation totale du droit international.


Dans ces conditions vous ne pouvez pas considérer qu’Israël est un « Etat souverain » dans les territoires qu’il colonise. La Palestine, toute la Palestine, inclus Gaza et Jérusalem-Est, n’est pas partie intégrante de cet « Etat souverain ».


Or, à vous lire, c’est ce que vous laissez clairement comprendre.


Et c’est inacceptable.


Ainsi :


-  Est-ce que refuser une telle occupation, qui plus est pacifiquement, est de droit et légitime ? Oui ! Or c’est le seul fait tangible qui peut être imputé à Salah Hamouri. Et cela lui vaut 7 ans de prison, dont plus de 5 ans déjà accomplis ! Résister est un droit imprescriptible. Mais vous portez ce fait à charge contre lui. Inacceptable.


-  Salah Hamouri n’a rien fait de condamnable. Il n’a ni volé, ni tué, ni porté la moindre arme, ni eu le moindre geste négatif contre un rabbin ou contre quiconque d’autre. Le Tribunal militaire d’occupation l’a condamné sur la base d’une simple et unique « intention ». Or vous souscrivez aux fadaises des israéliens sans la moindre hésitation : selon vous il faudrait qu’en plus il s’excuse… Et le fait qu’il s’y refuse, légitiment, serait la preuve qu’on ne peut pas le libérer de manière anticipée car ce refus légitime serait la preuve qu’il y aurait « un risque élevé de récidive » à le libérer. Il ne sortira donc jamais de prison ? Inacceptable.


-  Vous écrivez qu’il avait « plaidé coupable » ? Mais c’est totalement inexact. Le choix devant lequel il était placé au terme de ce qu’on appelle là-bas un « arrangement », autrement dit un chantage, était le suivant : ou bien 7 ans ou bien le double. Il était donc condamné à-priori. C’est d’un « juger coupable » qu’ il faut parler. Cela n’a strictement rien à voir avec le système du « plaider coupable » là où il s’exerce dans des Etats de droit. Encore une fois : c’est un tribunal militaire d’occupation qui l’a condamné. Et pourquoi un tribunal « militaire » alors qu’il était étudiant et non pas un soldat ? Tout « simplement » parce qu’il fait partie des « occupés ». Il devait être forcément condamné. Et vous acceptez cela ! Pas nous.


Madame le Ministre, vous avez déclaré, en prenant vos fonctions, que la France ne suivrait pas une politique extérieure dictée depuis l’étranger. C’est en effet le minimum que nous pouvons souhaiter et admettre ! Mais que faites vous donc en l’occurrence sinon que de suivre à la lettre les accusations mensongères d’une force occupante condamnée et condamnable ?


Notre compatriote franco-palestinien, Salah Hamouri est donc doublement victime : il l’est parce qu’il refuse l’occupation du pays qui l’a vu naître et il l’est car la France accepte de considérer que c’est une charge qui doit peser contre lui. Je rappelle que, franco-palestinien, Salah Hamouri est de jure uniquement français du fait que, comme tous les habitants palestiniens de Jérusalem-Est, la dimension palestinienne de sa bi-nationalité lui est récusée par Israël.

C’est pourquoi, moi, je ne suis pas « étonné » par votre lettre comme vous semblez l’être par la mienne. Personnellement je suis choqué. Choqué par votre réponse qui reprend à la virgule près, sans la moindre précaution, les mots et les charges inventés contre un jeune Français par une force occupante - et non pas par un « Etat souverain »- constamment condamnée par l’ONU.


Oui je suis choqué que les autorités françaises n’agissent pas au niveau requis pour obtenir la libération de Salah Hamouri qui, bien que jeune, est finalement le plus vieux prisonnier politique français.

Je suis choqué que le Président de la République maintienne son refus de recevoir les parents de Salah. C’est le seul et unique cas où il agit ainsi. Et vous ne pouvez, là non plus, prétendre le contraire.


Madame le Ministre,


Un tribunal militaire – encore un –, celui de Clermont-Ferrand, condamnait à mort « par contumace » le général de Gaulle le 2 août 1940 parce que celui-ci avait choisi la résistance plutôt que la collaboration.

Le général de Gaulle, également déchu de sa nationalité française, considéra que ce jugement était « nul et non avenu ». Qui oserait prétendre qu’il avait tort ?


Un tribunal militaire d’occupation ou un tribunal complice d’une occupation ne sont que des instruments de la puissance occupante. Ils sont aux ordres. Ce n’est pas la justice. Il n’y a pas d’exception à cette règle. De même que ce concept incroyable utilisé en Israël « d’exécution extrajudiciaire ». Nous sommes bien dans une situation de guerre. Pourtant vous osez écrire que l’Etat israélien occupant est un « Etat souverain » et qu’il est donc libre de faire ce qu’il veut sans que vous ayez à intervenir ni même à commenter !


Il est vrai que votre positionnement sur les événements de Tunisie – ne condamnant même pas la répression et appelant à une coopération policière renforcée avec ce pays quelques jours avant la fuite du Président dictateur et corrompu – n’est pas spécialement à porter à votre crédit. Mais cela atteint gravement la France dans son image au Moyen-Orient.


Etant certains de porter la défense des droits de l’homme dans ce combat pour libérer Salah Hamouri, nous ne nous lasserons pas de vous demander la justice et sa liberté. Croyez-le bien !


Je vous prie de croire, Madame le Ministre, en mes sentiments distingués.


Jean-Claude Lefort

Député honoraire

 

Le courrier de la ministre peut être lu sur le site de l'AFPS

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Mardi 21 décembre 2010 2 21 /12 /Déc /2010 06:00

 

ENDERLIN Charles, Un enfant est mort : Netzarim, 30 septembre 2000, Don Quichotte, 2010, 201 p., ill. 18 euro.  

enderlin.jpgLe 30 septembre 2000, Mohammed Al-Dura, un enfant palestinien, meurt sous les balles dans les bras de son père face à la position israélienne de Netzarim, à Gaza. Il est filmé par le caméraman de France 2. Diffusée le soir même sur la chaîne publique, avec un commentaire de Charles Enderlin, l 'image fait aussitôt le tour du monde. Trois jours plus tard, un certain Yossef Doriel adresse une lettre au journal israélien Haaretz pour expliquer - sans en apporter la moindre preuve - que l'enfant a été tué par les Palestiniens eux mêmes à des fins de propagande, quand le commentaire d' Enderlin affirmait que les tirs qui ont atteint Mohammed provenaient de la position israélienne. L'affaire du petit Mohammed est lancée. Que s'est-il vraiment passé le 30 septembre 2000 ? Comment la thèse du "complot palestinien" a-t-elle pu prospérer pendant dix ans contre toute vraisemblance ? Et quels objectifs s'agit-il finalement d'atteindre pour ses promoteurs ? Le récit est factuel, dépassionné, écrit à la manière des grandes enquêtes qui ont valu à Charles Enderlin, ici témoin et acteur, la réputation d'expert international du conflit israélo-palestinien.

Notice d'éditeur

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Samedi 18 décembre 2010 6 18 /12 /Déc /2010 06:00

 

BENBASSA Esther (dir.), Israël-Palestine : les enjeux d'un conflit, CNRS éditions, 2010, 304 p. 22 euro.  

benbassa2.jpgLe conflit israélo-palestinien focalise l'attention et entretient les passions bien plus que n'importe quel autre conflit armé et meurtrier, parce que le périmètre où il se déroule, si restreint soit-il, est perçu comme un des berceaux de la civilisation, parce qu'y sont nés ou s'y sont développés trois monothéismes, le juif, le chrétien et le musulman. Terres de paradoxe, Israël et la Palestine sont aujourd'hui le lieu où se jouent les scènes les plus violentes de l'affrontement de deux nationalismes, en une époque, pourtant, où les frontières s'estompent, où le monde se globalise et où de nouvelles technologies abolissent nos horizons d'antan, en une époque où le nationalisme lui-même, invention du xixe siècle, pourrait paraître anachronique. Les Palestiniens demandent un État, et les Israéliens revendiquent leur droit à perpétuer le leur, sans doute légitimement, mais sans pouvoir admettre que ce qu'exigent leurs adversaires n'est pas moins justifié. Alors que la paix semble encore une lointaine utopie, dans les interstices, à peine visible et pourtant cruciale, se trame malgré tout l' autre face du conflit, celle des enjeux possibles, des affiliations, des rapprochements, des rapports de force, des frictions identitaires, des transgressions, des villes qui s'affirment, des savoirs qui résistent à l' occupation et à la guerre. Les auteurs de cet ouvrage, à la lumière de travaux novateurs, s'attellent, avec nuance et non sans liberté, à rendre tout cela intelligible, pour que l'avenir ne se confonde pas seulement avec affect, discours convenus, propagande et idéologie.

Notice d'éditeur

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Mardi 14 décembre 2010 2 14 /12 /Déc /2010 06:00

 

Jérusalem : main basse sur la ville, De l'autre côté n° 6, La Fabrique, 2010, 171 p. 13 euro.  

ujfp6.jpgLa revue de l'UJFP traite du dossier de Jérusalem : la mise à sac est en cours, un vol à l'étalage à ciel ouvert, les Israéliens volent une ville qui appartient à tous. Pas seulement aux différentes religions. Non. À tous ceux qui l'ont rêvée, l'ont faite, aux femmes qui y ont accouché, aux homme qui ont planté les oliviers, aux enfants qui récoltaient le miel. Jérusalem sera donc israélienne : détournement des actes de propriété, redéfinition pour les Palestiniens du droit de séjour, vols des maisons, des terrains,annexions non plus rampantes mais à la face du monde, séparation d' avec la Cisjordanie. Le grand vol est en cours, si plein de tristesse.

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